Copyright Sekibook.com - Bernard Willems



.


Arts & Spectacle

Business

Découvertes, Inventions & Exploration

Faits divers & Criminalité

Internet

Littérature & Philosophie

Media

Politique

Sciences

Sports


Wikipedia, encyclopédie libre de référence


 
 


.
.
Benito MUSSOLINI

Benito Mussolini - Source / Author : Deutsches Bundesarchiv (German Federal Archive) - Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Germany license
 Source : Bundesarchiv

Benito Amilcare Andrea Mussolini, est un journaliste, homme politique et dictateur italien, né le 29 juillet 1883 à Dovia di Predappio (Émilie-Romagne, Italie) et mort le 28 avril 1945 à Giulino di Mezzegra.

Fondateur du Fascisme, il est Premier ministre du Royaume d'Italie, avec des pouvoirs dictatoriaux, du 31 octobre 1922 au 25 juillet 1943, premier maréchal d'Empire du 30 mars 1938 au 25 juillet 1943, et président de la République sociale italienne de septembre 1943 à avril 1945. Il est couramment désigné du titre de Duce, mot dérivé du latin Dux et signifiant « Chef » ou « Guide ».

Il est d'abord membre du Parti socialiste italien (PSI) et directeur du quotidien socialiste Avanti! à partir de 1912. Anti-interventionniste convaincu lors des années qui précèdent la Première Guerre mondiale, en 1914, il change d'opinion, se déclarant favorable à l'entrée en guerre de l'Italie. Expulsé du PSI en novembre 1914, il crée son propre journal, Il Popolo d'Italia (Le peuple d'Italie) qui prend des positions nationalistes proches de celles de la petite bourgeoisie. Dans l'immédiat après-guerre, profitant du mécontentement de la « victoire mutilée », il crée le Parti national fasciste (PNF) en 1921 et se présente au pays avec un programme politique nationaliste, autoritaire, antisocialiste et antisyndical, ce qui lui vaut l'appui de la petite bourgeoisie et d'une partie des classes moyennes industrielles et agraires.

Dans le contexte de forte instabilité politique et sociale qui suit la Grande Guerre, il vise la prise du pouvoir, en forçant la main aux institutions avec l'aide des actions de squadristi et l'intimidation qui culminent le 28 octobre 1922 avec la Marche sur Rome. Mussolini obtient la charge de constituer le gouvernement le 30 octobre 1922. En 1924, après la victoire contestée des élections et l'assassinat du député socialiste Giacomo Matteotti, Mussolini assume l'entière responsabilité de la situation et engage l'Italie dans la dictature.

Après 1935, il se rapproche du national-socialisme allemand d'Adolf Hitler avec qui il établit le Pacte d'Acier (1939). Convaincu d'un conflit rapide, il entre dans la Seconde Guerre mondiale au côté de l'Allemagne nazie. Après la défaite italienne et sa mise en minorité par le Grand conseil du fascisme le 24 juillet 1943, il est arrêté par ordre du roi. Libéré par les Allemands, il instaure en Italie septentrionale la République sociale italienne. Le 25 avril 1945, alors qu'il tente de fuir pour la Valteline déguisé en soldat allemand, il est capturé par les partisans qui le fusillent avec sa maîtresse Clara Petacci.

La naissance

Fils du forgeron Alessandro Mussolini et de l'institutrice Rosa Maltoni, il naît le 29 juillet 1883 dans une petite maison à Varani dei Costa, un hameau de la commune de Dovia di Predappio dans la province de Forlì-Césène en Émilie-Romagne.

Le prénom de « Benito Amilcare Andrea » lui est donné par son père socialiste, à la limite de l'anarchisme, désireux de rendre hommage à Benito Juarez héros de l'indépendance républicaine et ex-président du Mexique, à Amilcare Cipriani patriote italien et socialiste et à Andrea Costa premier député socialiste élu au parlement italien.

Jeunesse

Le jeune Mussolini fréquente les deux premières classes élémentaires à Dovia, puis à Predappio (1889-1891). Il entre au collège des salésiens de Faenza (1892-1894). C'est un élève turbulent, voire violent : il manque de peu le renvoi en 1893 lorsqu'il blesse un de ses camarades avec un couteau et il est expulsé pour une autre dispute. Il poursuit ses études au collège Carducci de Forlimpopoli où il obtient en septembre 1898 le diplôme technique inférieur.

C'est à Forlimpopoli, sous l'influence de son père que Mussolini se rapproche du militantisme socialiste et s'inscrit en 1900 au parti socialiste italien. Il finit ses études obtenant en 1901 le baccalauréat. Le 13 février 1902, il est nommé maître suppléant à l'école élémentaire de Pieve Saliceto, hameau de Gualtieri.

Le 9 juin 1902, il termine l'année scolaire et, pour fuir le service militaire, s'établit à Lausanne, après avoir séjourné dans deux autres villes suisses, Yverdon-les-Bains et Orbe. Il s'inscrit auprès du syndicat des maçons et des manœuvriers dont il devient le secrétaire. Il publie son premier article sur L'avvenire del lavoratore (L'avenir du travailleur). Il fut arrêté par la police dans la matinée du 24 juillet 1902, sous les arches du Grand Pont à Lausanne, où il avait passé la nuit, pour vagabondage. Dans ses poches furent trouvés, son passeport, son diplôme de l'école normale, et 15 centimes.

La Suisse

Jusqu'en novembre 1904, Mussolini vit en Suisse, se déplaçant de ville en ville et occupant des emplois occasionnels (maçon, manœuvre, etc.). Il est expulsé d'un canton deux fois : le 18 juin 1903, il est arrêté comme agitateur socialiste, maintenu en prison douze jours et expulsé le 30 juin ; le 9 avril 1904, il est emprisonné pendant sept jours à Bellinzone à cause d'un faux permis de séjour. Il surmonte ses difficultés grâce à l'aide de socialistes et anarchistes du canton du Tessin.

Au cours de ces années, il collabore comme journaliste à des périodiques locaux d'inspiration socialiste parmi lesquels le Proletario. Il étudie à la faculté des sciences sociales de Lausanne, où il fréquente les cours de l'économiste Vilfredo Pareto, critique acerbe de la démocratie libérale.

A cette époque, il se range dans l'aile révolutionnaire du Parti socialiste italien (PSI) dirigée par Arturo Labriola et envoie des articles au journal milanais l'Avangardia socialista. C'est au cours de cette période qu'il fait preuve de la plus grande affinité idéologique avec le syndicalisme révolutionnaire.

Le retour en Italie

En novembre 1904, en raison de l'amnistie accordée lors de la naissance de l'héritier du royaume, Mussolini revient en Italie alors qu'il est sous le coup d'une condamnation pour refus du service militaire. Il effectue son service militaire, affecté le 30 décembre 1904 au dixième régiment bersaglier de Vérone et il obtient un certificat de bonne conduite. Entre temps, sa mère décède le 19 janvier 1905. Libéré, Mussolini rentre à Dovia di Predappio le 4 septembre 1906. En novembre 1907, il obtient l'habilitation pour l'enseignement du français et en mars 1908 il obtient la charge de professeur de français au collège de Oneglia où il enseigne aussi l'italien, l'histoire et la géographie.

