Ronald Wilson Reagan,
né le 6 février 1911 et mort le 5 juin 2004, est le quarantième
président des États-Unis d'Amérique. Il fut élu pour deux mandats
de 1981 à 1989.
Le premier mandat de Reagan est
marqué par la tentative d'attentat dont il est l'objet mais
surtout par une nouvelle politique, les Reaganomics, basée
sur une économie de l'offre. En politique internationale, la
période est marquée par la crise des euromissiles, la relance de
la course aux armements et la hausse du budget militaire, pour
financer notamment le projet d'Initiative de défense stratégique.
Le second mandat de Ronald Reagan
est marqué par la continuation de la croissance économique, tout
juste ébranlée brièvement par le krach d'octobre 1987, par une
inflation jugulée, un taux de chômage presque divisé par deux par
rapport au pic de 1982-1983, et un taux de change du dollar au
plus haut niveau sur les marchés boursiers. Sur le plan
international, la course aux armements a accéléré la décomposition
de l'URSS, marqué par le discours à Berlin de Ronald Reagan
appelant Mikhaïl Gorbatchev à faire tomber le rideau de fer, et
conduit à la ratification du traité sur les forces nucléaires à
portée intermédiaire. Si Ronald Reagan est parfois perçu comme le
grand vainqueur de la guerre froide, il est pour les Américains
leur personnalité publique préférée, toutes catégories confondues,
selon une enquête nationale réalisée pour la télévision en 2005,
un an après sa mort.
Enfance et scolarité
Ronald Reagan naît le 6 février
1911 à Tampico, un petit village situé à environ 190 kilomètres à
l'ouest de Chicago, dans l'Illinois. Ses parents sont d’origine
irlandaise, l’arrière-grand-père dont il porte le nom ayant émigré
en 1860. Il rejoint la religion de sa mère à 12 ans, une branche
du christianisme protestant appelée « Disciple du Christ »,
relativement tolérante et comptant de très nombreux adeptes. Son
père était catholique.
Après ses études primaires et
secondaires à l’école publique, il est admis à l’université
d’Eureka (Illinois), où il obtient un diplôme en économie et
sociologie en 1932. C’est un très bon élève et il s’y fait de
nombreux amis qui lui resteront fidèles. À partir de 15 ans et
jusqu’à 22 ans, il travaillera pendant l’été comme
nageur-sauveteur et il dit avoir sauvé la vie de 77 personnes.
Fils d'un père alcoolique, il démontre un talent précoce d'acteur
et de conteur.
Il commente à la radio les matchs
des Chicago Cubs (équipe de baseball) : à partir de brèves
indications reçues par téléscripteur, son talent de conteur et son
imagination lui permettent de donner vie au jeu. En 1934, alors
que son téléscripteur tombe en panne au cours de la neuvième et
dernière manche d'un match opposant les Cubs aux St Louis
Cardinals,
il invente même une suite d’actions totalement fictives pendant
lesquelles les batteurs des deux camps arrivent à bloquer les
lancers les plus vicieux, et ceci jusqu'au rétablissement de sa
ligne.
Doté d'un physique avantageux et
d'une belle voix, Reagan devient un acteur de second rôle très
recherché à Hollywood. En 1938, Reagan partage l'affiche du film
"Brother Rat" avec l'actrice Jane Wyman qu'il épouse en janvier
1940 et avec qui il a deux enfants, Maureen (1941–2001) et
Christine (décédée à sa naissance en 1947). Le couple adopte
également un troisième enfant, Michael avant de divorcer en juin
1948.
