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.Gerhard
SCHRÖDER
Gerhard
Fritz Kurt Schröder, né le
7 avril 1944 à Mossenberg, en Allemagne, est un homme politique
allemand membre du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD).
Après avoir été président fédéral
des Jeunesses sociale-démocrates (Jusos) à la fin des
années 1970, il entre à la présidence fédérale du SPD en 1989, et
devient un an plus tard Ministre-président du Land de
Basse-Saxe à la tête d'une coalition rouge-verte. Réélu deux fois
avec une majorité absolue, il est choisi comme candidat à la
chancellerie contre Helmut Kohl aux élections législatives
fédérales du 27 septembre 1998. Il remporte le scrutin et est
investi chancelier fédéral un mois plus tard, à la tête de la
première coalition rouge-vert fédérale. Ce premier mandat est
marqué par une certaine libéralisation des mœurs, assombri par
plusieurs scandales, notamment la crise de la vache folle, et voit
l'Allemagne s'opposer frontalement aux États-Unis au sujet de la
guerre en Irak voulue par George W. Bush. En 2002, il s'impose de
justesse face à Edmund Stoiber aux législatives, et reconduit sa
coalition. La hausse du chômage et les mauvaises perspectives
économiques le poussent à mettre en place l'agenda 2010, un paquet
de réformes libérales de l'État providence qui provoque la colère
de son électorat et une chute de sa popularité. La lourde défaite
de la coalition face au centre-droit en
Rhénanie-du-Nord-Westphalie en mai 2005 le conduit à convoquer des
législatives anticipées en septembre. Le 22 novembre 2005,
trente-cinq jours après la fin de son mandat, Schröder cède sa
place à Angela Merkel et se retire de la vie politique.
Biographie
Formation et carrière
Il quitte l'école en 1958 afin de
suivre un apprentissage de vendeur à Lemgo pendant trois ans,
après quoi il exerce ce métier à Lage, puis à Göttingen, où il
travaille en même temps comme ouvrier du bâtiment. Il commence à
suivre des cours du soir en 1962, afin d'obtenir un diplôme
d'accès à l'enseignement supérieur. C'est ainsi qu'il décroche son
certificat général de l'enseignement secondaire en 1964, puis son
Abitur en 1966. Il intègre alors l'université de Göttingen
pour y suivre des études supérieures de droit. Il est reçu au
premier examen juridique d'État en 1971 et passe le second avec
succès en 1976.
Il est reçu la même année à
l'examen du barreau et devient avocat dans le ressort du tribunal
régional d'Hanovre. Il est promu associé du cabinet où il
travaille en 1978, mais renonce à cet emploi en 1990. Pendant son
exercice professionnel, il a notamment fait accélérer la sortie de
prison de Horst Mahler, de la Fraction armée rouge (RAF), et le
rétablissement de son droit à pratiquer le droit en Allemagne.
Après la fin de sa carrière
politique, en 2005, il reprend ses activités professionnelles,
mais à Berlin, et est engagé par la société russe Gazprom pour
présider le conseil de surveillance de North-European Gas
Pipeline, consortium germano-russe chargé de la construction
et de l'exploitation du gazoduc Nord Stream. Le conseil
l'élit à ce poste à l'unanimité le 30 mars 2006. Cette décision
fait l'objet de critiques dans la mesure où Schröder, en sa
qualité de chancelier, a approuvé le tracé du gazoduc et s'est
porté garant d'un prêt bancaire d'un milliard d'euros proposé par
Deutsche Bank et KfW à Gazprom dans le cadre de cette affaire. Il
a également rejoint le groupe de presse suisse Ringier
comme consultant.
Vie privée
Marié à quatre reprises, et
divorcé par trois fois, il est surnommé « Audi Man », en référence
aux quatre anneaux de la marque allemande. Il a tout d'abord
épousé Eva Schubach en 1968, et s'en est séparé quatre ans plus
tard au profit d'Anne Taschenmacher, dont il a divorcé en 1984.
Cette même année, il se remarie avec Hiltrud « Hilu » Hampel,
qu'il quitte en 1997 pour Doris Kopf.
Le couple a aujourd'hui deux enfants, adoptés à
Saint-Pétersbourg : Viktoria, en 2004,
et Gregor deux ans plus tard. Par ailleurs, Doris était déjà mère
d'une fille, Klara, venue au monde en 1991.
Schröder passe sa vie entre
Berlin et son domicile d'Hanovre.
En sa qualité d'ancien
chancelier fédéral, il dispose également d'un
bureau permanent dans la capitale fédérale.
Son père
Son père, Fritz Schröder, était un
soldat de la Wehrmacht qu'il n'a jamais connu. Celui-ci est
en effet mort le 4 octobre 1944 à Ceanu Mare, en Roumanie, dans
une embuscade des armées roumaine et soviétique. Sa tombe n'est
retrouvée qu'en 2001 par sa fille Gunhild. Il faudra encore trois
ans avant que Gerhard ne vienne s'y recueillir, à l'occasion d'une
visite officielle en Roumanie.
