Margaret Thatcher
(née Margaret Hilda Roberts le 13 octobre 1925 à Grantham),
baronne Thatcher, est une femme politique britannique. Elle fut la
première femme présidente du Parti conservateur, de 1975
à 1990, et Premier ministre du
Royaume-Uni, de 1979 à 1990.
Margaret Thatcher arriva au pouvoir
dans un pays en situation d'instabilité, elle redressa l'économie
au prix de réformes radicales. Effectuant le plus long mandat,
sans interruption, de Premier ministre au Royaume-Uni depuis le
début du
XIXe siècle, elle est devenue
« par
sa personnalité autant que par ses réalisations, la plus renommée
des leaders politiques britanniques depuis Winston Churchill. »
Attachée à ses convictions
chrétiennes méthodistes, conservatrices et libérales, invoquant la
souveraineté britannique, la protection de l'intérêt de ses
administrés et les principes de droit, elle mena une politique
étrangère marquée par l'opposition à l'URSS, la promotion de
l'atlantisme, la guerre des Malouines en 1982 ou la promotion
d'une Europe libre-échangiste au sein de la communauté économique
européenne.
Sa politique économique, fortement influencée par les
idées néo-libérales, fut marquée par d'importantes privatisations, par
la baisse de la pression fiscale, la maîtrise de l'inflation et du
déficit et l'affaiblissement des syndicats.
Assurément l'une des figures
politiques britanniques les plus importantes de l'histoire
politique contemporaine, c'est aussi l'une des plus admirées comme l'une
des plus détestées. Le surnom de « Dame de Fer » que le journal
soviétique L’Étoile rouge, organe de l'armée soviétique,
lui décerna en janvier 1976 dans le but de stigmatiser son
anticommunisme devint rapidement - au contraire - un atout politique,
symbolisant sa fermeté face aux grévistes de la faim de l'IRA
provisoire en 1981 ou aux mineurs grévistes en 1984-1985. Elle
reste associée à la « révolution conservatrice » des années 1980
et à l'« ère de révolution » idéologique qu'elle lança.
Jeunesse et débuts
Margaret Thatcher naît le
13 octobre 1925 à Grantham en Angleterre. Elle est issue des
classes moyennes, voire d'un milieu modeste, et grandit dans une
famille méthodiste. Sa mère s'appelait Beatrice Stephenson et son
père Alfred Roberts (1892 – 1970). Membre du parti conservateur
local, il était à l'origine un petit épicier de quartier qui va
s'élever par le travail et par l'épargne jusqu'à devenir
brièvement maire de Grantham en 1945-1946. Margaret Thatcher va
pendant sa jeunesse aider à faire fonctionner l'épicerie, donnant
naissance à des intuitions favorables au libre-échange et au
marché. Elle suit une éducation rigoureuse et très imprégnée par
le méthodisme, pour lequel son père prononce des sermons. Elle
découvre très jeune la politique à travers l'engagement de son
père.
Elle étudie jusqu'au lycée dans la
ville, rejoignant la Kesteven and Grantham Girls' School
avec une bourse. Elle passe la première partie de la Seconde
Guerre mondiale à Grantham, qui est bombardée. En 1943, elle est
admise au Somerville College de l'Université d'Oxford, pour un
cursus de chimie. Elle est alors la première de sa famille à
entrer à Oxbridge, qu'elle finance grâce à des bourses. De 1943 à
1947, elle suit des études scientifiques de chimie à l'université
d'Oxford. Elle étudie en particulier la cristallographie et sort
de l'université avec une licence de chimie. Elle rejoint dès son
arrivée l'Oxford University Conservative Association (OUCA),
l'association des étudiants conservateurs d'Oxford et, en octobre
1946, elle en devient présidente, troisième femme à accéder à ce
poste. Son origine sociale et son engagement politique en font une
personnalité en marge, la plupart des étudiants sont en effet
progressistes et de milieu social élevé, où il est de bon ton
d'être progressiste. Elle a une aventure avec un étudiant d'un
milieu aristocratique mais quand elle est présentée à la famille,
celle-ci l'humilie pour son rang inférieur. La même année elle
participe pour la première fois au congrès national du Parti
conservateur britannique à Blackpool.
De 1947 à 1951, elle travaille
dans le secteur de la recherche en chimie, dans l'industrie des
plastiques, chez BX Plastics. En 1949, elle est sélectionnée comme
candidate conservatrice pour la circonscription de Dartford et
rejoint alors J. Lyons and Co.. Elle y travaille dans le
secteur de la crème glacée, développant des techniques visant à
améliorer la conservation des produits et surtout en y ajoutant de
l'eau afin d'améliorer sinon la qualité du moins la rentabilité.
Entrée
en politique
Aux élections de 1950 et 1951,
elle tente de se faire élire dans le bastion travailliste de
Dartford que le parti lui a assigné mais échoue, réduisant
néanmoins de 6 000 voix l'avance travailliste.
En 1950, elle est à 24 ans, la plus jeune femme candidate du pays.
