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.Joachim
von RIBBENTROP
Joachim von Ribbentrop
(30 avril 1893 à Wesel - 16
octobre 1946 à Nuremberg, Allemagne) était ministre des affaires
étrangères du Troisième Reich du 4 février 1938 au 30 avril 1945.
Il a été condamné à mort lors du Procès de Nuremberg en 1946 pour
plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre
et crime contre l'humanité.
Jeunesse et débuts
Arrivé à Montréal en 1910,
Ribbentrop a notamment travaillé à la construction du célèbre Pont
de Québec comme "manœuvre affecté aux différentes tâches" en
1912. Il passe sa jeunesse au Canada anglais, y exerce divers
métiers dont celui d'importateur de vins, champagnes et spiritueux
et y demeurait en août 1914. Lorsque la Première Guerre mondiale
est déclenchée, il rentre immédiatement en Allemagne en passant
par la Hollande et s'engage comme soldat. Il est blessé en 1917.
Il était marié avec Anna Elisabeth
Henkell (m. 1920), fille de Otto Henkell. Ancien représentant en
vin de Champagne pour Pommery, il rejoint le NSDAP en 1932 où ses
liens avec le milieu politique traditionnel sont appréciés. Il est
alors l'ami de
Heinrich Himmler, mais leur relation se détériore quand ce
dernier tente d'avoir son propre service diplomatique.
Diplomate
En 1935, il devient ministre sans
portefeuille et conseiller officieux de Hitler pour les affaires
étrangères, parce qu'il parlait couramment le français et
l'anglais et qu'il se prévalait de connexions internationales. Il
accroît son influence en prenant systématiquement le parti le plus
extrême, le seul que voulait entendre
Hitler, ce qui revient à marginaliser le ministre des affaires
étrangères en titre, Konstantin von Neurath. En juin 1935, il
négocie, sur un coup de bluff, un accord naval germano-britannique
permettant au Troisième Reich d’accroître sensiblement sa flotte :
pour cela, il affirma à John Simon, Secrétaire au Foreign
Office, que si les propositions allemandes n'étaient pas
acceptées dans leur intégralité, il repartait immédiatement. Il
permit ainsi à la Kriegsmarine d'atteindre 35% du tonnage de la
Royal Navy en navires de surface et 45% pour les sous-marins. Il
devint à ce moment le spécialiste du Parti Nazi pour la diplomatie
et augmenta son influence sur Hitler.
D'abord ambassadeur à
Londres en 1936,
il y laisse une réputation d'incompétence totale ; il pensait, à tort, que le Roi Édouard VIII, réputé pro-allemand, dirigerait la
politique étrangère britannique et vit dans son abdication un
complot "judéo-maçonnique" ! Il montrait ainsi une méconnaissance
totale du système constitutionnel du Royaume-Uni. Les quelques
contacts établis avec des membres de la Chambre des Lords, notamment Lord Lothian, Lord Cecil ou Lord
Londonderry lui firent croire que l'opinion britannique souhaitait
une alliance avec l'Allemagne, ce qui était faux.
Il devient cependant ministre des affaires étrangères en 1938
à la place de Neurath, dont les prises de positions contre la
marche à la guerre exaspèrent Hitler. En effet, le chancelier
pensait, à tort, que les contacts qu'il avait établis à Londres
lui permettraient d'amadouer la Grande-Bretagne.
Il prépare aussi le terrain
diplomatique de l’annexion des Sudètes en traduisant les menaces
d'Hitler en termes euphémiques et joue un rôle essentiel dans le
rapprochement entre Hitler et Mussolini qui aboutit au Pacte
d'Acier signé le 22 mai 1939.
À la veille de la Seconde Guerre
mondiale, il est l'artisan, avec Viatcheslav Molotov, du pacte
germano-soviétique de non-agression signé le 23 août 1939 qui
aboutit notamment à la fin de l'année 1939 à la répartition de la
Pologne entre les deux puissances.
Au cours de l'automne 1940, alors
que la Seconde Guerre mondiale se déroule, il monte le chimérique
« complot Windsor » pour s'emparer de l'ex-roi Edouard VIII et le
remettre sur son trône pour amener la Grande-Bretagne à la paix.
