Lee Harvey Oswald,
né le 18 octobre 1939, décédé le 24 novembre 1963, est l'assassin
présumé du président américain John Fitzgerald Kennedy selon les
conclusions des deux enquêtes gouvernementales ayant examiné les
circonstances de l'assassinat. Présumé car aucun procès, ni même
le début d'une instruction judiciaire, n'a pu avoir lieu après
qu'il eut été abattu par Jack Ruby moins de 48 heures après son
arrestation.
Jeunesse
et entrée dans les Marines
Né à La Nouvelle-Orléans en
Louisiane, il connaît une enfance difficile. Son père, Robert Lee
Oswald, meurt deux mois avant sa naissance. Sa mère, qui dut
l'élever seule ainsi que son frère, Robert, et son demi-frère,
John Pic, était une mère protectrice et dominatrice. La famille
eut une vie assez instable. Avant qu'il ait 18 ans, Lee avait
connu 22 domiciles et 12 écoles, généralement à la
Nouvelle-Orléans et à Dallas.
Taiseux et solitaire, Oswald se montre capable de violence .
Alors qu'Oswald et sa mère vivaient à
New York, au début de 1953, ses problèmes scolaires et
caractériels entraînèrent une évaluation psychiatrique sur ordre
de l'administration qui fut assez préoccupante pour entraîner sa
mise sous probation par un juge de la jeunesse. L'évaluation eut
lieu au cours d'un bref séjour dans une maison de correction
de New York. Un psychologue conclut que Lee était intelligent mais
montrait d'important déficits relationnels et émotionnels,
une travailleuse sociale confirma ce retrait de Lee par rapport
aux autres, notant que Lee semblait avoir des désirs de puissance
et de violence, et identifia la source des problèmes de Lee dans
ses rapports avec sa mère,
enfin le psychiatre du centre, tout en confirmant les observations
de ses collègues, diagnostiqua chez le jeune Oswald des troubles
de la personnalité avec tendance schizoïde et passive-agressive.
La situation ne s'arrangea pas vraiment et le juge de la jeunesse
suivant Lee envisageait son placement. Mais avant qu'une décision
quelconque soit prise, Marguerite quitta New York début 1954 et
emménagea à La Nouvelle-Orléans.
Oswald fréquenta l'école de manière irrégulière et n'obtint
jamais son diplôme de secondaire. Oswald eut toujours une mauvaise
orthographe, et ses erreurs amènent à estimer qu'il souffrait de
dyslexie.
Malgré ces problèmes, il était un lecteur avide et a toujours
pensé qu'il était plus intelligent que les gens qui l'entouraient.
À partir de ses 15 ans, selon ses propres déclarations,
Oswald s'intéresse au
marxisme.
Peu après, à la Nouvelle-Orléans, il achète
le Capital et le
Manifeste du Parti communiste.
En octobre 1956, Lee écrit au président du Parti Socialiste
américain une lettre où il se déclare marxiste et affirme étudier
les principes marxistes depuis quinze mois.
Pourtant, alors même qu'il lisait toute littérature marxiste
qu'il pouvait trouver, Oswald préparait son entrée dans les
Marines en apprenant par cœur le manuel des Marines de son
frère aîné, Robert, qui était Marine. Oswald adorait ce frère dont
il portait fièrement la bague du Corps et rêvait depuis longtemps
l'imiter en le suivant dans la carrière. Alors même qu'il se
considérait comme un marxiste, Oswald réalise son rêve d'enfance
et s'engage dans les Marines une semaine après son
dix-septième anniversaire.
Après les entraînements de base, d'octobre 1956 à mars 1957,
Oswald reçut un entraînement spécifique destiné à la composante
aérienne des Marines. Au terme de cet entraînement, le 3 mai 1957,
il devint soldat de première classe, reçut l'accréditation de
sécurité minimale, "confidentiel",
et suivit l'entraînement d'opérateur radar. Après un passage à la
base d'El Toro (Californie)
en juillet 1957, Il fut assigné à la base d'Atsugi, au Japon,
en août 1957. Cette base était utilisée pour les vols de l'avion
espion
Lockheed U-2 au-dessus de l'URSS,
et quoique Oswald n'était pas impliqué dans ces opérations
secrètes,
certains auteurs ont spéculé qu'il aurait pu commencer là une
carrière d'espion.
Entré dans le corps des US Marines à l'âge minimal de 17 ans,
plutôt petit et frêle par rapport au marine standard,
Oswald subissait des moqueries que son caractère ombrageux ne
faisait qu'attiser. Pourtant, cette époque au Japon semble avoir
été une époque heureuse pour Oswald. Il semblait trouver sa place
dans la carrière militaire et avait réussi l'examen de
caporal. Il n'a cependant jamais obtenu cette promotion et a
même été rétrogradé au rang de simple soldat après avoir
été traduit deux fois en Cour Martiale, une première fois pour
possession illégale d'une arme de poing (un
Derringer) et une seconde fois pour une bagarre avec un
sous-officier, ce qui lui valut en outre quarante-cinq jours de
cachot. De retour aux États-Unis, Oswald fut à nouveau affecté à
El Toro en décembre 1958, et commença à montrer un désintérêt de
la carrière militaire. En février 1959, il demanda à passer un
test de connaissance du russe
auquel il eut des résultats pauvres.
