Harry S. Truman
(8 mai 1884 - 26 décembre 1972) est le trente-troisième président
des États-Unis d'Amérique, d'avril 1945 à janvier 1953. Élu
Vice-président lors de l'élection présidentielle de novembre 1944
en ticket avec le président sortant Franklin Delano
Roosevelt, il lui succède à sa mort le 12 avril 1945, trois mois à
peine après que celui-ci a débuté son quatrième mandat. Truman est
réélu pour un second mandat en novembre 1948.
Sa présidence est marquée par
plusieurs évènements d'importance : bombardements atomiques de
Hiroshima et Nagasaki et fin de la Seconde Guerre mondiale, début
de la guerre froide, naissance de l'ONU,
guerre de Corée.
Biographie
Harry S. Truman naît le 8 mai 1884
à Lamar dans le Missouri. Ses parents, John Truman et Martha Young
sont fermiers. Ils déménagent en 1890 pour s'installer à
Independence (Missouri) et c'est là que Truman passe la plus
grande partie de sa jeunesse.
Après être sorti diplômé en 1901
d'une High School (école secondaire), Truman exerce
plusieurs emplois de bureau avant de devenir fermier pendant une
dizaine d'années à partir de 1906. Il est le dernier président à
ne pas avoir décroché de diplôme universitaire. Le 9 février 1909,
il est initié à la franc-maçonnerie,
où il devient très actif.
Avec l'entrée des États-Unis dans la
Première Guerre mondiale, Truman est incorporé dans la Garde
nationale. Il est choisi comme officier, puis commande une
batterie d'artillerie en France. Son régiment se distingue dans
les Vosges ce qui lui vaut le grade de lieutenant colonel dans la
Garde nationale et d'être fier de ses états militaires. À la fin
de la guerre, Truman retourne à Independence, où il se marie avec
Bess Wallace. Ils auront une fille prénommée Margaret.
Carrière politique
Son expérience militaire l'a convaincu qu'il était doué pour le
commandement et il décide de se lancer dans la politique. Comme
beaucoup de candidats, il courtise les voix des groupes
d'influence et, en 1922, il va jusqu'à payer une cotisation au
Ku Klux Klan pour gagner son appui dans sa première bataille
électorale. Réflexion faite, il refusera pourtant d'y être initié,
car il s'est fait de nombreux amis catholiques au sein de son
régiment alors que le Klan est contre l'Église
catholique romaine et que son meilleur ami et partenaire dans
un magasin de vêtements, Eddie Jacobsen, est juif, alors que le
Klan est ouvertement antisémite.
Il obtient son premier mandat
local en 1922 avec l'aide de la machine démocrate. Il est battu en
1924 mais facilement réélu en 1926 puis en 1930. Truman travaille
consciencieusement dans ses différentes fonctions et on le
crédite, à titre personnel, du succès de plusieurs projets de
travaux publics. Il est choisi en 1934 pour être le candidat du
parti démocrate au siège de sénateur du Missouri. Il se
présente comme un partisan du « New Deal » de Franklin D.
Roosevelt dont il soutient la politique une fois élu. En février
1941, il dirige une commission chargée d'enquêter sur les
gaspillages du gouvernement.
Harry Truman s'est toujours intéressé aux affaires
internationales et il se fait remarquer pendant son second mandat
en s'occupant de la Commission chargée de la mise en état d'alerte
de l'armée. Ses idées de simple bon sens pour faire des économies
sur le budget militaire lui valent le respect de ses pairs et il
devient un candidat logique à la vice-présidence en 1944 qu'il
obtient après qu'est écarté Henry Wallace. Très peu associé au
pouvoir par Franklin Delano Roosevelt, qui ne voit pas en lui
l’étoffe d'un homme d'État, il lui succède à sa mort, le
12 avril 1945.
L'ancien marchand de chemises du Middle West surprend alors l'establishment
par sa détermination et ses compétences.
Politique étrangère
Le début du mandat de Truman coïncide avec la fin de la
Seconde Guerre mondiale en Europe. Il est amené à prendre la décision de lancer des
bombes atomiques sur le Japon pour mettre fin au conflit dans la
zone du Pacifique. Attribuant tout d'abord les tensions avec les
soviétiques à des incompréhensions réciproques, il mène une
politique conciliante de la même façon que son prédécesseur. Très
rapidement confronté à l'expansionnisme soviétique, son
gouvernement durcit sa politique envers l'URSS.
Reprenant les idées de son prédécesseur Woodrow Wilson, Truman participe activement à la naissance des
Nations unies et il envoie une délégation de dignitaires à la
première assemblée générale. Il met tout son poids dans la balance
pour que la jeune organisation adopte le plan de partage de la
Palestine le 29 novembre 1947 et permette ainsi la création de
l'État d’Israël.
Malgré le manque de confiance de certains membres de son propre
camp concernant sa capacité à gérer les affaires étrangères,
Truman réussit à imposer le plan Marshall pour la reconstruction
de l’Europe et la doctrine Truman destinée à empêcher l'expansion du communisme.