Le 18 juillet 1908, il est arrêté pour menaces envers un dirigeant des organisations patronales. Jugé, il est condamné à trois mois de prison mais il est laissé en liberté provisoire. Au cours de cette période, Mussolini écrit dans Pagine libere (Pages libres), revue du syndicalisme révolutionnaire éditée à Lugano, l'article La filosofia della forza (La philosophie de la force) où il fait référence à la pensée de Nietzsche.

Parti socialiste et L'Avanti!

À partir de janvier 1910, il est secrétaire de la fédération socialiste livournaise et il dirige le périodique officiel L'idea socialista rebaptisé par Mussolini Lotta di classe.

Il publie son roman Claudia Particella, l'amante del cardinale Madruzzo, en 1910. L'œuvre contient une satire anticléricale. Le 17 janvier, il commence à vivre avec Rachele Guidi, sa future femme.

Il est arrêté le 14 octobre, jugé et condamné (23 novembre) à un an de réclusion pour avoir participé le 25 septembre, avec son ami républicain Pietro Nenni, à une manifestation violente contre la guerre de Libye. Le 19 février 1912, la cour d'appel de Bologne réduit la peine à cinq mois et demi et le 12 mars suivant, Mussolini est relâché. Il collabore à Folla, journal de Paolo Valera signant sous le pseudonyme de « L'homme qui cherche ». Grâce aux évènements de 1912 et à sa qualité d'orateur, Mussolini monte au sommet de la scène politique nationale : en novembre 1912, il devient le membre principal de l'aile maximaliste du socialisme italien et directeur de L'Avanti!, quotidien officiel du Parti socialiste italien. En novembre 1913, il crée la revue Utopia.

Le 9 juin, il est élu conseiller municipal à Milan et il est un des acteurs de la Semaine Rouge.

La guerre:
exclusion du PSI et ralliement à l'interventionnisme

Au début de la Première Guerre mondiale, il s'aligne sur les positions de l'Internationale socialiste, se déclarant ouvertement opposé à l'intervention de l'Italie qui, d'après lui, ne servirait que l'intérêt de la bourgeoisie. Il est toutefois forcé à la démission, le 20 octobre 1914, de L'Avanti!, puis expulsé du PSI le 29 novembre 1914, suite à la publication, le 18 octobre, de l'article Dalla neutralità assoluta alla neutralità attiva ed operante (« De la neutralité absolue à la neutralité active et agissante »), qui signe son ralliement à la campagne interventionniste entamée le 5 octobre par le manifeste des Faisceaux d'action internationaliste. Mussolini préconise désormais une politique militariste ainsi que l'entrée en guerre de l'Italie en 1915 aux côtés de l'Entente, notamment à fin d'obtenir de nouveaux territoires (en particulier les terres irredentes).

Le 15 novembre 1914, il crée Il Popolo d'Italia (Le Peuple d'Italie) et en décembre, il prend part à Milan à la création des Faisceaux d'action révolutionnaire, participant à leur premier congrès les 24 et 25 janvier 1915. Après l'entrée en guerre de l'Italie suite au Pacte de Londres (mai 1915), Mussolini est affecté en août 1915 au 11e bersaglier puis envoyé sur le front alpin le 2 septembre 1915.

Dans son journal de guerre, outre raconter la vie dans les tranchées, il s'imagine comme héros charismatique dans une communauté nationale guerrière et obéissante. Nommé caporal le 1er mars 1916, ses supérieurs écrivent dans son fascicule militaire : « Activité exemplaire, qualité de combattant, esprit de sérénité, volontaire, zélé, régularité dans la réalisation de ses devoirs ». Blessé par l'explosion d'un mortier pendant un exercice, le 23 février 1917, il est réformé. De retour du front, en décembre, il publie dans Il Popolo d'Italia l'article Trincerocrazia dans lequel il revendique, pour les futurs anciens combattants, le « droit » de gouverner l'Italie après la fin de la guerre.

La révolution fasciste

Mussolini crée les Faisceaux de combat, futur noyau de son Parti national fasciste, le 23 mars 1919 à Milan.

Les faisceaux de combat sont un amalgame d'ex-syndicalistes révolutionnaires dont Mussolini était proche, de nationalistes et de futuristes. Le programme mêle revendications sociales et nationalistes, se déclare en faveur de la Société des nations, critique l'impérialisme et exige la dissolution des sociétés anonymes et la suppression de toute spéculation boursière. Il ne s'opposera à l'impérialisme et ne soutiendra la SDN que lorsque les revendications sur Fiume seront satisfaites.

Le 9 octobre, à Florence, le premier congrès des Faisceaux de combat se tient et aux élections politiques du 16 novembre, les fascistes, malgré les candidatures de Mussolini et de Filippo Tommaso Marinetti à Milan et dans la province de Milan ne recueillent que 4 795 voix.

En juin 1920, il se range aux côtés de Giolitti, qu'il se rencontre en octobre pour résoudre la question de Fiume. Le 12 novembre, avec l'article Rapallo, il commente favorablement le traité italo-yougoslave signé par Giolitti qui permet à Fiume de devenir une ville libre. Le 28 mars 1921, il défile avec les squadristi, en chemises noires, à l'occasion des funérailles des victimes de l'attentat anarchiste du théâtre Diana qui visait le commissaire de police Gasti. En témoignage du rapprochement entre Mussolini et Giolitti, le futur Duce se présente comme allié du parti d'État à Mondovì aux élections du 15 mai 1921 sur la liste "blocs nationaux" anti-socialistes, il obtient 35 sièges et il est élu député.

Montée en puissance

À partir de ce succès, les chemises noires se rendent coupables de nombreux épisodes de violences et d'agressions physiques et verbales contre les adversaires politiques du fascisme, surtout contre les socialistes, les communistes et les syndicalistes qui organisent les grèves. Ils se font ainsi connaître et bien voir des milieux d'affaires et du patronat. Les squadristi se constituent en milices et sont issus, en grande partie, des rangs des arditi, dont l'uniforme est la chemise noire — qui deviendra un des symboles du fascisme.

Le 22 juillet 1921, Mussolini invite les socialistes, dans un article du Il Popolo d'Italia à un pacte visant à la cessation des violences squadristes, signé le 21 août. La violence ne cesse cependant pas car l'exécution de l'accord est laissée à la discrétion des ras locaux.

Les divergences sont surmontées et le 7 novembre se tient à Rome le troisième congrès des faisceaux de combat qui sont transformés en Parti national fasciste.

