
.
.Benito
MUSSOLINI
Benito Amilcare Andrea
Mussolini, est un
journaliste, homme politique et dictateur italien, né le
29 juillet 1883 à Dovia di Predappio (Émilie-Romagne, Italie) et
mort le 28 avril 1945 à Giulino di Mezzegra.
Fondateur du
Fascisme, il est
Premier ministre du Royaume d'Italie, avec des pouvoirs
dictatoriaux, du 31 octobre 1922 au 25 juillet 1943, premier
maréchal d'Empire du 30 mars 1938 au 25 juillet 1943, et président
de la République sociale italienne de septembre 1943 à avril 1945.
Il est couramment désigné du titre de Duce, mot dérivé du latin
Dux et signifiant « Chef » ou « Guide ».
Il est d'abord membre du Parti
socialiste italien (PSI) et directeur du quotidien socialiste
Avanti! à partir de 1912. Anti-interventionniste convaincu
lors des années qui précèdent la Première Guerre mondiale, en
1914, il change d'opinion, se déclarant favorable à l'entrée en
guerre de l'Italie. Expulsé du PSI en novembre 1914, il crée son
propre journal, Il Popolo d'Italia (Le peuple d'Italie)
qui prend des positions nationalistes proches de celles de la
petite bourgeoisie. Dans l'immédiat après-guerre, profitant du
mécontentement de la « victoire mutilée », il crée le Parti
national fasciste (PNF) en 1921 et se présente au pays avec un
programme politique nationaliste, autoritaire, antisocialiste et
antisyndical, ce qui lui vaut l'appui de la petite bourgeoisie et
d'une partie des classes moyennes industrielles et agraires.
Dans le contexte de forte
instabilité politique et sociale qui suit la Grande Guerre, il
vise la prise du pouvoir, en forçant la main aux institutions avec
l'aide des actions de squadristi et l'intimidation qui
culminent le 28 octobre 1922 avec la Marche sur Rome. Mussolini
obtient la charge de constituer le gouvernement le 30 octobre
1922. En 1924, après la victoire contestée des élections et
l'assassinat du député socialiste Giacomo Matteotti, Mussolini
assume l'entière responsabilité de la situation et engage l'Italie
dans la dictature.
Après 1935, il se rapproche du
national-socialisme allemand d'Adolf
Hitler avec qui il établit le Pacte d'Acier (1939). Convaincu
d'un conflit rapide, il entre dans la Seconde Guerre mondiale au
côté de l'Allemagne
nazie. Après la défaite italienne et sa mise
en minorité par le Grand conseil du fascisme le 24 juillet 1943,
il est arrêté par ordre du roi. Libéré par les Allemands, il
instaure en Italie septentrionale la République sociale italienne.
Le 25 avril 1945, alors qu'il tente de fuir pour la Valteline
déguisé en soldat allemand, il est capturé par les partisans qui
le fusillent avec sa maîtresse Clara Petacci.
La naissance
Fils du forgeron Alessandro
Mussolini et de l'institutrice Rosa Maltoni, il naît le 29 juillet
1883 dans une petite maison à Varani dei Costa, un hameau de la
commune de Dovia di Predappio dans la province de Forlì-Césène en
Émilie-Romagne.
Le prénom de « Benito Amilcare
Andrea » lui est donné par son père socialiste, à la limite de
l'anarchisme, désireux de rendre hommage à Benito Juarez héros de
l'indépendance républicaine et ex-président du Mexique, à Amilcare
Cipriani patriote italien et socialiste et à Andrea Costa premier
député socialiste élu au parlement italien.
Jeunesse
Le jeune Mussolini fréquente les
deux premières classes élémentaires à Dovia, puis à Predappio
(1889-1891). Il entre au collège des salésiens de Faenza
(1892-1894). C'est un élève turbulent, voire violent : il manque
de peu le renvoi en 1893 lorsqu'il blesse un de ses camarades avec
un couteau et il est expulsé pour une autre dispute. Il poursuit
ses études au collège Carducci de Forlimpopoli où il obtient en
septembre 1898 le diplôme technique inférieur.
C'est à Forlimpopoli, sous l'influence de son père que
Mussolini se rapproche du militantisme socialiste et s'inscrit en 1900
au
parti socialiste italien. Il finit ses études obtenant en 1901
le baccalauréat. Le 13 février 1902,
il est nommé maître suppléant à l'école élémentaire de Pieve
Saliceto, hameau de
Gualtieri.
Le 9 juin 1902, il termine l'année scolaire et, pour fuir le service militaire, s'établit à
Lausanne, après avoir séjourné dans deux autres villes
suisses, Yverdon-les-Bains et Orbe. Il s'inscrit auprès du
syndicat des maçons et des manœuvriers dont il devient le
secrétaire. Il publie son premier article sur L'avvenire del
lavoratore (L'avenir du travailleur). Il fut arrêté par
la police dans la matinée du 24 juillet 1902, sous les arches du
Grand Pont à Lausanne, où il avait passé la nuit, pour
vagabondage. Dans ses poches furent trouvés, son passeport, son
diplôme de l'école normale, et 15 centimes.
La Suisse
Jusqu'en novembre 1904, Mussolini
vit en Suisse, se déplaçant de ville en ville et occupant des
emplois occasionnels (maçon, manœuvre, etc.). Il est expulsé d'un
canton deux fois : le 18 juin 1903, il est arrêté comme agitateur
socialiste, maintenu en prison douze jours et expulsé le 30 juin ;
le 9 avril 1904, il est emprisonné pendant sept jours à Bellinzone
à cause d'un faux permis de séjour. Il surmonte ses difficultés
grâce à l'aide de socialistes et anarchistes du canton du Tessin.
Au cours de ces années, il collabore comme journaliste à des
périodiques locaux d'inspiration socialiste parmi lesquels le
Proletario. Il étudie à la faculté des sciences sociales de
Lausanne, où il fréquente les cours de l'économiste Vilfredo Pareto,
critique acerbe de la
démocratie
libérale.
A cette époque, il se range dans l'aile révolutionnaire du
Parti socialiste italien (PSI) dirigée par
Arturo Labriola et envoie des articles au journal milanais l'Avangardia
socialista. C'est au cours de cette période qu'il fait preuve
de la plus grande affinité idéologique avec le
syndicalisme révolutionnaire.
Le retour
en Italie
En novembre 1904, en raison de
l'amnistie accordée lors de la naissance de l'héritier du royaume,
Mussolini revient en Italie alors qu'il est sous le coup d'une
condamnation pour refus du service militaire. Il effectue son
service militaire, affecté le 30 décembre 1904 au dixième régiment
bersaglier de Vérone et il obtient un certificat de bonne
conduite. Entre temps, sa mère décède le 19 janvier 1905. Libéré,
Mussolini rentre à Dovia di Predappio le 4 septembre 1906. En
novembre 1907, il obtient l'habilitation pour l'enseignement du
français et en mars 1908 il obtient la charge de professeur de
français au collège de Oneglia où il enseigne aussi l'italien,
l'histoire et la géographie.