C'est alors que Oswald commença à exprimer de manière claire
des opinions marxistes qui n'améliorèrent pas sa popularité auprès
de ses camarades. Il lisait énormément de revues en russe,
écoutait des disques en russe et s'adressait aux autres soit en
russe soit en contrefaisant un accent russe. Ses camarades le
surnommèrent alors "Oswaldskovich".
Mi-1959, il fit en sorte de rompre prématurément son engagement
dans l'armée en prétextant le fait qu'il était le seul soutien
pour sa mère souffrante. Lorsqu'il put quitter l'armée en
septembre
1959, il avait en fait déjà préparé l'étape suivante de sa
vie, sa défection en URSS.
Oswald avait été un bon soldat, en tout cas au début de sa
carrière, et ses résultats aux tests de tir, par exemple, étaient
très satisfaisants.
Ses résultats au tir se dégradèrent cependant vers la fin de sa
carrière militaire, élément qui fut ensuite utilisé pour faire
passer Oswald pour un piètre tireur. Ainsi, avec un score de 191
le 5 mai 1959, Oswald atteignait encore le niveau bon tireur,
alors qu'il envisageait déjà son départ du Corps. Lors de
cette séance de tir, Nelson Delgado, la seule personne qui affirma
devant la Commission Warren que Oswald était un mauvais tireur,
avait fait 192.
En fait, selon les standards du Corps de Marines, Oswald était un
assez bon tireur.
L'Union soviétique
Le voyage d'Oswald en
URSS était bien préparé : il avait
économisé la quasi-totalité de son salaire de Marine et
obtint un passeport en prétendant vouloir étudier en Europe.
Il embarqua le 20 septembre sur un bateau en partance de la
Nouvelle-Orléans à destination du Havre où il arriva le 8 octobre pour partir immédiatement vers
Southampton puis prit un avion vers
Helsinki (Finlande)
où il atterrit le 10 octobre. Dès le lundi 12, Oswald se présenta
à l'ambassade d'URSS et demande un visa touristique de six jours
dans le cadre d'un voyage organisé,
visa qu'il obtient le 14 octobre.
Oswald quitta Helsinki par train le 15 octobre et arriva à
Moscou le 16. Le jour même, il demande la citoyenneté soviétique,
que les Soviétiques, à sa grande surprise, lui refusèrent au
premier abord, considérant que sa défection serait de peu de
valeur.
Après qu'il eut commis une tentative de suicide, les
Soviétiques lui accordèrent le droit de rester,
d'abord temporairement, à la suite de quoi Oswald tenta de
renoncer à sa citoyenneté américaine,
puis pour un temps indéterminé.
Les Soviétiques envoyèrent Oswald à Minsk
en janvier 1960, où il fut surveillé en permanence par le KGB
pendant les trois ans que dura son séjour. Oswald sembla tout
d'abord heureux : il avait un travail dans une usine
métallurgique, un appartement gratuit et une allocation
gouvernementale en sus de son salaire, bref une existence
confortable selon les standards de vie soviétiques.
Le fait que le
U2 de Francis Powers ait été abattu par les Soviétiques après
l'arrivée d'Oswald, en mai 1960, a éveillé la curiosité de
certains auteurs se demandant quel lien cet évènement pouvait
avoir avec le passage de Oswald sur la base d'Atsugi, une des
bases d'où des U2 décollaient. Cependant, outre que Oswald ne
semble jamais avoir été en contact avec des secrets sur Atsugi,
personne n'a jamais réussi à établir un lien entre Oswald et cet
évènement. Ainsi, le U2 de Powers a été abattu par une salve de
missiles
SA-2 chanceuse (à moins que Powers ait été sous son plafond
normal) et aucun renseignement spécial n'a été nécessaire à cet
effet.
L'enthousiasme initial d'Oswald pour sa nouvelle vie semble
s'être émoussé au même rythme que l'intérêt qu'il avait éveillé au
début dans la ville de Minsk où il était le premier Américain. Par
ailleurs, Oswald, surnommé "Alek" par ses amis, considérait
durement la bureaucratique Union Soviétique, qu'il finit par voir
comme une perversion du
socialisme.
En mars 1961, alors qu'il avait eu quelques contacts avec
l'ambassade américaine à Moscou en vue de son retour aux
États-Unis, Oswald rencontra Marina Alexandrovna Medvedeva
Nikolayevna Prusakova, une jeune étudiante en pharmacie de 19 ans,
lors d'un bal au Palais des Syndicats.
Ils se marièrent moins d'un mois plus tard et s'installèrent dans
l'appartement d'Oswald.
Oswald avait écrit plus tard dans son journal qu'il avait
épousé Marina uniquement pour faire du mal à son ex-petite amie,
Ella Germain. En
mai 1961, Oswald réitère à l'ambassade US son souhait de retourner
aux États-Unis, cette fois avec son épouse. Lors d'un voyage en
juillet à Moscou, Oswald alla avec Marina, enceinte de leur
premier enfant, à l'ambassade américaine pour demander un
renouvellement de son passeport.