Il est à l'époque rare qu'une femme fasse de la politique, ce qui
est d'ailleurs généralement mal vu. Ses discours reflètent déjà
les idées qui guideront sa politique future, comme ce discours
tenu à Dartford :
« Notre politique n'est pas fondée sur la jalousie ou sur la
haine, mais sur la liberté individuelle de l'homme ou de la
femme. Nous ne voulons pas interdire le succès et la réussite,
nous voulons encourager le dynamisme et l'initiative. En 1940,
ce n'est pas l'appel à la nationalisation qui a poussé notre
pays à combattre le totalitarisme, c'est l'appel de la
liberté. »
Elle commence alors des études
juridiques. Elle rencontre à cette époque Denis Thatcher (1915 –
2003), un divorcé de milieu aisé. Celui-ci recherche une relation
stable et sûre tandis qu'elle recherche un mari qui pourra
subvenir à ses besoins pendant qu'elle se consacre à la politique.
Ils se marient en décembre 1951. Si leur mariage n'est pas
passionnel, leur relation sera extrêmement forte et la mort de
Denis en 2003 l'affectera considérablement. Ils ont des jumeaux en
1953, Mark et Carol. La même année, elle devient
barrister spécialisée en
droit fiscal.
Elle tente à plusieurs reprises
d'obtenir l'investiture du parti dans des circonscriptions
conservatrices et, en 1958, elle est choisie pour être la
candidate conservatrice au Parlement dans la circonscription de
Finchley, qui a la caractéristique d'avoir une forte communauté
israélite, ce qui aura des répercussions sur sa politique
étrangère future, plutôt pro-israélienne quand la tradition
conservatrice était plutôt pro-arabe et pour quelques cas
antisémite. Après avoir consciencieusement fait campagne, elle
remporte l'élection en 1959 et entre pour la première fois à la
Chambre des communes. C'est le début d'une carrière politique très
rapide. Elle sera élue sans discontinuer aux Communes jusqu'en
1992. Elle est très remarquée lors de son premier discours de
présentation à la chambre. La première loi qu'elle proposa et fit
voter le 5 février 1960 était en faveur de la liberté de la presse
pour relater les délibérations des conseils municipaux. C'est à
cette occasion qu'elle rencontre Keith Joseph, qui restera très
proche d'elle et l'influencera fortement.
À la faveur d'un remaniement en septembre 1961, elle devient
Parliamentary Secretary (« Secrétaire parlementaire ») auprès
du ministre des retraites. Elle conserve son poste jusqu'au départ
des conservateurs du pouvoir en 1964. Elle soutient alors
Edward
Heath à la tête du parti tory contre Reginald Maudling. De 1964 à
1970, elle occupe la fonction de porte-parole de son parti à la
Chambre des communes. Elle y défend alors entre autres la
possibilité pour les locataires de logements sociaux de les
racheter. En 1966, elle rejoint le Trésor dans le « Cabinet
fantôme » conservateur.
En tant que députée, elle est l'un
des seuls conservateurs à soutenir la loi de Leo Abse qui
décriminalise l'homosexualité masculine et à soutenir la
légalisation de l'avortement proposée par David Steel. Elle prend
parti contre l'abrogation de la peine de mort. Lors de discours à
la chambre, elle s'oppose fortement au Labour et à sa politique
fiscale, qu'elle juge être un pas en direction du socialisme.
Remarquée, elle progresse dans la hiérarchie du Cabinet fantôme et devient shadow ministre de l'éducation à
la veille des élections de 1970.
Ministre dans le gouvernement Heath
Quand Edward Heath remporte les
élections générales de 1970, elle est sans surprise choisie comme
ministre de l'éducation et de la science. Sa politique est marquée
par la volonté de protéger les « grammar schools » (sélectives et
spécialisées) contre les « comprehensive schools » (généralistes) ce qu'elle ne parviendra pas à faire.
Elle défendit également l'Open University, système d'enseignement à distance que le
chancelier de l'échiquier
Anthony Barber voulait supprimer.
Devant couper dans les dépenses de son ministère, elle supprime
la distribution gratuite de lait pour les enfants de sept à onze
ans, prolongeant la politique du Labour qui l'avait supprimée au
lycée. Cela suscita une importante vague de protestations et lui
valut le quolibet : « Thatcher Thatcher, Milk Snatcher ».
S'étant considérablement exposée politiquement sans obtenir de
gain en contrepartie, elle tirera de cette expérience une leçon
politique : n'aller à l'affrontement que pour les combats majeurs.
En revanche, elle s'opposa à l'introduction de nouveaux frais pour
l'accès aux bibliothèques.
Après le U-Turn d'Edward Heath, qui change radicalement
de politique devant la pression de la rue, elle renonce un temps à
pratiquer une politique libérale et se conduit de façon aussi
dépensière qu'un ministre de l'éducation habituel.
Après la défaite des conservateurs aux élections de 1974,
elle devient shadow ministre de l'environnement.
