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.Shimon
PERES
Shimon Peres (né
Szymon Perski, le 2 août 1923 à Wiśniew (Pologne,
actuelle Biélorussie), est un homme politique israélien.
Ministre à de nombreuses reprises, Shimon Peres occupe la
fonction de Premier ministre d'Israël en 1977 (par intérim), de
1984 à 1986, puis de 1995 à 1996. Leader du Parti travailliste
durant de nombreuses années, il rejoint le parti centriste Kadima
en 2005.
Prix Nobel de la paix 1994 avec
Yasser Arafat et
Yitzhak Rabin, il est élu président de l'État d'Israël le 13
juin 2007. Il entre en fonctions le 15 juillet 2007.
Jeunesse et carrière professionnelle
La famille de Szymon Perski émigre
vers Tel Aviv en 1934, alors que ce dernier est âgé de 11 ans.
Celui-ci suit des études à l'école de Geula de Tel Aviv, puis à
l'école agricole de Ben Shemen.
En 1947, Shimon Peres s'enrôle
dans le Haganah, prédécesseur des forces israéliennes de défense,
dont il devient un dirigeant.
Il est nommé, en 1953, directeur général du ministère de la
Défense, quatre ans après sa rencontre avec le Premier ministre
David Ben Gourion. À cette fonction, il s'implique particulièrement
dans l'achat d'armes pour le jeune État d'Israël,
ce qui contribue à en faire la 6e
puissance atomique mondiale.
Il se rend en France en 1954 et
fait la rencontre d'Abel Thomas, directeur général du ministère de
l'Intérieur, qui lui présente Maurice Bourgès-Maunoury. Ensemble,
ils mettent en place une coopération entre les services de
renseignements dans la lutte contre l'ennemi commun égyptien,
accusé par la France de soutenir les indépendantistes algériens.
En 1956, Bourgès-Maunoury devient ministre de la Défense dans le
gouvernement Guy Mollet. Une étroite coopération
franco-israélienne s'amorce. Les efforts de Peres sont efficaces
et il réussit à acquérir, auprès de la France, le premier réacteur
nucléaire de Dimona et, auprès de l'avionneur français Marcel
Dassault, le Mirage III, un avion de combat à réaction.
Vie familiale
Shimon Peres est marié à Sonya
Gelman, avec qui il a trois enfants : une fille, Himara (Tziki)
Walden-Peres, une linguiste, et deux fils, Yoni et Chemi,
président de Pitango, une importante société israélienne de
capital risque.
Carrière politique
1959 - 1977 : premiers portefeuilles ministériels
En 1959, il est élu pour la
première fois député à la Knesset (Parlement israélien), sur la
liste Mapaï (composante du Parti travailliste). Il est constamment réélu depuis.
Shimon Peres est vice-ministre de
la Défense de 1959 à 1965, au moment de son implication dans
l'affaire Lavon avec
Moshe Dayan. Avec celui-ci, il quitte le Mapai de
David Ben Gourion pour former un nouveau parti, le Rafi, qui
se réconcilie avec le Mapai en 1968.
En 1969, Peres est à nouveau nommé ministre et, en 1970, il
devient ministre de l'Immigration, des Transport et des
Communications. Après avoir été brièvement ministre de
l'Information, il est nommé ministre de la Défense dans le
gouvernement d'Yitzhak
Rabin, de 1974 à 1977.
1977 - 1996 : Premier ministre à trois reprises
Bien qu'il n'ait jamais mené son parti à une victoire aux
élections, Shimon Peres a occupé le poste de
Premier ministre à trois reprises.
Devenu leader du Parti
travailliste, il occupe cette fonction par intérim, d'avril à juin
1977, suite à la démission d'Yitzhak
Rabin. Mais la gauche perd les élections législatives, et
Shimon Peres devient le chef
de l'opposition jusqu'en 1984.
Il redevient Premier ministre en
septembre 1984, à la tête d'un gouvernement de coalition avec le
Likoud. Dans le cadre d'un accord avec
Yitzhak Shamir, il cède comme prévu sa place à ce dernier, en
octobre 1986. Il occupe alors le fonction de vice-Premier
ministre, ministre des Affaires étrangères jusqu'en 1988. À ce
poste, il tente en vain de trouver une solution à la question
palestinienne, conjointement avec la Jordanie.
Ministre des Finances au sein d'un
nouveau cabinet de coalition, Shimon Peres retourne dans
l'opposition de 1990 à 1992. Cette même année, battu par Yitzhak
Rabin à la direction du Parti travailliste, il est de nouveau
nommé ministre des Affaires étrangères, et se bat en faveur de
négociations sur l'avenir des territoires occupés, avec l'OLP de
Yasser Arafat. En 1993, Shimon Peres est l'un des artisans des
accords d'Oslo. Cela lui vaut, l'année suivante, de se voir
décerner le prix Nobel de la paix, avec
Yitzhak Rabin et
Yasser Arafat.
Quelques minutes avant
l'assassinat de Rabin, le 4 novembre 1995, Shimon Peres se trouve
aux côtés de ce dernier. Alors qu'Ygal Amir s'apprête à les
abattre tous les deux, le Premier ministre retourne remercier les
organisateurs de la manifestation en faveur du processus de paix
israélo-palestinien, tandis que Peres,
hésitant, décide finalement de partir.
