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.Ernst
RÖHM
Ernst Röhm
(ou Roehm), né le 28 novembre 1887 à Munich et abattu le
2 juillet 1934 à la prison de Stadelheim à Munich, était un
officier allemand, fondateur des Sturmabteilung (SA) nazies.
Rencontre avec Hitler
Ernst Röhm, officier allemand lors de la
Première Guerre mondiale, n'a jamais accepté la défaite de son
pays. En
1919, il devient membre de l’état–major de la
Reichswehr en
Bavière, et c’est là qu’il fait la connaissance d’Adolf
Hitler. Celui-ci était chargé par les services de
renseignement de l'armée allemande d'enquêter sur le Deutsche
Arbeiterpartei ou DAP (Parti des Travailleurs Allemands), petit groupe
politique qui venait juste d'être fondé par un serrurier de
Munich,
Anton Drexler. Tous deux impressionnés, ils rejoignirent ce
parti.
Sections
d'assaut, SA ou Chemises brunes
En
1921, Adolf Hitler évince Anton Drexler et prend la tête du
parti nazi. Il le réorganise pour en faire un parti de masse,
recrutant des cadres, rachetant et animant un hebdomadaire, le
Völkischer Beobachter. Ensemble, Röhm et Hitler forment les
sections d'assaut, la
Sturmabteilung ou
SA, ou les « chemises brunes », véritable milice chargée
d'assurer l'ordre dans les meetings et dans la rue.
En novembre 1923,
suite à l'occupation de la Ruhr par les troupes françaises et belges, Adolf Hitler profite de
l'émoi du peuple allemand pour renverser le gouvernement de
Bavière. Cette tentative de coup d'État, connue sous le nom de « Putsch de la Brasserie », se solde par un échec et conduit
Hitler à être condamné et incarcéré durant 13 mois. Ernst Röhm
s'exile quelques années en
Bolivie. Röhm,
homosexuel, était de ce fait même assez mal vu de la
population.
Mais Ernst Röhm souhaite pousser encore plus loin l'élan
révolutionnaire en absorbant la
Reichswehr, et fait des SA le bras armé de l'aile socialisante
du NSDAP. Dans le même temps,
Hermann Göring (président du
Reichstag) et
Heinrich Himmler (chef des
SS) s’inquiètent des prétentions d'Ernst Röhm et finissent par
convaincre Hitler que le chef de la SA complote afin de
l’éliminer. En effet, depuis 1932,
Röhm s'oppose à Hitler lorsque celui-ci a signifie aux milieux
d'affaires qu'il ne souhaite pas rejeter le capitalisme ni
opérer les larges nationalisations espérées par Röhm.
Nuit
des Longs Couteaux
Début 1934, Adolf Hitler, devenu
chancelier, décide de se séparer des SA et de les liquider afin
d'unifier politiquement le parti. C’est pourquoi, dans la nuit du
29 au 30 juin 1934, appelée la Nuit des longs couteaux, il
lance les SS d'Heinrich Himmler, avec le soutien de l'armée et de
la Gestapo, dans une opération d'envergure ; de Berlin à Munich,
plusieurs centaines de SA et d'opposants devront être arrêtés ou
assassinés. Pour ce faire, Himmler et son adjoint direct, Reinhard
Heydrich, chef du service de sécurité de la SS, fabriquent un
dossier de fausses preuves prétendant que Röhm avait été payé
douze millions de marks par la France pour renverser Hitler,
dossier que les principaux dirigeants de la SS découvrent le 24
juin, ce qui fonde l'accusation contre Röhm suspecté de fomenter
un complot contre le gouvernement.
Le 30
juin à 6 h 30, Hitler arrive à la pension Hanselbauer à
Bad Wiessee où les SA avaient l'habitude de séjourner ensemble
pour leurs vacances. Pistolet au poing, il entre en trombe dans la
chambre de Röhm, le traite de traître et le déclare en état
d'arrestation.
Hitler, le pistolet toujours au poing, poursuit sa course et cogne
contre la porte d'une chambre voisine :
il y découvre le chef de la SA de
Breslau,
Edmund Heines, qui a manifestement passé la nuit avec un
membre de la SA de 18 ans.
Röhm est brièvement emprisonné à la prison de Stadelheim à
Munich, Hitler hésitant sur le sort à lui réserver, notamment
compte tenu des services rendus par Röhm au mouvement nazi. Röhm
ne peut pas être retenu en détention indéfiniment, ni exilé ; un
procès public rendrait inévitable un examen minutieux de la purge,
ce qui n'est évidemment pas souhaitable.
Sous la pression de Göring, Himmler et Heydrich, Hitler ajoute le
nom de Röhm à la liste des personnes à exécuter, sur laquelle il
ne figurait pas.
Le
2 juillet, à la demande de Hitler,
Theodor Eicke, le commandant du camp de concentration de
Dachau, et Michel Lippert rendent visite à Röhm dans sa cellule. Ils lui
remettent un pistolet chargé d'une seule balle et la dernière
édition du
Völkischer Beobachter et lui expliquent qu'il a dix
minutes pour se suicider, pour éviter une exécution. Röhm refuse
et déclare que « si je dois être tué, laissez Adolf le faire
lui-même ».
Après le temps imparti, les tueurs reviennent dans la cellule de
Röhm où ils le trouvent torse-nu dans un geste de bravade.
Les derniers mots de Röhm sont « Mon Führer, mon Führer »,
auxquels Eicke répond par « Il fallait songer à tout cela un peu
avant, maintenant il est un peu tard ».
Lippert l'assassine à bout portant.
Officiellement, il fut exécuté pour
homosexualité, mais Hitler cache au peuple allemand que ces
pratiques étaient répandues dans les
jeunesses hitlériennes.
Pour les chefs nazis, cette exécution prouve que Hitler n'est pas
un simple
chancelier, mais qu'il est le Führer et que personne ne doit
se mettre en travers de son chemin ; pour les Allemands, ce
massacre renforce leur confiance dans le régime, la grande
majorité estimant que Hitler a sauvé l'Allemagne du chaos.
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