
.
.François
MITTERRAND
François Mitterrand,
né le 26 octobre 1916 à Jarnac (Charente) et mort le
8 janvier 1996 à Paris, était un homme d'État français, 4e
président de la Ve République et 21e
président de la République française du 21 mai 1981 au
17 mai 1995.
Enfance
et études
François Maurice Adrien Marie
Mitterrand est né dans la ville charentaise de Jarnac, au sein
d'une famille bourgeoise catholique et conservatrice. Son
grand-père paternel était chef de gare à Jarnac, fils d'un
éclusier du Canal de Berry, et un catholique pratiquant. Son père
Joseph, était ingénieur de la Compagnie du Chemin de fer de Paris
à Orléans, puis devint industriel vinaigrier et président de la
fédération des syndicats de fabricants de vinaigre. Sa mère,
Yvonne Lorrain, issue d'une famille de tradition républicaine,
était la fille de Jules Lorrain, un négociant en vins et eaux de
vie et un conseiller municipal de Jarnac (et neveu par alliance du
ministre Léon Faucher). François a trois frères : Robert
(1915-2002), polytechnicien ; Jacques (1918-2009), général
d'armée ; Philippe, (1921-1992), exploitant agricole et ancien
maire de Saint-Séverin en Charente, et quatre sœurs : Antoinette,
épouse Ivaldi ; Marie-Josèphe ; Colette, épouse du capitaine
Landry ; et Geneviève (1919-2006), épouse Delachenal.
François grandit dans une famille fortunée, ayant l'électricité
dès 1922.
Il fréquente l'école communale de Jarnac avec son frère Robert
jusqu'en 1925. Cette année-là, François entre au collège
Saint-Paul d'Angoulême
pour entamer des études secondaires. Il se révèle excellent en
histoire, en géographie, en latin et en instruction religieuse, et
prend goût pour la littérature. Il devient membre de la
JEC, structure étudiante de l'Action catholique. En 1933, un discours lui vaut de remporter
le Championnat de l'Éloquence.
Il obtient son
baccalauréat en 1934 et décide de faire des études de droit à
la Faculté de Droit de Paris. À son arrivée dans la capitale, il
s'installe au 104, rue de Vaugirard, où se trouve un foyer de
pères maristes. Tout en étudiant le droit, il s'inscrit à l'École
libre des sciences politiques.
À partir de novembre 1934,
François Mitterrand milite pendant environ un an aux Volontaires
nationaux, mouvement de jeunesse de la droite nationaliste des
Croix-de-feu du Colonel de La Rocque. Il participe aux
manifestations contre « l'invasion métèque » en février 1935 puis
à celles contre le professeur de droit Gaston Jèze, après la
nomination de ce dernier comme conseiller juridique du Négus
d'Éthiopie, en janvier 1936. Il cultive par la suite des relations
d'amitiés ou de famille avec des membres de La Cagoule. Il est un
temps critique littéraire et écrit sur la société contemporaine et
la politique dans la Revue Montalembert et dans le
quotidien L'Écho de Paris d'Henry de Kérillis, proche du
Parti social français. Il y écrit notamment un article regrettant
que le quartier latin se soit laissé envahir par le « dehors ».
« Désormais, le quartier Latin est ce complexe de couleurs et de
sons si désaccordés qu'on a l'impression de retrouver cette tour
de Babel à laquelle nous ne voulions pas croire. » En 1937, il
obtient son diplôme de l'École libre des sciences politiques et
s'inscrit pour le Service militaire dans l'infanterie coloniale.
Il y rencontre Georges Dayan (juif et socialiste) après l'avoir
sauvé d'agressions d'antisémites de l'Action française et devient son meilleur ami.
En septembre, il est incorporé pour son service militaire dans le
23e régiment d'infanterie coloniale.
En septembre 1939, à l'engagement
de la France dans la Seconde Guerre mondiale, alors qu'il termine
ses études d'avocat à Paris, il est envoyé sur la ligne Maginot,
avec le grade de sergent chef, au 23e régiment d'infanterie
coloniale, 7e compagnie du capitaine Xavier Louis. En mai 1940,
quelques jours avant l'invasion allemande, il se fiance avec
Marie-Louise Terrasse (future Catherine Langeais, elle rompra en
janvier 1942).