Entre temps, entre le 3 août et le 5 septembre 1922, les squadristi fascistes occupent les mairies d'Ancône, Milan, Gênes, Livourne, Parme, Bolzano, Trente, après de violents combats armés. Certaines villes résistent comme Parme.

Il s'agit du début de la « révolution fasciste » avec lequel Mussolini tente un ambitieux coup de main pour prendre possession du pouvoir. Le 24 octobre défilent à Naples 40 000 chemises noires affirmant le droit du fascisme à gouverner l'Italie.

La marche sur Rome

Entre le 27 et le 31 octobre 1922, la révolution fasciste atteint son apogée avec la marche sur Rome (près de 100 000 personnes), opération des groupes de chemises noires provenant de différentes régions d'Italie.

Mussolini ne prend pas part directement à la marche. La décision en est la crainte d'une intervention répressive de l'armée qui aurait provoqué l'échec de l'opération. Il reste à Milan en attendant le développement de l'opération et il se rend à Rome seulement plus tard quand il apprend le bon résultat de l'action. Au cours de ces jours, Mussolini traite directement avec le gouvernement de Rome sur les concessions que celui-ci est prêt à faire au fascisme et le futur Duce nourrit des incertitudes sur le résultat de la manœuvre.

Le Roi Victor-Emmanuel III, en raison du soutien dont bénéficie le fascisme auprès des officiers supérieurs et des industriels qui voient en Mussolini l'homme fort qui peut ramener l'ordre dans le pays, ne proclame pas l'état de siège proposé par le président du conseil Luigi Facta et donne au contraire la charge à Mussolini d'un nouveau gouvernement de coalition (29 octobre).

Avènement du Duce

Le 16 novembre Mussolini se présente à la Chambre et obtient la confiance avec 316 voix en sa faveur, 116 contre et seulement 7 abstentions.

Le 24 novembre 1922, il obtient les pleins pouvoirs en matière économique et administrative jusqu'au 31 décembre 1923 afin de rétablir l'ordre. Le 14 janvier 1923, les chemises noires sont institutionnalisées par la création de la Milice Volontaire pour la Sécurité Nationale.

Le 28 août, l'expédition militaire Enrico Tellini, dont l'objectif est de définir la frontière entre la Grèce et l'Albanie est massacrée à Ioannina. Mussolini envoie un ultimatum à la Grèce pour demander réparation et suite au refus du gouvernement grec, la marine italienne reçoit l'ordre d'occuper Corfou. Avec cette action le nouveau président du Conseil démontre vouloir poursuivre une politique extérieure forte et il obtient, grâce à la Société des nations, les réparations demandées après l'abandon de l'île occupée.

Le 27 janvier 1924, le traité de Rome entre L'Italie et la Yougoslavie est signé dans lequel celle-ci reconnaît l'italianité de Fiume annexé le 16 février.

Aux élections du 6 avril 1924, la liste nationale (désignée comme " Listone ") obtient 60,1% des voix et 356 députés et à ceux-ci s'ajoutent 4,8% de voix et 19 sièges correspondant à la " liste bis ". Les deux listes gouvernementales recueillent au total 64,9% des votes élisant 375 parlementaires dont 275 inscrits au parti national fasciste.

Les consultations se déroulent dans un climat de violence et d'intimidation, et les abus perpétrés par les fascistes sont dénoncés le 10 mai par le député socialiste Giacomo Matteotti qui par un discours virulent à la chambre demande d'annuler les résultats des élections.

Le 11 juin 1924, Matteotti est enlevé et assassiné par des squadristi fascistes. L'évènement provoque la " sécession sur l'Aventin ", c'est-à-dire le départ des députés d'opposition du parlement pour protester contre l'assassinat. Tout cela n'affecte pas le pouvoir de Mussolini car il n'est suivi d'aucune action politique concrète. Fort de l'indécision des opposants, le 3 janvier 1925, le Duce tient un discours au parlement dans lequel l'équilibre effectif des forces présentes dans le pays devient manifeste : afin de démontrer sa propre force, il déclare assumer « toutes les responsabilités historiques, politiques et morales » de l'assassinat. Le Duce est né.

Attentats

Après être devenu chef du gouvernement, Mussolini est l’objet d’une série d’attentats.

Le premier, le 4 novembre 1925, est mené par le député socialiste Tito Zaniboni, mais l'OVRA écarte la menace.

Le 7 avril 1926, Violet Gibson, une irlandaise présentée comme déséquilibrée, tire un coup de feu en direction de Mussolini, le manquant de peu.

Le 11 septembre 1926 l'anarchiste Gino Lucetti lance un engin explosif vers la voiture du Premier ministre. La bombe rebondit sur la portière de la voiture et explose dans la rue blessant huit personnes.

Le soir du 31 octobre 1926 à Bologne, pendant la commémoration de la marche sur Rome, Anteo Zamboni âgé de 15 ans tire un coup de pistolet vers le chef du gouvernement, effleurant la poitrine. Identifié par les fascistes, il est lynché sur place par les chemises noires de Leandro Arpinati.

Mussolini échappe à d’autres attentats en 1931 et en 1932, respectivement de la part des anarchistes Michele Schirru et Angelo Pellegrino Sbardellotto, qui sont condamnés à la peine de mort pour avoir comploté contre le chef du gouvernement.

La dictature fasciste

Avec la loi du 17 avril 1925 n.473, sont établies les nouvelles normes d’hygiène pour les entreprises et l’obligation de pourvoir au service sanitaire dans l’établissement, de ne pas faire porter des poids excessifs par les femmes et les enfants et signaler et surveiller les substances nocives. Les conventions collectives du travail ont force de loi.

Par le décret royal du 1er mai n.582, naît l'Œuvre nationale du temps libre (Opera Nazionale Dopolavoro - OND). L'organisme promeut, au côté des autres organismes concernés, la lutte contre l’alcoolisme et la « bataille contre la malaria », il organise des concerts publics, des représentations théâtrales populaires et des colonies de vacances à la mer et à la montagne pour les enfants de familles nécessiteuses.

Le 11 juin 1925, le Président du Conseil annonce la bataille du grain. La campagne a pour objectif d'atteindre l’autosuffisance de l’Italie envers l’étranger en ce qui concerne la production des produits agricoles et particulièrement du blé dont l’importation est à l’origine à 50 % du déficit de la balance des paiements. Le projet est réalisé surtout grâce à la bonification, entre 1928 et 1932 des terres paludéennes présentes dans la péninsule italienne parmi lesquelles les marais Pontins.

La bonification permet la mise en œuvre d’un programme sanitaire qui permet de vaincre la malaria ainsi que l’obtention de résultats significatifs contre la tuberculose, la variole et la rage. De nouvelles communes naissent, souvent appelées d'après la destination économique qui justifie leur création, par exemple Carbonia pour l’exploitation des gisements de charbon.