Ce renouvellement fut autorisé en juillet, mais la lutte avec la
bureaucratie soviétique durerait bien plus longtemps. Lorsque le
premier enfant des Oswald, June, naquit en février 1962, ils
étaient encore à Minsk. Finalement, ils reçurent leur visa de
sortie en mai 1962, et la famille Oswald quitta l'URSS et embarqua
pour les États-Unis le 1er juin 1962.
Dallas
La famille Oswald s'installa à
Fort Worth (près de
Dallas) mi-juin 1962, d'abord chez son frère Robert, ensuite
chez sa mère, début juillet, et enfin dans un petit appartement
fin juillet, lorsque Lee eut trouvé un travail dans une usine
métallurgique. Le
FBI s'intéressa naturellement à Lee, et eut à cette époque
deux entretiens avec lui, le 26 juin et le 16 août. Les entretiens
n'ayant pas révélé quoi que ce soit de notable, l'agent chargé du
dossier demanda à Oswald de contacter le FBI si des Soviétiques le
contactaient, et conclut ses rapports en recommandant de fermer le
dossier.
Cependant, dès le 12 août, Lee écrivait au Socialist Workers
Party, un parti
trotskiste, pour leur demander de la documentation, et
continuait à recevoir trois périodiques russes.
Vers la fin août, les Oswald furent introduits auprès de la
petite communauté de Russes émigrés de
Dallas. Ceux-ci n'aimaient pas particulièrement Oswald,
qui se montrait désagréable, mais prenaient en pitié Marina,
perdue dans un pays dont elle ne connaissait même pas la langue
que Lee refusait de lui apprendre. C'est dans le cadre de ces
contacts qu'Oswald rencontra
George de Mohrenschildt, un riche excentrique d'origine russe de 51 ans
qui prit Oswald en sympathie. Les relations entre Oswald et
Mohrenschildt ont été source de nombreuses spéculations, et
certains ont cru voir dans Mohrenschildt un agent ayant participé
à une conspiration, sans jamais trouver d'élément factuel à
l'appui de l'hypothèse.
En octobre 1962, Oswald quitta son travail à Fort Worth et
déménagea à Dallas, où il trouva rapidement une place dans une
firme de reprographie, Jaggars-Chiles-Stovall.
En novembre, les relations entre Lee et Marina se détériorèrent au
point que Marina le quitta temporairement. Ses amis russes
l'accueillirent en l'encourageant à quitter Lee définitivement.
Lorsqu'elle lui pardonna quelques jours plus tard, ses relations
privilégiées avec la communauté russe se refroidirent, et seuls
les Mohrenschildt gardèrent le contact.
C'est en janvier 1963 que Oswald remplit un bon de commande
pour un
revolver Smith & Wesson auprès de Seaport Traders, une firme de vente par
correspondance de Los Angeles. Il s'agissait d'un calibre .38 dont
le barillet avait été rechambré pour accepter du calibre
.38 Special et dont le canon avait été tronçonné pour en faire
une version snob nose, facilement dissimulable.
Le révolver coutait 29,95 dollars, et il signa le bon de commande
du nom de « A.J. Hidell », en donnant pour adresse la boite
postale #2915 au bureau de poste de la rue Ervay. Il opéra de même
en mars 1963, lorsqu'il commanda son Carcano sous le nom de A. Hiddel
pour le prix de 21,95 dollars auprès de Klein's Sporting Goods à
Chicago.
En février 1963, alors que les relations entre Lee et Marina
s'envenimaient jusqu'à la violence, Oswald prit un premier contact
avec l'ambassade d'URSS en laissant entendre qu'il souhaitait y
retourner. C'est aussi au cours de ce mois que les Oswald
rencontrèrent Ruth Paine, qui allait devenir, avec son mari
Michael, très proche des Oswald.
Rapidement, Ruth et Marina devinrent proches au cours du mois
de mars 1963, et c'est à la fin du mois que Lee demanda à Marina
de prendre des photos de lui avec ses armes.
C'est également au cours de ce mois que Oswald commença à préparer
l'assassinat du général Walker, que les deux armes commandées lui
furent livrées, que Lee perdit son travail chez Jaggers et que
l'agent Hosty, du FBI, commença un réexamen de routine du dossier de
Oswald et Marina (six mois s'étant écoulés depuis son dernier
entretien avec Oswald), au cours duquel il découvrit une note du
FBI de New York sur un abonnement de Lee au Worker, journal
communiste, ce qui l'intrigua et le poussa à rouvrir le dossier.
Toutefois, avant que Hosty ait pu traiter le dossier, il se rendit
compte que les Oswald avaient quitté Dallas.