Famille
Pendant la Seconde Guerre mondiale, François Mitterrand
rencontre une jeune résistante bourguignonne, Danielle Gouze née en octobre 1924. Il l'épouse le 28 octobre 1944.
Ensemble, ils auront trois fils :
- Pascal, né le 10 juillet 1945, décédé à 2 mois et demi en
septembre 1945;
-
Jean-Christophe, né le
19 décembre 1946,
ancien conseiller aux affaires
africaines du président;
-
Gilbert, né le
4 février 1949, maire
de
Libourne (Gironde) depuis 1989 et
député de la
Gironde de 1981 à 1993 puis de 1997 à 2002.
D'une relation extraconjugale avec
Anne Pingeot, conservatrice de musée, François Mitterrand a eu
une fille :
Mazarine Pingeot, née le
18 décembre 1974,
à
Avignon, agrégée de philosophie, écrivain et
chroniqueuse de télévision.
François Mitterrand a eu en outre sept neveux, dont le fils de
Robert Mitterrand,
Frédéric Mitterrand né le 21 aout 1947, écrivain, réalisateur
et présentateur de télévision, directeur de la Villa Medicis entre
2008 et 2009 puis ministre de la Culture et de la Communication
depuis le 23 juin 2009.
Régime de Vichy et Résistance
Suite à la déclaration de guerre
du 3 septembre 1939, François Mitterrand est mobilisé sur la ligne
Maginot qui apparait comme infranchissable. Pendant huit mois,
jusqu'en mai 1940, c'est en effet la drôle de guerre où la guerre
est déclarée mais sans provoquer d'affrontements. Le 14 juin 1940,
le sergent Mitterrand est blessé à l'omoplate droite et après des
soins rudimentaires qui lui évitent de perdre un bras, il est fait
prisonnier par les Allemands le 18 juin.
Après dix-huit mois dans les
stalags IX A de Ziegenheim et IX C de Schaala et deux
premières tentatives infructueuses, il s'évade en décembre et rentre en
France.
En janvier 1942,
bien que recherché par les Allemands en tant qu'évadé, il
travaille cependant à la
Légion française des combattants et des volontaires de la
révolution nationale en tant que
contractuel du
gouvernement de Vichy puis à partir de juin au Commissariat au
reclassement des prisonniers de guerre où il est chargé des
relations avec la presse.
Le 15 octobre 1942,
Mitterrand est reçu par le maréchal Pétain avec plusieurs responsables du Comité d'entraide
aux prisonniers rapatriés de l'Allier.
En janvier 1943,
Mitterrand démissionne du Commissariat, suite au remplacement de
Maurice Pinot par
André Masson. Il commence à prendre Morland comme pseudonyme
et cofonde le
Rassemblement national des prisonniers de guerre avec Maurice
Pinot. Au printemps 1943, il est décoré de l’ordre de la francisque.
C'est à partir de juin 1943 que François Mitterrand passe à la
clandestinité, traqué par la
Gestapo, le
Sicherheitsdienst et la Milice.
En novembre 1943, il se rend à
Londres puis à Alger où il rencontre le général de Gaulle, le
général Giraud et Pierre Mendès France.
À partir de février 1944, François
Mitterrand dirige en France le Mouvement national des prisonniers
de guerre et déportés qui unifie tous les réseaux de résistance de
prisonniers de guerre.
En
août 1944 Mitterrand participe à la libération de Paris où il
s'empare du siège du Commissariat général aux prisonniers de
guerre. Il est nommé secrétaire général des prisonniers et des
victimes de guerre.
Enfin, en
avril 1945, François Mitterrand accompagne le général Lewis
comme représentant de la France pour la libération de camps de
Kaufering et de
Dachau à la demande du général de Gaulle. C'est là, en
compagnie de Pierre Bugeaud, qu'il découvre,
« par un hasard providentiel », Robert Antelme, mari de son amie Marguerite Duras, à l'agonie, atteint du typhus. Les mesures
sanitaires interdisant de l'évacuer, il organise l'évasion
de cet ancien membre de son réseau. Rétabli, celui-ci sera
l'auteur d'un livre important sur la déportation : L’Espèce
humaine.
Carrière Politique
Gouvernement provisoire et Quatrième
République
Ascension, glissement vers la gauche
et libéralisme colonial (1944-1954)
Peu après, François Mitterrand
participe au gouvernement des secrétaires généraux voulu par le
général de Gaulle avant l'installation du gouvernement provisoire
à Paris.
