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.Friedrich
NIETZSCHE
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Friedrich Wilhelm Nietzsche est un
philosophe et philologue allemand, né le 15 octobre 1844 à Röcken
(Prusse) et mort le 25 août 1900 à Weimar (Allemagne).
L'œuvre de Nietzsche se rattache principalement à la
métaphysique. Ses écrits incluent
des critiques de la religion, de la moralité, de la culture
contemporaine, de l'art et de la philosophie. Son style distinctif
trouve ses fondements dans l'aphorisme
et la poésie. L'influence de Nietzsche est substantielle dans la
philosophie et au-delà, notamment dans l'existentialisme
et le
post-modernisme.
A l'âge de vingt-quatre ans, Nietzsche devient professeur de
philologie à l'Université de Bâle, mais il démissionne en 1878 en
raison de problèmes de santé, qui l'affecteront toute sa vie
durant (céphalées en particulier). Foudroyé par une crise de
démence, il passe les dix dernières années de sa vie dans un état
mental quasi végétatif, en compagnie de sa mère et de sa sœur.
L'interprétation de son œuvre sera ultérieurement défigurée par
l'image de la folie ou par la propagande nazie. Peu reconnu de son
vivant, il est aujourd'hui considéré comme l'un des penseurs ayant
eu l'influence la plus profonde sur la pensée du
XXe siècle.
Biographie
Nietzsche naît le 15 octobre 1844,
dans le village de Röcken, près de Lützen. Son père, Karl-Ludwig
Nietzsche, et sa mère, Franziska Oehler, sont tout deux issus
d'anciennes familles luthériennes. Karl-Ludwig, qui fut précepteur
royal, vient de s'installer à Röcken, avec sa jeune femme, pour
prendre ses fonctions de pasteur protestant. En 1846, naît
Elisabeth, puis Ludwig Joseph (27 février 1848). En 1849,
Nietzsche perd son père âgé de 36 ans, qui souffrit longuement et
douloureusement d'une tumeur au cerveau, puis son frère, l'année
suivante (4 janvier 1850), ce qui l'affecta profondément malgré
son jeune âge. Le jeune Nietzsche grandit alors dans un milieu
exclusivement féminin, entouré de sa mère, de sa sœur, de sa
grand-mère et de ses tantes. Sa mère le destinait au pastorat, ce
qui amena Nietzsche a commencer des études de théologie. Mais il
avait perdu la foi depuis plusieurs années et s'était pris d'un
vif intérêt pour la science, en particulier pour l'évolutionnisme
darwinien tout récent. Il choisit
alors de poursuivre des études classiques de philologie à Pforta,
puis monte à Bonn et à Leipzig :
- « Un autre signe distinctif des
théologiens est leur incapacité philologique. J'entends ici par
philologie (…) l'art de bien lire, de savoir distinguer les
faits, sans les fausser par des interprétations, sans perdre,
dans le désir de comprendre, la précaution, la patience et la
finesse. »
Pendant ses études à l'université
de Leipzig, la lecture de Schopenhauer (Le Monde comme volonté
et comme représentation, 1818) va constituer les prémices de
sa vocation philosophique. C'est à cette époque qu'il rencontre
brièvement Wagner, en 1868, à Leipzig. Élève brillant, doué d'une
solide éducation classique, Nietzsche est nommé à 24 ans
professeur de philologie à l'université de Bâle, puis professeur
honoraire l'année suivante. Il développe pendant dix ans son
acuité philosophique au contact de la pensée de l'antiquité
grecque dans laquelle il voit dès cette époque la possibilité
d'une renaissance de la culture allemande, mais il s'intéresse
également aux débats philosophiques et scientifiques de son temps.
Il se lie d'amitié avec Jacob Burckhardt et Richard Wagner (qu'il
revoit à partir de 1869). En 1870, il s'engage comme infirmier
volontaire dans la guerre franco-allemande, mais l'expérience est
de courte durée, Nietzsche tombant malade. Bien qu'il soit à cette
époque patriote, Nietzsche commence à formuler quelques doutes à
propos des conséquences de la victoire prussienne.
En 1872 paraît La Naissance de la tragédie, qui obtient un
certain succès, mais fait l'objet d'une vive querelle avec le
philologue Ulrich von Wilamowitz-Moellendorff. Erwin Rohde,
philologue et ami de Nietzsche, et Wagner qui considère ce texte
comme l'expression de sa pensée, prennent sa défense. Nietzsche
formera ensuite le projet d'écrire une dizaine d'essais, les
Considérations Inactuelles, mais il n'en paraîtra finalement
que quatre, et, mis à part Richard Wagner à Bayreuth, ces
œuvres ne rencontreront guère le succès.