La tentative d'assassinat sur le Général Walker
Le général Edwin Walker, un héros de la Seconde Guerre
mondiale, était un anticommuniste virulent et partisan de la
ségrégation raciale. Walker avait été relevé de son
commandement en Allemagne et muté à Hawaï en avril 1961 par le
président Kennedy après qu'il eut distribué de la littérature
d'extrême-droite à ses troupes. Il démissionna alors de l'armée en
novembre 1961 et se retira à Dallas pour y commencer une carrière
politique. Il s'est présenté contre John Connally pour
l'investiture Démocrate au poste de Gouverneur du Texas en 1962,
mais fut battu par Connally qui fut finalement élu gouverneur. À
Dallas, Walker deviendra la figure de proue de la John Birch
Society, une organisation d'extrême-droite basée au Massachusetts.
Walker représentait tout ce que haïssait Oswald et il commença
à le surveiller en février 1963,
prenant notamment des photos de son domicile et des environs.
Le
10 avril 1963,
alors qu'il avait été congédié de chez Jaggars-Chiles-Stovall
depuis 10 jours, il laissa une note en russe à Marina
et quitta son domicile avec son fusil. Le soir même, alors que
Walker était assis à son bureau, on tira sur lui d'une distance de
30 mètres. Walker survécut par un simple coup de chance : la balle
frappa le châssis en bois de la fenêtre et fut déviée.
Lorsque Oswald rentra chez lui, il était pâle et semblait
effrayé. Quand il dit à Marina ce qu'il venait de faire,
elle lui fit détruire l'ensemble des documents qu'il avait
rassemblés pour préparer sa tentative d'assassinat, quoiqu'elle
conservât la note en russe.
L'implication d'Oswald dans cette tentative ne fut connue des
autorités qu'après la mort d'Oswald, lorsque cette note, ainsi
qu'une photo de la maison de Walker, accompagnées du témoignage de
Marina, leur parvinrent. La balle récupérée dans la maison de
Walker était trop endommagée pour permettre une analyse
balistique, mais l'analyse
de cette balle par
activation neutronique par le
HSCA permit de déterminer qu'elle avait été produite par le
même fabricant que la balle qui tua Kennedy.
La Nouvelle-Orléans
Sans emploi, Oswald confia Marina aux bons soins de Ruth Paine
et partit à la Nouvelle-Orléans pour trouver du travail. Il trouva
un emploi le 9 mai
et Marina le rejoignit le 10 mai.
Oswald semblait à nouveau malheureux de son sort, et quoiqu'il
ait perdu ses illusions sur l'Union Soviétique, il obligea Marina
à écrire à l'ambassade d'URSS
pour demander l'autorisation d'y retourner. Marina reçut plusieurs
réponses peu enthousiastes de l'ambassade, mais entretemps les
espoirs d'Oswald s'étaient reportés sur Cuba
et
Fidel Castro. Il devint un ardent défenseur de Castro et
décida de créer une section locale de l'association
Fair Play for Cuba. Il consacra 22,73 dollars à l'impression de 1 000
tracts, 500 demandes d'adhésion et 300 cartes de membres pour
Fair Play for Cuba
et Marina signa du nom de "A.J. Hidell" comme président de la
section sur une des cartes.
Alors qu'Oswald était à nouveau sans travail,
il fit, le 5 août 1963, une curieuse tentative d'infiltration des
milieux anticastristes : il se présenta comme un anticommuniste
auprès de
Carlos Bringuier, délégué à
la Nouvelle-Orléans de l'association des étudiants cubains en
proposant de mettre ses capacités de Marine au service des
anticastristes.
Quelques jours plus tard, le 9 août, un ami de Bringuier repéra
Oswald en train de distribuer des tracts pro-Castro. La seconde
rencontre entre Bringuier et Oswald fut donc explosive, et finit
par une arrestation collective.
Oswald passa la nuit en prison, et son procès (ainsi que celui de
Bringuier) attira l'attention d'une station de télévision locale
qui proposa de le filmer en train de distribuer des tracts, ce qui
fut fait le 13 août,
le film passant le soir-même à la télévision. Oswald fut alors
contacté par une radio locale (WDSU), et après un premier
entretien, il leur suggéra d'organiser un débat entre lui et
Bringuier.
Sa correspondance de l'époque montre un Oswald heureux du bruit
qu'il réussit à faire autour de Fair Play for Cuba et
présentant sa section - dont il était le seul membre - comme un
succès.
Cependant, le débat radio-diffusé qui s'ensuivit tourna au
désavantage d'Oswald : Bringuier était bien préparé, et le
journaliste cuisina Oswald sur son passage en URSS, que
Oswald avait caché lors du premier entretien. Fair Play for
Cuba, lié à un marxiste ayant vécu en URSS, n'avait désormais
plus d'avenir à la Nouvelle-Orléans.
Humilié et ayant perdu toute crédibilité, Oswald envisagea de
détourner un avion vers Cuba, mais Marina réussit à l'en dissuader,
et l'encouragea à trouver un moyen légal d'aller à Cuba. En
l'absence de liaison entre les États-Unis et Cuba, Lee commença à
envisager de passer par le Mexique.