À la tête de l'opposition
Thatcher se rapproche de
Keith Joseph et du
Centre for Policy Studies dont elle partage les analyses sur
les causes de la défaite : tous deux estiment que le gouvernement
Heath a perdu le contrôle de la politique monétaire et s'est
discrédité par ses revirements permanents ou « U-turns ».
Un nombre croissant de conservateurs perçoit que la politique
centriste du parti a mené le pays au déclin relatif puis absolu
et recherche une alternative à Heath. Initialement candidat à la
présidence du parti conservateur, Joseph se retire au profit de
Thatcher à la suite d'une "gaffe" dans un discours, erreur
utilisée par les socialistes pour le faire passer pour un
eugéniste.
Après avoir méthodiquement travaillé les députés, de même qu'elle
travaille méthodiquement les électeurs de sa circonscription, et à
la surprise générale, elle devance Heath au premier tour et ce
dernier se retire au profit de William Whitelaw. Thatcher l'emporte malgré tout, par 146 voix
contre 79 ; le 11 février 1975, elle prend la tête du parti.
Pendant son mandat à la tête du parti tory,
elle persiste dans une attitude anticommuniste, en particulier
lors de discours comme celui de Kensington le 19 janvier 1976 où elle accuse les Soviétiques d'aspirer à la
domination du monde et de sacrifier le bien-être de leur
population à cette fin.
Cela lui valut le surnom de « Dame de Fer », donné par le journal
du ministère de la Défense soviétique,
L'Étoile rouge et popularisé par
Radio Moscou.
Les difficultés rencontrées par le gouvernement travailliste,
qui mènent par exemple à la tutelle du
FMI, relancèrent les conservateurs, qui firent campagne sur
des thèmes offensifs comme « Le Labour, ça ne marche pas » (« Labour
Isn't Working »),
en attaquant le bilan du gouvernement sur le chômage ou la
sur-régulation et en profitant des retombées de l'hiver
du mécontentement au cours duquel une grève générale paralyse
le pays.
Par ailleurs, Margaret Thatcher fait appel aux services d'une
compagnie
Saatchi and Saatchi pour gérer sa campagne, comme cela se fait
déjà aux États-Unis mais pas encore en Europe. En 1978,
des affiches sont imprimées représentant une file d'attente
illustrée du slogan Labour is not working. La presse
reprend et diffuse ces affiches, qui n'avaient été imprimées qu'en
une trentaine d'exemplaires, offrant à la campagne de Thatcher un
large et nouvel écho. Thatcher se place ainsi sur le terrain
social pour contester le gouvernement, cherchant à atteindre les
électeurs traditionnels du parti travailliste, stratégie qui
aboutira puisqu'on observera un transfert de voix de 10 à 15 %
dans les régions travaillistes.
La formation intellectuelle de La Dame de Fer
On appellera « thatchérisme » la
politique économique de Margaret Thatcher. Le thatchérisme est
avec le « reaganisme », son pendant américain à la même époque,
l'un des deux principaux avatars de la « révolution
conservatrice » que le monde a connue suite à la phase
dépressionnaire qui s'ouvre avec les deux chocs pétroliers et la
crise du keynésianisme. C'est dans les années 1970 que le
thatchérisme prend forme, avant l'arrivée au pouvoir, sous
l'influence des penseurs et thinks tanks libéraux.
Margaret Thatcher accorde une grande importance aux valeurs
victoriennes de travail, d'ordre, d'effort et de « self-help »
qu'elle reçut dans son éducation et dont elle dit dans ses
Mémoires qu'elles jouèrent un grand rôle dans son parcours.
Dès ses années d'université, elle est en outre familière avec les
idées libérales, à travers la lecture de
La Société ouverte et ses ennemis de
Karl Popper,
La Route de la servitude ou, plus tard,
La Constitution de la liberté de
Friedrich Hayek.
Ce sera une source d'inspiration importante de sa pensée, avec les
ouvrages libéraux que lui conseillera
Keith Joseph.
De façon générale, le « thatchérisme » puise son inspiration
politique et économique dans ces théories et dans celles de l'École
monétariste de Chicago, incarnée par
Milton Friedman, de l'école
de l'offre d'Arthur
Laffer et de l'École
autrichienne connue à travers
Friedrich Hayek.
Margaret Thatcher allait mettre en application ces théories en
réduisant fortement les
dépenses publiques et la
pression fiscale, en luttant contre l'inflation
forte de la fin des
années 1970 par des
taux d'intérêt élevés et en favorisant l'ouverture économique
aux
capitaux étrangers, et son corollaire : la fin des
subventions aux « canards boiteux » (fermeture des mines non
rentables par exemple), ce qui tranche avec le volontarisme des
voisins européens pour tenter de sauver l'industrie au cours des
années 1980.