Le 18 juillet 1908, il est arrêté
pour menaces envers un dirigeant des organisations patronales.
Jugé, il est condamné à trois mois de prison mais il est laissé en
liberté provisoire. Au cours de cette période, Mussolini écrit
dans Pagine libere (Pages libres), revue du syndicalisme
révolutionnaire éditée à Lugano, l'article La filosofia della
forza (La philosophie de la force) où il fait référence à la
pensée de Nietzsche.
Parti socialiste et
L'Avanti!
À partir de janvier 1910,
il est secrétaire de la fédération socialiste livournaise et il
dirige le périodique officiel L'idea socialista rebaptisé
par Mussolini Lotta di classe.
Il publie son roman Claudia Particella, l'amante del
cardinale Madruzzo, en 1910. L'œuvre contient une satire
anticléricale. Le 17 janvier, il commence à vivre avec Rachele Guidi, sa future femme.
Il est arrêté le 14 octobre, jugé
et condamné (23 novembre) à un an de réclusion pour avoir
participé le 25 septembre, avec son ami républicain Pietro Nenni,
à une manifestation violente contre la guerre de Libye. Le
19 février 1912, la cour d'appel de Bologne réduit la peine à cinq
mois et demi et le 12 mars suivant, Mussolini est relâché. Il
collabore à Folla, journal de Paolo Valera signant sous le
pseudonyme de « L'homme qui cherche ». Grâce aux évènements de
1912 et à sa qualité d'orateur, Mussolini monte au sommet de la
scène politique nationale : en novembre 1912, il devient le membre
principal de l'aile maximaliste du socialisme italien et directeur
de L'Avanti!, quotidien officiel du Parti socialiste
italien. En novembre 1913, il crée la revue Utopia.
Le 9 juin, il est élu conseiller municipal à Milan
et il est un des acteurs de la
Semaine Rouge.
La guerre:
exclusion du PSI et ralliement à l'interventionnisme
Au début de la Première Guerre
mondiale, il s'aligne sur les positions de l'Internationale
socialiste, se déclarant ouvertement opposé à l'intervention de
l'Italie qui, d'après lui, ne servirait que l'intérêt de la
bourgeoisie. Il est toutefois forcé à la démission, le
20 octobre 1914, de L'Avanti!, puis expulsé du PSI le
29 novembre 1914, suite à la publication, le 18 octobre, de
l'article Dalla neutralità assoluta alla neutralità attiva ed
operante (« De la neutralité absolue à la neutralité active et
agissante »), qui signe son ralliement à la campagne
interventionniste entamée le 5 octobre par le manifeste des
Faisceaux d'action internationaliste. Mussolini préconise
désormais une politique militariste ainsi que l'entrée en guerre
de l'Italie en 1915 aux côtés de l'Entente, notamment à fin
d'obtenir de nouveaux territoires (en particulier les terres
irredentes).
Le 15 novembre 1914, il crée Il
Popolo d'Italia (Le Peuple d'Italie) et en décembre, il prend
part à Milan à la création des Faisceaux d'action révolutionnaire,
participant à leur premier congrès les 24 et 25 janvier 1915.
Après l'entrée en guerre de l'Italie suite au Pacte de Londres
(mai 1915), Mussolini est affecté en août 1915 au 11e bersaglier
puis envoyé sur le front alpin le 2 septembre 1915.
Dans son journal de guerre, outre
raconter la vie dans les tranchées, il s'imagine comme héros
charismatique dans une communauté nationale guerrière et
obéissante. Nommé caporal le 1er mars 1916,
ses supérieurs écrivent dans son fascicule militaire : « Activité
exemplaire, qualité de combattant, esprit de sérénité, volontaire,
zélé, régularité dans la réalisation de ses devoirs ». Blessé par
l'explosion d'un mortier pendant un exercice, le 23 février 1917,
il est réformé. De retour du front, en décembre, il publie dans
Il Popolo d'Italia l'article Trincerocrazia dans lequel
il revendique, pour les futurs anciens combattants, le « droit »
de gouverner l'Italie après la fin de la guerre.
La révolution fasciste
Mussolini crée les Faisceaux de
combat, futur noyau de son Parti national fasciste, le
23 mars 1919 à Milan.
Les faisceaux de combat sont un amalgame d'ex-syndicalistes
révolutionnaires dont Mussolini était proche,
de
nationalistes et de
futuristes. Le programme mêle revendications sociales et
nationalistes, se déclare en faveur de la
Société des nations, critique l'impérialisme
et exige la dissolution des
sociétés anonymes et la suppression de toute
spéculation boursière. Il ne s'opposera
à l'impérialisme et ne soutiendra la SDN que lorsque les
revendications sur
Fiume seront satisfaites.
Le 9 octobre, à Florence, le
premier congrès des Faisceaux de combat se tient et aux élections
politiques du 16 novembre, les fascistes, malgré les candidatures
de Mussolini et de Filippo Tommaso Marinetti à Milan et dans la
province de Milan ne recueillent que 4 795 voix.
En juin 1920, il se range aux côtés de Giolitti,
qu'il se rencontre en octobre pour résoudre la question de
Fiume. Le 12 novembre, avec l'article Rapallo, il commente
favorablement le traité italo-yougoslave signé par Giolitti
qui permet à Fiume de devenir une ville libre. Le 28 mars 1921,
il défile avec les squadristi, en chemises noires, à l'occasion des funérailles des
victimes de l'attentat anarchiste du
théâtre Diana qui visait le commissaire de police Gasti. En
témoignage du rapprochement entre Mussolini et Giolitti, le futur
Duce se présente comme allié du parti d'État à
Mondovì aux élections du 15
mai 1921 sur la liste "blocs nationaux" anti-socialistes, il
obtient 35 sièges et il est élu député.
Montée en puissance
À partir de ce succès, les
chemises noires se rendent coupables de nombreux épisodes de
violences et d'agressions physiques et verbales contre les
adversaires politiques du fascisme, surtout contre les
socialistes, les
communistes et les syndicalistes qui organisent
les grèves. Ils se font ainsi connaître et bien voir des milieux
d'affaires et du patronat. Les squadristi se
constituent en milices et sont issus, en grande partie, des
rangs des arditi, dont l'uniforme est la chemise noire — qui deviendra un des symboles du
fascisme.
Le 22 juillet 1921,
Mussolini invite les socialistes, dans un article du Il Popolo
d'Italia à un pacte visant à la cessation des
violences squadristes, signé le 21
août. La violence ne cesse cependant pas car l'exécution de
l'accord est laissée à la discrétion des ras
locaux.
Les divergences sont surmontées et
le 7 novembre se tient à Rome le troisième congrès des faisceaux
de combat qui sont transformés en Parti national fasciste.
Entre temps, entre le 3 août et le 5 septembre
1922, les squadristi fascistes occupent les mairies d'Ancône,
Milan, Gênes, Livourne, Parme, Bolzano, Trente, après de violents
combats armés. Certaines villes résistent comme Parme.
