Harold Macmillan (Sir Maurice Harold), premier
comte de Stockton (10 février 1894-29 décembre 1986) est un homme
politique conservateur britannique (Ecossais) qui fut premier
ministre du Royaume-Uni du 14 janvier 1957 au 19 octobre 1963. Il
fut surnommé "Supermac".
Jeunes années
Études à
Eton College puis au
Balliol College (Oxford).
Engagé volontaire comme sous-lieutenant des
Grenadier Guards le 19 novembre 1914,
il combat sur le front occidental durant la Première guerre
mondiale.
Il est blessé à la main et à la tête à Loos en septembre 1915
puis une nouvelle fois au visage à Ypres en 1916. Il est blessé à
la cuisse au début de la bataille de la Somme en juillet 1916. Par
la suite il n’est plus affecté en première ligne. Il est nommé
capitaine honoraire après la guerre.
Vie politique
Député conservateur de
Stockton-on-Tees de 1924 à 1945 (avec une interruption de 1929 à
1931),
il s'oppose à la politique d'apaisement de
Chamberlain. Il entre,
en 1940, au ministère du Ravitaillement, et devient, de 1942 à
1945, ministre résident auprès du quartier général en Afrique du
Nord, à Alger.
Dans les cabinets
Churchill et
Eden, il est
successivement ministre du Logement (1951), ministre de la Défense
(1954-1955), secrétaire aux Affaires étrangères (mai-décembre
1955) et Chancelier de l'Echiquier (appellation du ministre des
Finances) à compter du 22 décembre 1955.
Le 14 janvier 1957, il
succède à
Anthony Eden comme Premier ministre. Comme son
prédécesseur, il est obsédé par le renversement de Nasser,
considéré comme l'ennemi juré de la Grande-Bretagne, surtout après
la création, en février 1958, de la République Arabe Unie de Syrie
et d’Égypte opposée aux régimes Hachémites pro-anglais de Jordanie
et d’Irak. Le 14 juillet 1958, le général Kassem renverse le roi
Fayçal d’Irak. Le 20 juillet, dans le cadre de la "doctrine
Macmillan", la Grande-Bretagne envoie des parachutistes en
Jordanie pour prévenir une tentative de coup d’État contre le roi
Hussein, tandis que les Marines américains débarquent au Liban, où
Camille Chamoun, le leader chrétien maronite doit faire face à une
violente opposition soutenue par l’Égypte.
L’intervention armée britannique à Oman en 1958-59 s’inscrit
également dans cette politique d’endiguement. De juillet à octobre
1961, des soldats britanniques stationnent au Koweït, menacé par
le nouveau pouvoir irakien qui considère ce pays comme une
province d’Irak. C’est Macmillan qui transforme le port d’Aden,
sous protectorat britannique, en une puissante base navale et
aérienne et y installe en 1960 le quartier général du Commandement
du Moyen-Orient (Middle East Command).
En 1962, il charge
son ministre de l’Air et gendre
Julian Amery d’organiser une opération d’assistance militaire à la
résistance royaliste yéménite en lutte contre les troupes
d’occupation égyptiennes. Sous son mandat la décolonisation
britannique se poursuit avec l’accession à l’indépendance du Ghana
et de la Malaisie en 1957, du Nigeria en 1960 et du Kenya en 1963.
Miné par le veto de
Charles de Gaulle à l'entrée de la Grande-Bretagne dans le
Marché commun, et affaibli par des scandales, notamment
l'« affaire Profumo ». Il démissionne du poste de Premier ministre le 19
octobre 1963.
Il meurt le 29 décembre 1986.