John Fitzgerald "Jack" Kennedy (29 mai 1917 – 22
novembre 1963) est le 35e président
des États-Unis. Entré en fonction le 20 janvier 1961, à l'âge de
43 ans, il est assassiné le 22 novembre 1963, à l'âge de 46 ans.
Plus jeune président élu, il est aussi le plus jeune à mourir en
cours de mandat, assassiné moins de trois ans après son entrée à
la Maison Blanche. Il reste en 2010 le seul président américain de
religion catholique.
En raison de son énergie, de son charisme, de son style et de
ses qualités présumées de chef pendant la Guerre froide, mais
aussi en raison de son assassinat, JFK reste l'un des personnages
les plus populaires du XXe siècle, tandis que son assassinat reste
pour beaucoup un mystère des plus controversés.
Biographie
John Fitzgerald Kennedy, surnommé
« Jack », est né le 29 mai 1917 à Brookline, Massachusetts, une
banlieue huppée de Boston. Il est le second d'une famille qui
compte neuf enfants. Ses parents, Joseph Patrick Kennedy, qui a
fait fortune dans les années 1930, et Rose Fitzgerald, fille du
maire de Boston, sont les descendants de familles originaires
d'Irlande. Son père soutient Franklin Delano Roosevelt lors de
l'élection de 1933, et devient ambassadeur des États-Unis au
Royaume-Uni en 1938.
Le jeune Kennedy reçoit une
éducation dans l'une des meilleures écoles privées à Wallingford,
Connecticut où son frère aîné Joseph Patrick Kennedy Jr. l'a
précédé. En septembre 1935, il intègre la London School of
Economics sous la supervision du professeur Laski, mais doit
interrompre ses études, car il est atteint de jaunisse. Il intègre
ensuite l'université de Princeton, mais doit de nouveau
interrompre ses études après seulement six semaines et se fait
hospitaliser à l'hôpital Brigham de Boston. L'année suivante, il
intègre Harvard.
Quand son père s'installe à Londres, il visite l'Europe et
écrit son mémoire sur la participation britannique aux accords de Munich. Il est diplômé avec mention à 23 ans et son
mémoire est publié aux USA sous le titre Pourquoi l'Angleterre
dormait. C'est un relatif succès de librairie qui semble le
destiner au journalisme.
Service
militaire
Au printemps 1941, Kennedy veut
s'enrôler dans l'armée, mais est déclaré inapte en raison de ses
problèmes de dos : il est en réalité atteint de la maladie
d'Addison, une sorte de déficience (encore mortelle à son époque)
des glandes surrénales, lesquelles produisent des hormones
anti-douleurs osseuses. D'abord mobilisé à l'arrière il obtient de
servir sur plusieurs navires de la flotte américaine du Pacifique
et devient commandant d'un patrouilleur avec le grade de
lieutenant de vaisseau.
Le 2 août 1943, son patrouilleur,
le PT 109, est coupé en deux par le destroyer japonais Amagiri au
large des îles Salomon. Kennedy est projeté sur le pont
et se blesse au dos, ce qui aggrave ses douleurs ; en mer, il
réussit malgré tout à haler un membre de son équipage blessé sur
près de cinq kilomètres et à mettre pied sur une île, d'où il nage
pour donner l'alerte: son équipage est récupéré. Ce fait d'armes
lui vaut la médaille de la Marine avec la citation suivante :
« Le lieutenant de vaisseau Kennedy, au cours de l'attaque
d'un destroyer japonais, a vu son navire éperonné et coulé. Il
a dirigé le sauvetage de son équipage et a personnellement
sauvé trois hommes, dont l'un était sérieusement blessé. Au
cours des six jours qui ont suivi, il a pu ramener son
équipage à terre… Son courage, sa ténacité et ses qualités de
chef ont permis de sauver plusieurs vies, maintenant ainsi les
traditions de la Marine des États-Unis. »
Kennedy reçoit d'autres décorations pendant la guerre, dont la
Purple Heart. Il est démobilisé au début de 1945
quelques mois avant la capitulation du Japon. Un film de
propagande raconte son aventure. Le décès de son frère aîné et les
erreurs politiques de son père (qui était favorable au maintien de
la paix avec
Hitler) font de lui l'espoir politique de la famille.