Il s'agit du début de la « révolution fasciste » avec lequel
Mussolini tente un ambitieux coup de main pour prendre possession
du pouvoir. Le 24 octobre défilent à
Naples 40 000 chemises noires affirmant le droit du fascisme à
gouverner l'Italie.
La marche
sur Rome
Entre le 27 et le 31 octobre 1922,
la révolution fasciste atteint son apogée avec la marche sur Rome
(près de 100 000 personnes), opération des groupes de chemises
noires provenant de différentes régions d'Italie.
Mussolini ne prend pas part
directement à la marche. La décision en est la crainte d'une
intervention répressive de l'armée qui aurait provoqué l'échec de
l'opération. Il reste à Milan en attendant le développement de
l'opération et il se rend à Rome seulement plus tard quand il
apprend le bon résultat de l'action. Au cours de ces jours,
Mussolini traite directement avec le
gouvernement de Rome sur les concessions que celui-ci est prêt à
faire au fascisme et le futur Duce nourrit des incertitudes sur le
résultat de la manœuvre.
Le Roi
Victor-Emmanuel III, en raison du soutien dont bénéficie le fascisme auprès des
officiers supérieurs et des industriels qui voient en Mussolini
l'homme fort qui peut ramener l'ordre dans le pays, ne proclame pas
l'état de siège proposé par le président du conseil
Luigi Facta et donne au contraire la charge à Mussolini d'un
nouveau gouvernement de coalition (29
octobre).
Avènement du Duce
Le 16 novembre Mussolini se
présente à la Chambre et obtient la confiance avec 316 voix en sa
faveur, 116 contre et seulement 7 abstentions.
Le 24 novembre 1922, il obtient
les pleins pouvoirs en matière économique et administrative
jusqu'au 31 décembre 1923 afin de rétablir l'ordre. Le 14 janvier
1923, les chemises noires sont institutionnalisées par la création
de la Milice Volontaire
pour la Sécurité Nationale.
Le 28 août, l'expédition militaire
Enrico Tellini, dont l'objectif est de définir la frontière entre
la Grèce et l'Albanie est massacrée à Ioannina. Mussolini envoie
un ultimatum à la Grèce pour demander réparation et suite au refus
du gouvernement grec, la marine italienne reçoit l'ordre d'occuper
Corfou. Avec cette action le nouveau président du Conseil démontre
vouloir poursuivre une politique extérieure forte et il obtient,
grâce à la Société des nations, les réparations demandées après
l'abandon de l'île occupée.
Le 27 janvier 1924,
le traité de Rome entre L'Italie et la Yougoslavie est signé dans
lequel celle-ci reconnaît l'italianité de Fiume annexé le 16
février.
Aux élections du 6 avril 1924, la
liste nationale (désignée comme " Listone ") obtient 60,1% des
voix et 356 députés et à ceux-ci s'ajoutent 4,8% de voix et 19
sièges correspondant à la " liste bis ". Les deux listes
gouvernementales recueillent au total 64,9% des votes élisant 375
parlementaires dont 275 inscrits au parti national fasciste.
Les consultations se déroulent
dans un climat de violence et d'intimidation, et les abus
perpétrés par les fascistes sont dénoncés le 10 mai par le député
socialiste Giacomo Matteotti qui par un discours virulent à la
chambre demande d'annuler les résultats des élections.
Le 11 juin 1924, Matteotti est
enlevé et assassiné par des squadristi fascistes.
L'évènement provoque la " sécession sur l'Aventin ", c'est-à-dire
le départ des députés d'opposition du parlement pour protester
contre l'assassinat. Tout cela n'affecte pas le pouvoir de
Mussolini car il n'est suivi d'aucune action politique concrète.
Fort de l'indécision des opposants, le 3 janvier 1925, le Duce
tient un discours au parlement dans lequel l'équilibre effectif
des forces présentes dans le pays devient manifeste : afin de
démontrer sa propre force, il déclare assumer « toutes les
responsabilités historiques, politiques et morales » de
l'assassinat. Le Duce est né.
Attentats
Après être devenu chef du
gouvernement, Mussolini est l’objet d’une série d’attentats.
Le premier, le 4 novembre 1925,
est mené par le député socialiste Tito Zaniboni, mais l'OVRA
écarte la menace.
Le 7 avril 1926, Violet Gibson,
une irlandaise présentée comme déséquilibrée, tire un coup de feu
en direction de Mussolini, le manquant de peu.
Le 11 septembre 1926 l'anarchiste
Gino Lucetti lance un engin explosif vers la voiture du Premier
ministre. La bombe rebondit sur la portière de la voiture et
explose dans la rue blessant huit personnes.
Le soir du 31 octobre 1926 à
Bologne, pendant la commémoration de la marche sur Rome, Anteo
Zamboni âgé de 15 ans tire un coup de pistolet vers le chef du
gouvernement, effleurant la poitrine. Identifié par les fascistes,
il est lynché sur place par les chemises noires de Leandro
Arpinati.
Mussolini échappe à d’autres
attentats en 1931 et en 1932, respectivement de la part des
anarchistes Michele Schirru et Angelo Pellegrino Sbardellotto, qui
sont condamnés à la peine de mort pour avoir comploté contre le
chef du gouvernement.
La dictature fasciste
Avec la loi du 17 avril 1925
n.473, sont établies les nouvelles normes d’hygiène pour les
entreprises et l’obligation de pourvoir au service sanitaire dans
l’établissement, de ne pas faire porter des poids excessifs par
les femmes et les enfants et signaler et surveiller les substances
nocives. Les conventions collectives du travail ont force de loi.
Par le décret royal du 1er mai
n.582, naît l'Œuvre nationale du temps libre (Opera Nazionale
Dopolavoro - OND). L'organisme promeut, au côté des autres
organismes concernés, la lutte contre l’alcoolisme et la
« bataille contre la malaria », il organise des concerts publics,
des représentations théâtrales populaires et des colonies de
vacances à la mer et à la montagne pour les enfants de familles
nécessiteuses.
Le 11 juin 1925, le Président du
Conseil annonce la bataille du grain. La campagne a pour objectif
d'atteindre l’autosuffisance de l’Italie envers l’étranger en ce
qui concerne la production des produits agricoles et
particulièrement du blé dont l’importation est à l’origine à 50 %
du déficit de la balance des paiements. Le projet est réalisé
surtout grâce à la bonification, entre 1928 et 1932 des terres
paludéennes présentes dans la péninsule italienne parmi lesquelles
les marais Pontins.
La bonification permet la mise en
œuvre d’un programme sanitaire qui permet de vaincre la malaria
ainsi que l’obtention de résultats significatifs contre la
tuberculose, la variole et la rage. De nouvelles communes
naissent, souvent appelées d'après la destination économique qui
justifie leur création, par exemple Carbonia pour l’exploitation
des gisements de charbon.
Le 21 juin 1925 a lieu le
quatrième et dernier congrès du PNF. Mussolini invite les chemises
noires à abandonner définitivement la violence. Par la réforme du
système policier renforçant ainsi le pouvoir exécutif, à la fin de
l’année 1925, les éléments squadristi sont rendus
inopérants.