Nigel Lawson, chancelier de l'Échiquier entre 1983 et 1990
déclara ainsi en 1980 :
« La politique économique du nouveau conservatisme repose sur
deux principes : le monétarisme et le libre marché en
opposition à l'intervention de l'État et à la planification
centralisée »
— Nigel Lawson,
Conférence du « Bow Group » en août 1980
Elle se revendique également antisocialiste et écrit dans ses
Mémoires :« je
n'ai jamais oublié que l'objectif inavoué du socialisme -
municipal ou national - était d'accroître la dépendance. La
pauvreté n'était pas seulement le sol nourricier du socialisme :
elle en était l'effet délibérément recherché ». Dans un
discours devant le Conseil central de son parti, en mars 1990,
elle déclare :
« Le socialisme a l'État pour credo. Il
considère les êtres humains ordinaires comme le matériau brut de
ses projets de changements sociaux »
Concernant les vecteurs de
transmission de ces idées, on peut souligner le rôle des think
tank libéraux britanniques comme l'Adam Smith Institute fondé en
1977, l'Institute of Economic Affairs fondé en 1955 ou le Centre
for Policy Studies fondé en 1974 par Keith Joseph.
Premier ministre du Royaume-Uni (1979-1990)
C'est dans un contexte marqué par une crise à la fois
économique, sociale, politique et culturelle que Margaret Thatcher
mena les conservateurs à la victoire le 3 mai 1979 (44% des voix
et 339 élus, contre 37% aux travaillistes et 269 élus), devenant
le lendemain la première femme à diriger le gouvernement d’un pays
occidental.
Le nouveau Premier ministre était
relativement peu connue de ses concitoyens, elle dirigeait le
parti conservateur depuis 1975
seulement et n'y avait pas auparavant occupé de poste
véritablement de premier plan. Se décrivant elle-même comme « un
dirigeant politique de convictions », elle entend mettre en
pratique un programme, appuyé sur quelques principes fondamentaux,
pour enrayer le déclin du pays. Elle avait énoncé les grandes
lignes de son programme et comptait l'appliquer, mettant fin aux
revirements de Heath. Elle déclara ainsi dans un discours le 10
octobre 1980 : « la dame ne fait pas demi tour ! »
Politique intérieure
Redéfinition du rôle de l'État
Margaret Thatcher a orchestré une
réduction importante du rôle de l'État, accompagnée du
renforcement de son autorité sur les domaines qu'il conserve, au
détriment des corps intermédiaires. Elle commence son premier
mandat en défaisant certaines politiques travaillistes, qu'il
s’agisse des nationalisations d'entreprises et de ressources, de
la régulation du marché locatif à la réduction de la taille de
l'administration.
Elle lance les premières
privatisations, comme celle de British Steel (privatisée en 1988)
ou de British Airways (privatisée en 1987), transformant une
entreprise perdant 1 milliard de livres par an et ayant une
productivité inférieure de moitié à celle de ses concurrents
occidentaux, en plus gros producteur d'acier européen, ou un
transporteur aérien déficitaire en l'une des meilleures et plus
rentables compagnies au monde. Ainsi, British Steel sous la
présidence d'Ian McGregor doit s'aligner sur la productivité des
industries étrangères : en 1975, elle a une productivité une fois
et demi inférieure à la productivité allemande et deux fois et
demi inférieure à la productivité américaine. À partir de 1979,
elle augmente de 10% par an.
Cette réduction du
rôle de l'État s'accompagne d'une réduction du nombre de corps
intermédiaires : on observe la disparition de plusieurs centaines
de Quangos (organismes paritaires) et plusieurs conseils de
comté sont démantelés ou supprimés. À Londres, l'annulation des
élections de 1985 et la suppression fin 1986 de la municipalité,
dirigée par le populaire leader travailliste Ken Livingstone, fut
considérée comme une mesure politicienne.
Exemple de cette évolution du rôle
de l'État, elle déclare dans un discours en 1975 :
« Un homme a le droit de
travailler comme il veut, de dépenser ce qu'il gagne, de
posséder sa propriété, d'avoir l'État pour serviteur et non
pour maître. Ce sont là les héritages britanniques. Ils sont
l'essentiel d'une économie libre et de cette liberté dépendent
toutes les autres. »
Syndicalisme
Elle s'est aussi attaquée aux syndicats, dont la puissance
était importante notamment grâce à leur influence au sein même du
Parti travailliste, qui était alors nettement à gauche. Ce
sera particulièrement vrai lors de l'« Hiver du mécontentement »
("The Winter of Discontent") 1984-1985, lors d'une
longue grève des mineurs. Le film
Billy Elliot évoque ces grèves.
Durant son passage au pouvoir, cinq lois sur les syndicats
furent votés : en 1980, 1982, 1984, 1987 et 1988. Ces lois sur les
syndicats avaient pour objectif premier de mettre fin au « closed
shop », qui permettait à un syndicat de n'autoriser que les
recrutements de travailleurs syndiqués.
Le fort chômage dans certains secteurs et dans les villes
ouvrières sinistrées engendrait des émeutes, comme à
Brixton en 1981 où 55% de la population masculine était alors
au chômage. En 1985,
Tottenham, à son tour, s’enflammait.