Les quatre mois qu'Oswald passa à la Nouvelle-Orléans furent
l'objet de beaucoup de spéculation et notamment de toute
l'attention de
Jim Garrison, le district attorney de la ville qui pensa
pouvoir lier Oswald avec Clay Shaw, un homme d'affaire local qu'il estimait être impliqué dans
l'assassinat du Président
John F. Kennedy.
Le lien entre Oswald et
Clay Shaw était censé être Guy Banister, un ancien agent du
FBI devenu détective et
David Ferry, un pilote et ancien prêtre d'extrême droite, connu pour
ses tendances homosexuelles, chef des
camps de formation des contre-guérilla avec d'innombrables
contacts dans le domaine socio-politico-militaire de la
Nouvelle-Orléans. En fait, Ferry était une vieille connaissance
d'Oswald : tous deux étaient membres du groupe CAP-patrouille
aérienne civile et Civil Air Patrol, où Oswald est entré à l'âge
de quinze ans, tout les deux vivant en Nouvelle-Orléans avant la
période de Oswald dans le Corps des Marines.
Il semble que dans les années '50, Ferrie et Oswald alors
adolescent se soient au moins croisés dans la
Civil Air Patrol, une association civile auxiliaire de l'armée
de l'air, cependant aucun lien n'a jamais pu être établi entre
Oswald et Bannister.
Un dernier lien relevé entre Guy Banister et Oswald est le fait
que Oswald utilisa l'adresse 544 Camp Street sur certains des
tracts qu'il avait distribués, les bureaux de Guy Banister étant
au 531 Lafayette Street, de l'autre côté du coin de la rue dans le
même immeuble. Cependant, les deux entrées donnent dans des
parties non communicantes de l'immeuble et l'adresse 544 Camp
Street avait été l'adresse du Conseil révolutionnaire anti-Castro,
où Carlos Bringuier avait d'ailleurs travaillé. Un résident cubain
de l'adresse témoigna avoir été approché en juillet 1963 par
Oswald qui exprima son souhait d'aider la résistance contre
Castro. Il lui avait alors dit que l'association était partie et
avait conseillé à Oswald de s'adresser à Bringuier. La mention de
l'adresse sur certains tracts peut donc s'expliquer par le souhait
d'Oswald d'embarrasser le Conseil et Bringuier.
Voyage au
Mexique
Alors que Ruth Paine ramenait Marina à Dallas le 23 septembre
1963, Oswald resta en ville deux jours, sans doute pour collecter
son dernier chèque de chômage de 33 dollars. Ces jours sont aussi
ceux où se situe un incident qui rend incertain le trajet exact
d'Oswald à partir de la Nouvelle-Orléans et qui est considéré par
certains comme un indice majeur de l'existence d'une
conspiration : il s'agit, selon le témoignage de
Sylvia Odio, de la visite qui lui fut faite à Dallas par
Oswald et deux Cubains se présentant comme anticastristes.
Quoi qu'il en soit, Oswald était dans un bus Houston-Laredo le
26 septembre, et continua ensuite vers
Mexico. Là, il tenta d'obtenir un visa vers Cuba, se
présentant comme un défenseur de Cuba et de Castro, et en
affirmant qu'il voulait ensuite continuer vers l'URSS. L'ambassade
lui refusa le visa s'il n'avait pas au préalable un visa
soviétique. L'ambassade d'URSS, après avoir consulté Moscou,
refusa le visa. Après plusieurs jours de va-et-vient entre les
deux ambassades, un Oswald rejeté et mortifié retourna à Dallas.
L'épisode mexicain a aussi été le sujet de beaucoup de
spéculations. Celles-ci ont été renforcées par une erreur de la
CIA qui surveillait l'ambassade d'URSS et envoya à la Commission Warren une photo de quelqu'un qui n'était pas Oswald, ce
qui a provoqué des suppositions qu'Oswald n'était en fait pas à
Mexico ou en tout cas n'y avait pas fait ce que l'on prétendait.
Des années plus tard, cependant, Cuba fit parvenir aux autorités
américaines la demande de visa d'Oswald, et son écriture fut
formellement identifiée.
Le
retour à Dallas
De retour à
Dallas le 3 octobre, Oswald exprima sa déception à l'égard du
régime de Castro. Il décida de laisser Marina chez Ruth Paine
pendant qu'il cherchait un nouvel emploi et un nouvel appartement.
Oswald trouva un logement à 7 dollars la semaine au 621 Marsalis
dans Oak Cliff, et chercha un emploi tous les jours, car ses
prestations de chômage s'achevaient. Sa première logeuse, qui ne
l'appréciait pas et se méfiait de lui, notamment parce qu'il
parlait en une « langue étrangère » au
téléphone, refusa de renouveler la location. Oswald pensa que
la cause en était une nouvelle enquête du FBI. Il décida donc de
dorénavant louer sous un faux nom et sa location suivante, le 14
octobre, fut faite sous le nom de « O.H. Lee ».