Parcours
politique
Au sein du SPD
Il adhère au Parti
social-démocrate d'Allemagne (SPD) en 1963, et est élu président
de la Communauté de travail des jeunes socialistes au sein du SPD
(Jusos) de la région de Hanovre en 1971. En 1978, il en
devient président fédéral pour deux ans.
Élu au comité directeur du parti
dans la région de Hanovre en 1977, il en prend la présidence six
ans plus tard, devient membre comité directeur fédéral du SPD en
1986, puis entre à la présidence fédérale en 1989. Il est élu
président du SPD de Basse-Saxe l'année suivante, et occupe ce
poste jusqu'en 1998. Le 12 mars 1999, Gerhard Schröder est choisi
comme président fédéral du parti en remplacement d'Oskar
Lafontaine. Il est reconduit en 2001 et 2003.
Il démissionne volontairement de
la présidence du SPD en 2004, suite à la mise en minorité de son
candidat au poste de secrétaire général au profit d'une
personnalité plus marquée à gauche. Son successeur, élu le
21 mars, est Franz Müntefering, président du groupe SPD au
Bundestag.
Au
niveau régional
En 1986, il est choisi comme chef
de file (spitzenkandidat) du SPD aux élections législatives
régionales de Basse-Saxe contre le Ministre-président
chrétien-démocrate Ernst Albrecht, au pouvoir depuis dix ans, et
soutenu depuis huit ans par une majorité absolue de son seul
parti. Au scrutin du 15 juin, le SPD progresse de six points et
remporte 66 sièges sur 155, contre 69 à la CDU, qui recule dans
des proportions égales. Albrecht parvient toutefois à se maintenir
au pouvoir en formant une coalition noire-jaune, disposant de 78
sièges, avec les libéraux, et Schröder devient alors chef de
l'opposition.
Au scrutin du 13 mai 1990, il
s'impose avec 44% des voix et 71 élus, deux points et quatre
sièges de plus que la CDU. Le soutien des 8 députés Verts lui
donnant la majorité absolue au Landtag, Gerhard Schröder
constitue une coalition rouge-verte et est investi
Ministre-président le 21 juin. Candidat à un second mandat en
1994, il remporte une courte majorité absolue de 81 sièges sur 161
pour le seul SPD, et conserve donc la direction du gouvernement
régional.
Il parvient à accroître cette
majorité à 83 sièges sur 157 lors du scrutin de 1998. Il est
réinvesti Ministre-président le 30 mars, mais démissionne dès le
27 octobre, cédant sa place au ministre de l'Intérieur Gerhard
Glogowski. En sa qualité de chef de gouvernement
régional, il prend pour un an, à partir du
1er novembre 1997,
la présidence tournante du
Bundesrat.
Au
niveau fédéral
Il est élu pour la première fois
député fédéral de Basse-Saxe au Bundestag en 1980. Réélu
trois ans plus tard, il démissionne en 1986. En 1998, il est
choisi comme candidat à la chancellerie (Kanzlerkandidat)
du SPD face à Helmut Kohl, qui sollicite un sixième mandat. Le
27 septembre, les sociaux-démocrates remportent les législatives
avec 41% des voix, contre 35% à la CDU/CSU. C'est la première fois
depuis les élections de 1972 qu'une telle situation se produit. Le
bon score obtenu par l'Alliance 90 / Les Verts permet aux deux
partis de former une coalition rouge-verte, et Gerhard Schröder
est investi chancelier fédéral le 27 octobre 1998. Il est alors le
premier chancelier à n'avoir pas participé ou connu la Seconde
Guerre mondiale.
Durant ce premier mandat, le
gouvernement décide de la sortie du nucléaire civil d'ici à 2020,
du développement des énergies renouvelables, de l'instauration
d'une taxe carbone, institue des unions civiles et libéralise les
procédures de naturalisation. Il organise également
l'assainissement des finances publiques, réforme la fiscalité, les
retraites et prend diverses mesures en faveur de l'enseignement
public. Il échoue toutefois à faire baisser le taux de chômage,
dont il avait dit qu'il s'agissait de son objectif personnel. Au
niveau international, il autorise le déploiement de la
Bundeswehr au Kosovo en 1999, ce qui en fait le premier
déploiement armé de l'Allemagne à l'étranger depuis 1945. En 2001,
il proclame sa solidarité avec les États-Unis suite aux attentats
du
11 septembre, ce qui ne l'empêche absolument pas d'être l'un
des plus farouches opposants à l'invasion de l'Irak défendue par
George Bush et Tony Blair.
Plusieurs affaires ou démissions
ont également marqué ces quatre premières années de pouvoir : en
mars 1999, le président du SPD et ministre fédéral des Finances,
Oskar Lafontaine, démissionne de l'ensemble de ses fonctions pour
protester contre la politique du cabinet, qu'il juge trop
libérale. En 2000, il doit se séparer de Reinhard Klimmt, ministre
fédéral des Transports, condamné dans une affaire de
malversations. L'année suivante, la crise de la vache folle
emporte Karl-Heinz Funke, ministre fédéral de l'Agriculture, et
Andrea Fischer, ministre fédérale de la Santé. A cette occasion,
Renate Künast devient la première femme ministre de l'Agriculture.
