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Jean-Marie LE PEN

Jean-Marie Le Pen - Author : Manuel - Licence Creative Commons Paternité – Partage des conditions initiales à l’identique 2.0 générique
Auteur : Manuel

Jean, Louis, Marie Le Pen, dit Jean-Marie Le Pen, né le 20 juin 1928 à La Trinité-sur-Mer (Morbihan), est un homme politique français de droite nationaliste, issu des courants poujadistes. Il a été président du Front national (FN) dès sa création, en 1972, avant de laisser la place à sa fille, Marine Le Pen lors du Congrès de Tours le 16 janvier 2011.

Présent au premier tour des élections présidentielles de 1974, 1988, 1995, 2002 et 2007, il crée la surprise, le 21 avril 2002, en se qualifiant pour le second tour.

Biographie

Origines, études,
vie privée et famille

Jean-Marie Le Pen est le fils de Jean Le Pen, patron pêcheur, président de l'association des anciens combattants et conseiller municipal de La Trinité-sur-Mer, et d'Anne-Marie Hervé, couturière et fille de paysans originaires de Locmariaquer. Ses parents le surnomment « Jeanjean ». Sa famille est essentiellement originaire du département du Morbihan ; un de ses aïeux y fut le chef chouan d'une paroisse, un autre conventionnel. Le mot penn signifie en breton « tête », d'où son surnom de « Menhir ». Jean-Marie Le Pen devient pupille de la nation par jugement du tribunal civil de Lorient du 23 décembre 1942, son père ayant trouvé la mort après que le bateau dans lequel il se trouvait a remonté une mine en août 1942 (son nom figure d'ailleurs sur le monument aux morts de La Trinité-sur-Mer).

En novembre 1944, à 16 ans, il demande au colonel Henri de La Vaissière (alias Valin) à s'engager dans les FFI (Forces françaises de l'intérieur), qui préfère refuser : « Désormais, ordre est donné de s'assurer que nos volontaires ont bien dix-huit ans révolus. Tu es pupille de la nation : songe à ta mère ! »

Il est élève au collège jésuite Saint-François-Xavier à Vannes, puis au lycée de Lorient. Après son baccalauréat, obtenu à Saint-Germain-en-Laye en 1947, il entre à la faculté de droit de Paris, où il vend à la criée le journal de l'Action française, Aspects de la France. Il est diplômé d'études supérieures de sciences politiques et licencié en droit en 1952. Il a été président des étudiants en droit de Paris de 1949 à 1951 puis, par la suite, président d'honneur de la « Corpo » en janvier 1952. Alors qu'il débute en politique, il fait changer son prénom de Jean en Jean-Marie, en fusionnant deux de ses prénoms. La raison de ce changement varie selon les sources, certains affirment qu'il l'aurait fait pour rendre hommage à son père. Le mémoire pour le diplôme d'études supérieures de sciences politiques, rédigé en 1971, présenté par Jean-Marie Le Pen et Jean-Loup Vincent, s'intitule Le Courant anarchiste en France depuis 1945.

Il est un temps vice-président du Comité Pierre de Coubertin et exerce les métiers de marin pêcheur, mineur de fond, métreur d'appartements, ambulant des PTT, etc.

En janvier 1953, il organise une colonne de secours d'étudiants volontaires pour porter assistance aux populations sinistrées lors d'inondations aux Pays-Bas. Il reçoit pour cette initiative l'appui public et politique de Vincent Auriol. Il est alors président de la Corpo Droit et représente la Faculté de droit de Paris lors de différents congrès de la « Grande UNEF » où ses qualités d'orateur sont remarquées. En 1955, il est le délégué général de l'Union de défense de la jeunesse française.

De son premier mariage avec Pierrette Lalanne (née en 1935), épousée le 29 juin 1960 à Paris (VIIIe arrondissement), et dont il divorce le 18 mars 1987, il a eu trois filles (Marie-Caroline, Yann, Marine) qui lui ont donné neuf petits-enfants. La plus jeune de ses filles, Marine Le Pen, est membre du Bureau politique du Front national et l'une de ses vice-présidentes depuis avril 2003 (à la suite du Congrès de Nice). Jean-Marie Le Pen se remarie à Rueil-Malmaison le 31 mai 1991 avec Jany Paschos, née en 1932, divorcée de l'homme d'affaires belge Jean Garnier et fille d'un marchand de tableaux grec et d'une mère d'origine néerlandaise. Sa petite-fille, Marion Maréchal-Le Pen (fille de Yann), est entrée en politique en décembre 2009 en apparaissant deuxième sur la liste Front National menée par Marie-Christine Arnautu pour les élections régionales de 2010 dans le département des Yvelines en région Île de France.