Le 27 octobre 1944, il épouse
Danielle Gouze.
En février 1946, François
Mitterrand adhère à l’Union démocratique et socialiste de la
Résistance (UDSR), qu'il préside ensuite de 1953 à 1965 et qui lui
offre un premier laboratoire politique.
Le 10 novembre 1946, François
Mitterrand est élu député de la Nièvre à la tête d'une liste
« Unité et action républicaine », au programme anticommuniste.
En 1947, il devient l'un des plus
jeunes ministres de France avec le portefeuille des Anciens
Combattants dans le gouvernement du socialiste Paul Ramadier. Dans
les années qui suivent, il détient plusieurs portefeuilles
ministériels, dont ceux de l'Information, de la France
d'outre-mer, et le ministère délégué au Conseil de l'Europe.
En mai 1948, parmi 800 délégués
(dont Konrad Adenauer, Léon Blum, Winston Churchill, Harold
Macmillan, Paul-Henri Spaak et Altiero Spinelli), il participe au
Congrès de la Haye, à l'origine du Mouvement européen, auquel il
adhère.
En 1949, il est élu conseiller
général du Canton de Montsauche-les-Settons. Il est réélu en 1955,
1961, 1967 et 1973.
En 1950, René Pleven le nomme
ministre de l'Outre-mer. Il est partisan de l'instauration d'une
union franco-africaine où les territoires d'outre-mer jouiraient
d'une autonomie négociée et librement consentie et s'efforce
d'améliorer le sort des Africains, encore soumis à un régime très
dur. Il participe aux négociations entamées par René Pleven pour
légaliser le Rassemblement démocratique africain et apparenter les
députés RDA à l'UDSR.
En août 1951, il est invité par
René Pleven à quitter le ministère de l'Outre-mer. Ne faisant plus
partie du gouvernement, François Mitterrand devient président du
groupe parlementaire, renforce son influence sur l'UDSR, et
obtient l'élection, au poste de secrétaire général, d'un ses
partisans, Joseph Perrin.
En 1952, Mitterrand devient
Ministre d'État sous le gouvernement d'Edgar Faure. Il prend en
charge le dossier tunisien et esquisse un plan d'autonomie
interne. Mais le gouvernement Faure est renversé six semaines
seulement après sa formation. Les libéraux en matière coloniale
sont provisoirement écartés du pouvoir.
Après la formation du gouvernement
d'Antoine Pinay, François Mitterrand critique la participation
systématique de l'UDSR aux gouvernements et demande un recentrage
à gauche. Il dénonce à l'Assemblée la politique répressive du
gouvernement et défend avec vigueur le droit des Tunisiens à
l'autonomie.
En 1953, il devient ministre
délégué au Conseil de l'Europe, mais démissionne rapidement en
raison de son hostilité à la répression menée au Maroc et en
Tunisie ; il préconise vis-à-vis de ces pays, ainsi que pour
l'Indochine, une politique plus libérale. Il signe, avec des
personnalités comme
Albert Camus,
Jean-Paul Sartre, Alain Savary ou Louis Vallon, le Manifeste
France-Maghreb, demandant que « soient mis en œuvre tous les
moyens légaux pour que les principes des droits de l'homme soient
appliqués sans distinctions en Afrique du Nord ».
Le 23 novembre 1953, il est élu
président de l'UDSR par le comité directeur. Il soutient alors une
ligne libérale pour l'Outre-mer : arrêt de la guerre d'Indochine,
constitution d'un ensemble franco-africain, fédéral puis
confédéral. Plus généralement, l'élection de François Mitterrand
marque une évolution de l'UDSR vers des positions plus à gauche,
cependant que le nouveau président du parti « se positionne dès
lors pour atteindre l'hôtel Matignon ».
Dans la tourmente de la guerre
d'Algérie (1954-1958)
En 1954, il est nommé Ministre de
l'Intérieur dans le gouvernement Pierre Mendès France. Il est
alors opposé à l'indépendance de l'Algérie. Ses tentatives de
muter le gouverneur général Léonard et le directeur de la Mosquée
de Paris, puis d'augmenter le SMIG d'Algérie, rencontrent
l'hostilité des colons et de l'administration.