Malgré ses efforts, Oswald ne parvenait pas à trouver du
travail. Ce même 14 octobre,
Ruth Paine discutait avec des voisines, évoquant
notamment le sort des Oswald : une femme
enceinte et un mari qui ne trouve pas de travail. Une des
voisines, Linnie May Randle, se souvint que son jeune frère,
Wesley Buell Frazier, venait de passer à travers la même épreuve
et avait trouvé du travail au
Texas School Book Depository, un dépôt de livres qui
assurait la distribution de livres éducatifs. Elle suggéra donc
qu'Oswald y tente sa chance. Ruth Paine appela le Texas School
Book Depository (TSBD) où on lui dit qu'il y aurait
peut-être une place. Le jour suivant, le 15 octobre, Oswald se
présenta au TSBD où il obtint une place d'employé chargé de
remplir les bons de commande (Oswald mentit en affirmant qu'il
venait d'avoir une décharge honorable des Marines et qu'il
n'avait jamais eu d'ennuis avec la justice) et commença à y
travailler le 16 octobre.
Wesley Buell Frazier, qui vivait près de sa sœur, Ruth Paine,
lui offrit de le véhiculer jusque chez les Paine quand il le
voulait, mais Oswald décida de ne rejoindre sa femme que le
week-end, ce qu'il fit pour la première fois le vendredi 18
octobre. Le dimanche, Marina donna naissance à leur second enfant,
Audrey.
Au cours du week-end suivant,
Michael Paine, le mari de Ruth, eut une
conversation
politique avec Oswald et se rendit compte que malgré sa
désillusion à l'égard des régimes socialistes, il était encore un
fervent marxiste qui pensait que la révolution violente était la
seule solution pour installer le socialisme. Pendant les semaines
suivantes, la situation entre Marina et Lee se dégrada à nouveau,
tandis que le
FBI de Dallas s'intéressait à nouveau à Oswald du fait de son
voyage à
Mexico. Le vendredi 1er novembre,
le FBI se rendit au domicile des Paine et interrogea Marina.
Lorsque Oswald apprit cela le soir même, il devint très nerveux.
Il avait l'impression d'être harcelé par le FBI, surtout
lorsqu'une deuxième visite eut lieu le mardi suivant, 5 novembre.
Sans doute à la suite de ces visites, Oswald se rendit le 12
novembre au bureau du FBI pour remettre une
enveloppe à l'agent qui s'était chargé de l'enquête, James
Hosty. Cet épisode a par la suite donné lieu à un acte de
dissimulation par le FBI, puisque le supérieur de Hosty lui donna
l'ordre de détruire la note qui, selon Hosty, contenait une
demande de laisser Marina tranquille. Cette décision fut sans
doute prise pour éviter de créer le moindre lien entre Oswald et
le FBI ou une accusation d'enquête bâclée.
Le 15 novembre, Oswald ne put aller chez les Paine parce que
Michael, le mari de Ruth, y passait le week-end (les Paine étaient
en instance de divorce). Pendant ce week-end, Marina découvrit que
Lee avait à nouveau écrit à l'ambassade d'URSS,
et qu'il s'était inscrit sous un faux nom à son logement, et ils
se disputèrent au téléphone à ce sujet.
Le 19 novembre, le Dallas Time Herald publia le trajet
que le
Président Kennedy utiliserait lors de la
traversée de la ville. Comme Oswald avait pour habitude de lire le
journal de la veille qu'il récupérait dans la salle de repos du
TSBD, on présume qu'il a appris que le Président passerait devant
les fenêtre du TSBD le 20 ou le 21 novembre.
Le jeudi 21 novembre, Oswald rompit avec sa routine et demanda
à Buell Frazier s'il pouvait l'amener chez les Paine ce soir-là.
Au cours de la soirée, Oswald tenta de convaincre Marina de venir
avec lui à Dallas où il trouverait un appartement. Marina refusa
cependant toutes ses tentatives d'approche dans lesquelles
certains ont vu une tentative de la part d'Oswald de ne pas
exécuter le plan qui avait sans doute germé dans sa tête le jour
même. Lorsque Marina se leva le lendemain, le 22 novembre, Oswald
était parti en laissant sur le bureau 170 dollars, et son
alliance.
Ce matin du 22 novembre, Buell Frazier remarqua qu'Oswald
embarquait dans sa voiture avec un paquet oblong, qu'Oswald
prétendit être des tringles à rideaux. À 11h40, des travailleurs
qui posaient un revêtement de sol au cinquième étage remarquèrent
Oswald du côté est de l'étage.
Quinze ans après l'assassinat, une employée du TSBD dirait
qu'elle se souvenait avoir vu Oswald dans la salle de repos du
premier étage en train de déjeuner à 12h15, mais ce témoignage
était contraire à ses premiers témoignages et à celui des
personnes avec qui elle était à ce moment-là et qui ne virent pas
Oswald.
Un autre employé se trouvait au 5e
étage puisqu'il y prit son déjeuner vers 12h-12h15. Il ne vit
personne et décida alors de rejoindre ses collègues au quatrième
étage, d'où ils regardèrent la parade de la fenêtre juste en
dessous de celle d'où les tirs allaient partir. Le fait qu'il ne vit pas
Oswald peut s'expliquer par le fait que celui-ci était caché par
des piles de caisses de livres, arrangées pour cacher totalement
la vue de la fenêtre de tous les autres points de l'étage.