Vers 1875, Nietzsche tombe gravement malade, et, à la suite de
plusieurs malaises, ses proches le croient à l'agonie. Presque
aveugle, subissant des crises de paralysie, de violentes nausées,
l'état d'esprit de Nietzsche se dégrade au point d'effrayer ses
amis par un cynisme et une noirceur qu'ils ne lui connaissaient
pas. Nietzsche commence à se détacher de Wagner qui le déçoit de
plus en plus, et il considère le milieu wagnérien comme un
rassemblement d'imbéciles. Alors que Nietzsche rédige Richard
Wagner à Bayreuth, il écrit dans ses carnets une première
critique de son ami. Non seulement il ne se sent plus lié avec ce
dernier par la philosophie de Schopenhauer, mais Wagner s'est
révélé un ami indiscret, ce qui conduira Nietzsche à ressentir
certains propos de Wagner comme des offenses mortelles. Wagner
soupçonna en effet Nietzsche de quelques penchants
« contre-nature » censés expliquer son état maladif.
Il abandonne alors ses idées sur l'Allemagne dans lesquelles il ne
voit plus que grossièreté et illusions. Il discute longuement avec
Paul Rée, avec qui il partage ses idées et son cynisme sur
l'hypocrisie de la morale, et commence à écrire un livre, d'abord
intitulé Le soc, puis
Humain, trop humain.
En 1878, Nietzsche obtient une pension car son état de santé
l'oblige à quitter son poste de professeur. Commence alors une vie
errante à la recherche d'un climat favorable aussi bien à sa santé
qu'à sa pensée (Venise, Gênes, Turin, Nice, etc.).
En 1882, alors qu'il a recouvré la
santé et que son moral déconcerte parfois ses amis par son
exubérance, Nietzsche rencontre Lou Andreas-Salomé avec qui il
projette de créer un « cercle des esprits libres ». Il espérait à
cette époque fonder un jardin épicurien exclusivement consacré à
la culture et acceptant hommes et femmes. Lou l'a ébloui et
subjugué par son intelligence (il disait reconnaître en elle sa
« sœur intellectuelle »). Lou qui, à vingt et un ans, avait abjuré
tout sentiment amoureux, repousse par deux fois une demande en
mariage de Nietzsche, après lui avoir fait peut-être espérer des
sentiments réciproques. Ce refus l'affecta profondément, lui qui,
malgré ses critiques contre les femmes, sentait le besoin d'une
compagne qui le comprenne. Avec la maladie, Nietzsche avait besoin
de quelqu'un pour s'occuper de lui, et toutes les femmes de son
entourage (sa mère et sa vieille amie Malwida von Meysenbug) le
poussaient à se marier.
La même année, Nietzsche commence à écrire Ainsi parlait
Zarathoustra lors d'un séjour à Nice. Il ne cesse d'écrire
avec un rythme accru. Cette période prend brutalement fin le
3 janvier 1889 avec une « crise de folie » qui, perdurant jusqu'à
sa mort, le place sous la tutelle de sa mère et de sa sœur.
Au début de cette folie, Nietzsche semble s'identifier aux figures
mythiques et mystiques de Dionysos et du Christ, symboles pour lui
de la souffrance et de ses deux interprétations les plus opposées.
Selon le témoignage de son ami Franz Overbeck venu le chercher à
Turin, Nietzsche est alors encore capable d'improviser au piano de
bouleversantes mélodies ; pendant quelque temps, il sera encore
capable de tenir des conversations, mais celles-ci sont
stéréotypées, concernant les souvenirs d'avant la crise. Il reçoit
plusieurs visiteurs, et certains, comme Rudolf Steiner, tentent de
le récupérer pour leur propre cause. Puis, au bout de quelque
temps, il sombre dans un silence presque complet jusqu'à sa mort.
On s'est beaucoup interrogé sur
les causes de sa maladie et l'image même d'un penseur devenu fou a
conduit à diverses appropriations, du vivant même de Nietzsche.
Certaines théories à ce sujet ont eu pour but de réduire la pensée
de Nietzsche à sa folie. Une explication qui fut couramment
acceptée, est relative à la
syphilis que Nietzsche avait
contractée, comme nombre d'artistes et écrivains célèbres de son
temps, et qui dans sa phase tertiaire, dite de « neurosyphilis »
peut mimer toutes sortes de pathologies psychiatriques. Nietzsche,
au début de sa folie, déclara avoir été infecté en 1866.
Nietzsche devenu aliéné, c'est sa sœur, Elisabeth, qui s'occupa de
gérer la publication des œuvres et des carnets de son frère. Elle
fonda dans ce but le Nietzsche-Archiv. Sœur dévouée que
Nietzsche aimait profondément jusqu'à ce qu'elle se marie avec un
antisémite virulent, Bernhard Förster, elle fut une fervente
admiratrice de Guillaume II et adhéra ensuite au parti nazi. Elle
fit publier les dernières œuvres de son frère et composa La
Volonté de puissance, un livre dont Nietzsche avait élaboré
plusieurs plans sans l'achever.
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