Le 21 juin 1925 a lieu le quatrième et dernier congrès du PNF. Mussolini invite les chemises noires à abandonner définitivement la violence. Par la réforme du système policier renforçant ainsi le pouvoir exécutif, à la fin de l’année 1925, les éléments squadristi sont rendus inopérants.

Entre 1925 et 1926, les lois fascistissimes inspirées par le juriste Alfredo Rocco sont approuvées.

La loi du 24 décembre 1925, n. 2263, prévoit que le titre « président du conseil» est transformé en «chef du gouvernement, Premier ministre et secrétaire d’État » ; le «chef du gouvernement » est nommé et révoqué seulement par le roi et il n’est responsable qu’envers lui. Les ministres deviennent responsables aussi bien envers le roi qu’envers Mussolini.

La loi sur la presse du 31 décembre 1925 indique que les journaux ne peuvent être dirigés, écrits et imprimés que s'ils ont un responsable accrédité par le préfet et donc indirectement par Mussolini.

La loi du 31 janvier 1926, n. 100, attribue à Mussolini, en sa qualité de chef du gouvernement, la possibilité de promulguer des règles juridiques.

Le 3 avril 1926 le droit de grève est supprimé et il est établi que les conventions collectives ne peuvent être négociées que par les syndicats légalement reconnus par le ministère des corporations que dirige Mussolini.

En avril 1926, dans un discours à Tripoli, Mussolini avance l’idée d’une mer mare nostrum, avec une thalassocratie italienne sur la Méditerranée, et oppose pour la première fois fascisme et démocratie.

Le 5 novembre 1926 tous les partis hors du PNF sont dissous et la presse est placée sous le contrôle de la censure. La peine de mort et le confinement policier sont introduits pour les attentats perpétrés ou organisés à l’encontre des principaux personnages de l’État et le tribunal spécial pour la sécurité de l’État est créé.

En janvier 1927, Mussolini lance la campagne de soutien de la croissance démographique : les célibataires doivent payer une taxe spéciale et à l’État offre une prime de mariage aux époux. S’ils prévoient des prêts, des facilités économiques leur sont accordées ainsi que des exemptions de taxes pour les familles nombreuses.

Le 14 mars, Mussolini présente à la chambre un projet de loi de réforme, qui sera approuvé, dans lequel il propose la réduction à 400 du nombre des députés, lesquels seront élus dans un unique collège national; la confédération nationale des syndicats fascistes et les associations culturelles habilitées ont la charge de présenter les candidatures.

Les élections du 24 mars 1929 pour le renouvellement de la chambre des députés, se transforment en plébiscite en faveur de Mussolini. Les électeurs sont appelés à voter " sì " ou " no " pour approuver un " listone " de députés fixé par le Grand conseil du fascisme. La consultation se tient dans un climat d’intimidation; la carte pour le oui est tricolore, celle pour le non simplement blanche rendant identifiable le vote exprimé. La participation du vote est de 90 % et les votes favorables au " listone " atteignent 98,4 %.

Les élections du 25 mars 1934 pour le renouvellement de la chambre des députés – tenues suivant le schéma du listone unique déjà adopté en 1924, avec carte tricolore pour le oui et blanche pour le non – se transforment en un nouveau plébiscite : le nombre de participants augmente et les votes négatifs atteignent 15 201 voix soit 0,15 % des votants.

Les lois des 22 mars 1934 n.654 et 26 avril 1934 n.653 pour le travail des femmes et des enfants donnent le droit à la conservation du poste de travail pour les travailleuses enceintes, une période d’arrêt avant et après l’accouchement et les permissions obligatoires pour l’allaitement.

Le 6 septembre, à Bari, il prend position sur la politique extérieure du national socialisme et la doctrine raciste hitlérienne, proclamant que « trente siècles d’histoire nous permettent de regarder avec une souveraine pitié certaines doctrines venues de l’autre côté des Alpes ».

La guerre d'Éthiopie et le rapprochement
avec l'Allemagne national-socialiste

Le 5 décembre 1934, se produit un incident près de Ual Ual, localité entre la Somalie italienne et l'Éthiopie: 1 500 soldats éthiopiens agressent un poste frontière italien composé de 200 militaires. Mussolini demande des excuses officielles en plus du paiement d'une indemnité de la part du gouvernement éthiopien, conformément à ce qui est prévu dans un traité signé en 1928 entre l'Italie et l'Éthiopie. Cependant le Negus Haile Selassie a la possibilité, en vertu du même accord, de faire appel à la Société des nations (SDN) (2 janvier).

Entre le 4 et le 7 janvier 1935, Mussolini rencontre à Rome le ministre français des Affaires étrangères Pierre Laval: des accords en vertu de quoi la France cède à l'Italie la Somalie française (actuellement Djibouti) sont signés ainsi que la reconnaissance de la minorité italienne présente en Tunisie (qui avait été l'objet de revendications de la part de l'Italie) et l'engagement d'appuyer diplomatiquement l'Italie en cas de guerre contre l'Éthiopie. Laval espère ainsi rapprocher Mussolini de la France afin de donner naissance à une alliance anti-nazie.

Le 16 janvier, Mussolini prend la direction du ministère des colonies. Le 19 janvier, la SDN reconnaît la « bonne foi » de l'Italie et de l'Éthiopie dans l'incident de Ual Ual et décide que le cas doit être traité par les deux parties. Le 17 mars, les Abyssiniens présentent un nouveau recours, faisant appel à l'article XV de l'organisation.

Lors de la conférence de Stresa qui se déroule du 11 au 14 avril, l'Italie, le Royaume-Uni et la France condamnent conjointement les violations allemandes du traité de Versailles.

Le 2 octobre, il annonce la déclaration de guerre à l'Éthiopie du balcon du palais Venezia. En attaquant ce pays, membre de la SDN, Mussolini viole l'article XVI de l'organisation, qui stipule qu'attaquer un membre de la ligue revient à les attaquer tous, qu'ils doivent répondre solidairement et frapper l'agresseur d'exclusion de toutes relations politiques, diplomatiques  financières, commerciales et personnelles entre les citoyens de la nation violatrice du pacte et les citoyens de n'importe quel autre pays, ou entre Etats.

Entre temps, il inaugure dans les Marais Pontins les nouvelles villes de Guidonia (27 avril) et Pontinia (13 novembre).

Le 18 novembre, l'Italie est frappée par les sanctions économiques de la SDN que 52 états approuvent. L'Autriche, la Hongrie et l'Albanie votent contre. En guise de riposte, l'Italie met en œuvre des programmes économiques autarciques. Les sanctions se montrent inefficaces, parce que de nombreux pays les ayant votées officiellement maintiennent de bons rapports avec l'Italie, l'approvisionnant en matières premières. L'Allemagne nazie est l'un de ceux-ci et la guerre d'Éthiopie est le point de départ du rapprochement entre Mussolini et Hitler.