Du 19 au 23 octobre 1954, il se
rend en Algérie, où il rencontre une nette hostilité de la part
des partisans de l'Algérie française.
Le 5 novembre de cette même année,
à la tribune de l'Assemblée nationale, alors que les premiers
conflits de la guerre d'Algérie éclatent, il déclare : « La
rébellion algérienne ne peut trouver qu'une forme terminale : la
guerre. », puis « L'Algérie, c'est la France. »
En accord avec le président du
Conseil, il fusionne la police d'Alger avec celle de Paris. Les
décrets du 20 janvier 1955, qui mettent fin à l'autonomie de la
police d'Algérie, contribuent à permettre la mutation de deux
cents agents soupçonnés d'actes de torture ou de l'avoir
encouragée. Parmi eux, le directeur des Renseignements généraux
d'Alger. Les députés conservateurs en matière coloniale critiquent
fermement cette décision. Cette fusion des deux polices et ses
conséquences sont à l'origine de la chute du gouvernement
Mendès-France, un mois plus tard.
En 1956, Mitterrand est nommé
garde des Sceaux dans le gouvernement Guy Mollet. Il participe aux
travaux du gouvernement, qui accorde l'indépendance à la Tunisie
et au Maroc, l'autonomie à l'Afrique noire. Sur la question
algérienne, il est chargé par le Conseil des ministres de défendre
le projet de loi accordant les pouvoirs spéciaux à l'armée. Il
donne forcément son aval, en tant que Garde des Sceaux, aux
nombreuses sentences de mort prononcées par les tribunaux d'Alger
contre des militants de la lutte pour l'indépendance, notamment
Fernand Yveton, membre du Parti communiste algérien (PCA),
guillotiné à Alger le 11 février 1957. En tant que Garde des
Sceaux en pleine bataille d'Alger, à l'époque où l'armée française
recourt massivement à la torture et aux exécutions sommaires pour
mater l'insurrection algérienne, Mitterrand ferme les yeux au nom
de son pragmatisme et de son ambition personnelle. Au risque de
s'exposer à l'accusation d'avoir couvert, voire encouragé des
pratiques renouvelées de celles de la Gestapo et relevant du crime
de guerre, l'ancien Résistant reste au gouvernement, car il veut
accéder à la présidence du Conseil où, pense-t-il, sa marge de
manœuvre serait plus large.
Après la démission de
Guy Mollet, François Mitterrand refuse de participer à un
gouvernement, à moins de le diriger. Il n'y parvient pas.
François Mitterrand est battu aux élections législatives le
30 novembre 1958.
Cinquième République :
l'ascension houleuse vers la présidence
Survie politique et
premières tentatives d'union de la gauche (1959-1971)
En mars 1959, il est élu maire de
Château-Chinon (il le reste jusqu'à mai 1981), et un mois plus
tard sénateur de la Nièvre. Il s'inscrit au groupe de la Gauche
démocratique.
En octobre 1959, a lieu l'attentat
de l'Observatoire dans lequel François Mitterrand est impliqué et
qui le mène à être inculpé pour outrage à magistrat au motif qu'il
l'aurait lui-même commandité dans le but de regagner les faveurs
de l'opinion publique.
Le 18 mai 1962, François
Mitterrand est appelé à témoigner à décharge au procès du général
Salan par Jean-Louis Tixier-Vignancour. Le témoignage de
Mitterrand porta sur l'« affaire du Bazooka », tentative
d'assassinat perpétrée contre le général Salan le 16 janvier 1957
et qui avait fait un mort, le colonel Rodier. Mitterrand appuya la
thèse de Salan à propos du complot gaulliste, selon Mitterrand,
fomenté par Michel Debré. Une partie de la gauche s'en prit alors
à Mitterrand, lui reprochant d'être intervenu dans un règlement de
compte au sein de la droite française, d'avoir été jusqu'à saluer
Salan dans son box et d'avoir pris place au milieu de ses
partisans.
Le 25 novembre 1962, Mitterrand
retrouve son siège de député de la Nièvre et abandonne celui de
sénateur.
En 1964, il devient président du
conseil général de la Nièvre. Il prend la tête de la Convention
des institutions républicaines (CIR) et publie Le Coup d'État
permanent, qui renforce sa position d'opposant de gauche à
Charles de Gaulle.