Carrière politique
Après la Seconde Guerre mondiale,
Kennedy débute donc une carrière politique en se faisant élire à
la Chambre des représentants dans une circonscription à majorité
démocrate. Il est réélu deux fois malgré ses positions qui ne sont
pas toujours en accord avec celles du président Harry S. Truman ou
du Parti démocrate.
En 1952, il est candidat au siège
de sénateur avec le slogan : « Kennedy en fera plus pour le
Massachusetts ». Il réussit à battre son concurrent républicain,
le sénateur sortant Henry Cabot Lodge Jr. Cependant, il ne
s'oppose pas au sénateur Joseph McCarthy, un ami de la famille,
qui mène une campagne agressive dans le but d'extirper les
prétendus espions communistes au sein du gouvernement. Il profite
d'un séjour à l'hôpital pour ne pas voter la motion de censure
contre McCarthy en 1954, ce qui lui sera longtemps reproché par
l'aile gauche du Parti démocrate, Adlai Stevenson et Eleanor
Roosevelt en tête.
Mariage
Le 12 septembre 1953, il épouse
Jacqueline Bouvier avec qui il a quatre enfants : Arrabella (1956,
mort-née), Caroline Kennedy (1957), John Fitzgerald Kennedy Jr.
(1960-1999) et Patrick (1963, décédé deux jours après sa
naissance).
Il est contraint de se faire opérer à plusieurs reprises en
raison de problèmes de dos et reçoit même l'extrême onction à trois reprises. Pendant cette
période, il publie un livre Profiles in Courage (Portraits
d'hommes courageux), où il fait la biographie de huit
sénateurs qui ont risqué leur carrière pour défendre leurs points
de vue. Ce livre recevra le
prix Pulitzer en 1957.
L'élection présidentielle
Kennedy se déclare candidat pour
succéder à Eisenhower en 1960. Le
Parti démocrate doit choisir entre lui et les sénateurs Hubert
Humphrey,
Lyndon B. Johnson et Adlai Stevenson. Kennedy remporte les
élections primaires dans certains États clés, comme le Wisconsin
et la Virginie-Occidentale et obtient la nomination de son parti à
la convention nationale. Son colistier est Lyndon B. Johnson,
soutenu par les États du sud. Pendant la campagne électorale, les
débats tournent autour du rôle des États-Unis dans le monde, du
problème de la pauvreté, de l'économie et de l'équilibre de la
terreur face aux missiles porteurs d'armes nucléaires de l'Union
soviétique, mais aussi sur la religion catholique pratiquée
par le candidat.
En septembre et en octobre 1960, Kennedy et le candidat
républicain
Richard Nixon débattent pour la première
fois à la télévision. Nixon apparaît nerveux, en sueur et mal
rasé. De plus, une douleur récurrente au genou le fait souffrir.
Face à un Kennedy calme et maître de lui, Nixon « passe » mal à
l'écran et ressort affaibli de la confrontation télévisée, alors
que les citoyens ayant suivi le débat à la radio estiment que
Nixon était légèrement plus convaincant. Ces débats sont donc
considérés comme fondateurs d'une certaine politique moderne
puisque, pour la première fois, la manière de se tenir face à une
caméra devient un élément important dans une élection.
La politique de Kennedy, appelée « Nouvelle
Frontière », prévoit la
détente envers l'URSS, l'envoi d'un homme sur la Lune,
l'égalité des Noirs et des Blancs, la relance de l'économie, la
lutte contre la
pègre et l'arrêt de l'expansion communiste dans le monde.
L'élection a lieu le
8 novembre 1960 ; Kennedy bat Nixon de très peu. Des rumeurs
circulent par la suite sur le fait que son père, Joe, aurait
utilisé ses liens avec la mafia américaine pour que certains
comtés décisifs « votent bien ». À 43 ans, John est le plus jeune
président élu : Theodore Roosevelt était plus jeune lors de son
accession à la présidence, mais il succédait à William McKinley, décédé en cours de mandat. Il est aussi le
premier président des États-Unis de religion catholique et
toujours le seul à ce jour.
Présidence
Politique étrangère
Le mandat de Kennedy est marqué par la
guerre froide entre l’Union
soviétique et les États-Unis et les crises majeures destinées
à contrer l’expansion communiste. Au début de sa présidence, il
pense que le monde peut s'améliorer par des moyens pacifiques et
il crée les
régiments de la paix. Ce programme, qui existe toujours,
permet à des volontaires américains d'aider les pays
sous-développés dans les domaines de l'éducation, de
l'agriculture, de la santé et du bâtiment.
