Lyndon Baines Johnson,
(27 août 1908 - 22 janvier 1973), est le trente-sixième président
des États-Unis d'Amérique.
Vice-président de John F. Kennedy
lorsque ce dernier est assassiné en cours de mandat, le
22 novembre 1963, il lui succède en tant que président. Il est élu
en 1964.
Connu sous ses initiales, LBJ,
il est le président qui a dû gérer la première partie de la guerre
du Viêt Nam. Il signe en août 1965 le Voting Rights Act. Il a
aussi lancé un programme de « guerre contre la pauvreté », créant
ainsi le Medicare et le Medicaid.
Jeunesse
Lyndon Baines Johnson naît à
Stonewall, Texas, le 27 août 1908. Ses parents, Samuel Johnson et
Rebkah Baines ne possèdent qu’une modeste ferme et ne peuvent lui
offrir que le minimum. Il fréquente l’école publique et obtient
son diplôme de fin d’études secondaires au lycée de Johnson City
en 1924.
En 1926, Johnson s’inscrit au « Southwest
Texas State Teachers College » pour devenir enseignant. Il
participa aux débats et à la politique du campus, éditant le
journal de l'école. Il abandonna l'école en 1927 et revint un an
plus tard pour finalement obtenir son diplôme en 1930.
Juste après son diplôme, Johnson enseigne « la prise de parole
en public » et « le débat » dans un lycée de Houston mais il
démissionnera rapidement pour se lancer dans la politique. Le père
de Johnson avait été élu pour cinq mandats au parlement du Texas
et était l'ami du sénateur Sam Rayburn, l'une des figures
montantes de la politique texane. En 1931,
Johnson fait campagne pour Richard M. Kleberg et est récompensé
par un poste au secrétariat du sénateur fraîchement élu.
En tant que secrétaire parlementaire, Lyndon B. Johnson se lie
avec des personnes influentes, découvre comment elles en sont
arrivées là et gagne leur respect grâce à ses compétences. Il
compte bientôt parmi ses amis des proches du président
Franklin D. Roosevelt, mais aussi des Texans comme lui, parmi
lesquels le
vice-président John Nance Garner.
Pendant qu’il est secrétaire,
Johnson rencontre Claudia Alta Taylor, qui sera connue sous le nom
de « Lady Bird », une jeune femme elle aussi originaire du Texas.
Ils se marient le 17 novembre 1934 après s'être fréquentés pendant
une courte période. Ils ont deux filles, Lynda Bird, née en 1944
et Lucy Baines, née en 1947. On peut remarquer que Johnson aimait
bien donner ses initiales à de nombreuses choses. Les prénoms de
ses filles en sont un exemple.
En
1935, Johnson devient directeur d’une agence gouvernementale
de l’État du Texas chargée de la jeunesse. Ce poste lui permet de
proposer des formations et des emplois à des jeunes et donc de
montrer aux électeurs texans qu’il a de l’influence. Il reste
directeur pendant deux ans, puis quitte son poste pour se
présenter au
Congrès. Johnson est connu pour être un patron très exigeant
avec ses employés, leur demandant de nombreuses heures
supplémentaires ; toutefois il en fait autant, sinon plus,
lui-même.
Johnson reçoit son premier brevet de
franc-maçon le 30 octobre 1937. Il s'aperçoit peu de temps après que
ses tâches au Congrès lui prennent trop de temps et il ne
cherchera pas à s’élever dans la hiérarchie franc-maçonne.
Carrière politique
En
1937, Johnson se présente au Congrès lors des élections
partielles du 10e district du Texas
pour représenter Austin et le comté voisin de Hill. Il base sa campagne sur le
principe du
New Deal et est aidé efficacement par sa femme, Lady Bird
Johnson.
Le président
Franklin Delano Roosevelt montre un intérêt personnel pour le
jeune Texan dès qu’il entre au Congrès. Johnson est affecté au
Comité des affaires navales, position d'une grande importance pour
un jeune élu. En 1941,
Johnson se présente au Sénat dans une élection partielle, contre
le gouverneur sortant du Texas,
W. Lee « Pappy » O'Daniel. Johnson est battu, mais seulement après
un recomptage de bulletins de votes dans une élection marquée par
des fraudes massives de part et d’autre.
Johnson sert brièvement lors de la
Seconde Guerre mondiale en tant que lieutenant commander
(capitaine de corvette) dans la Marine et est décoré de la Silver Star
(étoile d'argent), de la médaille de la campagne dans le Pacifique Sud et de la médaille de la Victoire. Cependant, les
circonstances durant lesquelles il aurait « gagné » cette
récompense sont controversées et que la politique en aurait été
l’une des motivations. En 1948,
Lyndon B. Johnson se présente de nouveau au Congrès et, cette fois
ci, est élu. Mais il faut remarquer que les résultats de cette
élection furent aussi très discutés. Bien qu'il ait remporté
l'élection générale avec une majorité écrasante, il n’avait gagné
l'élection primaire que par 87 voix sur un million de suffrages
exprimés. Une plainte est officiellement déposée, mais Johnson
engage Abe Fortas pour le représenter devant la cour fédérale.