Jean-Marie Le Pen a déclaré avoir progressivement perdu l'usage de son œil gauche suite à une cataracte traumatique, consécutive à une bagarre électorale le 28 mars 1958, où il défendait Ahmed Djebbour, candidat du Front National. Les photos de l'époque indiquent cependant qu'il avait été blessé à l'œil droit, portant un bandeau sur cet œil durant quelque temps mais sans en perdre l'usage. Il porta ensuite un bandeau sur l'œil gauche au début des années 1970, période correspondant à sa perte partielle de vision suite à une cataracte.

Jean-Marie Le Pen, déjà parrain du fils de son ancien numéro 2, Bruno Mégret, devient le parrain d'une des filles de l'humoriste Dieudonné en juillet 2008.

Parcours politique

Jean-Marie Le Pen est un ancien soldat des guerres d'Indochine et d'Algérie. Il arrive en Indochine en 1955, après la fin des combats, où il sert comme sous-lieutenant dans le 1er bataillon étranger de parachutistes. Il y est, entre autres, journaliste à Caravelle, l'organe du corps expéditionnaire français (1955). À cette époque, il montre déjà son goût pour la provocation, l'anti-intellectualisme et pour la préservation des mœurs : « La France est gouvernée par des pédérastes : Sartre, Camus, Mauriac » (L'Express, 18 mars 1955).

Repéré par Pierre Poujade, celui-ci le place à la tête de la liste d'Union et fraternité française (UFF) aux élections législatives du 2 janvier 1956 dans la troisième circonscription de la Seine (aujourd'hui Paris). Dans cette circonscription qui compte des candidats aussi aguerris que Roger Garaudy, Vincent de Moro-Giafferi, Pierre Clostermann ou Édouard Frédéric-Dupont, Jean Le Pen, qui se présente encore comme « étudiant », fait figure d'inconnu. La vague poujadiste le porte pourtant jusqu'à l'Assemblée nationale : avec 37 748 voix sur 470 266 suffrages exprimés, et grâce au système de la répartition des restes à la plus forte moyenne, Jean-Marie Le Pen est, à 27 ans, le plus jeune élu de la législature. Mais, en 1957, il est exclu de l'UFF. Cette même année, après avoir créé le « Mouvement national d'action civique et sociale », il devient secrétaire général du Front national des combattants (FNC). À ce titre, il soutient la candidature d'un Français de confession musulmane, Ahmed Djebbour, qui est élu.

L'année suivante, il est réélu député et adhère au groupe parlementaire du Centre national des indépendants et paysans (CNIP) présidé par Antoine Pinay. Il est à cette époque rapporteur du budget de la Guerre à l'Assemblée nationale et de la Défense au Sénat de la communauté. Il ne prend pas part au vote des pleins pouvoirs à Charles de Gaulle. Il quittera par la suite les bancs de l'Assemblée nationale et se porte volontaire pour se battre pour la défense de l'Algérie française.

Il participe plus tard à l'opération franco-britannique de Suez. Jean-Marie Le Pen est décoré de la Croix de la valeur militaire. Il estime que son engagement politique est fondé sur l'amour du peuple et de la patrie. Battu en 1962, Jean-Marie Le Pen crée une entreprise d'édition phonographique, la Serp (Société d'études et de relations publiques), spécialisée dans l'édition de disques de musique militaire, d'histoire et de discours historiques. Il devient le directeur de campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat à l'élection présidentielle de 1965.

En janvier 1971, sa maison de disques, la Serp, édite un disque intitulé Le IIIe Reich. Voix et chants de la Révolution allemande ainsi que, entre autres, des chants de l'Armée rouge, des discours de dirigeants communistes, comme Lénine ou un disque de chants israéliens. Le premier de ces disques lui vaut une condamnation en 1971 pour « apologie de crimes de guerre ». En 1972, il est appelé à présider le jeune Front national — parti créé par Ordre nouveau afin d'élargir son champ électoral — et continue son combat pour ses idées nationalistes. Les résultats électoraux du Front national sont en hausse constante depuis les élections municipales de 1983, à Dreux notamment.