Entre 1925 et 1926, les lois
fascistissimes inspirées par le juriste Alfredo Rocco sont
approuvées.
La loi du 24 décembre 1925, n.
2263, prévoit que le titre « président du conseil» est transformé
en «chef du gouvernement, Premier ministre et secrétaire
d’État » ; le «chef du gouvernement » est nommé et révoqué
seulement par le roi et il n’est responsable qu’envers lui. Les
ministres deviennent responsables aussi bien envers le roi
qu’envers Mussolini.
La loi sur la presse du 31
décembre 1925 indique que les journaux ne peuvent être dirigés,
écrits et imprimés que s'ils ont un responsable accrédité par le
préfet et donc indirectement par Mussolini.
La loi du 31 janvier 1926, n. 100,
attribue à Mussolini, en sa qualité de chef du gouvernement, la
possibilité de promulguer des règles juridiques.
Le
3 avril 1926 le droit de grève est supprimé
et il est établi que les conventions collectives ne peuvent être
négociées que par les syndicats légalement reconnus par le
ministère des corporations que dirige Mussolini.
En avril 1926, dans un discours à Tripoli, Mussolini avance l’idée d’une mer
mare nostrum, avec une thalassocratie italienne sur la
Méditerranée, et oppose pour la première fois fascisme et
démocratie.
Le 5 novembre 1926 tous les
partis hors du PNF sont dissous et la presse est placée sous le
contrôle de la censure. La
peine de mort et le confinement policier sont introduits pour les
attentats perpétrés ou organisés à l’encontre des principaux
personnages de l’État et le tribunal spécial pour la sécurité de
l’État est créé.
En janvier 1927, Mussolini lance
la campagne de soutien de la croissance démographique : les
célibataires doivent payer une taxe spéciale et à l’État offre une
prime de mariage aux époux. S’ils prévoient des prêts, des
facilités économiques leur sont accordées ainsi que des exemptions
de taxes pour les familles nombreuses.
Le 14 mars, Mussolini présente à
la chambre un projet de loi de réforme, qui sera approuvé, dans
lequel il propose la réduction à 400 du nombre des députés,
lesquels seront élus dans un unique collège national; la
confédération nationale des syndicats fascistes et les
associations culturelles habilitées ont la charge de présenter les
candidatures.
Les élections du 24 mars 1929 pour
le renouvellement de la chambre des députés, se transforment en
plébiscite en faveur de Mussolini. Les électeurs sont appelés à
voter " sì " ou " no " pour approuver un " listone " de députés
fixé par le Grand conseil du
fascisme. La consultation se tient
dans un climat d’intimidation; la carte pour le oui est tricolore,
celle pour le non simplement blanche rendant identifiable le vote
exprimé. La participation du vote est de 90 % et les votes
favorables au " listone " atteignent 98,4 %.
Les élections du 25 mars 1934 pour
le renouvellement de la chambre des députés – tenues suivant le
schéma du listone unique déjà adopté en 1924, avec carte
tricolore pour le oui et blanche pour le non – se transforment en
un nouveau plébiscite : le nombre de participants augmente et les
votes négatifs atteignent 15 201 voix soit 0,15 % des votants.
Les lois des 22 mars 1934 n.654 et
26 avril 1934 n.653 pour le travail des femmes et des enfants
donnent le droit à la conservation du poste de travail pour les
travailleuses enceintes, une période d’arrêt avant et après
l’accouchement et les permissions obligatoires pour l’allaitement.
Le 6 septembre, à Bari, il prend
position sur la politique extérieure du national socialisme et la
doctrine raciste hitlérienne, proclamant que « trente
siècles d’histoire nous permettent de regarder avec une souveraine
pitié certaines doctrines venues de l’autre côté des Alpes ».
La guerre d'Éthiopie et le
rapprochement
avec l'Allemagne national-socialiste
Le 5 décembre 1934, se produit un
incident près de Ual Ual, localité entre la Somalie italienne et
l'Éthiopie: 1 500 soldats éthiopiens agressent un poste frontière
italien composé de 200 militaires. Mussolini demande des excuses
officielles en plus du paiement d'une indemnité de la part du
gouvernement éthiopien, conformément à ce qui est prévu dans un
traité signé en 1928 entre l'Italie et l'Éthiopie. Cependant le
Negus Haile Selassie a la possibilité, en vertu du même accord, de
faire appel à la Société des nations (SDN) (2 janvier).
Entre le 4 et le 7 janvier 1935,
Mussolini rencontre à Rome le ministre français des Affaires
étrangères Pierre Laval: des accords en vertu de quoi la France
cède à l'Italie la Somalie française (actuellement Djibouti) sont
signés ainsi que la reconnaissance de la minorité italienne
présente en Tunisie (qui avait été l'objet de revendications de la
part de l'Italie) et l'engagement d'appuyer diplomatiquement
l'Italie en cas de guerre contre l'Éthiopie. Laval espère ainsi
rapprocher Mussolini de la France afin de donner naissance à une
alliance anti-nazie.
Le 16 janvier, Mussolini prend la
direction du ministère des colonies. Le 19 janvier, la SDN
reconnaît la « bonne foi » de l'Italie et de l'Éthiopie dans
l'incident de Ual Ual et décide que le cas doit être traité par
les deux parties. Le 17 mars, les Abyssiniens présentent un
nouveau recours, faisant appel à l'article XV de l'organisation.
Lors de la conférence de Stresa
qui se déroule du 11 au 14 avril, l'Italie, le Royaume-Uni et la
France condamnent conjointement les violations allemandes du
traité de Versailles.
Le 2 octobre, il annonce la
déclaration de guerre à l'Éthiopie du balcon du palais Venezia. En
attaquant ce pays, membre de la SDN, Mussolini viole l'article XVI
de l'organisation, qui stipule qu'attaquer un membre de la ligue
revient à les attaquer tous, qu'ils doivent répondre solidairement
et frapper l'agresseur d'exclusion de toutes relations politiques,
diplomatiques financières, commerciales et personnelles
entre les citoyens de la nation violatrice du pacte et les
citoyens de n'importe quel autre pays, ou entre Etats.
Entre temps, il inaugure dans les
Marais Pontins les nouvelles villes de
Guidonia (27 avril) et
Pontinia (13 novembre).
Le 18 novembre, l'Italie est
frappée par les sanctions économiques de la SDN que 52 états
approuvent. L'Autriche, la Hongrie et l'Albanie votent contre. En
guise de riposte, l'Italie met en œuvre des programmes économiques
autarciques. Les sanctions se montrent inefficaces, parce que de
nombreux pays les ayant votées officiellement maintiennent de bons
rapports avec l'Italie, l'approvisionnant en matières premières.
L'Allemagne nazie est l'un de ceux-ci et la guerre d'Éthiopie est
le point de départ du rapprochement entre Mussolini et
Hitler.