Grâce à des manœuvres légales, Fortas parvient à interrompre
l'enquête. Une fois arrivé au Sénat, il est affecté au Comité des
forces armées, et plus tard, en 1950,
il participe à la création du Sous-comité d'enquête sur la mise en
état d’alerte des forces armées. Johnson en devient le directeur
et dirige plusieurs enquêtes sur les coûts et l'efficacité de la
défense américaine. Ces investigations lui valent l'attention
nationale ainsi que le respect de ses aînés au Sénat.
Après seulement quelques années passées au Sénat, Johnson
gravit les échelons du pouvoir. En 1953,
il est choisi par ses camarades
démocrates pour être le chef de l’opposition. Il devient au
passage la plus jeune personne à avoir été nommée à ce poste, tous
partis confondus. En 1954,
Johnson est réélu au Sénat, et comme les démocrates y remportent
la majorité des sièges, Johnson est nommé chef de la majorité. Son
travail consiste à préparer un programme législatif et à aider au
passage des mesures proposées par les démocrates.
Vice-présidence
Le succès de Johnson au Sénat fait
de lui un candidat démocrate potentiel pour les primaires des
présidentielles de 1956. Il est le « fils préféré » du Texas lors
de la convention nationale du parti en 1956. En 1960, Lyndon B.
Johnson obtient 409 voix lors la convention démocrate, mais c'est
John F. Kennedy, sénateur du Massachusetts, qui est élu après
ballottage. Plus tard, la même année, Kennedy choisit Johnson
comme co-listier et candidat au poste de vice-président. En
novembre 1960, le duo Kennedy/Johnson devance de peu
Richard Nixon et Henry Cabot Lodge Jr.
Après son discours d'investiture, Kennedy place Johnson à la
tête du Comité présidentiel pour l'égalité des chances dans le
travail, ce qui lui permet de s'occuper des minorités. Durant son
mandat de
vice-président, il s’occupe de quelques missions
internationales, ce qui lui donne un aperçu des problèmes
rencontrés en politique étrangère.
Présidence
Lyndon Johnson est investi comme
président à bord d'Air Force One à Dallas à l'aéroport de « Love
Field » après l'assassinat du président Kennedy le
22 novembre 1963. Depuis, des milliers de livres et de
documentaires ont apporté des éléments soutenant l'hypothèse selon
laquelle Johnson aurait fait partie des conspirateurs responsables
du meurtre de John F. Kennedy. Au moment de l'assassinat, le
président Kennedy avait fait part à des confidents, parmi lesquels
sa secrétaire particulière à la Maison Blanche, Evelyn Lincoln,
qu'il pourrait remplacer Johnson lors de la campagne électorale de
1964. Johnson est en effet impliqué dans pas moins de quatre
enquêtes criminelles. Ces quatre enquêtes furent classées après
l'assassinat, après que Johnson fut devenu président.
Johnson doit faire face à de
nombreux problèmes à son arrivée à la Maison-Blanche. Il a
l’impression que les personnels en poste et nommés par Kennedy
restent attachés à ce dernier, et ne le respectent pas, lui. Il
les remplace rapidement à l’exception de Bobby Kennedy qui reste
Ministre de la justice et dont Johnson a besoin malgré une
animosité réciproque. La première année de son mandat, Johnson se
dispute avec pratiquement tout le monde, cela va des sénateurs au
rédacteur de ses discours, qui veulent tous conserver la mémoire
de Kennedy et refusent de soutenir ses propositions. Johnson
utilise la carotte et le bâton pour faire passer sa politique et
en 1964 le Congrès vote une loi sur la réduction des impôts et la
Loi sur l'égalité des chances, dans le cadre de la guerre contre
la pauvreté, que Johnson a décrété lors de son discours sur l'état
de l'Union de janvier 1964.
Aux élections de 1964,
Johnson remporte la présidence avec 61 % des voix et la plus large
avance, plus de 15 millions de voix, de l'histoire des États-Unis.
Toutefois, cette même année, on note qu’à la Convention nationale
du Parti démocrate, Johnson avait soutenu les délégués racistes du
Mississippi en refusant de faire une place à ceux élus par une
branche dissidente, le Parti démocrate du Mississippi pour la
liberté.
Johnson inscrit sa politique de
« Great Society » au programme de travail du Congrès en janvier
1965 : aide à l'éducation, lutte contre la maladie, sécurité
sociale, rénovation urbaine, embellissement, écologie,
développement des zones négligées, lutte à grande échelle contre
la pauvreté, contrôle et prévention du crime et de la délinquance,
soutien au mouvement des droits civiques en signant, en août 1965,
le Voting Rights Act. Le Congrès vote rapidement les lois
correspondant aux recommandations de Johnson.
