Li Peng
(né le 20 octobre 1928) a été le président du Comité permanent de
l’Assemblée nationale populaire de la République populaire de
Chine (RPC) de 1998 à 2003 et fut le numéro deux du Parti
communiste chinois (PCC) après Jiang Zemin au sein du Comité
permanent du bureau politique jusqu’en 2002.
Il fut Premier
ministre entre 1987 et 1998.
Obsédé par la stabilité sociale et politique, Li Peng a mené
une politique prudente de réformes économiques en Chine.
Durant
son mandat de Premier ministre il a supervisé une économie qui
progressait grossièrement au rythme de 10 % l’an en termes de
produit national brut (PNB).
Parce qu’il fut le responsable
politique de la violente répression des
manifestations de la place Tian'anmen en 1989,
il ne fut jamais très populaire en Chine.
Origines
Li Peng est né à Chengdu, dans la
province de Sichuan. Il est le fils de l’écrivain Li Shouxun, un
des premiers martyrs révolutionnaires du PCC. Li Peng fut orphelin
à l’âge de trois ans lorsque son père fut exécuté par le
Kuomintang. Il fut adopté par
Zhou Enlai, peut-être le fondateur de la RPC le plus respecté
après
Mao Zedong. En 1945, Li Peng, encore adolescent, rejoignit les
rangs du Parti communiste chinois
Accès au
pouvoir
Comme d’autres cadres du parti communiste de la troisième
génération, Li Peng reçut une éducation technique. En 1941
il commença des études à l’Institut des sciences naturelles de
Yan'an qu’il poursuivit au collège de Yan'an puis au lycée
professionnel de Zhangjiakou jusqu’en 1946.
Il fut ensuite employé comme technicien à la Compagnie de
l'énergie du
Shanxi-Chahar-Hebei,
puis comme cadre et secrétaire du parti de la succursale de cette
entreprise Harbin Huile, dans la province du
Heilongjiang.
En
1948, il fut envoyé poursuivre ses études à l’Institut
de génie énergétique de Moscou où il se spécialisa et obtint
son diplôme d’ingénieur en
hydroélectricité. Durant cette période il fut président de
l’association des étudiants chinois en
Union soviétique. Un an plus tard, Zhou Enlai devint Premier
ministre de la République populaire de Chine nouvellement créée.
Après son retour en Chine en 1955,
Li Peng devint directeur adjoint et ingénieur en chef de l’usine
hydroélectrique de Fengman dans le nord-est de la Chine.
Ultérieurement il fut nommé ingénieur en chef adjoint de
l’administration de l’énergie de la Chine du Nord-Est, directeur
du département de la distribution d’électricité, directeur de la
centrale électrique de Fuxin et secrétaire adjoint du comité du parti de l’usine.
Li Peng évita les difficultés de
la Révolution culturelle durant la période 1966-1976. Il occupa
les postes de secrétaire par intérim du comité du parti du bureau
de Pékin de l'alimentation électrique, président du comité révolutionnaire
du bureau, secrétaire adjoint du comité du parti de
l’administration de l’énergie de Pékin et président du comité
révolutionnaire et secrétaire du groupe dirigeant du parti de
l’administration.
Li Peng progressa politiquement en devenant en 1979
ministre adjoint du ministère de l'Industrie des énergies d’État
puis ministre en 1981.
Entre
1979 et 1983,
il fut aussi le secrétaire du parti au sein du ministère de
l’Industrie des énergies d’État et vice-ministre et secrétaire
adjoint du parti au sein du ministère des Ressources hydrauliques
et de l’Énergie.
Après que Li Peng fut élu membre
du Comité central du PCC au douzième congrès national du PCC en
1982, il fut nommé au Politburo et au Secrétariat du parti en
1985, puis au Comité permanent du Politburo en 1987, quand il
devint Premier ministre par intérim. Début 1983, Li Peng devint
vice-Premier ministre du Conseil des affaires de l'État de la
République populaire de Chine. Début 1985, il fut aussi responsable de la commission d’État sur
l’éducation.