Guerre d'Ethiopie
En Éthiopie, un embargo sur les
armes, imposé en 1918 par les trois puissances coloniales
limitrophes (France, Royaume-Uni et Italie), ont fortement limité
pendant près de 20 ans l'armement de l'empire. L'armée éthiopienne
de l’empereur Haïlé Selassié est composée d’environ 500 000
hommes, dont beaucoup ne sont souvent armés que de lances et de
boucliers. L'armée éthiopienne ne dispose que de 25000 fusils,
mais certains fusils usagés datent d’avant 1900.
Pour s'assurer une rapide
victoire, Mussolini, examinant les demandes des états-majors
militaires, triple les moyens en hommes : en mai 1936, presque un
demi-million d'hommes est engagé sur le théâtre des opérations,
appuyés par 350 avions. Dans l'arsenal à disposition des Italiens,
il y a aussi des armes chimiques et bactériologiques interdites
par la convention de Genève et débarquées en grand secret à
Massaoua.
Dès le début des opérations, le 3
octobre, Mussolini prend la direction des opérations et envoie
presque quotidiennement des ordres radiotélégraphiés à ses
généraux présents sur le champ de bataille. Parmi ses ordres,
figurent ceux relatifs à l'emploi des armes chimiques.
Le premier ordre qui concerne
l'emploi des armes chimiques arrive de Mussolini à Graziani : le
27 octobre 1935, Graziani prépare l'assaut de la place forte de
Gorrahei. Les six tonnes de grenades conventionnelles sont
insuffisantes pour avoir raison des défenseurs. Le 29, Graziani
demande à Mussolini l'autorisation d'utiliser des armes chimiques
pour des " opérations défensives " et il l'obtient rapidement avec
le mandat d'exterminer l'entière formation ennemie.
Dans la même période, entre le 22
décembre 1935 et les premiers jours de 1936, sur le font Nord,
Badoglio reçoit l'ordre d'employer les bombes chimiques contre les
Abyssiniens, passés à l'offensive dans le Sciré. L'ordre, déjà en
cours d'exécution, soumet les civils, le bétail et les récoltes à
une importante pluie de gaz. Le bombardement est suspendu pour des
raisons politiques en vue d'une réunion de la SDN prévue à Genève
le 5 janvier. Mais Badoglio l'ignore et poursuit les bombardements
chimiques jusqu'au 7, puis de nouveau les 12 et 18 janvier.
Le 9 janvier, Mussolini a autorisé
la guerre totale.
Les bombardements chimiques
d'artillerie et par avions se poursuivent aussi bien sur le front
Nord (jusqu'au 29 mars 1936) que sur le front Sud (jusqu'au 27
avril), employant un total de 350 tonnes d'armes chimiques.
L'utilisation des armes chimiques
dont Mussolini est directement et pleinement responsable est
cachée à l'opinion publique italienne et le duce ordonne le
démenti lorsque leur emploi est évoqué dans la presse
internationale.
Apogée de Mussolini et du fascisme
Le 9 mai, du balcon du Palais
Venezia, Mussolini annonce la fin de la guerre d’Éthiopie et
proclame la naissance de l’empire. La campagne abyssinienne
représente le moment du plus fort consensus du peuple italien
envers le fascisme.
Mussolini impose, pour indiquer la
date sur les documents officiels et sur les journaux, la double
référence à l'ère fasciste commençant le 28 octobre 1922 et à la
fondation de l'empire (par exemple, 1936 est indiqué comme « année
1936, XIV de l'ère Fasciste, I de l’Empire »).
Le 4 juillet, la SDN
décrète la fin de l’application de l’article XVI et les sanctions
cessent le 15 ; Mussolini obtient le titre de maréchal d’Italie le
30 mars 1938.
Le 9 juin, il confie à son gendre
Galeazzo Ciano le ministère des affaires étrangères.
Le 24 juillet 1936, il se met
d’accord avec Hitler pour l’envoi de contingents militaires en
Espagne en soutien à Franco dont le coup d’État du 18 juillet a
déclenché la guerre civile espagnole. Le fils de Mussolini, Bruno,
participe à la guerre comme chef d’une escadrille aérienne. Le 1er novembre,
il annonce dans un discours la création de l'Axe Rome-Berlin (il
ne s’agit pas encore d’une vraie alliance militaire qui sera
scellée seulement avec le Pacte d’acier).
Le 21 avril, il inaugure Cinecittà,
conçut comme le siège de l’industrie cinématographique italienne,
largement financée par le gouvernement (le premier péplum, Scipion
l'Africain, date de 1937).
Les 25 et 29 septembre, il
rencontre
Hitler, d’abord à Munich puis à Berlin. Le 6 novembre l'Italie
adhère au Pacte anti-soviétique, dont l’Allemagne et le Japon sont
déjà signataires.
Mussolini essaie vainement
d'intimider les Français. Il cultive l'espoir de forcer les
Français à abandonner la Corse et Nice et d'établir un condominium
en Tunisie et en Somalie. Une campagne anti-français est organisée
par la presse.
Le 19 janvier 1939 la Chambre des
députés est supprimée et remplacée par la Camera dei Fasci e delle
Corporazioni.
En mars, Hitler envahit la
Tchécoslovaquie sans en aviser Mussolini qui, mécontent, ordonne
l’occupation et l’annexion de l’Albanie. L’Italie y bénéficie déjà
d’un protectorat non officiel depuis de nombreuses années.
L'économie et l'armée sont largement dépendantes de l'Allemagne
et, par l’« invasion », Mussolini affiche sa volonté de se placer
sur un plan d'égalité avec l'Allemagne. Cette annexion rapporte
peu à l'Italie et l'éloigne progressivement des démocraties pour
la rapprocher un peu plus du régime nazi.
Les lois raciales
À partir de 1938, le régime
fasciste promulgue une série de décrets, dont l’ensemble porte le
nom de lois raciales, qui introduisent des mesures de
discrimination et de persécution à l’encontre des Juifs italiens.
Du 3 au 9 mai 1938 Hitler rend visite officiellement au Duce.
La seconde guerre mondiale
De la « non belligérance » à la
« guerre parallèle »
Le 6 mai 1939, Mussolini signe le
pacte d'Acier avec l'Allemagne, qui scelle officiellement la
naissance du pacte italo-allemand et qui, à la demande du Duce, ne
se limite pas à une alliance défensive mais aussi offensive.
L'invasion de la Pologne se
profile. Ciano se rend en Allemagne et tente d'expliquer que
l'Italie ne dispose pas des moyens nécessaires pour s'engager aux
côtés de l'Allemagne. Les Allemands le rassurent sur une
non-intervention anglaise et russe, font miroiter la possibilité
d'obtenir la Grèce et la Yougoslavie et indiquent que la
participation de l'Italie n'est pas requise. L'Allemagne envahit
la Pologne, et Mussolini déclare la « non belligérance » et non la
neutralité de l'Italie (le terme de « neutre » étant contraire au
principe du fascisme).
L'Italie peut ainsi se maintenir momentanément en dehors du
conflit.