Guerre d'Ethiopie

En Éthiopie, un embargo sur les armes, imposé en 1918 par les trois puissances coloniales limitrophes (France, Royaume-Uni et Italie), ont fortement limité pendant près de 20 ans l'armement de l'empire. L'armée éthiopienne de l’empereur Haïlé Selassié est composée d’environ 500 000 hommes, dont beaucoup ne sont souvent armés que de lances et de boucliers. L'armée éthiopienne ne dispose que de 25000 fusils, mais certains fusils usagés datent d’avant 1900.

Pour s'assurer une rapide victoire, Mussolini, examinant les demandes des états-majors militaires, triple les moyens en hommes : en mai 1936, presque un demi-million d'hommes est engagé sur le théâtre des opérations, appuyés par 350 avions. Dans l'arsenal à disposition des Italiens, il y a aussi des armes chimiques et bactériologiques interdites par la convention de Genève et débarquées en grand secret à Massaoua.

Dès le début des opérations, le 3 octobre, Mussolini prend la direction des opérations et envoie presque quotidiennement des ordres radiotélégraphiés à ses généraux présents sur le champ de bataille. Parmi ses ordres, figurent ceux relatifs à l'emploi des armes chimiques.

Le premier ordre qui concerne l'emploi des armes chimiques arrive de Mussolini à Graziani : le 27 octobre 1935, Graziani prépare l'assaut de la place forte de Gorrahei. Les six tonnes de grenades conventionnelles sont insuffisantes pour avoir raison des défenseurs. Le 29, Graziani demande à Mussolini l'autorisation d'utiliser des armes chimiques pour des " opérations défensives " et il l'obtient rapidement avec le mandat d'exterminer l'entière formation ennemie.

Dans la même période, entre le 22 décembre 1935 et les premiers jours de 1936, sur le font Nord, Badoglio reçoit l'ordre d'employer les bombes chimiques contre les Abyssiniens, passés à l'offensive dans le Sciré. L'ordre, déjà en cours d'exécution, soumet les civils, le bétail et les récoltes à une importante pluie de gaz. Le bombardement est suspendu pour des raisons politiques en vue d'une réunion de la SDN prévue à Genève le 5 janvier. Mais Badoglio l'ignore et poursuit les bombardements chimiques jusqu'au 7, puis de nouveau les 12 et 18 janvier.

Le 9 janvier, Mussolini a autorisé la guerre totale.

Les bombardements chimiques d'artillerie et par avions se poursuivent aussi bien sur le front Nord (jusqu'au 29 mars 1936) que sur le front Sud (jusqu'au 27 avril), employant un total de 350 tonnes d'armes chimiques.

L'utilisation des armes chimiques dont Mussolini est directement et pleinement responsable est cachée à l'opinion publique italienne et le duce ordonne le démenti lorsque leur emploi est évoqué dans la presse internationale.

Apogée de Mussolini et du fascisme

Le 9 mai, du balcon du Palais Venezia, Mussolini annonce la fin de la guerre d’Éthiopie et proclame la naissance de l’empire. La campagne abyssinienne représente le moment du plus fort consensus du peuple italien envers le fascisme.

Mussolini impose, pour indiquer la date sur les documents officiels et sur les journaux, la double référence à l'ère fasciste commençant le 28 octobre 1922 et à la fondation de l'empire (par exemple, 1936 est indiqué comme « année 1936, XIV de l'ère Fasciste, I de l’Empire »).

Le 4 juillet, la SDN décrète la fin de l’application de l’article XVI et les sanctions cessent le 15 ; Mussolini obtient le titre de maréchal d’Italie le 30 mars 1938.

Le 9 juin, il confie à son gendre Galeazzo Ciano le ministère des affaires étrangères.

Le 24 juillet 1936, il se met d’accord avec Hitler pour l’envoi de contingents militaires en Espagne en soutien à Franco dont le coup d’État du 18 juillet a déclenché la guerre civile espagnole. Le fils de Mussolini, Bruno, participe à la guerre comme chef d’une escadrille aérienne. Le 1er novembre, il annonce dans un discours la création de l'Axe Rome-Berlin (il ne s’agit pas encore d’une vraie alliance militaire qui sera scellée seulement avec le Pacte d’acier).

Le 21 avril, il inaugure Cinecittà, conçut comme le siège de l’industrie cinématographique italienne, largement financée par le gouvernement (le premier péplum, Scipion l'Africain, date de 1937).

Les 25 et 29 septembre, il rencontre Hitler, d’abord à Munich puis à Berlin. Le 6 novembre l'Italie adhère au Pacte anti-soviétique, dont l’Allemagne et le Japon sont déjà signataires.

Mussolini essaie vainement d'intimider les Français. Il cultive l'espoir de forcer les Français à abandonner la Corse et Nice et d'établir un condominium en Tunisie et en Somalie. Une campagne anti-français est organisée par la presse.

Le 19 janvier 1939 la Chambre des députés est supprimée et remplacée par la Camera dei Fasci e delle Corporazioni.

En mars, Hitler envahit la Tchécoslovaquie sans en aviser Mussolini qui, mécontent, ordonne l’occupation et l’annexion de l’Albanie. L’Italie y bénéficie déjà d’un protectorat non officiel depuis de nombreuses années. L'économie et l'armée sont largement dépendantes de l'Allemagne et, par l’« invasion », Mussolini affiche sa volonté de se placer sur un plan d'égalité avec l'Allemagne. Cette annexion rapporte peu à l'Italie et l'éloigne progressivement des démocraties pour la rapprocher un peu plus du régime nazi.

Les lois raciales

À partir de 1938, le régime fasciste promulgue une série de décrets, dont l’ensemble porte le nom de lois raciales, qui introduisent des mesures de discrimination et de persécution à l’encontre des Juifs italiens. Du 3 au 9 mai 1938 Hitler rend visite officiellement au Duce.

La seconde guerre mondiale

De la « non belligérance » à la « guerre parallèle »

Le 6 mai 1939, Mussolini signe le pacte d'Acier avec l'Allemagne, qui scelle officiellement la naissance du pacte italo-allemand et qui, à la demande du Duce, ne se limite pas à une alliance défensive mais aussi offensive.

L'invasion de la Pologne se profile. Ciano se rend en Allemagne et tente d'expliquer que l'Italie ne dispose pas des moyens nécessaires pour s'engager aux côtés de l'Allemagne. Les Allemands le rassurent sur une non-intervention anglaise et russe, font miroiter la possibilité d'obtenir la Grèce et la Yougoslavie et indiquent que la participation de l'Italie n'est pas requise. L'Allemagne envahit la Pologne, et Mussolini déclare la « non belligérance » et non la neutralité de l'Italie (le terme de « neutre » étant contraire au principe du fascisme). L'Italie peut ainsi se maintenir momentanément en dehors du conflit.

Le 10 mars 1940, il accueille à Rome le ministre allemand des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop, qui le sollicite son entrée en guerre. Le 18 mars, il rencontre Hitler au Brenner. Les 16, 22, 24 et 26 avril, il reçoit des messages de Churchill, de Paul Reynaud, de Pie XII et de Roosevelt, qui lui demandent de rester neutre, ce que Mussolini refuse.