Jusqu'alors titulaire de scores extrêmement faibles lors des scrutins, la forte poussée électorale de Jean-Pierre Stirbois à Dreux en 1983 (16,7 %) puis une médiatisation de son discours suite à cette percée (invitation par Europe 1, radio privée, à l'automne 1983, puis sur Antenne 2, chaîne de télévision publique, en février 1984, notamment à L'Heure de vérité) l'aide à acquérir une dimension qu'il n'avait jamais atteinte auparavant, ce qui aboutit au score national de 10,95 % de la liste qu'il conduit aux élections européennes de juin 1984 (il sera réélu en 1989, 1994, 1999 et 2004). La droite doit se positionner par rapport à Jean-Marie Le Pen, situation inédite depuis 1967-1968, car elle intégrait depuis l'essentiel de la « droite nationale » dans ses rangs. (Un certain nombre des cadres du Front national vient des partis de droite, ou bien ont travaillé avec eux, notamment Bruno Gollnisch, Gabriel Domenech, Jean-Marie Le Chevallier, Jean-Yves Le Gallou, Bruno Mégret, ou encore Michel de Rostolan.)

En 1992 et 1998, il est élu au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il rencontre le plus de succès dans des régions comme l'est et le sud-est de la France. Ces résultats s'expliquent en partie par de nombreuses tensions sociales et la présence d'importantes communautés d'origine maghrébine ; mais de forts résultats sont également enregistrés dans des communes très aisées comme Cagnes-sur-Mer ou en milieu rural, pourtant étranger aux problématiques liées à l'immigration. Fin 1998, une scission avec Bruno Mégret handicape le Front national qui perd nombre de ses cadres et des milliers d'adhérents. Le Front national chute à 6 % aux élections européennes de 1999 et n'obtient que 6 sièges.

Par un décret du 31 mars 2000, le Premier ministre constate que l'inéligibilité de Le Pen, prononcée le 17 novembre 1998 à titre de peine complémentaire par la cour d'appel de Versailles (8e chambre), met fin à son mandat de représentant au Parlement européen. Par un arrêt du 6 octobre 2000, le Conseil d'État rejette le recours de Le Pen contre ce décret. La présidente du Parlement européen ayant, le 23 octobre 2000, pris acte de la déchéance du mandat du président du Front national, celui-ci conteste cette décision devant les juridictions communautaires : il obtient d'abord le sursis à exécution de cette décision, mais ses recours au fond sont ensuite rejetés.

Une ascension progressive

  • De 1956 à 1962 : député de la troisième circonscription de la Seine (Groupe d'Union et fraternité française), et, à partir de 1958, siégeant sous l'étiquette du Centre national des indépendants et paysans (CNI) ;
  • en 1965 : il est directeur de campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour pour l'élection présidentielle ;
  • le 5 octobre 1972 : fonde le Front national (FN) ;
  • en avril 1974 : se porte candidat à l'élection présidentielle et obtient 0,75 % des voix ;
  • 2 novembre 1976 : attentat à la bombe contre son domicile parisien qui est complètement détruit ;
  • 1978 : assassinat de François Duprat, membre du bureau politique du Front national ;
  • 1983 : conseiller du XXe arrondissement de Paris ;
  • en juin 1984 : élu député européen ;
  • de mars 1986 à juin 1988 : député de Paris ;
  • en avril 1988 : candidat à l'élection présidentielle, il obtient 14,39 % des voix ;
  • en novembre 1990 : se rend en Irak pendant la guerre pour négocier directement avec Saddam Hussein la libération de 55 otages qu'il ramène en France ;
  • en mars 1992 : élu conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur ;
  • en juin 1994 : réélu député européen ;
  • en avril 1995 : candidat à l'élection présidentielle, il obtient 15 % des voix, et arrive en quatrième position au 1er tour, après Lionel Jospin, Jacques Chirac et Édouard Balladur ;
  • en mars 1998 : réélu conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur ;
  • en juin 1999 : réélu député européen ;
  • le 21 avril 2002 : à l'élection présidentielle, il obtient 16,86 % des suffrages (sur 16 candidats), derrière Jacques Chirac et devant Lionel Jospin, et se qualifie ainsi pour le second tour ;
  • le 5 mai 2002 : obtient 17,79 % des voix au second tour de l'élection présidentielle contre 82,21 % pour Jacques Chirac ;
  • en février 2004 : sa candidature pour les élections régionales des 21 et 28 mars en Provence-Alpes-Côte d'Azur est rejetée par le préfet de région, pour cause d'absence de domiciliation ou d'attache fiscale dans la région ;
  • en juin 2004 : réélu au Parlement européen dans la Circonscription Sud-Est.
  • en juin 2009 : réélu au Parlement européen dans la Circonscription Sud-Est.