Enfin en juillet 2002, pour la première fois depuis 1949, il
demande au président fédéral de mettre fin aux fonctions d'un
ministre, en l'occurence Rudolf Scharping, ministre fédéral de la
Défense.
Candidat à un second mandat aux
législatives de 2002, il se retrouve opposé à Edmund Stoiber,
Ministre-président de la Bavière et président de la CSU. Le
22 septembre, le SPD et la CDU/CSU arrivent à égalité avec 38,5%
des suffrages, mais les sociaux-démocrates prennent trois sièges
d'avance. Le bon score obtenu par l'Alliance 90 / Les Verts donne
à la coalition sortante une courte avance de neuf sièges sur une
éventuelle coalition noire-jaune, et Schröder est investi pour un
nouveau mandat le 22 octobre. Sa première grande décision est de
fusionner le ministère fédéral de l'Économie avec celui du Travail
pour créer un « super-ministère » sous la direction de Wolfgang
Clement. Ce nouveau mandat, placé sous le signe de la morosité
économique et d'une hausse du chômage, est celui de la mise en
œuvre de l'agenda 2010, une série de réformes destinées à réduire
les dépenses de l'État providence, notamment en fusionnant les
allocations sociales avec celles du chômage, comme le préconisait
la commission de réforme présidée par Peter Hartz. Il tenta
également une réforme du système de santé publique, mais l'absence
de majorité au Bundesrat du fait des défaites successives de la
coalition aux élections régionales réduisit fortement sa marge de
manœuvre, l'obligeant au compromis avec la CDU/CSU et le FDP.
En 2004, il devient le premier
chef de gouvernement allemand à participer aux commémorations du
débarquement de Normandie, considéré comme une des principales
défaites du Troisième Reich en 1944. De plus en plus contesté et
confronté à une chute de sa popularité, il subit le 22 mai 2005
une lourde défaite en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui représente
20% de la population allemande et dirigé par les
sociaux-démocrates depuis 1966. Il annonce alors sa volonté de
convoquer des législatives fédérales anticipées, ce que ne permet
pas la Loi fondamentale, sauf à perdre un vote de confiance au
Bundestag, ce qu'il fait se produire le
1er juillet 2005.
Le
scrutin est alors fixé au 18 septembre.
Donné perdant durant toute la
campagne électorale, le SPD remporte finalement 34,2% des voix, à
peine un point de moins que l'union CDU/CSU d'Angela Merkel.
L'irruption de Die Linke (8,7% des voix) empêche toute formation
d'une coalition à gauche, tandis que le bon score du Parti
libéral-démocrate (FDP, 9,8%) ne permet pas la formation d'une
coalition noire-jaune. A l'ouverture de la législature le
18 octobre, aucune majorité ne permet d'élire un nouveau
chancelier, et le gouvernement sortant est alors chargé d'expédier
les affaires courantes. Les deux grands partis décident finalement
de former une grande coalition, dont Schröder revendique la
direction, arguant que la CDU et la CSU sont deux partis
distincts, et que donc le SPD est la première force politique du
pays. Il finit par renoncer au profit d'Angela Merkel, mais refuse
tout autre poste au sein du gouvernement. Merkel est finalement
élue chancelière fédérale le 22 novembre, et Schröder démissionne
du Bundestag dès le lendemain.
Reception dans les médias
En étant chancelier, Schröder fut
parodié à de nombreuses reprises dans la Gerd Show qui fut soutenu
par de nombreuses chaînes de radio. Jusqu'à 10 millions
d'Allemands écoutèrent ces émissions entre 1999 et 2005. Des
comédiens développèrent également des chansons avec des mélodies
très connu (Azzuro, The Ketchup Song...) avec une voie imitant le
chancelier qui furent couronnées de succès et atteignirent des
fois même la première place des Media Control Charts. Une petite
série de télévision fut également réalisée, où participèrent aussi
d'autres politiciens allemands connus tels que Angela Merkel et
Edmund Stoiber, mais aussi d'autres vedettes allemandes comme
Dieter Bohlen ou Oliver Kahn. Cette émission fut connue sous le
nom "Hurra Deutschland". Après 2005, ces émissions disparurent.
Une émission de radio, mettant en vedette la chancelière Angela
Merkel fut développée avec les mêmes acteurs et imitateurs, mais
elle connut beaucoup moins de succès. Ainsi, Schröder resta encore
longtemps dans la mémoire des Allemands et ces émissions le
rendirent même plus connus, surtout chez les jeunes. Schröder a
par contre refusé de commenter de telles émissions et chansons, ce
qui montre qu'il les trouvait ridicules et sans importance.
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