Entre 12h et 12h30, plusieurs personnes virent un homme à la
fenêtre du cinquième étage, quoique certains en virent deux.
À 12h30 précises, le Président traversait Dealey Plaza et était
assassiné.
La fuite, le
meurtre de J. D. Tippit et l'arrestation
Quelque 90 secondes plus tard, Marrion Baker, un policier qui
s'était précipité dans le TSBD pour chercher le tireur, aperçoit
quelqu'un alors qu'il atteint le premier étage. Le policier était
accompagné de Roy Truly, le patron du TSBD, qui identifie Oswald.
Les deux hommes continuent à monter. Oswald quitte alors le TSBD
par l'entrée principale qui ne sera fermée qu'au moins dix minutes
après l'assassinat.
Vers 12h40, Oswald, après avoir remonté un bout de rue à pied,
monte dans un bus qui est rapidement bloqué dans la circulation.
Il prétexte une correspondance et demande au chauffeur de le
laisser descendre. Il marche un peu et hèle un taxi. Il propose à
une femme qui se présente de lui céder son tour, ce qu'elle
refuse. Le chauffeur de taxi ne notera rien de particulier dans
son attitude. Il rejoint son appartement d'où il repart presque
aussitôt après s'être muni de son blouson beige. Les témoins
déclarent alors qu'il a l'air pressé et stressé. On ignore où
Oswald se rendait ensuite,
mais il avait marché un peu plus d'un kilomètre lorsqu'il fut
intercepté vers 13h15 par
J. D. Tippit.
Selon le rapport de la Commission Warren, Oswald tua J. D. Tippit alors que celui-ci avait quitté sa voiture et
s'approchait de lui. Oswald quitta les lieux en vidant les
douilles de son revolver et en le rechargeant.
Toutefois, la Commission Warren elle-même ne recueille pas le
témoignage des deux témoins oculaires les plus proches de la
scène, l'Hispanique Domingo Benavides et la femme de couleur
Aquila Clemons, tous les deux à moins de quinze mètres de la
scène, qui n'ont pas identifié Oswald comme l'assassin de l'agent
de police. Curieusement, la Commission Warren recueille le
témoignage d'un chauffeur, Jack Tatum, qui se trouvait à cinquante
mètres et qui a vu Oswald dans son rétroviseur.
Oswald
se fait remarquer quelques rues plus loin, alors qu'il pénètre
dans le hall d'entrée d'un magasin pour se cacher des voitures de
police qui passent dans la rue. Le gérant du magasin note son
manège et sort pour voir où il va. Il le voit entrer sans payer
dans un cinéma à quelques pas de là. Il alerte le responsable du
cinéma qui appelle la police pour signaler la présence d'un
individu suspect dans le cinéma.
Plusieurs voitures de police arrivent alors et les policiers
envahissent la salle. Un officier de police repère Oswald et lui
ordonne de se lever. Oswald lui donne un coup de poing, sort son
revolver et tente de faire feu alors que le policier le ceinture,
mais le coup ne part pas.
Il est 13h50, Oswald est arrêté et est tout d'abord accusé du
meurtre de Tippit. Lorsque les policiers se rendent compte
qu'Oswald est l'employé manquant du TSBD, il est également inculpé
du meurtre du Président. Oswald nie avoir assassiné qui que ce
soit. Pendant son interrogatoire, il ment à plusieurs reprises aux
policiers.
Assassinat
Le 24 novembre, après douze heures d'interrogatoire sans assistance
légale dont peu de traces ont été conservées, Oswald fut assassiné
par
Jack Ruby à 11h21 dans les garages de la police de
Dallas et, en plus, en direct sous les yeux de millions de
téléspectateurs alors qu'on s'apprêtait à transférer Oswald des
cellules de la police vers la prison de comté sise au coin Houston
et Elm street à un pas du fameux TSBD...
Oswald fut enterré le 25 novembre
1963 au cimetière Rose Hill à Fort Worth, la famille ayant eu de
la difficulté à trouver un ministre du culte et un cimetière pour
accueillir et célébrer la sépulture de l'assassin présumé du
Président Kennedy.
En
1965, Marina épousa Kenneth Porter, un coureur de stock car,
et les deux filles de Marina, June et Rachel, prirent finalement
le nom de leur nouveau beau-père.
En
1981, le corps d'Oswald fut exhumé sous les pressions de
Michael Eddowes, un auteur britannique
pour confirmer son hypothèse selon laquelle le corps enterré sous
la pierre « Oswald » au cimetière Rose Hill n'était pas celui du
vrai Oswald, mais celui d'un sosie soviétique. Après autopsie
légale, Linda Norton, le médecin-légiste du comté de
Tarrant (Tx) a finalement confirmé que l'identité du
cadavre reposant à Rose Hill était bien celui de Lee Harvey Oswald
et personne d'autre.
Enquêtes
La
Commission Warren et le
House Select Committee on Assassinations ("HSCA")
conclurent qu'Oswald avait tué le Président, quoique le HSCA
conclut que l'assassinat avait été le résultat d'un complot.