La
question irlandaise
La situation en Ulster se dégrade
au début de son mandat ; Lord Mountbatten, cousin de la reine et
organisateur de l'indépendance de l'Inde, est assassiné par l'IRA
en 1979. Des attentats visent Hyde Park et Regent Street en 1982,
faisant 23 morts, puis Harrods en 1983, faisant 9 morts. En
octobre 1984, l'explosion d'une bombe à retardement de l'IRA au
Grand Hôtel de Brighton, où se tient le congrès annuel du parti
conservateur, manque de provoquer la mort de Margaret Thatcher et
de plusieurs membres de son gouvernement. En 1987, l'attentat
d'Enniskillen fait 11 morts.
En 1981, plusieurs membres de
l'Armée républicaine irlandaise provisoire et de l'Irish National
Liberation Army emprisonnés à la prison de Maze lancèrent une
grêve de la faim pour obtenir le statut de prisonniers politiques,
qui leur avait été retiré cinq ans plus tôt par les travaillistes.
Malgré la mort de 10 prisonniers (dont le plus connu est Bobby
Sands), Thatcher se montre inflexible, déclarant par exemple
qu'« un crime est un crime ; ce n'est pas politique ».
Néanmoins, elle leur accordera le statut ultérieurement et
explora une solution négociée au conflit avec les accords d'Hillsborough
entre l'Irlande et le Royaume-Uni. À la fureur des Unionistes,
l'accord donne des garanties au gouvernement irlandais et aux
pacifistes et affirme la nécessité de la règle majoritaire pour
toute évolution du statut de la province. Cela ne suffit pas à
mettre un terme à la violence qui continue.
Société
Le Royaume-Uni connait une vague
croissante d' immigration après les chocs pétroliers des années
1970, notamment en provenance de ses anciennes colonies aux
Caraïbes, mais aussi et surtout du Pakistan, de l'Afghanistan et
de l'Inde. Particulièrement touchées par le chômage, de nouveaux
types de problèmes sociaux apparaissent dans des quartiers souvent
considérés comme des ghettos ethniques. C'est également à cette
époque que le phénomène des skinheads, mouvement culturel (devenu majoritairement raciste
et antisémite dans les années 1980) appelant à l'usage de la
violence contre les immigrés, la gauche et l'extrême-gauche,
devient relativement important au Royaume-Uni.
Médias
Margaret Thatcher, bien
conseillée, utilise une stratégie de communication efficace. Elle
suit notamment des cours de maintien et d’élocution afin de
perfectionner son accent Oxbridge (accent de ceux qui sont
passés par les universités de Cambridge ou Oxford) et faire passer
une image de fermeté et d'assurance qui assure sa crédibilité dans
les médias audiovisuels. Ses rapports avec la BBC furent houleux avec notamment une polémique éclatant au
grand jour en 1986.
En revanche, la « Dame de fer » entretient de bonnes relations
avec les journaux, majoritairement en faveur de sa politique,
en particulier sous l’influence de
Rupert Murdoch,
propriétaire d'un véritable empire de médias
Politique étrangère
Sa politique étrangère fut guidée
par plusieurs idées fortes, l'anticommunisme, l'atlantisme et
l'euroscepticisme.
Guerre des
Malouines
Après plusieurs années de conflit
larvé, l'Argentine, alors dirigée par les généraux, attaqua le 2
avril 1982 deux petits archipels britanniques dans l'Atlantique
Sud : les Malouines et la Géorgie du Sud. Thatcher décide
rapidement de recourir à la force contre cet acte de guerre. Dès
le 5 avril, une flotte dirigée par l'amiral Sandy Woodward
appareille pour l'Atlantique Sud et la Géorgie du Sud est reprise le 25 avril. La reconquête des
Malouines prit trois semaines (21 mai-14 juin) et fit 293 morts
britanniques contre 712 argentins.
La
guerre des Malouines (Falklands War) se solda par la
défaite de l'armée argentine et précipita la
chute de la
dictature militaire. L'inflexibilité de Margaret Thatcher dans
ce conflit a partiellement contribué à son surnom de Dame de
Fer; alors que sa popularité s'effritait avant le
conflit, l'élan patriotique et le succès militaire contribuèrent à
sa première réélection. Parallèlement, elle augmente l'effort
militaire jusqu'au milieu des années 1980.
Politique européenne
Eurosceptique, elle demanda que le Royaume-Uni puisse ne pas
payer plus que ce qu'il reçoit de l'Europe. Elle fait cette
déclaration célèbre : « We
are simply asking to have our own money back »
(Nous voulons simplement récupérer notre propre argent). Le
Royaume-Uni, alors en pleine récession, paie pourtant beaucoup
plus que ce qu'il reçoit. Elle obtient gain de cause en 1984, avec
ce qu'on appelle le « rabais britannique ».