Carrière cinématographique
En
1940, Ronald Reagan joue le rôle de George The Gipper
Gipp (Georges le Tricheur) dans le film
Knute Rockne All American, d'où il garde le surnom « le
Tricheur » tout le reste de sa vie. Ronald Reagan, lui-même, pense
que son meilleur rôle est dans
Crimes sans châtiment (1942)
où son personnage est amputé des deux jambes ; le titre de son
autobiographie Qu’est-il advenu du reste de moi ? fait
d’ailleurs allusion au dialogue du film. Autres films notables :
Hellcats of the Navy et
Bedtime for Bonzo, un film qui lui vaudra beaucoup de
moqueries car son partenaire principal est un chimpanzé. Il
poursuit sa carrière cinématographique jusqu'au début des années
1960. L’une des étoiles serties dans le trottoir de Hollywood Boulevard, le
Walk of Fame, porte son nom. Il s'est taillé dans le
cinéma une solide réputation d'acteur de second rôle.
Carrière télévisuelle
À la fin des années 1950,
lorsque les propositions de rôles au cinéma deviennent moins
nombreuses, Ronald Reagan se tourne vers la télévision. Il joue de
nombreux rôles dans des pièces télévisées, parfois avec, comme
partenaire, sa seconde femme
Nancy épousée en 1952. En 1955,
il présentera même sur la chaîne
ABC la cérémonie d'ouverture de
Disneyland.
Il devient président du syndicat des acteurs en même temps que
sa carrière passe de présentateur d’émission à celle de
producteur. Ses revenus atteignent 125 000 $ par an à la fin des
années 1950. Son dernier emploi régulier en télévision est celui
d’animateur et acteur de la série
Les Aventuriers du Far West (Death Valley Days) ;
son dernier film est Les Tueurs (The Killers) tourné
en 1964
où il joue le rôle d’un chef mafieux.
Carrière politique
Ronald Reagan débute en politique chez les
démocrates de tendance libérale en soutenant Franklin Roosevelt et
son New Deal. Il devient progressivement un authentique
conservateur aux plans sociaux et fiscaux. Ses activités de
président de la Screen Actors Guild (Syndicat des acteurs
de cinéma) l’amènent à la politique, parce qu'il choisit de
s'aligner sur les décisions du sénateur Joseph McCarthy et de coopérer avec la Commission parlementaire
sur les activités antiaméricaines (House
Committee on Un-American Activities) pour « révéler
l'influence communiste à Hollywood ». Il dénonce plusieurs de ses
collègues prétendument communistes tout en étant fermement opposé,
à l'inverse de nombreux anticommunistes, à l'interdiction du parti
communiste américain (CPUSA).
Son image politique s'affermit dans le climat antisoviétique de
l'Amérique des années 1950 : employé par la société General Electric, Ronald Reagan prononce des discours
anticommunistes dans des émissions de radio et fait des tournées
de conférences.
Lors de l’élection présidentielle de 1964, Reagan est un
partisan du républicain conservateur Barry Goldwater.
En 1966, Ronald Reagan est élu
gouverneur de Californie. Il s’est engagé à « remettre les
chômeurs patentés au travail » et à « faire un grand nettoyage à
l’université de Berkeley » ; il renvoie le président de
l’université, l’oblige à rendre les études payantes et utilise la
Garde nationale pour stopper les manifestations étudiantes. L’une
de ses plus grandes frustrations concerne la peine de mort qui est
suspendue par la Cour suprême en 1972, alors qu’il en est
partisan.
Il tente vainement de devenir le candidat du parti républicain
en 1968.
Une nouvelle tentative en 1976,
contre le président sortant Gerald Ford, se solde par un échec à la convention
du parti républicain.
Il obtient finalement
l'investiture républicaine en 1980. La campagne présidentielle est
marquée par l'affaire
des otages en Iran. La presse occidentale accuse le camp
Reagan d'avoir passé un accord secret pour garder les otages
captifs jusqu'à l'issue des élections. La plupart des analystes
pensent que l'incapacité de Jimmy Carter à résoudre la crise des otages a joué un grand
rôle dans sa défaite et dans la victoire de Reagan. Avec 51,6% des
votes exprimés contre 41,7% à Jimmy Carter, il remporte la
présidentielle. Cette victoire lui permet de devenir le plus vieux
président des États-Unis, puisqu'il est âgé de soixante-dix ans à
son accession au poste.