Conscient des divisions de la
gauche et de la difficulté de se placer en leader (Paris égaré
par ses intellectuels de gauche), François Mitterrand décide
de concentrer ses attaques contre l’image même du général de
Gaulle, image renforcée, en particulier, par son célèbre appel du
18 juin. En effet, François Mitterrand craignait que l’image du
général de Gaulle, bien ancrée dans l’opinion, réduise ses chances
dans une élection au suffrage direct.
Par ailleurs l’image des
néo-socialistes des années 1920-1930, qui avec Marcel Déat avaient
opté pendant l’occupation, pour la collaboration avec l’Allemagne
nazie, hante encore les français de cette génération.
En 1965, bien que représentant
d'une petite formation politique (la CIR), il est le candidat
unique de la gauche à l'élection présidentielle. Il axe sa
campagne sur le changement comme l'indique son slogan de
campagne : "Un président jeune pour une France moderne". Son
résultat est inespéré (en seconde position avec 31,78 % des
suffrages). Mitterrand reçoit alors l'appui pour le second tour de
toute la gauche, mais aussi de Jean Lecanuet, du conservateur
modéré Paul Reynaud et d'une partie de l'extrême droite :
Jean-Louis Tixier-Vignancour et des partisans de l'OAS. Au soir du
second tour, Mitterrand est battu avec le score de 45,51 % des
suffrages contre 54,49 % au général de Gaulle.
Fort de ce résultat, il prend la
tête de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS),
qui regroupe la gauche non communiste. Aux élections législatives
de mars 1967, le scrutin uninominal à deux tours et la nouvelle
disposition qui relève le seuil et élimine du second tour tous les
candidats n'ayant pas obtenu au premier tour au moins 10 % des
inscrits, favorisent la majorité sortante face à une opposition
hétéroclite et désunie. Mais avec 194 sièges, l'ensemble des
partis de gauche (FGDS, Parti communiste) parvient à gagner 63
sièges, le Parti communiste restant la principale force de gauche
avec 22,5 % des suffrages.
Les élections législatives
anticipées de juin 1968 se soldent par un raz-de-marée gaulliste
et une majorité à droite jamais vue depuis le Bloc national de
1919, alors que la gauche s'effondre de 194 à 91 députés. François
Mitterrand parvient toutefois à sauver son siège de député.
En 1969, Mitterrand ne peut se
présenter à la présidence de la République car il a perdu le
soutien de Guy Mollet.
Premier secrétaire du PS (1971-1981)
En juin 1971, lors du Congrès
d'Épinay, la Convention des institutions républicaines fusionne du
Parti socialiste (créé en 1969 en remplacement de la SFIO).
François Mitterrand est élu premier secrétaire du PS, avec l'appui
de l'aile gauche du parti, le CERES mené par Jean-Pierre
Chevènement, et celui de deux puissantes fédérations, le Nord de
Pierre Mauroy, les Bouches-du-Rhône de Gaston Defferre.
En juin 1972, il signe le
Programme commun de gouvernement avec le Parti communiste de
Georges Marchais et le Mouvement des radicaux de gauche de Robert
Fabre.
En mars 1973,
aux élections législatives, le Parti socialiste obtient presque
autant de voix que le Parti communiste au premier tour et
davantage au second, mettant fin à une supériorité qui remontait à
1946. Les élections cantonales qui ont lieu en septembre de la
même année confirment cette évolution.
Le 19 mai 1974, candidat unique de
la gauche à l'élection présidentielle, François Mitterrand perd
face à Valéry Giscard d'Estaing avec 49,2 % des voix au second
tour.
Aux élections cantonales de mars 1976
et aux élections municipales de mars 1977, le PS devance largement
le PCF.
En septembre 1977
a lieu la rupture de l'Union de la gauche, les communistes mettant
de nouvelles conditions à l'actualisation du Programme commun.
Aux élections législatives de mars 1978,
la gauche qui était majoritaire au premier tour est néanmoins
battue par la droite (UDF-RPR).
Michel Rocard remet alors en cause François Mitterrand et la
direction du Parti socialiste.
En avril 1979,
il s'allie avec le CERES de
Jean-Pierre Chevènement contre Michel Rocard (la Deuxième gauche) pour remporter le congrès de Metz du Parti socialiste.
