Gueorgui Maximilianovitch Malenkov (13 janvier 1902 - 14
janvier 1988) est un homme politique et dirigeant du Parti
communiste de l'Union soviétique (PCUS), proche collaborateur de
Staline, qui fut Président du Conseil des ministres de mars
1953 à février 1955.
Jeunesse politique
Malenkov est né à Orenbourg, en
Russie, dans une famille de l'aristocratie qui a servi les Tsars
depuis le
XIXe siècle. Il compte dans ses
proches ancêtres des généraux, des amiraux, des gouverneurs de
l'État d'Oldenburg (possession allemande de la famille impériale).
Sa mère est cependant une fille de forgeron.
Ingénieur électricien, il rejoint
le parti bolchevique lors de la révolution de 1917, et devient
commissaire politique de l'Armée rouge en 1919.
Les Purges
Il devint très jeune l'un des hommes de confiance de Staline.
Avec les chefs suprêmes du NKVD, Nikolaï Iejov puis Beria, il fut
aux côtés de Joseph Staline lors des Grandes Purges des années
1937-1939. Lorsque Staline, préparant la chute de Iejov, voulut
lui imposer un adjoint, Iejov déclara même qu'il aimerait avoir
Malenkov à ses côtés. Mais Staline lui préféra Beria, dont
Malenkov devint ensuite le rival.
Dépêché par Moscou, Malenkov purgea l'Arménie aux côtés de
Mikoyan, puis il seconda Iejov en Biélorussie. Selon une étude
citée par l'historien britannique Simon Sebag Montefiore, Malenkov
aurait été en tout responsable de la mort de 150 000 personnes.
Dès février 1937, devant l'ampleur de la Purge, Malenkov fit
remarquer qu'il y avait alors en URSS plus de communistes exclus
que de membres du Parti.
Candidat au Bureau politique du Comité central du PCUS,
Malenkov en est membre suppléant dès mai 1941, et y fut admis
comme titulaire en 1946.
Son ascension rapide depuis son entrée dans le premier cercle
des intimes de Staline en fait un représentant éminent de la
« génération de 1937 », qui doit sa promotion à l'élimination de
la vieille garde bolchevique.
La Grande Guerre patriotique
Dès l'invasion allemande du 22 juin 1941, Malenkov part au
front et y assume diverses missions de confiance.
Malenkov perd un peu de l'estime de Staline au bénéfice de son
rival Jdanov, mais il revint en grâce après la mort de Jdanov.
Beria se rapprocha de lui, et tous deux firent en sorte d'éliminer
les partisans de Jdanov et de les faire envoyer au goulag.
La succession manquée de Staline
La mort de Staline en 1953 propulsa brièvement Malenkov au
sommet de l'appareil soviétique. Le monde occidental crut
longtemps à sa prédominance en URSS,
Nikita Khrouchtchev apparaissant à l'époque plus en retrait.
Premier secrétaire du PCUS de mars à septembre 1953, il assista
à la critique du stalinisme par Beria mais ne s'y associa pas.
Nikita Khrouchtchev le remplaça bientôt, Malenkov ayant fait
l'objet de reproches pour son expérience insuffisante.
Il garda néanmoins le poste de Président du Conseil des
ministres pendant deux ans. Il fit entendre pendant cette période
son opposition au programme de développement d'armes nucléaires,
déclarant qu'un conflit atomique conduirait à un désastre
universel.
La Chute
Forcé à démissionner en février 1955, Malenkov demeura tout
d'abord membre du Présidium qui remplaça le Bureau politique du
comité central du PCUS. Cependant il fut obligé de se démettre à
nouveau en 1957 à la suite d'intrigues menées avec Boulganine,
Molotov et Kaganovitch pour éliminer Khrouchtchev. En 1961 il fut
exclu du PCUS et condamné à l'exil intérieur. Bien qu'il ne fût
jamais réintégré au Parti, il resta cependant communiste et devint
directeur d'une centrale hydro-électrique au Kazakhstan. Avant sa
mort, il s'était converti à la religion orthodoxe. Il aurait même
été bedeau dans une église de Moscou. Il est enterré au cimetière
de Kountsevo.