Quatre ans plus tard, lors de
l'élection présidentielle américaine de 1984, il sera réélu avec
59 % des votes exprimés et la quasi-totalité des votes des grands
électeurs contre le candidat démocrate et ancien vice-président
Walter Mondale.
Présidence
Ronald Reagan inaugure sa présidence le 20 janvier 1981 par un
discours d'investiture dans lequel il résume sa doctrine politique
en déclarant que « l'État n'est pas la solution à nos problèmes...
L'État est le problème ». Parallèlement, 30 minutes après le début
de son discours, les 52 otages du régime islamique de Téhéran,
retenus en Iran depuis 444 jours et qui avaient décrédibilisé la
présidence de Jimmy Carter, étaient libérés.
L'attentat
Le 30 mars 1981, soixante-neuf
jours après son discours d'investiture, un déséquilibré nommé John
Warnock Hinckley Jr. tira six coups de revolver sur le président
Reagan, lorsque celui-ci quittait l'hôtel Hilton de Washington
après y avoir donné une conférence. Aucune des balles ne le toucha
directement, mais une rebondit sur le vitrage blindé de la
limousine et frappa le président à la poitrine tandis que d'autres
blessèrent également l'attaché de presse James Brady, l'agent de
police Thomas Delahanty et l'agent du Secret Service Timothy
McCarthy. Hinckley ne tenta pas de fuir et fut arrêté sur la scène
même du crime.
Reagan survécut à ses blessures après avoir été opéré à
l'hôpital universitaire George Washington. Peu de temps avant
d'entrer en salle d'opération pour l'extraction de la balle, qui
avait de peu manqué le cœur, Reagan lança aux chirurgiens :
« J'espère que vous êtes tous républicains. » (ce à quoi le
chirurgien en chef, un démocrate libéral, lui répondit « Monsieur
le Président, aujourd'hui nous sommes tous républicains »), et en
blaguant à sa femme Nancy le lendemain : « Chérie, j'ai oublié de
plonger. »
La doctrine
Reagan
Ronald Reagan se décrivait lui-même comme étant :
- anticommuniste ;
- pour les réductions d'impôts ;
- pour un
État minimal, sauf en matière de défense ;
- pour une
déréglementation en matière de droit des sociétés ;
- soutenant les intérêts des entreprises de toutes tailles ;
- soutenant certaines libertés individuelles ;
- partisan d'une répression sévère de la délinquance.
Sa présidence a été marquée notamment par :
- l'augmentation des dépenses militaires avec entre autres un
programme de
marine de 600 navires ;
- le déploiement des missiles Pershing II en
Allemagne de l'Ouest décidé avant son entrée en fonction en
réponse aux implantations soviétiques de missiles SS-20 aux frontières de l'Europe ;
- la signature de l'Intermediate-Range
Nuclear Forces Treaty qui vise le démantèlement des missiles
nucléaires soviétiques et américains en Europe ;
- l'incitation au déploiement du système de missiles
Peacekeeper ;
- le lancement de l'Initiative
de défense stratégique, aussi appelée guerre des étoiles
par la presse ;
- l'armement et l'entraînement des groupes anticommunistes,
tels que les Contras et les Moudjahidines ;
- la vente d'armes aux alliés des États-Unis (Taïwan,
Israël, Arabie saoudite) ou à ceux luttant contre ses ennemis (soutien à
l'Irak
contre l'Iran) ;
- la
croissance économique ;
- l'augmentation du
déficit budgétaire ;
- l'intensification de la lutte contre la drogue ;
- la fin de l'inflation qui avait assombri les mandats de ses
prédécesseurs,
Jimmy Carter et Gerald Ford ;
- le licenciement des
contrôleurs aériens lorsqu'ils se mirent illégalement en
grève ;
- le déclin de l'URSS.