Les travaux de Li Peng portaient sur les problèmes d’énergie,
de communication et de matières premières. Les problèmes sociaux
d’inflation,
de
migration urbaine et de demande d'extension des
libertés individuelles, le forcèrent à prendre parti.
Premier
ministre
En janvier 1987,
Hu Yaobang, un protégé de
Deng Xiaoping et un fervent partisan des réformes, est tenu
pour responsable d'une série de manifestations et est obligé de
démissionner du poste de
secrétaire général du PCC. Le Premier ministre
Zhao Ziyang est nommé secrétaire général. Li Peng quitte ses
fonctions de vice-Premier ministre et de ministre de l’Électricité
et de l’Eau pour devenir
Premier ministre de la République populaire de Chine.
Après sa nomination comme secrétaire général, Zhao propose en
mai 1988
d’accélérer la réforme des prix. L'importante inflation attise le
mécontentement et permet au camp conservateur de réclamer une
centralisation plus poussée de l’économie ainsi qu’une limitation
plus grande des influences occidentales. Ceci entraîne un débat
politique qui devint de plus en plus passionné au cours de l’hiver 1988-1989.
A la mort de Hu Yaobang le
15 avril 1989,
des manifestations menées par des étudiants, des universitaires et
des intellectuels demandent sa réhabilitation politique et une
accélération des réforme. Ces manifestations de 1989 font suite à
plusieurs mouvements semblables, en 1983, 1985, puis au cours de
l'hiver 1986-1987.
Proche des conservateurs, en particulier de son mentor
Chen Yun, Li Peng est partisan d'une centralisation économique
planifiée plus grande et d'une croissance économique plus faible.
Il prône que la croissance économique et la transition à une
économie de marché doivent reposer sur la stabilité sociale et
politique.
Dans la nuit du 21 avril, les manifestants s'installent sur la
place Tian'anmen. Ils revendiquent une plus grande lutte contre la
corruption et la défense des libertés garanties par la
constitution de la RPC. Les manifestations s’étendent à d’autres
villes, y compris Shanghai et Canton.
Le gouvernement de
Zhao Ziyang, du camp réformiste, souhaite une solution
négociée et pacifique. La venue de
Mikhail Gorbatchev à Pékin et la déstabilisation des régimes
communistes en
Europe de l'Est le met en minorité. Les partisans d'une
résolution du conflit par la force, conduite par Li Peng, mettent
Zhao Ziyang en minorité. Zhao Ziyang est immédiatement limogé, et
placé en résidence surveillée.
La loi martiale est proclamée le 20
mai 1989. Dans la nuit du 3 au 4 juin, les 27ème et de la
28ème armée entrent dans Pékin. Les affrontements sont violents.
Le nombre de victimes civiles vont de 300 selon le gouvernement
chinois à un millier selon
Amnesty International.
Après la crise de Tian'anmen, Li Peng est réélu au comité
permanent du Politburo durant la première session plénière du
quinzième comité central du PCC. Avec le soutien des
conservateurs, il essaye de revenir sur les réformes du marché et
d’accroître le rôle de la planification administrative. Les
gouverneurs provinciaux et Deng Xiaoping s'y opposent avec succès.
Dans la décennie qui suit Li Peng rend de nombreuses visites en
pays étrangers, contribuant au développement de relations de
coopération entre la RPC et d’autres pays.
Président de l'Assemblée nationale populaire
Après deux mandats de Premier ministre, limite
constitutionnelle, Li Peng fut nommé président de l’Assemblée
nationale populaire. Il consacra une grande partie de son
temps à surveiller les travaux du
barrage des Trois-Gorges qu’il considère comme le projet de sa
vie.
Durant son mandat de président de l’Assemblée nationale
populaire, Li Peng s’attacha à accroître les prérogatives
institutionnelles de l’Assemblée nationale populaire.
Héritage
Li Peng est un des politiciens le plus impopulaire en Chine, en
raison de son manque de charisme, de son image de
jusqu’au-boutiste et de son rôle dans la répression des
protestations de Tian'anmen.