Ygal Amir se résout à lui laisser la vie sauve, et conserve ses
munitions pour Yitzhak Rabin.
Suite à cette mort brutale, Peres
redevient Premier ministre et réaffirme sa volonté de poursuivre
le processus de paix. Il décide d'avancer de six mois le scrutin
voyant le Premier ministre élu au suffrage universel. Les semaines
précédents l'élection, la cote de popularité de Shimon Peres
s'effondre. Son adversaire
Benyamin Netanyahou met alors l'accent sur le mauvais bilan
des travaillistes en matière de sécurité. Le 29 mai 1996, le
Premier ministre sortant est battu de justesse par le candidat du
Likoud, qui recueille 50,5 % des voix. Pour beaucoup, cet
échec signe le glas de sa carrière politique.
1996 - 2005 : « traversée du désert » et retour
Shimon
Peres continue d'agir en tant qu'« ambassadeur » non officiel
d'Israël, grâce au prestige et au respect dont il jouit dans
l'opinion publique internationale et dans les cercles
diplomatiques. Il s'efforce de contrecarrer l'activité de
propagande des cercles internationaux pro-palestiniens. L'année de
sa défaite, le président de la Confédération suisse, Jean-Pascal Delamuraz, lui décerne le « prix de la fondation » lors du forum
de Crans-Montana. En 1997, il fonde le « Centre Peres pour la
paix », et reste un défenseur résolu des accords d'Oslo et de
l'autorité palestinienne, en dépit des deux Intifadas.
Nommé ministre de la Coopération
régionale par Ehud Barak le 6 juillet 1999, il subit un nouvel
échec personnel lors de l'élection présidentielle de 2000,
lorsqu'il est battu, à la surprise générale, par Moshe Katsav.
Contre toute attente, il accepte la fonction de vice-Premier
ministre, ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement
Ariel Sharon. Shimon Peres défend le droit pour Israël à une
politique de sécurité, répond aux critiques internationales contre
la « barrière de sécurité » élevée par l'État israélien. Il
soutient la politique d'Ariel Sharon dans sa volonté d'utiliser
les forces armées israéliennes pour contrecarrer la « guerre de la
terreur », engendrée par les nombreux palestiniens transformés en
bombes humaines, et pour déraciner l'infrastructure politique et
militaire de la « résistance » palestinienne et de ses réseaux
terroristes. Il qualifia toutefois l'assassinat, en juillet 2002,
de Salah Shehadeh (Hamas), de « tragédie », en raison de
l'importance des pertes civiles lors de ce bombardement. Il a très
longtemps tardé à admettre l'idée d'un État palestinien souverain
et ne reconnaît pas le fait de l'occupation israélienne, restant
sur la position officielle (« territoires disputés »), ni l'idée
d'un retrait de la totalité des territoires occupés.
2005 - 2007 : rupture avec le Parti travailliste
En 2005, Shimon Peres est battu à l'élection interne du Parti
travailliste, qui désigne
Amir Peretz comme son nouveau dirigeant. Celui-ci précipite
des élections législatives anticipées, en annonçant le départ des
travaillistes du gouvernement Sharon.
Le 5 janvier 2006, moins de 24
heures après l'hospitalisation du Premier ministre Ariel Sharon
suite à une hémorragie cérébrale, un des responsables de Kadima
affirme sous certaines conditions que Shimon Peres devrait être
nommé Premier ministre. Mais celui-ci annonce sur Aroutz 1, le 9
janvier, qu'il n'a pas l'intention de redevenir Premier ministre,
même si cela lui était proposé. En revanche, il devient le numéro
2 (derrière Ehud Olmert) de Kadima, nouveau parti à vocation
centriste créé par Sharon en vue des élections anticipées de mars
2006. Le 15 janvier 2006, il démissionne de son poste de député pour lever les obstacles
juridiques à la poursuite de sa carrière au sein de son nouveau
parti.
Après la victoire de Kadima, il
devient vice-Premier ministre du gouvernement de coalition qu'Ehud
Olmert forme avec les travaillistes. Il a également le
porte-feuille de ministre du Développement régional chargé de la
Galilée et du désert du Néguev.
Depuis 2007 : président de l'État d'Israël
Suite à la démission de Moshe
Katsav, accusé de viol, de fraude et d'obstruction à la justice,
Shimon Peres est candidat à l'élection présidentielle. Le
13 juin 2007, soutenu par Kadima, il arrive en tête du premier
tour de scrutin organisé à la Knesset : il obtient 58 voix contre
37 pour Reuven Rivlin (Likoud) et 21 à Colette Avital (Parti
travailliste). Mais aucun des trois candidats n'ayant obtenu la
majorité absolue de 61 voix requise pour être élu dès le premier
tour, un second tour a lieu le même jour. Dès l'annonce des
résultats, ses deux concurrents se retirent de la course, laissant
la voie libre au vice-Premier ministre, déclaré président par 86
voix contre 23. Il devient ainsi le 9e
président de l'État d'Israël, et entre en fonctions le
15 juillet 2007.
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