Culpabilité d'Oswald dans l'assassinat
La question de la culpabilité d'Oswald dans le meurtre du
Président Kennedy ne sera jamais tranchée, en tout cas
judiciairement : sa mort, le surlendemain de l'attentat a arrêté
toute action à son encontre.
Cependant, la question reste posée, et on peut l'examiner.
Les indices qui incriminent Oswald
Les éléments suivants, dont certains sont des éléments
circonstanciels sont de nature à convaincre de la culpabilité
d'Oswald dans le meurtre du Président Kennedy.
- Oswald était classé comme bon tireur chez les Marines (son
classement correspond à la capacité de toucher 8 fois sur 10 une
cible de 25 centimètres à 182 mètres.
- Howard L. Brennan, un témoin sur Dealey Plaza a reconnu
Oswald comme étant l'homme qu'il a vu tirer de la fenêtre du
cinquième étage du TSBD.
- Divers témoins ont vu à la fenêtre du cinquième étage du
TSBD un homme dont la description correspond à Oswald.
- Oswald a été vu au cinquième étage du TSBD environ 35
minutes avant l'assassinat et n'a plus été vu ensuite nulle part
jusqu'après l'assassinat.
- Le
Carcano retrouvé au cinquième étage du TSBD a été identifié
comme ayant été acheté par Oswald par correspondance, utilisant
le même faux nom (Alek Hidell) que pour l'achat du
revolver qui a tué Tippit et qu'Oswald portait sur lui au moment
de son arrestation, ainsi d'ailleurs que d'une fausse pièce
d'identité au nom d'Alek Hidell (il a été déterminé que cette
pièce d'identité, un faux assez grossier, avait été fabriquée
par Oswald lorsqu'il travaillait chez Jaggars-Chiles-Stovall
à Dallas).
- Les étuis de munitions retrouvés au cinquième étage du TSBD
ont été liés au
Carcano.
- Les balles tirées sur le président ont été liées
balistiquement au Carcano.
- La balle tirée sur le général Walker a été liée par
activation neutronique aux balles utilisées dans le Carcano.
- L'empreinte digitale d'Oswald a été retrouvée sur le fusil.
- Oswald portait le jour de l'assassinat une chemise de coton
bleu, orange et gris et des fibres de cette chemise ont été
retrouvées sur le fusil.
- Le Carcano était rangé dans le garage des Paine, les gens
chez qui Marina, la femme d'Oswald, logeait.
- Contrairement à ses habitudes, Oswald avait rejoint son
épouse chez les Paine le soir du jeudi 21 novembre et y avait
passé la nuit.
- Oswald partit le 22 novembre en laissant à son épouse une
somme considérable et son alliance.
- Des témoins, dont l'homme qui conduisit Oswald à son travail
au TSBD le matin du 22 novembre, l'ont vu transporter un long
paquet emballé dans du papier qu'il affirma être des tringles à
rideaux pour mettre à son appartement (son appartement avait
déjà des rideaux).
Éléments à décharge
Les éléments suivants sont parfois présentés comme de nature à
faire douter de la culpabilité d'Oswald :
- Le témoignage de Brennan est en partie discutable, notamment
parce qu'il refusa, dans un premier temps, d'identifier
formellement Oswald.
- D'après des témoins, Oswald a été vu environ 90 secondes
après l'assassinat, au premier étage, et il avait l'air calme et
pas essoufflé.
- La plupart des témoins qui ont vu un homme dans la fenêtre
du cinquième étage du TSBD ont décrit un homme jeune mais
portant une chemise claire sans col ou un tee-shirt.
- L'empreinte de paume relevée par la police de
Dallas est considérée comme douteuse car elle n'a pas été
relevée dans un premier temps, puis l'arme a été confiée au
FBI qui n'a rien relevé, puis l'arme est revenue à la police
de
Dallas et c'est à ce moment-là que l'empreinte a été
relevée. Il est permis d'imaginer que l'empreinte ait été
obtenue de la main d'Oswald à la morgue.
- Si on prend en compte le film de Abraham Zapruder le tir
semble venir de face.
Certains autres éléments présentés comme étant à décharge de
Oswald font partie des
erreurs et désinformation parfois encore présentés comme des
faits.
La commission d'enquête de 1979 du HSCA, a conclu à la
probabilité d'un complot, sans identifier les conspirateurs, et
considère toutefois qu'Oswald a agi dans le cadre de ce complot et
a bénéficié de complicité.
Sans identifier les coupables, le comité de 1979 exclut
toutefois la CIA, le FBI et les services secrets sans spécifier
pourquoi, et conclut que le gouvernement cubain, tout comme les
groupes anticastristes aux États-Unis, ne sont pas impliqués
jusqu'à preuve du contraire. Le rapport soutient toutefois que des
aspects de l'affaire ont été volontairement occultés parce qu'ils
auraient pu être gênants.
Il recommande de pousser plus avant l'enquête sur l'assassinat du
président Kennedy, recommandation qui restera sans réponse.