À partir de 1965,
des millions de personnes âgées ont bénéficié de l'amendement
Medicare à la Loi sur la
Sécurité sociale. En 1966,
il signe la
loi sur la liberté de l'information (FOIA) qui permet au
public d'accéder plus facilement aux documents de l'administration
américaine.
Sous l'influence de Johnson, les
États-Unis explorent l’espace de façon spectaculaire dans le cadre
d'un programme qu’il a soutenu dès ses débuts. Lorsque trois
astronautes du programme Apollo font le tour de la Lune en
décembre 1968,
Johnson les félicite en disant : « Vous nous avez emmenés... nous
tous, tout autour du monde, dans une nouvelle ère… ».
Néanmoins, deux crises importantes prennent de l'ampleur à
partir de
1965. En dépit des nouveaux programmes anti-pauvreté et
anti-discrimination, des troubles et des émeutes dans les ghettos
noirs désorganisent le pays. Le président Johnson a toujours pesé
de tout son poids contre la ségrégation et pour l’ordre et le
droit.
Les émeutes raciales et la Commission Kerner
Après les émeutes de Newark et de
Détroit en juillet 1967 (Hot summers), Johnson ordonne la
création d'une commission d'enquête sur les causes des émeutes
raciales ayant lieu tous les étés depuis 1964, dirigée par le
gouverneur de l'Illinois Otto Kerner.
La Commission Kerner publia son
rapport en mars 1968, stigmatisant le « racisme blanc » et mettant
en garde la Maison Blanche contre une fracture sociale et raciale
grandissante, ainsi que contre le risque de la mise en place d'un
« système d'apartheid »
dans les grandes villes.
Elle affirmait ainsi: « Our nation is
moving toward two societies, one black, one white—separate and
unequal. »
Pour lutter contre ce danger, la commission Kerner appelait à
approfondir les programmes de
protection sociale et d'aider les
bidonvilles.
Un mois après la publication du rapport, l'assassinat de Martin Luther King provoqua des émeutes dans plus de cent
villes.
Les recommandations de la Commission Kerner furent cependant
rejetées par Johnson.
La
guerre du Viêt Nam
L'autre crise vient du
Viêt Nam. Malgré les efforts de Johnson pour combattre les
communistes vietnamiens, les affrontements continuent. La
controverse sur la guerre devient critique à partir de mars 1968,
lorsqu'il limite les bombardements du Viêt Nam du nord pour
entamer des négociations. En même temps, il stupéfie le monde en
annonçant son intention de ne pas se représenter aux élections et
de consacrer tout son temps à la recherche de la paix.
Johnson renforce constamment l'effort de guerre entre 1965
et 1968,
ce qui entraîne la mort de milliers de soldats américains, et
peut-être 60 fois plus de soldats vietnamiens (les estimations
vont de 500 000 à 4 000 000). En même temps, Johnson craint que la
guerre ne détourne l'attention de son programme social, c’est
pourquoi l'escalade militaire, bien que significative, n'est
jamais suffisante pour faire pencher la balance sur le plan
militaire. Cette approche est très mal vue par le Pentagone et les alliés des États-Unis au
Viêt Nam du sud. La stratégie de Johnson est perçue par certains
comme la cause de la défaite des Américains au Viêt Nam. La
présidence de Johnson est très vite dominée par la guerre du Viêt
Nam. Alors que de plus en plus de soldats américains meurent au
Viêt Nam, la cote de popularité de Johnson diminue,
particulièrement lorsqu’il est confronté aux manifestations
étudiantes (« Hé, hé, LBJ, combien d’enfants as-tu tué
aujourd’hui ? ») et après l'Offensive
du Têt, en 1968, où les Vietcongs bousculent l'armée
américaine et prennent d'assaut l'ambassade des États-Unis à
Saigon.
Retraite
Le 31 mars 1968, à l'occasion d'un
discours retransmis en direct à la télévision, Johnson annonce, à
la surprise générale, qu'il ne cherchera pas à obtenir un second
mandat. Il annonce également l'arrêt immédiat et sans condition
des raids au Viêt Nam et appelle Hô Chi Minh à négocier la paix.
Les démocrates donnent finalement leur investiture à son
vice-président, Hubert Humphrey, qui est battu par
Richard Nixon lors des élections de 1968. À la fin de son
mandat en 1969, Johnson se retire dans son ranch de Johnson City
au Texas. C’est là qu'il décède le 22 janvier 1973 des suites
d’une crise cardiaque. Le ranch, le cimetière familial où il est
enterré et quelques lieux environnants sont devenus depuis le
Lyndon B. Johnson National Historical Park.