Kennedy développa des liens d'amitié étroits avec le
Royaume-Uni et la
RFA. Cependant, les relations avec le Canada seront faibles,
John Diefenbaker ne supportant pas Kennedy et réciproquement.
Le prochain premier ministre canadien Pearson s'entendra très bien avec lui et accepte
l'installation de bases nucléaires américaines au Canada. Les
relations avec la France de
De Gaulle sont faibles, mais les deux dirigeants ont un grand
respect l'un pour l'autre et le peuple français a une certaine
admiration pour Kennedy; ils sont notamment fiers que sa femme,
Jacqueline Bouvier de son nom de jeune fille, ait des racines
françaises.
La
Crise des missiles de Cuba montre que le risque d'une guerre
nucléaire n’est pas négligeable et que les États-Unis et l'URSS
sont "au bord du gouffre", d’où une attitude plus mesurée en
Europe. Cette attitude est d'ailleurs déjà effective avant
cette crise, comme le prouve le fait que les Américains restent
passifs lorsque l’Allemagne de l’Est lancera la construction du
mur de Berlin dans la nuit du 12 au 13 août 1961 et que les
pays du bloc de l’Est rendront leurs frontières quasiment
étanches. Après une tentative de retrait, Kennedy essayera malgré
tout de contenir l'expansion soviétique en envoyant des
conseillers militaires, puis des troupes, au
Viêt Nam. En octobre 1963, Kennedy signa un mémorandum
ordonnant le retrait de 1 000 soldats du Viêt Nam avant la fin de
1963 car il pensait la guerre bientôt gagnée.
Ce mémorandum sera annulé par Lyndon B. Johnson.
Kennedy signe un traité d'interdiction des essais nucléaires
dans l'atmosphère pour lutter contre la prolifération des
armements et contre les effets à long terme des
retombées radioactives. Les États-Unis, le Royaume-Uni et
l'URSS en seront les premiers signataires et Kennedy considérera
que c'est une des actions majeures de son gouvernement.
Politique intérieure
Kennedy milite contre la
ségrégation raciale, en prenant pour modèle Abraham Lincoln. Il
soutient Martin Luther King, et le rencontre lors de sa marche sur
Washington en 1963.
L'un des problèmes les plus importants auquel Kennedy doit
faire face est celui de mettre fin aux mesures discriminatoires
contre les minorités ethniques qui restent légales dans certains
États. Un arrêt de 1954 de la
Cour suprême des États-Unis interdit la ségrégation dans les
écoles publiques, mais est resté lettre morte dans de nombreux
États du sud. Par ailleurs, des mesures discriminatoires restent
toujours en vigueur dans d'autres lieux publics, tels que les
transports urbains, les cinémas et les restaurants.
Il fait beaucoup pour la
conquête de l'espace, en lançant le programme Apollo (We
choose to go to the moon).
Sur le plan social, son programme Nouvelle Frontière
vise à améliorer le sort des classes modestes et des droits civiques de ses concitoyens noirs. Sur ces objectifs,
Kennedy se heurte souvent, ce qui est courant aux États-Unis, à un
Congrès dont la majorité n'est pas celle de son courant politique.
Ici, cependant, le Congrès est en majorité
démocrate, mais cette dernière est dominée par les démocrates
du sud,
conservateurs sudistes hostiles à la disparition de la
ségrégation.
Assassinat
Le 22 novembre 1963, lors d'une visite pré-électorale de John
F. Kennedy à
Dallas, le cortège présidentiel traverse la ville à petite
vitesse, salué par la foule amassée. Alors que la
limousine décapotée du Président passe sur
Dealey Plaza, des coups de feu éclatent. Le président est
d'abord blessé au cou, tandis que le gouverneur Connally, assis devant lui, est blessé à la
poitrine, puis une balle atteint le président à la tête. Aussitôt
transporté au Parkland Hospital, le président est déclaré
mort après une demi-heure de vains efforts de réanimation. Le
monde est consterné en apprenant la nouvelle.
Selon les enquêtes officielles, Lee Harvey Oswald a assassiné le président, quoique la seconde
enquête (celle du
HSCA) ait estimé qu'il y avait eu
conspiration.
Kennedy est maintenant enterré dans le cimetière national d'Arlington,
près de
Washington, DC.