Dans son fameux discours de Bruges
du 20 septembre 1988, elle réaffirme son opposition à une Europe
fédérale et déléguant plus de pouvoirs à Bruxelles tout en
défendant sa vision de l'Europe, une Europe des patries. Son
discours de Bruges défend donc trois idées fondamentales :
l'Europe doit fonctionner selon la méthode coopérative, elle doit
être l'outil de la création du marché commun et les États-membres doivent se placer dans une
logique internationaliste. Elle s'est également opposée à ce que
la Communauté européenne dispose de ressources propres.
Margaret Thatcher avait approuvé
l'adhésion à la Communauté économique européenne (CEE) et
considérait que celle-ci ne devait être qu'un moyen de mettre en
place le libre-échange et de garantir la concurrence. Elle déclara
ainsi : « Nous n'avons pas réduit le rôle de l'État avec succès au
Royaume-Uni pour qu'un super-État européen vienne exercer une
nouvelle domination depuis Bruxelles ». Le discours, très critiqué
par les autres Européens, révéla les divisions des conservateurs
sur la question européenne. C'est d'ailleurs l'Europe qui accéléra
la chute de son cabinet avec la démission de l'europhile
Geoffrey Howe.
Relation avec les États-Unis
L'amitié avec un dirigeant
étranger qui marque le plus son mandat est celle avec le président
américain
Ronald Reagan, qu'elle connaît depuis 1975, et dont elle
partage les principes, notamment l'anticommunisme et le
libéralisme économique. Ronald Reagan la surnommait « the
best man in England », alors qu'elle le qualifiait de deuxième
homme le plus important de sa vie. Les deux leaders s'étaient
rencontrés en 1975 alors que Reagan n'était encore que gouverneur
de
Californie.
Les deux dirigeants s'apporteront à maintes occasions un soutien
réciproque inébranlable.
Avant même l'arrivée de
Reagan au pouvoir, Thatcher entreprit de resserrer les liens
avec les États-Unis. Sur le plan du nucléaire, elle confirma
notamment par un échange de lettres avec le président
Carter les accords de Nassau signés par MacMillan en 1962 alors que les travaillistes avaient un temps
envisagé un rapprochement avec la
France sur cette question.
Elle montrera tout au long de sa carrière un attachement profond à
la doctrine de la
dissuasion nucléaire. En 1986,
lors du sommet de
Reykjavik, elle convainc ainsi Ronald Reagan de décliner la
proposition de
Gorbatchev d'éliminer l'ensemble des systèmes offensifs
soviétiques et américains à moyenne portée.
Malgré de nombreux points de
convergence, les deux chefs d'État seront en désaccord sur
quelques points ponctuels. Concernant la guerre des Malouines, les
intérêts états-uniens penchaient originellement du côté argentin.
Alors que les États-Unis tenteront dans un premier temps de
trouver un compromis susceptible de sauver la face de leur protégé
Galtieri, ils fourniront finalement au Royaume-Uni une importante aide logistique et militaire (en
particulier les missiles Sidewinder qui feront tourner le
cours du conflit).
Concernant la politique de
sanctions contre la Pologne réprimant le syndicat Solidarité, Margaret Thatcher reprocha aux Américains d'avoir
unilatéralement décrété des sanctions qui affectaient les
économies de ses alliés occidentaux bien plus que la leur. Leur
relation bilatérale n'en sera cependant pas affectée.
Guerre froide
Margaret Thatcher adopta une politique opposée à l'URSS
et à ses satellites. En 1979, elle condamne l'invasion par l'Armée
rouge de l'Afghanistan.
En 1980, à la suite de cette invasion, le Royaume-Uni fait partie
des 50 pays qui boycottent les Jeux olympiques de Moscou en y
participant sous la bannière olympique. Jusqu'en 1985, elle
renforce les moyens militaires britanniques, avec une hausse du
budget de la défense de 21,3% entre 1979 et 1985.
Avec la détente et l'arrivée au pouvoir de
Mikhaïl Gorbatchev, les relations s'améliorent et les dépenses
militaires décroissent à nouveau.
Élections
Les électeurs britanniques lui donnèrent la majorité à trois
reprises, lui confiant le plus long mandat de Premier ministre au
Royaume-Uni depuis le
XVIIIe siècle.
En 1982, sa situation était difficile et sa popularité faible.
La guerre des Malouines restaura cependant son autorité morale et
le Falkland Factor (Facteur des Malouines) joua un rôle
important (mais non primordial) dans sa réélection. Elle est alors
un personnage charismatique, à l'aura semblable à celui du général
de Gaulle selon l'historienne Monica Charlot.
Néanmoins, pour l'historien Philippe Chassaigne, c'est surtout
l'amélioration de la situation économique qui explique cette
réélection.
Les tories obtiennent finalement 397 députés sur 635 en 1983.
En 1987, les tories remportent à nouveau la victoire mais avec
une moindre avance puisqu'ils gagnent 375 sièges sur 650.
Les travaillistes sont à chaque fois distancés, en nombre de
sièges mais surtout sur le terrain des idées.