En janvier 1981,
au congrès extraordinaire de
Créteil, il est désigné comme candidat du PS et adopte les « 110
propositions pour la France » comme programme.
Le
24 avril 1981,
au premier tour de
l'élection présidentielle, François Mitterrand talonne le
président sortant avec 25,85 % des voix contre 28,32 % pour Valéry
Giscard d'Estaing. Jacques Chirac est troisième avec 18,00 % des
suffrages.
Au soir du 10 mai 1981,
François Mitterrand est élu président de la République avec
51,76 % des suffrages exprimés contre 48,24 % à
Valéry Giscard d'Estaing. Le soutien de
Jacques Chirac au président sortant est resté extrêmement
ambigu : il déclare ne pouvoir voter, à titre personnel, que pour
Valéry Giscard d'Estaing mais refuse de donner une consigne de
vote.
Présidence de la République (1981 -
1995)
Premier septennat (1981-1988)
Le 21 mai 1981, le septennat du
nouveau président s'ouvre par une cérémonie au Panthéon. Puis il
nomme son premier gouvernement dirigé par Pierre Mauroy.
Le lendemain, il dissout
l'Assemblée nationale. Les élections qui suivent, les 14 et 21
juin 1981, lui donnent la majorité absolue au Parlement. Un
deuxième gouvernement de Pierre Mauroy fait entrer quatre
ministres communistes. De nombreuses réformes sociales sont alors
adoptées.
Sur le plan économique, le
septennat est marqué dans un premier temps par une vague de
nationalisations (loi du 13 février 1982) et par une politique de
maîtrise de l'inflation, infléchie vers l'austérité à partir du
tournant de la rigueur, passage à une culture de gouvernement.
Le septennat s'achève
en 1988 sous la première cohabitation de la Ve
République.
Second septennat (1988-1995)
Bien qu'il sache, depuis novembre
1981, qu'il est atteint d'un cancer de la prostate, il annonce sa
candidature pour un second septennat le 22 mars 1988 au journal
d'Antenne 2. L'information concernant ce cancer ne sera dévoilée
que lors de son hospitalisation au Val-de-Grâce en septembre 1992.
Le 24 avril, François Mitterrand
arrive nettement en tête de l'élection présidentielle avec 34,11 %
des suffrages face à son Premier ministre et le chef de la
majorité Jacques Chirac (19,96 %).
Le 8 mai, François Mitterrand est
réélu en remportant l'élection présidentielle contre Jacques
Chirac avec 54,02 % des voix.
Le second septennat de François
Mitterrand est marqué par l'instauration du RMI et de la CSG, les
célébrations du bicentenaire de la Révolution, l'engagement dans
la première guerre d'Irak, le référendum sur le traité de
Maastricht mais aussi par les affaires politiques, la maladie du
président, la révélation publique de l'existence de sa fille
adultérine Mazarine Pingeot et les polémiques sur ses activités et
ses amitiés nouées dans les années 1930 et sous le régime de
Vichy.
Fin de mandat et décès
L'élection présidentielle de 1995
a lieu les 23 avril (1er tour) et 7 mai (2ème tour), Mitterrand ne
se représente pas et termine son double mandat. Jacques Chirac est
élu président de la République Française le 7 mai 1995.
Le 17 mai 1995,
Jacques Chirac est
investi officiellement président de la République Française. Après
la passation de pouvoirs, Mitterrand redevient alors simple
citoyen mais aussi membre de droit au Conseil Constitutionnel.
Par la suite, il effectue de
nombreux déplacements bien qu'étant très affaibli. Le 24 décembre,
il passe Noel à Assouan en Egypte. Ce voyage lui a été fortement
déconseillé en raison de son état de santé. Le 31 décembre 1995,il
passe le réveillon en famille dans sa propriété à Latche, dans les
Landes. Le 2 janvier 1996, il doit rentrer à Paris pour passer des
examens médicaux importants et subir un nouveau traitement.
François Mitterrand meurt le
8 janvier 1996 de son cancer de la prostate dans son appartement
de fonction du 9 avenue Frédéric-Le-Play à Paris, immeuble où
réside également Anne Pingeot.
Une messe "officielle" se déroule
en la cathédrale Notre-Dame de Paris en présence de 61 chefs
d'Etat et de gouvernement. François Mitterrand repose à Jarnac,
Charente, dans le caveau familial.
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