Quelques mois après son élection à un second mandat, l'opinion
publique se focalise une fois de plus sur la politique extérieure
avec le passage de la Chine
du côté communiste suite à l'arrivée de Mao Zedong. Cet événement,
auquel les États-Unis ne s'opposent pas, est désastreux pour le
Parti démocrate car il est perçu comme la preuve de son incapacité
à gagner la guerre froide. Moins d'un an après la chute de la
République de Chine, Alger Hiss, un haut fonctionnaire du
gouvernement, est reconnu comme un ancien communiste, la Corée du
Nord envahit la Corée du Sud et le sénateur Joseph McCarthy clame
publiquement que le Ministère des affaires étrangères est truffé
de communistes. Initialement l'affaire Alger Hiss fut une gêne
pour Truman et elle permit à McCarthy de se faire remarquer mais
le devant de la scène allait bientôt appartenir au général Douglas
MacArthur et à la guerre de Corée. À la suite de l'intervention
chinoise en novembre 1950, MacArthur propose d'étendre la guerre
au territoire chinois; il est en désaccord avec Truman qui le
relève de ses fonctions lorsqu'il expose ses idées publiquement.
Cette décision est profondément mal perçue par le peuple américain
et elle entache la crédibilité de Truman. Son impopularité grandit
encore en même temps que la situation militaire en Corée
évolue vers une paralysie et est probablement à l’origine de sa
décision de ne pas se représenter.
Politique intérieure
La politique intérieure est marquée par de nombreuses
tentatives pour étendre les droits civiques des minorités, les
noirs en particulier, pour améliorer la protection sociale et
diminuer les risques liés au chômage et enfin pour élargir les
droits syndicaux. Malgré quelques succès dans chacun de ces
domaines le Congrès, qui est pourtant favorable au président lors
de son élection, ne votera pas l’ensemble de ces propositions et
ira même jusqu’à voter des lois auxquelles il aura mis son veto.
De plus, la commission de la
Chambre des représentants chargée de lutter contre les
influences communistes, la HUAC (House
Un-American Activities Committee) enfonce les États-Unis dans
ce que l'on appellera le
Maccarthisme en lançant une vaste enquête dans le milieu du
cinéma. La politique sociale dite « équitable Fair deal »
qu’il lance au début de son second mandat n’aura pas l’impact du
New Deal de Roosevelt et ne lui permettra pas d’envisager sa
réélection.
Retraite
Truman reste très actif après son retrait politique, il
continue à faire des discours et il prend le temps d'écrire ses
mémoires dans sa ville natale d'Independence dans le Missouri,
retrouvant progressivement sa popularité perdue. Une chute dans sa
salle de bain en 1964 limite fortement ses capacités de
déplacement et il devient plus discret, laissant une partie de sa
vie publique de côté. Il meurt en 1972.
Anecdotes
Deux dictons utilisés par H. Truman sont restés célèbres et
sont encore couramment employés par les Américains : « The buck
stops here » J'en prends la responsabilité (Ce dicton est
l'opposé de l'expression américaine « to pass the buck » qui
signifie repasser le bébé) et « if you can't stand the heat,
get out of the kitchen » quand on ne supporte pas que ça
chauffe, on sort de la cuisine.
L'initiale « S. » de Truman
Harry Truman n'avait pas de second
prénom, seulement une initiale « S. » entre le prénom et le nom.
Il était courant dans les États du Sud et du Midwest, notamment le
Missouri, d'appeler quelqu'un par ses initiales plutôt que par son
nom. Truman disait que cette initiale était un compromis entre les
noms de ses deux grands-pères (Anderson Shippe Truman et Solomon
Young). Il blagua une fois en disant que le « S. » était un nom et
non une initiale et qu'il ne devait pas y avoir de point après le
S mais tous les documents officiels utilisent le « S.» avec une
initiale. Il a été établi avec de nombreux exemples que Truman a,
tout au long de sa vie, signé en mettant un point après l'initiale
S. En 1945, lors de sa prestation de serment présidentielle dans
le Cabinet Room, le Chief Justice (président de la Cour suprême)
Harlan Stone commença à lire le serment en disant « Moi, Harry
Shippe Truman,...« » Truman répondit : « Moi, Harry S. Truman...
»
La
nouvelle Maison Blanche
Contrairement aux autres présidents, Truman ne réside pas à la Maison Blanche pendant la majeure partie de ses mandats. Des
analyses du bâtiment avaient montré que la Maison Blanche risquait
l'effondrement à cause de problèmes structuraux liés à l'incendie
par les Britanniques au début du
XIXe siècle. Le président
déménage dans la
Blair House qui devient sa Maison Blanche pendant que
la Maison Blanche est démontée puis remontée à l'identique en
utilisant des matériaux plus solides. Un nouveau balcon, qu'on
appelle aujourd'hui le
balcon Truman (Truman Balcony), est construit au-dessus
du portique d'entrée.