Le 10 mars 1940, il accueille à
Rome le ministre allemand des Affaires étrangères
Joachim von Ribbentrop, qui le sollicite son entrée en guerre.
Le 18 mars, il rencontre Hitler au Brenner. Les 16, 22, 24 et 26
avril, il reçoit des messages de Churchill, de Paul Reynaud, de
Pie XII et de Roosevelt, qui lui demandent de rester neutre, ce
que Mussolini refuse.
Suite aux extraordinaires et
inattendus succès de l'Allemagne nazie entre avril et mai 1940
(chute de Calais, de la Belgique et début de l'évacuation de
Dunkerque), Mussolini pense que l'issue de la guerre est désormais
décidée et le 10 juin il déclare la guerre à la France et à la
Grande-Bretagne.
Dans la guerre contre la France,
les troupes italiennes prennent au début une attitude défensive en
raison d'un matériel inadapté, du temps nécessaire pour mobiliser
les moyens qui ne sont pas suffisants et de la réticence à
attaquer les « cousins » français. Les moyens italiens sont
cependant d'une écrasante supériorité numérique sur les français,
car les exigences du front du Nord-Est et l'expédition de Norvège
ont vidé les casernes françaises du Sud-Est. Les premiers à
prendre l'initiative sont les alliés : des avions britanniques
décollent des aéroports français et bombardent Turin dans la nuit
de 11 au 12 juin.
Par mesure de rétorsion, les
avions italiens bombardent les bases militaires d'Hyères et de
Toulon. Mussolini prend conscience de la nécessité d'occuper des
territoires avant la fin du conflit, qui lui semble proche. Les
Italiens attaquent aussi Bizerte, Bastia et Calvi.
Alors que la France demande un
armistice à l'Allemagne le 17 juin, dans les Alpes, une résistance
acharnée des Français met en déroute les soldats italiens. Les
Italiens ne réussissent pas à passer la frontière. Par endroit,
ils perdent même du terrain. Malgré quelques infiltrations
momentanées, les troupes italiennes ne dépassent pas Menton lors
de leur offensive sur Nice.
Mussolini participe à un sommet à
Munich avec Hitler pour discuter de l'inattendue et imprévue
reddition française face à la Wehrmacht : les conditions de paix
demandées par le Duce sont acceptées partiellement.
Le 24 juin, la France signe la
paix avec l'Italie, lui reconnaissant en plus de la demande
d'occupation, la cession d'une portion du territoire français
frontalier et la démilitarisation d'une large bande le long des
frontières franco-italienne et libyo-tunisienne.
À la nouvelle d'un débarquement
allemand imminent au Royaume-Uni (Opération Seelöwe) auquel
l'Allemagne ne veut pas associer l'Italie.
Le 12 octobre 1940, les Allemands
prennent le contrôle de la Roumanie, située dans la zone
d'influence italienne et riche de gisements pétrolifères
nécessaires à l'Italie, sans prévenir une nouvelle fois les
Italiens.
En conséquence, Mussolini décide
de se lancer dans une « guerre parallèle » à côté de l'allié
allemand, afin de ne pas trop dépendre de l'initiative militaire
et politique d'Hitler. Il est toujours convaincu que la
Grande-Bretagne sera amenée rapidement à pactiser avec le
Führer et que le principal front de guerre sera ainsi terminé.
Le 19 octobre, Mussolini envoie une lettre dans laquelle il
communique l'intention italienne d'attaquer la Grèce. Hitler se
rend à Florence, le 28 octobre, pour dissuader le Duce
d'entreprendre l'opération, craignant qu'un revers militaire
n'affecte les relations avec les États neutres et ne donne une
base d'opération aux Britanniques. Mais l'attaque a débuté depuis
quelques heures.
L'attaque contre la Grèce se solde
par un désastre. L'armée grecque, renforcée par l'arrivée de plus
de 70 000 soldats britanniques, se révèle plus aguerrie et
organisée que prévu. L'appui des nombreuses escadrilles aériennes
et navales britanniques est déterminant. Les Italiens sont obligés
de se replier en territoire albanais. Le maréchal Badoglio qui
critique ouvertement le Duce pour son amateurisme est limogé. Un
autre désastre accable Mussolini : la moitié de la flotte
italienne stationnée à Tarente est mise hors de combat le 11
novembre par l'aviation britannique.
En Afrique, en janvier 1941, les
Britanniques procèdent à une vigoureuse contre-offensive qui
conduit à la conquête de l'Afrique orientale italienne vers juin
1941. Les dernières troupes italiennes se rendent à Gondar le 21
novembre. La supériorité numérique et technologique des
Britanniques et la progressive perte d'initiative de la marine
italienne ne peuvent que conduire à la défaite.
La guerre « allemande »
Les 19 et 20 janvier 1941, à
Berchtesgaden, Mussolini rencontre Hitler, lequel lui promet
l'envoi de régiments allemands en Grèce et en Afrique du Nord pour
soutenir les troupes italiennes, qui peu à peu dépendent toujours
plus de l'aide de son puissant allié. Cette rencontre constitue
l'abandon définitif, de la part de l'Italie, de la stratégie de la
«guerre parallèle» qui s'est révélée un échec. Ceci se traduit par
un conflit toujours plus conforme aux directives des intérêts
nationaux-socialistes.
Le 9 février, la marine britannique bombarde Gênes.
Le 11 février, le Duce rencontre Franco à
Bordighera pour le convaincre d'entrer en guerre aux côtés des
forces de l'Axe, mais c'est un échec.
À partir du
12 février, les aides militaires promises par le Führer
arrivent en Libye : les Deutsches Afrika Korps, composés
principalement de
panzers et de renforts aériens sous le commandement de
Erwin Rommel.
Prenant de facto le rôle de
commandant suprême des troupes italiennes de la région , le « renard du désert » réussit rapidement à les
réorganiser et à mener une offensive qui commence le 24
mars contre les armées britanniques du général major Richard O'Connor, qui, entretemps, a conquis la
Cyrénaïque. En mai, les troupes de l'Axe reprennent le contrôle
de la Libye (excepté
Tobrouk qui résiste à un long siège, commencé le
10 avril, grâce aux forces d'occupation britanniques), repoussant
une tentative de contre-offensive et elles conquièrent une partie du territoire
égyptien.
Face aux risques de l'excessif renforcement de la présence
britannique dans les
Balkans et d'une éventuelle alliance de la Yougoslavie et de
l'URSS
contre l'Axe, l'Allemagne, la Hongrie et la Bulgarie attaquent la
Yougoslavie. Le 6 avril, l'Italie lui déclare la guerre. L'avancée
italienne se révèle un succès et la Yougoslavie capitule
rapidement (17 avril). L'Italie obtient des territoires : la plus
grande partie de la côte dalmatienne, la province de Ljubljana et
le Kosovo qui est annexé à l'Albanie italienne.
Entre-temps, les troupes
italiennes, après plusieurs mois d'arrêt, reprennent leur avance
en Albanie, qui est totalement reconquise en peu de jours.