Suite aux extraordinaires et inattendus succès de l'Allemagne nazie entre avril et mai 1940 (chute de Calais, de la Belgique et début de l'évacuation de Dunkerque), Mussolini pense que l'issue de la guerre est désormais décidée et le 10 juin il déclare la guerre à la France et à la Grande-Bretagne.

Dans la guerre contre la France, les troupes italiennes prennent au début une attitude défensive en raison d'un matériel inadapté, du temps nécessaire pour mobiliser les moyens qui ne sont pas suffisants et de la réticence à attaquer les « cousins » français. Les moyens italiens sont cependant d'une écrasante supériorité numérique sur les français, car les exigences du front du Nord-Est et l'expédition de Norvège ont vidé les casernes françaises du Sud-Est. Les premiers à prendre l'initiative sont les alliés : des avions britanniques décollent des aéroports français et bombardent Turin dans la nuit de 11 au 12 juin.

Par mesure de rétorsion, les avions italiens bombardent les bases militaires d'Hyères et de Toulon. Mussolini prend conscience de la nécessité d'occuper des territoires avant la fin du conflit, qui lui semble proche. Les Italiens attaquent aussi Bizerte, Bastia et Calvi.

Alors que la France demande un armistice à l'Allemagne le 17 juin, dans les Alpes, une résistance acharnée des Français met en déroute les soldats italiens. Les Italiens ne réussissent pas à passer la frontière. Par endroit, ils perdent même du terrain. Malgré quelques infiltrations momentanées, les troupes italiennes ne dépassent pas Menton lors de leur offensive sur Nice.

Mussolini participe à un sommet à Munich avec Hitler pour discuter de l'inattendue et imprévue reddition française face à la Wehrmacht : les conditions de paix demandées par le Duce sont acceptées partiellement.

Le 24 juin, la France signe la paix avec l'Italie, lui reconnaissant en plus de la demande d'occupation, la cession d'une portion du territoire français frontalier et la démilitarisation d'une large bande le long des frontières franco-italienne et libyo-tunisienne.

À la nouvelle d'un débarquement allemand imminent au Royaume-Uni (Opération Seelöwe) auquel l'Allemagne ne veut pas associer l'Italie.

Le 12 octobre 1940, les Allemands prennent le contrôle de la Roumanie, située dans la zone d'influence italienne et riche de gisements pétrolifères nécessaires à l'Italie, sans prévenir une nouvelle fois les Italiens.

En conséquence, Mussolini décide de se lancer dans une « guerre parallèle » à côté de l'allié allemand, afin de ne pas trop dépendre de l'initiative militaire et politique d'Hitler. Il est toujours convaincu que la Grande-Bretagne sera amenée rapidement à pactiser avec le Führer et que le principal front de guerre sera ainsi terminé. Le 19 octobre, Mussolini envoie une lettre dans laquelle il communique l'intention italienne d'attaquer la Grèce. Hitler se rend à Florence, le 28 octobre, pour dissuader le Duce d'entreprendre l'opération, craignant qu'un revers militaire n'affecte les relations avec les États neutres et ne donne une base d'opération aux Britanniques. Mais l'attaque a débuté depuis quelques heures.

L'attaque contre la Grèce se solde par un désastre. L'armée grecque, renforcée par l'arrivée de plus de 70 000 soldats britanniques, se révèle plus aguerrie et organisée que prévu. L'appui des nombreuses escadrilles aériennes et navales britanniques est déterminant. Les Italiens sont obligés de se replier en territoire albanais. Le maréchal Badoglio qui critique ouvertement le Duce pour son amateurisme est limogé. Un autre désastre accable Mussolini : la moitié de la flotte italienne stationnée à Tarente est mise hors de combat le 11 novembre par l'aviation britannique.

En Afrique, en janvier 1941, les Britanniques procèdent à une vigoureuse contre-offensive qui conduit à la conquête de l'Afrique orientale italienne vers juin 1941. Les dernières troupes italiennes se rendent à Gondar le 21 novembre. La supériorité numérique et technologique des Britanniques et la progressive perte d'initiative de la marine italienne ne peuvent que conduire à la défaite.

La guerre « allemande »

Les 19 et 20 janvier 1941, à Berchtesgaden, Mussolini rencontre Hitler, lequel lui promet l'envoi de régiments allemands en Grèce et en Afrique du Nord pour soutenir les troupes italiennes, qui peu à peu dépendent toujours plus de l'aide de son puissant allié. Cette rencontre constitue l'abandon définitif, de la part de l'Italie, de la stratégie de la «guerre parallèle» qui s'est révélée un échec. Ceci se traduit par un conflit toujours plus conforme aux directives des intérêts nationaux-socialistes.

Le 9 février, la marine britannique bombarde Gênes. Le 11 février, le Duce rencontre Franco à Bordighera pour le convaincre d'entrer en guerre aux côtés des forces de l'Axe, mais c'est un échec.

À partir du 12 février, les aides militaires promises par le Führer arrivent en Libye : les Deutsches Afrika Korps, composés principalement de panzers et de renforts aériens sous le commandement de Erwin Rommel.

Prenant de facto le rôle de commandant suprême des troupes italiennes de la région , le « renard du désert » réussit rapidement à les réorganiser et à mener une offensive qui commence le 24 mars contre les armées britanniques du général major Richard O'Connor, qui, entretemps, a conquis la Cyrénaïque. En mai, les troupes de l'Axe reprennent le contrôle de la Libye (excepté Tobrouk qui résiste à un long siège, commencé le 10 avril, grâce aux forces d'occupation britanniques), repoussant une tentative de contre-offensive et elles conquièrent une partie du territoire égyptien.

Face aux risques de l'excessif renforcement de la présence britannique dans les Balkans et d'une éventuelle alliance de la Yougoslavie et de l'URSS contre l'Axe, l'Allemagne, la Hongrie et la Bulgarie attaquent la Yougoslavie. Le 6 avril, l'Italie lui déclare la guerre. L'avancée italienne se révèle un succès et la Yougoslavie capitule rapidement (17 avril). L'Italie obtient des territoires : la plus grande partie de la côte dalmatienne, la province de Ljubljana et le Kosovo qui est annexé à l'Albanie italienne.

Entre-temps, les troupes italiennes, après plusieurs mois d'arrêt, reprennent leur avance en Albanie, qui est totalement reconquise en peu de jours. Toujours au mois d'avril, les armées italienne et allemande attaquent conjointement la Grèce qui rapidement signe la reddition avec l'Allemagne (21 avril) et avec l'Italie (23 avril). Le 3 mai, les troupes italo-allemandes défilent à Athènes et le 1er juin la Crète tombe, dernier avant-poste allié resté dans la région. L'Italie obtient le droit d'occuper l'île et la plus grande partie de la Grèce.