Michael Foot, le dernier « archéo-travailliste », laisse la
place à des leaders plus modérés en 1983.
Les dissensions au sein du parti
se multiplient néanmoins, en partie à cause de son autoritarisme,
qui suscite des brouilles avec Francis Pym, Geoffrey Howe ou Nigel
Lawson.
Chute
En
1990, l'instauration d'un nouvel impôt local supprimant la
taxe d'habitation, la
poll tax - très impopulaire, au point d'entraîner des
émeutes -, sa politique économique (15 % de taux d'intérêt) et sa
réserve face à l'intégration du
Royaume-Uni dans la
Communauté européenne la mirent en minorité dans son propre
parti, alors très divisé sur ces sujets. Elle accepta cependant
l'entrée du Royaume-Uni dans le
Système Monétaire Européen (SME) en 1990.
Le 1er novembre 1990,
son ministre Geoffrey Howe, l'un de ses plus anciens alliés mais
europhile, démissionnait pour protester contre sa politique
européenne. Il en appela à quelqu'un de nouveau pour mener une
nouvelle politique. L'ancien ministre de la Défense Michael
Heseltine fit alors acte de candidature pour diriger le parti
conservateur, défiant alors Margaret Thatcher. Il reçut alors
suffisamment de suffrages pour mettre en ballotage le Premier ministre.
Le 22 novembre 1990, de retour d'une conférence à Paris, elle annonça qu'elle refusait
de se soumettre à un second tour et, par conséquent, annonça son
retrait et sa démission du leadership conservateur. Elle se
justifia en invoquant la nécessité de choisir quelqu'un de nouveau
qui pourrait mener les conservateurs à la victoire dès l'échéance
électorale suivante. Elle apporta son soutien à son ancien dauphin
John Major qui lui succéda au poste de premier ministre dès le
28 novembre.
Retrait de la vie publique
Après avoir démissionné, en
novembre 1990, du 10, Downing Street, elle est sans surprise
nommée pair du Royaume-Uni en 1992 comme « baronne Thatcher of
Kesteven », sur proposition de son successeur conservateur John
Major, et siège depuis lors à la Chambre des lords.
Le 6 septembre 1997, elle assiste
en compagnie de son époux et plusieurs autres personnalités aux
funérailles de Lady Diana Spencer à l’abbaye de Westminster.
Après plusieurs petites attaques
cérébrales et sur avis de ses médecins, elle se retire en 2002 de
la vie publique tout en restant très impliquée dans la politique.
Très affaiblie après le décès de son époux en 2003, Margaret
Thatcher tient à assister personnellement aux funérailles de son
grand ami, l'ancien président américain
Ronald Reagan, qui ont lieu le 11 juin 2004 en la cathédrale
nationale de Washington en présence de dirigeants du monde entier.
Le mercredi 7 décembre 2005, l'ancien Premier ministre, âgée de 80
ans, a été hospitalisée à Londres après s'être sentie faible. Elle a depuis plusieurs
mois une santé très fragile.
Elle continue cependant à faire
quelques apparitions publiques ; elle a été le 24 janvier 2006, le
premier chef de gouvernement britannique dont une statue a été
montrée de son vivant dans la Chambre des communes. L'œuvre a pris
place définitivement le 21 février 2007 aux côtés des effigies de
Winston Churchill, Lloyd George et Clement Attlee, trois de ses prédécesseurs. Ceux-ci n'avaient été
honorés par une statue aux Communes que cinq ans après leur mort.
Elle déclara alors : « J'aurais préféré une
statue en fer, mais le bronze me convient. Elle ne rouillera pas ».
Le 11 septembre 2006, pour les
cinq ans de l'anniversaire des attentats du
11 septembre 2001, elle était présente au Pentagone à
Washington en compagnie de la secrétaire d'État américaine
Condoleezza Rice pour rendre hommage aux victimes étrangères. La
secrétaire d'État américaine a également rendu un hommage
particulier à Margaret Thatcher, en déclarant « Je vous remercie
d'avoir inspiré autant de monde, y compris moi-même, parce que
vous vous êtes toujours tenue du côté de ce qui était juste ».
Le 10 juin 2007, le Sunday
Telegraph publie des extraits d'un entretien exclusif accordé
par la Dame de fer à la chaîne de télévision BBC qui a été depuis
diffusé le 19 juin. L'ex Premier ministre y évoque la journée du
30 juin 1997, lorsque le Royaume-Uni rétrocéda Hong Kong à la
Chine. Dans cet entretien, elle avoue que ce jour-là elle
ressentit de la tristesse affirmant qu'elle aurait souhaité que
Hong Kong reste sous le contrôle de l'administration britannique.
Elle donnait, à cette occasion, sa première interview depuis
presque cinq ans et ce avant le 10e anniversaire de la
rétrocession de Hong Kong.