Toujours au mois d'avril, les armées italienne et allemande
attaquent conjointement la Grèce qui rapidement signe la reddition
avec l'Allemagne (21 avril) et avec l'Italie (23
avril). Le 3 mai,
les troupes italo-allemandes défilent à
Athènes et le 1er juin
la
Crète tombe, dernier avant-poste allié resté dans la région.
L'Italie obtient le droit d'occuper l'île et la plus grande partie
de la Grèce.
Le 7 décembre, la flotte japonaise attaque
Pearl Harbour, base militaire américaine, provoquant l'entrée
en guerre des
États-Unis. Le 12 décembre 1941, l'Italie déclare la guerre aux
États-Unis, suivant l'initiative de son allié allemand qui a
procédé de même le jour précédent.
Le début de la fin
À partir du 15 février 1942, de
nombreux renforts italiens rejoignent la Russie pour soutenir
l'avancée allemande. En 5 mois, 160 000 soldats sont envoyés sur
le front. Le 9 juillet, le CSIR se transforme en ARMIR ("ARMata
Italiana in Russia") et compte 200 000 hommes. L'armée italienne
participe à la bataille de Stalingrad qui se révèle décisive pour
le destin de la campagne de Russie et plus globalement pour le
sort de la guerre : entre le 3 janvier et le 2 février 1943, les
forces de l'Axe sont battues et repoussées. Les armées italiennes
rentrent en Italie entre avril et mai 1943 avec des pertes
estimées à 60 000 hommes.
Les restrictions alimentaires touchent l'Italie : la ration
ordinaire de pain est fixée à 150 grammes par jour (250 pour les
travailleurs) et la ration semestrielle de pommes de terre établie
à quinze kilos par personne. La production agricole italienne
s’effondre et la ration en calories des Italiens atteint 50% de
celle des Allemands.
Entre le 26 mai et le 21 juin, les
troupes de l'Axe réalisent une avancée victorieuse en Libye
(Bataille de Gazala), qui provoque la chute de Tobrouk (20 juin),
assiégée depuis plus d'un an. Le 29 juin, Mussolini part pour la
Libye où il reste jusqu'au 20 juillet. Entre le 1er et le 29
juillet, a lieu la première bataille d'El Alamein : les troupes
italo-allemandes tentent d'enfoncer les lignes britanniques. Entre
le 31 août et le 5 septembre, la dernière tentative de percée par
les armées de l'Axe, au cours de la bataille de Alam Halfa, est un
échec. Pendant la seconde bataille de El Alamein, (entre le 23
octobre et le 3 novembre), les troupes britanniques du général
Bernard Montgomery battent leurs adversaires, les obligeant à un
repli désastreux.
L'avancée britannique se révèle
impossible à contenir : le 8 novembre, l'Afrique française,
administrée jusqu'alors par le régime de Vichy et théoriquement
neutre, est conquise par les troupes américano-britanniques
(opération Torch). La Libye est rapidement perdue (le
23 janvier 1943, Tripoli tombe), et entre le 19 et le
25 février 1943 les forces italo-allemandes sont de nouveau
battues à Kasserine en Tunisie, que Rommel a fait occuper en
janvier. Le 7 mai, les dernières troupes de l'Axe abandonnent
l'Afrique.
En novembre et en décembre 1942,
Mussolini, abattu et dépressif, se laisse remplacer par Ciano à deux réunions avec Hitler. Le
2 décembre, après 18 mois de silence, il revient parler au
peuple italien depuis le
Palais Venezia.
Le
9 juillet, les Américano-britanniques débarquent en
Sicile, conquérant l'île entière le 17
août.
L'arrestation et le début de la
guerre civile
Le 19 juillet 1943, le Duce tient
sa dernière réunion avec Hitler à Feltre comme chef du
gouvernement italien, il s'efforce d'empêcher l'Italie de signer
une paix séparée.
Le 24 juillet, dans un climat politique pesant, une session du
Grand conseil du fascisme se tient en présence du Duce. Elle se
conclut, aux premières heures du jour suivant (25 juillet), par l'approbation de l'ordre du jour présenté par Dino Grandi :
l'abandon des charges du gouvernement par Mussolini est demandé au
profit du roi. Mussolini reste apathique, sans réaction. Il
avouera par la suite qu'il regrette de ne pas avoir fait arrêter
les dix-neuf membres rebelles.
Ce vote est réalisé par les hauts représentants du fascisme, dont
le gendre de Mussolini, Galeazzo Ciano. Toutefois, le Grand Conseil n'a aucun moyen de faire
exécuter sa décision, qui n'a qu'une portée symbolique, mais elle
servira de prétexte constitutionnel à l'action du roi.
Mussolini, après s'être rendu comme d'habitude à son bureau du
palais Venezia, demande au souverain de pouvoir anticiper
l'habituelle réunion hebdomadaire prévue le jour suivant et arrive
à 17 heures à la Villa Savoia.
Victor-Emmanuel III informe Mussolini de son remplacement par Pietro Badoglio,
lui garantissant l'immunité. Mussolini, abandonné de tous, n'est
cependant pas au courant des réelles intentions du monarque, qui
place sous escorte le chef du gouvernement et fait encercler le
bâtiment par deux cents
carabiniers.
Le lieutenant-colonel Giovanni Frignani, qui coordonne
l'opération, expose téléphoniquement aux capitaines Paolo Vigneri
et Raffaele Aversa les modalités d'exécution de l'arrestation. En
réalité, Victor-Emmanuel III a ordonné l'arrestation de Mussolini
afin de sauver sa dynastie, qui risque d'être considérée comme
trop compromise avec le fascisme.
Mussolini, tout de suite après son arrestation, est d'abord
enfermé dans une caserne de carabiniers à Rome. Il est ensuite
détenu à Ponza
(à partir du 27 juillet), puis sur l'île de
La Maddalena (7
août - 27
août 1943).
Badoglio fait conduire Mussolini dans une ambulance de la
Croix rouge à
Campo Imperatore sur le
Gran Sasso.
L'armistice
de Cassibile entre l'Italie et les alliés (8
septembre) est rendu public sans instructions précises aux
troupes italiennes, ce qui met le pays, déjà à l'abandon, dans la
plus grande confusion. Cet armistice est le prétexte à l'invasion
de l'Italie par les troupes allemandes qui occupent rapidement
l'Italie septentrionale et centrale.
L'Italie se divise pour ce qui a été défini comme une
guerre civile, entre ceux qui soutiennent les Alliés, qui
contrôlent une partie du sud et la Sicile, et ceux qui acceptent
de poursuivre la guerre au côté des Allemands, qui occupent
désormais une grande partie de la péninsule.
Entre-temps le roi, avec une partie de sa famille, Badoglio et
ses principaux collaborateurs réapparaissent dans les
Pouilles, se mettant sous la protection de leurs
ex-adversaires : Badoglio constitue un gouvernement sous la
supervision alliée. L'Italie déclare la guerre à l'Allemagne le
13 octobre 1943.
Le gros de l'armée italienne est interné en Allemagne. Fin 1944,
il y a encore près d'un million de soldats italiens emprisonnés.