Reaganomics
Le premier mandat du président Reagan fut notamment consacré au
redressement d'une économie marquée par la stagflation
(forte inflation/faible croissance économique). La politique reaganienne, en partie
fondée sur la théorie moderne de l'offre (supply-side economics),
chercha à stimuler l'économie par des réductions d'impôts
massives. La plupart des économistes s'accordent sur le rôle
stimulant d'une baisse de la pression fiscale, mais les
économistes modernes de l'offre la créditent d'une très grande
efficience.
George Bush parlait « d'économie vaudou » à propos des idées
économiques de Reagan, avant de devenir son
vice-président. Cette politique ne devait pas tarder à être
appelée Reaganomics, un terme employé à la fois par les
détracteurs du président et par ses
supporteurs. Les baisses d'impôts combinées à une augmentation
forte des dépenses militaires conduisirent à un énorme déficit
budgétaire et à une augmentation de la dette publique, qui gonfla
de près de 200 % entre le début du mandat de Reagan et celui de
son successeur George Bush.
D'un autre côté, le déficit fut légèrement atténué par des
recettes fiscales en hausse que certains supporteurs du président
Reagan attribuèrent à l'application réussie de la politique
fiscale prônée par la théorie moderne de l'offre. Les critiques du
président soutinrent qu'en dépit des déclarations de Reagan
prônant un État fédéral moins tentaculaire, les dépenses fédérales
et la bureaucratie avaient augmenté pendant ses mandats. Assez
naturellement, il y a un désaccord sur les questions de la
responsabilité de Reagan dans la sévère récession de 1982, de la
forte
croissance économique qui démarra à la fin du premier mandat
et dura pendant le second mandat, et de la chute du pouvoir
d'achat des salariés américains de 1981 à 1989.
L'Union Soviétique et la guerre froide
Comme la plupart des hommes politiques américains importants,
Reagan avait une véritable présence scénique. Il sut toujours
entendre l'opinion publique et en tirer parti. Sa voix calme et
son langage ferme lui valurent le surnom de "grand communicateur" (Great
Communicator). Le 8 mars 1983,
il qualifia l'Union soviétique d'« Empire du mal » (Empire of
Evil). Plus tard durant son mandat, alors qu'il parlait en
face du
mur de Berlin, il mit au défi le leader soviétique
Mikhaïl Gorbatchev de détruire le mur. Certains historiens
estiment que ces caractéristiques auraient été insignifiantes sans
son enthousiasme perceptible pour les États-Unis et sa forte
croyance dans l'individu.
Beaucoup considèrent qu'il a
gagné la guerre froide. La politique de Reagan en matière de défense
s'articulait autour d'un fort soutien à l'armée et de la création
de la doctrine « Paix dans la force » (Peace through Strength).
L'Initiative
de Défense Stratégique (IDS, en anglais SDI,
Strategic Defense Initiative), plus connue sous le nom de « Star
Wars » (« Guerre des Étoiles »), était un système de
missiles de défense, ayant pour objectif de rendre les États-Unis
invulnérables aux attaques de missiles nucléaires soviétiques.
Sa mise en œuvre relançait la
course aux armements et augmentait l'instabilité des futures
crises internationales. Les défenseurs de l'IDS
considéraient le projet comme un clou dans le cercueil de la course aux armements avec l'Union soviétique : il s'agissait
pour eux de démontrer aux Soviétiques que leur arsenal de missiles
nucléaires deviendrait obsolète et d'alourdir les dépenses
militaires soviétiques en imposant des investissements
supplémentaires énormes pour maintenir une force nucléaire
dissuasive. Ces dépenses auraient alors alourdi les difficultés
économiques de l'URSS et auraient accéléré sa chute.
Reagan entretint une amitié étroite avec plusieurs leaders
conservateurs à travers le monde, notamment Margaret Thatcher en
Grande-Bretagne et Brian Mulroney au Canada. D'une manière
générale, Reagan multiplia les contacts personnels avec les chefs
d'État, notamment en les invitant dans son ranch ou à Camp David pour des rencontres informelles.