Le 7 décembre, la flotte japonaise attaque Pearl Harbour, base militaire américaine, provoquant l'entrée en guerre des États-Unis. Le 12 décembre 1941, l'Italie déclare la guerre aux États-Unis, suivant l'initiative de son allié allemand qui a procédé de même le jour précédent.

Le début de la fin

À partir du 15 février 1942, de nombreux renforts italiens rejoignent la Russie pour soutenir l'avancée allemande. En 5 mois, 160 000 soldats sont envoyés sur le front. Le 9 juillet, le CSIR se transforme en ARMIR ("ARMata Italiana in Russia") et compte 200 000 hommes. L'armée italienne participe à la bataille de Stalingrad qui se révèle décisive pour le destin de la campagne de Russie et plus globalement pour le sort de la guerre : entre le 3 janvier et le 2 février 1943, les forces de l'Axe sont battues et repoussées. Les armées italiennes rentrent en Italie entre avril et mai 1943 avec des pertes estimées à 60 000 hommes.

Les restrictions alimentaires touchent l'Italie : la ration ordinaire de pain est fixée à 150 grammes par jour (250 pour les travailleurs) et la ration semestrielle de pommes de terre établie à quinze kilos par personne. La production agricole italienne s’effondre et la ration en calories des Italiens atteint 50% de celle des Allemands.

Entre le 26 mai et le 21 juin, les troupes de l'Axe réalisent une avancée victorieuse en Libye (Bataille de Gazala), qui provoque la chute de Tobrouk (20 juin), assiégée depuis plus d'un an. Le 29 juin, Mussolini part pour la Libye où il reste jusqu'au 20 juillet. Entre le 1er et le 29 juillet, a lieu la première bataille d'El Alamein : les troupes italo-allemandes tentent d'enfoncer les lignes britanniques. Entre le 31 août et le 5 septembre, la dernière tentative de percée par les armées de l'Axe, au cours de la bataille de Alam Halfa, est un échec. Pendant la seconde bataille de El Alamein, (entre le 23 octobre et le 3 novembre), les troupes britanniques du général Bernard Montgomery battent leurs adversaires, les obligeant à un repli désastreux.

L'avancée britannique se révèle impossible à contenir : le 8 novembre, l'Afrique française, administrée jusqu'alors par le régime de Vichy et théoriquement neutre, est conquise par les troupes américano-britanniques (opération Torch). La Libye est rapidement perdue (le 23 janvier 1943, Tripoli tombe), et entre le 19 et le 25 février 1943 les forces italo-allemandes sont de nouveau battues à Kasserine en Tunisie, que Rommel a fait occuper en janvier. Le 7 mai, les dernières troupes de l'Axe abandonnent l'Afrique.

En novembre et en décembre 1942, Mussolini, abattu et dépressif, se laisse remplacer par Ciano à deux réunions avec Hitler. Le 2 décembre, après 18 mois de silence, il revient parler au peuple italien depuis le Palais Venezia.

Le 9 juillet, les Américano-britanniques débarquent en Sicile, conquérant l'île entière le 17 août.

L'arrestation et le début de la guerre civile

Le 19 juillet 1943, le Duce tient sa dernière réunion avec Hitler à Feltre comme chef du gouvernement italien, il s'efforce d'empêcher l'Italie de signer une paix séparée.

Le 24 juillet, dans un climat politique pesant, une session du Grand conseil du fascisme se tient en présence du Duce. Elle se conclut, aux premières heures du jour suivant (25 juillet), par l'approbation de l'ordre du jour présenté par Dino Grandi : l'abandon des charges du gouvernement par Mussolini est demandé au profit du roi. Mussolini reste apathique, sans réaction. Il avouera par la suite qu'il regrette de ne pas avoir fait arrêter les dix-neuf membres rebelles. Ce vote est réalisé par les hauts représentants du fascisme, dont le gendre de Mussolini, Galeazzo Ciano. Toutefois, le Grand Conseil n'a aucun moyen de faire exécuter sa décision, qui n'a qu'une portée symbolique, mais elle servira de prétexte constitutionnel à l'action du roi.

Mussolini, après s'être rendu comme d'habitude à son bureau du palais Venezia, demande au souverain de pouvoir anticiper l'habituelle réunion hebdomadaire prévue le jour suivant et arrive à 17 heures à la Villa Savoia. Victor-Emmanuel III informe Mussolini de son remplacement par Pietro Badoglio, lui garantissant l'immunité. Mussolini, abandonné de tous, n'est cependant pas au courant des réelles intentions du monarque, qui place sous escorte le chef du gouvernement et fait encercler le bâtiment par deux cents carabiniers.

Le lieutenant-colonel Giovanni Frignani, qui coordonne l'opération, expose téléphoniquement aux capitaines Paolo Vigneri et Raffaele Aversa les modalités d'exécution de l'arrestation. En réalité, Victor-Emmanuel III a ordonné l'arrestation de Mussolini afin de sauver sa dynastie, qui risque d'être considérée comme trop compromise avec le fascisme.

Mussolini, tout de suite après son arrestation, est d'abord enfermé dans une caserne de carabiniers à Rome. Il est ensuite détenu à Ponza (à partir du 27 juillet), puis sur l'île de La Maddalena (7 août - 27 août 1943). Badoglio fait conduire Mussolini dans une ambulance de la Croix rouge à Campo Imperatore sur le Gran Sasso.

L'armistice de Cassibile entre l'Italie et les alliés (8 septembre) est rendu public sans instructions précises aux troupes italiennes, ce qui met le pays, déjà à l'abandon, dans la plus grande confusion. Cet armistice est le prétexte à l'invasion de l'Italie par les troupes allemandes qui occupent rapidement l'Italie septentrionale et centrale. L'Italie se divise pour ce qui a été défini comme une guerre civile, entre ceux qui soutiennent les Alliés, qui contrôlent une partie du sud et la Sicile, et ceux qui acceptent de poursuivre la guerre au côté des Allemands, qui occupent désormais une grande partie de la péninsule.

Entre-temps le roi, avec une partie de sa famille, Badoglio et ses principaux collaborateurs réapparaissent dans les Pouilles, se mettant sous la protection de leurs ex-adversaires : Badoglio constitue un gouvernement sous la supervision alliée. L'Italie déclare la guerre à l'Allemagne le 13 octobre 1943. Le gros de l'armée italienne est interné en Allemagne. Fin 1944, il y a encore près d'un million de soldats italiens emprisonnés.

Le 12 septembre, un commando de parachutistes allemands (Fallschirmjäger-Lehrbataillon) emmené par le capitaine SS Otto Skorzeny libère Benito Mussolini (opération Eiche) sans l'échange d'un coup de feu entre le commando et les carabiniers chargés de le surveiller. Mussolini est emmené en Allemagne où il rencontre Hitler le 14 septembre, à Munich. Le Führer l'« invite » à former une république protégée par les Allemands. Toujours depuis l'Allemagne, le 18 septembre, par un discours à la radio de Munich, Mussolini proclame la reconstruction du parti fasciste avec pour nom le Parti fasciste républicain.