Winston Churchill sent néanmoins le danger suffisant pour envoyer
le duc de Windsor aux Bahamas comme gouverneur.
Ribbentrop ne pousse pas au
déclenchement de la guerre contre l'URSS en 1941, mais ne fait
rien pour l'empêcher par servilité vis-à-vis d'Hitler. Selon
l'historien Anthony Beevor, juste après avoir remis la déclaration
de guerre à l'ambassadeur soviétique Dekanozov, il lui souffle :
« Vous ferez savoir à Moscou que j'étais contre cette guerre ».
Perte
d'influence
Au fur et à mesure que la guerre se poursuit, l'influence de
Ribbentrop diminue d'autant plus qu'Hitler ne s'embarrasse plus de
précautions diplomatiques. De plus, la plupart des personnes qu'il
nomme dans les ambassades sont grossièrement incompétentes. Hitler
le marginalise, mais le maintient dans son entourage où il est
fréquemment moqué. Ribbentrop aménage un train qui suit tout le
temps Hitler dans ses déplacements, pour se montrer tout le temps
avec lui. Il est complètement exclu du
complot du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler pourtant mené
par la classe sociale à laquelle il cherchait à s'identifier.
Au moment de son arrestation, il adresse une lettre à « Mr.
Vincent Churchill » pour le mettre en garde contre le
risque de voir le
bolchevisme se répandre en Europe, une erreur sur le prénom du
Premier Ministre britannique qui illustre son incompétence
dans le domaine diplomatique.
Jugement et exécution
Lors
du Procès de Nuremberg, il nie toute responsabilité au sujet des
camps de concentration. Cependant, il aurait poussé, en septembre
1942, les diplomates allemands en poste dans les pays occupés à
accélérer les déportations de Juifs. Ribbentrop se serait plaint
auprès des Italiens des lenteurs dans la déportation des Juifs de
la zone d'occupation italienne en France. Les diplomates ont joué
un rôle important dans l'organisation de la déportation, négociée,
comme en France avec le régime de Vichy en juin 1942, lorsque le
représentant allemand auprès du régime de Vichy exige de Pierre
Laval la déportation de 50 000 Juifs. D'autre part, il fut prouvé
pendant le procès qu'il s'empara des biens de certaines personnes
dont il avait ordonné la déportation.
Au cours du procès, c'est le
procureur français Edgar Faure qui mène le contre-interrogatoire :
il lit à l'accusé un extrait d'une lettre de l'ambassade
d'Allemagne du 27 juin 1942, adressée au chef de la Sipo en
France.
« Le Hauptsturmführer Dannecker
m'a indiqué qu’il avait besoin au plus tôt de 50 000 Juifs de la
zone libre pour être déportés vers l'Est, et qu'il convenait de
soutenir l'action de Darquier de Pellepoix, Commissaire Général
aux Questions Juives. »
Dans sa réponse, Ribbentrop s'embrouille et se laisse piéger
par
Edgar Faure. Il commence par nier avoir eu connaissance du
travail de ses propres services, avant d'essayer de dire qu'il a
tenté de temporiser, ce qui indique qu'il connaissait parfaitement
la situation.
En avril 1943,
Ribbentrop participe aussi à une conférence entre Hitler et le
Hongrois Miklós Horthy durant laquelle ce dernier est informé que les Juifs
devaient être exterminés ou envoyés en camps de concentration.
Il
est condamné à mort lors du Procès de Nuremberg en 1946 pour plan
concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et
crime contre l'humanité. Il est le premier des condamnés à être
exécuté par pendaison dans la nuit du 16 octobre 1946 à 1h01.
Ses dernières paroles sur l'échafaud : « Que Dieu protège
l'Allemagne, sur le point de mourir, j'exprime l'espoir qu'elle
puisse conserver son unité, et que l'Ouest et l'Est arriveront à
s'entendre sur ce point. »
L'exécution est mal préparée par le bourreau en chef de l'US
Army, le sergent
John C. Woods : Ribbentrop, qui est le premier à monter sur
l'échafaud, met 17 minutes à mourir.
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