Le 13 septembre 2007, à
l'invitation du premier ministre
Gordon Brown, elle lui rend visite à Downing Street. Brown, qui a récemment salué la « conviction
politique » de Margaret Thatcher, a visité en sa compagnie la
résidence officielle qu'elle avait largement réaménagée
lorsqu'elle était au pouvoir ; la visite s'est terminée par un
entretien privé.
En août 2008, sa fille Carol
indique dans un livre qque sa mère souffre de la maladie
d'Alzheimer depuis sept ans.
Le 27 mai 2009, elle rencontre le
pape Benoît XVI au Vatican, après s'être recueillie devant la
tombe de Jean-Paul II, sur laquelle elle a déposé un bouquet de
roses blanches, ainsi qu'une dédicace: « à un homme de foi et de
courage ».
Le 23 novembre 2009, elle
participe à une réception donnée par le Premier ministre Gordon
Brown en compagnie du leader du Parti conservateur
David Cameron à Downing Street pour l'inauguration d'un
portrait de l'artiste Richard Stone la représentant. Ce portrait
doit être accroché au premier étage de la résidence officielle des
chefs de gouvernements britanniques. Elle est la première
parlementaire à être honorée de son vivant par un portrait à
Downing Street.
Le 8 juin 2010, elle fait une
visite surprise au 10 Downing Street, à l'invitation du nouveau
chef du gouvernement, le conservateur
David Cameron. Vêtue d'une robe bleue, l'ancienne "Dame de
fer", dont les apparitions publiques sont rares depuis qu'elle est
atteinte de la maladie d'Alzheimer a salué à son arrivée les
journalistes présents. Elle a passé 45 minutes dans la résidence
du premier ministre avec lequel elle s'est entretenue. Ce dernier
la raccompagnée jusqu'au perron de Downing Street. Margaret
Thatcher avait également rendu visite aux Premiers ministres
travaillistes
Tony Blair et
Gordon Brown peu après leur prise de fonctions, respectivement
en 1997 pour Blair et 2007 pour Brown.
Elle est restée Premier ministre
du Royaume-Uni durant 11 ans et six mois.
Bilan du thatchérisme
Margaret Thatcher mit en
application les théories libérales en luttant contre l'inflation
forte de la fin des années 1970 par des taux d'intérêt élevés et
en favorisant l'ouverture économique aux capitaux étrangers ; elle
réduisit également les impôts et les dépenses publiques. Pour
atteindre ce dernier objectif, elle mit fin à la participation
financière de l'État qui soutenait l'activité de plusieurs
industries « historiques », notamment des mines déficitaires, attitude qui tranche avec le volontarisme
des voisins européens du Royaume-Uni dans leur tentative de
sauvetage de l'industrie au cours des années 1980.
Son bilan apparaît contrasté. Elle laisse à son départ une
situation économique jugée globalement « assainie »,
et qui peut être caractérisée par quatre éléments : une inflation
qui reste forte malgré une baisse au milieu des années 1980,
une croissance importante, un État dont la place dans l'économie
s'est réduite, et un chômage qui, malgré la baisse enregistrée à
partir de 1983, reste relativement élevé.
La proportion de familles vivant en dessous du seuil de pauvreté
(50 % du salaire moyen) est passée de 8 % en 1979 à 22 % en 1990
selon l'hebdomadaire
The Economist en 1994. Les inégalités de revenus se sont
creusées : entre 1980 et 1990, la part des 10 % les plus pauvres
de la population a un revenu moyen en baisse de 10 %, tandis que
les moyennes des revenus de tous les autres déciles augmentent,
d'autant plus fortement que les revenus sont élevés, ainsi celle
du deuxième décile a augmenté de 4 % et celle du dernier décile a
augmenté de près de 60 %.
Le développement de la propriété privée, en particulier grâce à
la vente des logements sociaux à leurs occupants, fait partie des
conséquences directes de la politique de Margaret Thatcher,
conformément à sa volonté affichée de faire du Royaume-Uni une
« société de propriétaires » : la proportion de
propriétaires-occupants dans la population totale est passée de 55
à 67 % entre 1979 et 1989.
De même, elle a favorisé le développement de l'actionnariat : si
trois millions de foyers détiennent des actions en 1979, ils sont
trois fois plus nombreux en 1987.
La City au centre de Londres, devient sous son gouvernement, l'un
des centres financiers les plus importants de la planète.
Les banques de Londres prospèrent notamment grâce au développement
des crédits à destination des pays du Tiers-Monde destinés à
financer des projets industriels dans ces pays (exploitation
pétrolière, exploitation minière, monocultures extensives telles
que le coton…)
ainsi qu'au
Trading en pleine essor dans les années 1980.
Néanmoins Thatcher réprouvait la spéculation.
Si au cours des années 1980 le niveau de vie britannique a
augmenté en moyenne, les inégalités de revenu se sont en revanche
creusées ;
plus largement, les conséquences sociales et le « style abrasif »
de Margaret Thatcher ont suscité de nombreuses critiques. On a
notamment attaqué son bilan en matière de protection sociale, même
si le National Health Service n'a pas été réformé sous son
gouvernement.