Mussolini arrive en Italie le 23 septembre et constitue son nouveau gouvernement qui se réunit pour la première fois le 27 septembre.

La République sociale italienne -
République de Salò

La nouvelle République sociale italienne est un État fantoche contrôlé par les Allemands. Hitler a mis sous contrôle direct du Reich l'entière zone nord-orientale de l'Italie (l'Istrie, le Frioul, le Trentin et une partie de la Vénétie). Les troupes allemandes occupent cette zone dans les jours qui suivent l'armistice du 9 septembre sans les annexer officiellement mais seulement de fait. Hitler a de plus fait en sorte que les troupes de la RSI soient directement sous le contrôle et le commandement des officiers allemands et des milliers d'Italiens sont contraints au travail forcé comme dans n'importe quel autre territoire occupé par l'Allemagne.

Entre le 23 et le 27 septembre 1943, le gouvernement de la RSI s'installe à Salò d'où le nom non officiel de « République de Salò ».

Le 14 novembre, se tient à Vérone la première assemblée nationale du parti fasciste républicain, au cours de laquelle est rédigé le manifeste de Vérone, le programme du gouvernement du PFR. Mussolini, qui a la charge de « chef de la république » comme le prévoit le manifeste, annonce que la convocation d'une assemblée constitutionnelle pour la rédaction de la constitution de la RSI, est renvoyée à la fin du conflit.

Entre le 8 et le 10 janvier 1944, se tient le procès de Vérone, où sont jugés les dirigeants qui ont « trahi » en s'opposant à Mussolini le 25 juillet 1943 : cinq des six accusés sont condamnés à mort, parmi ceux-ci, le gendre du Duce, Galeazzo Ciano.

Le 21 avril, le Duce rencontre Hitler à Klessheim et, le 15 juillet, il se rend en Allemagne pour inspecter les quatre divisions italiennes que les Allemands ont entraînées.

En avril 1945, toujours plus isolé et impuissant, Mussolini s'installe à Milan où il obtient une rencontre avec le cardinal Ildefonso Schuster, qui, tenant le rôle de médiateur auprès de la CLNAI (Comité de libération nationale Nord Italie), négocie la reddition des forces fascistes, dans l'espoir d'éviter de futures effusions de sang. L'indécision de Mussolini et l'intransigeance des partis rendent impossible le moindre accord.

Malgré l'avis contraire de sa suite, Mussolini décide de quitter Milan. Les motifs de sa décision ne sont pas très clairs : dans les jours précédents, une ultime résistance dans le fantomatique « réduit de la Valteline » avait été évoquée. Certains pensent qu'une rencontre secrète aurait été organisée avec des émissaires alliés provenant de Suisse, à qui Mussolini se serait rendu, emmenant avec lui d'importants documents. Certains notent que si l'intention était seulement de fuir, Mussolini aurait pu utiliser le trimoteur SM79 prêt à l'aéroport de Bresso aux portes de Milan. Certains personnages mineurs de la RSI et une partie de la famille Petacci l'utiliseront pour réapparaître en Espagne le 26 avril.

En fin d'après-midi du 25 avril, la colonne de Mussolini part de la préfecture en direction de Come, puis poursuit vers Menaggio, le long de la berge occidentale du lac. Mussolini passe sa dernière nuit d'homme libre dans une auberge de la petite commune de Grandola, près de la frontière suisse. Le jour suivant, Mussolini, avec ses fidèles et Clara Petacci, qui l'a entre-temps rejoint, redescend vers le lac. Sur la route nationale Regina, il rejoint une colonne allemande (troupes anti-aériennes) en retraite et la colonne Pavolini, qui, arrivée à Come le matin, a immédiatement poursuivi le long du lac.

La colonne est arrêtée une première fois à Musso où le lieutenant SS Birzer, chargé peu avant son départ de Gargnano de protéger Mussolini par sa hiérarchie, le convainc de se cacher dans un camion de la colonne allemande en endossant un manteau de sous-officier allemand. Peu de kilomètres après, la colonne est de nouveau arrêtée à Dongo par un petit groupe de partisans de la 52a Brigade Garibaldi sous le commandement du comte florentin Pier Luigi Bellini delle Stelle, d'appartenance monarchiste. Pendant l'inspection, Mussolini est reconnu par le partisan « Bill » (Urbano Lazzaro) et il est arrêté. Il est d'abord retenu à Domaso, dans la caserne des guardia di finanza, avant d'être transféré dans la nuit du 27 au 28 avril dans une maison de paysan de Bonzanigo.

La mort de Mussolini

Les commandants de la résistance discutent sur ce qu'il y a lieu de faire jusqu'à l'arrivée depuis Rome d'un communiqué du comité de libération national qui exprime la nécessité d'une renaissance sociale, politique et morale de l'Italie au travers de l'exécution de Mussolini et la destruction de tous les symboles du parti fasciste présents en Italie. Le document est signé par toutes les composantes du CLN (Parti communiste italien, Parti socialiste italien de l'unité prolétarienne, Démocratie du travail, Parti d'action, Démocratie chrétienne, Parti libéral italien).

La décision est exécutée le 28 avril 1945 ; Mussolini et Clara Petacci sont fusillés, selon la version officielle à Giulino di Mezzegra, à proximité de Dongo.

Les dépouilles de Mussolini, de Clara Petacci et des seize autres personnes sont transportés à Milan, les corps subissent des outrages. Afin d'y mettre fin, on les pend par les pieds à la balustrade du distributeur d'essence, et chacun des spectateurs peut s'il le souhaite cracher sur les dépouilles de manière à humilier cette famille et le mouvement fasciste, place Loreto, où l'année précédente, quinze partisans ont été fusillés et exposés en représailles pour un attentat contre les Allemands.

Mussolini est enterré à Predappio dans le caveau de famille. Chaque année, les nostalgiques du fascisme italien se retrouvent autour de son tombeau.

Les circonstances de la mort de Mussolini restent cependant obscures. Le seul fait certain est qu'on peut observer qu'en Italie il n'y a pas eu de procès à l'encontre des dignitaires fascistes comparable à celui du procès de Nuremberg contre le nazisme.


 

 Listes alphabétiques :
A   B   C   D   E   F   G   H   I   J   K   L   M   N   O   P   Q   R   S   T   U   V   W   X   Y   Z

 Recherche directe :
 

Voir aussi :

- Adolf Hitler
- Francisco Franco
- Joseph Staline
- Winston Churchill
- Franklin D. Roosevelt
- Friedrich Nietzsche
- Wikipedia

- Fiche en anglais

 
 
 
 
 
 
         

© Sekibook.com   Contact  

Informations publiques collectées sur internet, dans la presse ou dans la littérature.