Un autre aspect de la politique de Ronald Reagan, qui a été
appelée la « doctrine Reagan », consista à combattre de plus en
plus fermement l'influence communiste dans le monde dont l'Amérique
latine. Cette action conduisit au soutien de mouvements comme
Solidarność et des opposants aux régimes communistes ainsi que de
gouvernements militaires anticommunistes peu respectueux des
droits de l'homme. Les détracteurs du président Reagan
l'accusèrent d'ailleurs d'entreprendre des actions de guérilla
secrètes et illégales (en particulier, le soutien aux Contras au
Nicaragua, après la chute du dictateur Somoza et la victoire
électorale des sandinistes de Daniel Ortega). En 1983, Reagan
ordonna l'invasion de la petite île de Grenade qui venait de subir
un coup d'État communiste. Vers la fin de son mandat, Reagan
appuya l'émergence démocratique en Amérique latine en fournissant
une aide financière généreuse aux États qui organisaient des
élections libres.
Lorsque Mikhaïl Gorbatchev fit
preuve de sa bonne volonté au niveau international en réduisant
l'interventionisme de son pays, cet anticommuniste dialogua avec
celui-ci, détendit les relations entre les deux blocs et signa
l'Intermediate-Range Nuclear Forces Treaty qui mit fin à la crise
des euromissiles.
L'affaire Iran-Contra
L'administration Reagan connut un
scandale important et fit l'objet d'enquêtes portant sur son
soutien secret aux conflits iranien et nicaraguayen : « l'affaire
Iran-Contra ». Deux membres de l'administration, le conseiller à
la sécurité nationale John Poindexter et le colonel Oliver North,
avaient concocté un plan élaboré pour vendre des armes au
gouvernement iranien et distribuer le bénéfice aux guérillas
Contras anticommunistes au Nicaragua, pays qui souffrait d'une
guerre civile sanglante. Ces deux actions étaient illégales.
Reagan déclara qu'il ignorait cette fraude mais admit qu'il avait
approuvé la vente initiale d'armes à l'Iran, faisant valoir que
ces ventes devaient aider à la libération des otages américains
retenus au Liban par le Hezbollah, lequel était soutenu par
l'Iran.
Reagan fit connaître rapidement son souhait de voir nommer un
procureur indépendant pour enquêter sur le scandale qui prenait de
l'ampleur et collabora avec ce procureur. Cette réaction sauva son
mandat. Il ne fut reconnu coupable que d'avoir exercé un contrôle
négligent sur son équipe, fait qui expliquait son ignorance des
ventes d'armes. Quoique considéré comme un honnête homme par la
plupart des Américains, plusieurs autres scandales affectèrent ses
mandats : corruptions et trafics d'influence impliquant les
membres du cabinet présidentiel débouchèrent sur la condamnation
ou la démission de plus de 130 officiels. La réputation du
président n'en souffrit pourtant pas, ce qui lui valut d'être
affublé d'un nouveau surnom, le « président
Teflon », par la députée démocrate
Patricia Schroeder. Un terme qui signifiait qu'aucune critique
ou bourde ne s'attachait à lui et qui servit plus tard pour
d'autres présidents et d'autres scandales.
Lutte
antidrogue
La politique de Reagan en matière de lutte antidrogue aggrava
les peines d'emprisonnement des
infractions à la législation sur les
stupéfiants tout en diminuant les fonds alloués au traitement
médical de la dépendance à la drogue.
Cette politique déboucha sur une augmentation importante de la
population carcérale aux États-Unis. Les critiques affirmèrent
que cette politique avait peu d'impact sur les ventes de produits
stupéfiants ou sur les statistiques criminelles mais constituait
un très lourd fardeau financier et humain pour la société
américaine. Néanmoins, la fermeté en matière de répression de la
délinquance fut une part importante de la politique du
président Reagan. Cette circonstance, ajoutée à la baisse du
budget social, explique qu'on reprocha parfois à Reagan son
hostilité à l'égard des classes populaires.