De multiples candidatures aux élections présidentielles

Il se présente aux élections présidentielles de 1974, 1988, 1995, 2002 et 2007 (en 1981, il ne peut se présenter, faute d'avoir obtenu les parrainages nécessaires), en professant des idées nationalistes, dont certaines considérées par ses adversaires comme xénophobes et/ou extrémistes :

  • relance de la démographie par la natalité ;
  • politique de lutte contre l'immigration et pour la préférence nationale ;
  • lutte contre l'« ultra-libéralisme » et le libre-échange par le rétablissement des frontières ;
  • limitation du fédéralisme européen et de ce qu'il appelle « la toute-puissance de l'Administration » et les « eurofédérastes », et défense de la souveraineté française.
En 2002

Lors de l'élection présidentielle de 2002, alors qu'il avait rencontré des difficultés à réunir les 500 parrainages nécessaires pour se porter candidat et que son parti demeurait dans l'ombre depuis sa scission de 1998, il obtient 16,86 % des voix. Cela lui permet, non seulement en raison d'un éparpillement des voix de gauche sur un grand nombre de candidats du premier tour mais surtout du fait d'une faible mobilisation des électeurs de gauche, de participer au deuxième tour contre Jacques Chirac, qu'il perd avec 17,79 % des voix. Cette élection constitue un événement important dans la vie politique française dans la mesure où c'est la première fois qu'un candidat d'extrême droite passe le premier tour d'une élection présidentielle. Le traditionnel débat d'entre-deux-tours entre les deux candidats présents au second tour n'a pas eu lieu, son adversaire ayant refusé de débattre avec lui en direct sur les chaînes de télévision.

En 2007

En vue de l'élection présidentielle et des législatives de 2007, Jean-Marie Le Pen a lancé un appel à différents partis et courants politiques pour constituer une « union patriotique » selon les termes suivants : « Je renouvelle mon appel à l'union patriotique, dont naturellement je prendrai la tête puisque je suis le mieux placé de tous les candidats qui se réclament de la droite nationale pour l'emporter. »

Il s'agit pour lui d'éviter une dispersion préjudiciable des voix telle que celle qui a conduit à l'élimination de Lionel Jospin dès le 1er tour de l'élection présidentielle de 2002.

Bruno Mégret président du Mouvement national républicain (MNR), ainsi que le Parti populiste, ont répondu favorablement à cet appel. En revanche, Philippe de Villiers président du Mouvement pour la France (MPF) a décliné l'offre.

Âgé de 78 ans au moment du scrutin, Jean-Marie Le Pen est, en 2007, le doyen d'âge des candidats français à une élection présidentielle au scrutin direct.

Le score de Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle de 2007 (3 834 530 électeurs et 10,44 % des voix) a considérablement reculé par rapport à la précédente élection de ce type, ne lui permettant pas cette fois-ci d'atteindre le second tour.

Succession et retrait de la vie politique

Évoquant la rivalité implicite entre Bruno Gollnisch et Marine Le Pen en vue de sa succession, Jean-Marie Le Pen a déclaré, dans un entretien au Figaro du 6 novembre 2004 :

« La succession n'est pas ouverte. Il y a peut-être des gens qui, le soir, mettent des épingles dans des poupées de vaudou en pensant à moi. Mais pour l'instant, je ne me sens pas hors de combat ni hors de situation. »

Il a également confirmé, à cette occasion, qu'il avait subi, avant et pendant la campagne pour l'élection présidentielle de 2002, un traitement pour lutter contre un cancer localisé de la prostate, et qu'il en serait désormais guéri. Son seul problème de santé se limitant à cette époque, selon lui, à une arthrose de la hanche pouvant le contraindre à une « opération banale ».

Le 9 avril 2010, Jean-Marie Le Pen annonce dans une interview accordée au Figaro qu'il ne se représentera pas à la présidence du FN à l'issue du prochain congrès du parti, et qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle de 2012.

Sa fille, Marine Le Pen est élue à sa succession, lors du Congrès de Tours le 16 janvier 2011. Rapidement les sondages révèlent une importante progression de la popularité du parti.

Patrimoine

Il tient une partie de son patrimoine de la vente de la société de cimenterie Lambert, que lui lègue par testament Hubert Lambert (héritier des ciments Lambert, décédé sans enfant à l'âge de 42 ans et auteur de très nombreux articles dans diverses revues nationalistes). Cette succession donne lieu à un début de poursuites judiciaires, qui sont abandonnées après négociation avec les « cousins Lambert ». Cette fortune le met à l'abri du besoin et aide son ascension politique à la fin des années 1970. Il tirait jusque-là ses revenus des éditions phonographiques de la Serp. Il est assujetti à l'ISF depuis la création de cet impôt. Les dons aux partis politiques (comme des héritages) sont adressés à une association de financement. Jean-Marie Le Pen est condamné en 1997 pour ne pas avoir appliqué cette loi à tous les dons.


 

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