Le 12 septembre, un commando de parachutistes allemands (Fallschirmjäger-Lehrbataillon)
emmené par le capitaine SS
Otto Skorzeny libère Benito Mussolini (opération
Eiche) sans l'échange d'un coup de feu entre le commando et les
carabiniers chargés de le surveiller.
Mussolini est emmené en Allemagne où il rencontre Hitler le
14 septembre, à
Munich. Le
Führer l'« invite » à former une république protégée par les
Allemands.
Toujours depuis l'Allemagne, le
18 septembre, par un discours à la radio de
Munich, Mussolini proclame la reconstruction du parti fasciste
avec pour nom le
Parti fasciste républicain.
Mussolini arrive en Italie le
23 septembre et constitue son nouveau gouvernement qui se
réunit pour la première fois le
27 septembre.
La République sociale italienne -
République de Salò
La nouvelle République sociale
italienne est un État fantoche contrôlé par les Allemands.
Hitler a mis sous contrôle direct du Reich l'entière zone
nord-orientale de l'Italie (l'Istrie, le Frioul, le Trentin et une
partie de la Vénétie). Les troupes allemandes occupent cette zone dans les
jours qui suivent l'armistice du 9 septembre sans les annexer
officiellement mais seulement de fait. Hitler a de plus fait en
sorte que les troupes de la RSI soient directement sous le
contrôle et le commandement des officiers allemands et des
milliers d'Italiens sont contraints au travail forcé comme dans
n'importe quel autre territoire occupé par l'Allemagne.
Entre le 23 et le
27 septembre 1943,
le gouvernement de la RSI s'installe à Salò d'où le nom non officiel de « République de Salò ».
Le 14 novembre, se tient à Vérone
la première assemblée nationale du parti fasciste républicain, au
cours de laquelle est rédigé le manifeste de Vérone, le programme
du gouvernement du PFR. Mussolini, qui a la charge de « chef de la
république » comme le prévoit le manifeste, annonce que la
convocation d'une assemblée constitutionnelle pour la rédaction de
la constitution de la RSI, est renvoyée à la fin du conflit.
Entre le 8 et le 10 janvier 1944,
se tient le procès de Vérone, où sont jugés les dirigeants qui ont
« trahi » en s'opposant à Mussolini le 25 juillet 1943 : cinq des
six accusés sont condamnés à mort, parmi ceux-ci, le gendre du
Duce, Galeazzo Ciano.
Le
21 avril, le Duce rencontre Hitler à Klessheim et, le
15 juillet, il se rend en Allemagne pour inspecter les quatre
divisions italiennes que les Allemands ont entraînées.
En avril 1945, toujours plus isolé
et impuissant, Mussolini s'installe à Milan où il
obtient une rencontre avec le cardinal Ildefonso Schuster, qui, tenant le rôle de
médiateur auprès de la CLNAI (Comité de libération nationale Nord
Italie), négocie la reddition des forces fascistes, dans l'espoir
d'éviter de futures effusions de sang. L'indécision de Mussolini
et l'intransigeance des partis rendent impossible le moindre
accord.
Malgré l'avis contraire de sa suite, Mussolini décide de
quitter Milan. Les motifs de sa décision ne sont pas très clairs :
dans les jours précédents, une ultime résistance dans le
fantomatique « réduit de la Valteline » avait été évoquée.
Certains pensent qu'une rencontre secrète aurait été organisée
avec des émissaires alliés provenant de
Suisse, à qui Mussolini se serait rendu, emmenant avec lui
d'importants documents. Certains notent que si l'intention était
seulement de fuir, Mussolini aurait pu utiliser le trimoteur
SM79 prêt à l'aéroport de
Bresso aux portes de Milan. Certains personnages mineurs de la
RSI et une partie de la famille Petacci l'utiliseront pour
réapparaître en
Espagne le
26 avril.
En fin d'après-midi du
25 avril, la colonne de Mussolini part de la préfecture en
direction de
Come, puis poursuit vers
Menaggio, le long de la berge occidentale du
lac. Mussolini passe sa dernière nuit d'homme libre dans une
auberge de la petite commune de Grandola, près de la frontière suisse. Le jour suivant, Mussolini,
avec ses fidèles et
Clara Petacci, qui l'a entre-temps rejoint, redescend vers le
lac. Sur la route nationale Regina, il rejoint une colonne
allemande (troupes anti-aériennes) en retraite et la colonne
Pavolini, qui, arrivée à Come le matin, a immédiatement poursuivi
le long du lac.
La colonne est arrêtée une première fois à Musso
où le lieutenant SS Birzer, chargé peu avant son départ de
Gargnano de protéger Mussolini par sa hiérarchie, le convainc de
se cacher dans un camion de la colonne allemande en endossant un
manteau de sous-officier allemand.
Peu de kilomètres après, la colonne est de nouveau arrêtée à Dongo
par un petit groupe de partisans de la 52a Brigade
Garibaldi
sous le commandement du comte florentin Pier Luigi Bellini delle
Stelle, d'appartenance monarchiste. Pendant l'inspection,
Mussolini est reconnu par le partisan « Bill » (Urbano Lazzaro) et
il est arrêté. Il est d'abord retenu à
Domaso, dans la caserne des
guardia di finanza, avant d'être transféré
dans la nuit du
27 au
28 avril dans une maison de paysan de
Bonzanigo.
La mort de Mussolini
Les commandants de la résistance discutent sur ce qu'il y a
lieu de faire jusqu'à l'arrivée depuis Rome d'un communiqué du
comité de libération national
qui exprime la nécessité d'une renaissance sociale, politique et
morale de l'Italie au travers de l'exécution de Mussolini et la
destruction de tous les symboles du parti fasciste présents en
Italie. Le document est signé par toutes les composantes du CLN (Parti
communiste italien, Parti socialiste italien de l'unité prolétarienne,
Démocratie du travail,
Parti d'action,
Démocratie chrétienne,
Parti libéral italien).
La décision est exécutée le
28 avril 1945 ;
Mussolini et Clara Petacci sont fusillés, selon la version
officielle à Giulino di Mezzegra, à proximité de Dongo.
Les dépouilles de Mussolini, de Clara Petacci et des seize
autres personnes sont transportés à Milan,
les corps subissent des outrages. Afin d'y mettre
fin, on les pend par les pieds à la balustrade du distributeur
d'essence, et chacun des spectateurs peut s'il le souhaite cracher
sur les dépouilles de manière à humilier cette famille et le
mouvement fasciste, place Loreto, où l'année précédente, quinze
partisans ont été fusillés et exposés en représailles pour un
attentat contre les Allemands.
Mussolini est enterré à
Predappio dans le caveau de famille. Chaque année, les
nostalgiques du fascisme italien se retrouvent autour de son
tombeau.
Les circonstances de la mort de Mussolini restent cependant
obscures. Le seul fait certain est qu'on peut observer qu'en
Italie il n'y a pas eu de procès à l'encontre des dignitaires
fascistes comparable à celui du
procès de Nuremberg contre le
nazisme.
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