Divers
- Reagan licencia 11 359
contrôleurs aériens en grève le 5 août 1981 pour avoir
ignoré son injonction de reprise du travail. Curieusement, le
syndicat des contrôleurs aériens (Professional Air Traffic
Controllers Organization-PATCO) avait été l'un des rares à
soutenir le candidat Reagan face à
Jimmy Carter quelques mois auparavant.
- Reagan envoya les Marines au Liban
au printemps 1983. Après plusieurs attentats mineurs, un camion
plein d'explosifs détruisit leur caserne et causa la mort de 241
Marines. Deux jours plus tard, Reagan ordonna l'invasion
de Grenade, petite île des
Caraïbes. Trois mois plus tard, les Marines furent retirés
du Liban.
- Le 13 juillet 1985, Reagan subit une opération chirurgicale
pour se faire retirer un
polype cancéreux du
côlon. La clause d'intérim présidentiel, prévue par le 25e
amendement à la
Constitution des États-Unis et investissant sous certaines
conditions le
vice-président, fut invoquée pour la première fois de
l'Histoire à cette occasion. Le 5 janvier 1987, Reagan subit une
opération de la
prostate, qui alimenta l'inquiétude sur son état de santé.
- Le président Reagan fut critiqué en 1985 lors d'un incident
au cours d'un voyage officiel en
République fédérale d'Allemagne. Le 11 avril, la Maison
Blanche annonça que le président visiterait le cimetière
militaire de
Bitburg et déposerait une couronne en mémoire des soldats
allemands morts pendant les deux guerres mondiales. Ce geste
devint controversé quand il apparut qu'un petit nombre des
tombes contenaient les restes de soldats ayant
servi dans les unités
Waffen-SS. Malgré les protestations, Reagan passa outre en
considérant que son geste aiderait à la réconciliation entre les
anciens ennemis.
Héritage et retrait de la vie publique
À bien des égards, Reagan fut le
fondateur du parti républicain moderne. Sa redéfinition du
conservatisme fiscal fondé sur des baisses d'impôts ne prenant pas
en compte l'équilibre budgétaire,
son opposition à l'imposition progressive et à l'avortement, son
attachement aux questions éthiques et morales, sont autant de points qui sont devenus caractéristiques
des leaders républicains postérieurs, y compris
George W. Bush. Les prédécesseurs immédiats
de Reagan, tels que Dwight Eisenhower et
Richard Nixon, ne les auraient pas acceptés dans un programme
du parti républicain.
Quatre ans après son départ de la
Maison Blanche, en 1992, la maladie d'Alzheimer fut diagnostiquée
chez Reagan et le contraignit progressivement à l'isolement. Il
informa le pays de son état de santé dans une lettre du 5 novembre
1994. Dans les années qui suivirent, il perdit la capacité de
parler de manière cohérente, puis d'effectuer des tâches simples.
Il se brisa la hanche dans une chute en 2001, réduisant encore son
autonomie. Il fêta son 93e anniversaire en 2004 et devint ainsi,
jusqu'en novembre 2006, l'ancien président le plus âgé de
l'histoire des États-Unis (titre détenu par la suite par Gerald
Ford).
Il est décédé le 5 juin 2004 dans
sa maison de Bel Air à Los Angeles (Californie). Ses funérailles,
le 11 juin, ont été les premières organisées avec autant de pompe
pour un dirigeant américain depuis celles du démocrate Lyndon
Johnson en 1973. De très nombreux Américains vinrent lui rendre un
dernier hommage.
En juin 2005, les téléspectateurs
américains placent Ronald Reagan en numéro 1 de leur liste des
plus grandes personnalités ayant marqué l'histoire du pays. Il
devance Abraham Lincoln et Martin Luther King.