 
.
.Rudolf
HESS
Rudolf Walter Richard Hess,
né le 26 avril 1894 à Alexandrie, Égypte ; décédé le 17 août 1987
à la prison de Spandau, Berlin-Ouest, République fédérale
allemande, est une personnalité majeure du Troisième Reich.
Après avoir gravité dans l'ombre
d'Adolf Hitler dès ses débuts politiques, il en devient le
représentant officiel auprès du parti nazi et participe activement
en 1935 à la rédaction des lois de Nuremberg. Au cours de la
Seconde Guerre mondiale, il prend l'initiative, à la veille de
l'invasion de l'URSS, de s'envoler pour l'Écosse afin de négocier
un accord de paix avec le Royaume-Uni. À son arrivée, il est
aussitôt arrêté par les autorités britanniques.
Lors du procès de Nuremberg, il
est condamné à l'emprisonnement à perpétuité, peine qu'il purge
dans la prison de Spandau à Berlin-Ouest. En 1987, après 46 ans de
captivité, il est retrouvé pendu dans sa cellule.
Rudolf Hess s'était marié avec Ilse Pröhl (27
ans, originaire de Hanovre), le 20 décembre 1937. Le couple eut un
fils, Wolf Rüdiger Hess (né le 18 novembre 1937, décédé le 24
octobre 2001, qui fut un leader de l'extrême-droite allemande
d'après guerre), dont le parrain était Adolf Hitler et qui eut
lui-même trois enfants.
Origines
Rudolf Hess est né le
26 avril 1894 à Alexandrie en Égypte. Son père, Fritz Hess, était un commerçant allemand
puritain et strict tandis que sa mère était indulgente et pieuse.
Il vivait avec sa famille de trois enfants dont il est l'aîné dans
une villa de trois étages située dans la banlieue d'Ibrahimieh.
Bien que le père de Rudolf fut assez nanti pour employer du
personnel de maison, la mère de celui-ci se chargea seule de son
éducation jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de six ans.
À ce moment, Rudolf Hess entra à l'école allemande protestante qui
ne disposait que d'une seule pièce en raison du faible nombre de
familles allemandes vivant à Alexandrie.
Cependant, Fritz le retira rapidement de cette école, la jugeant
insuffisante, et le fit éduquer à la maison en embauchant des
tuteurs privés jusqu'à ce que l'éducation de Rudolf nécessite un
enseignement plus développé. Il l'envoya alors dans un pensionnat
allemand.
À l'âge de quatorze ans, il quitta l'Égypte pour l'Allemagne afin
d'étudier en
Rhénanie-du-Nord-Westphalie à
Bad Godesberg dans une école protestante.
À cause des sentiments pro-allemand démesurés de son père, Rudolf
Hess n'a jamais vraiment pu connaître l'Égypte, car son monde se
résumait à une éducation allemande prodiguée dans la villa d'Ibrahimieh,
laquelle se trouvait entourée d'habitations occupées par d'autres
familles allemandes.
Une fois arrivé en Allemagne, Rudolf fut choqué de constater que
ses condisciples le considéraient comme un étranger.
Il voulait devenir ingénieur ou scientifique mais son père, qui
gérait sa propre entreprise, avait déjà prévu que son fils aîné
prendrait sa succession.
Après trois ans, il reçoit son certificat d'études intermédiaires
et est transféré à l'École Supérieure de Commerce, un pensionnat
suisse situé à
Neuchâtel.
L'idée de devenir un homme d'affaires répugnait à Rudolf qui
n'osait pas toutefois pas s'en ouvrir à son père. Peu avant de se
rendre à cette nouvelle école, il s'efforça néanmoins de faire
changer son père d'avis, mais sans résultat. Ne souhaitant pas se
rebeller ouvertement contre la volonté paternelle, il accepta de
se rendre à l'école de commerce. En compensation, son père lui
offrit de l'envoyer à
Oxford lorsqu'il aurait terminé ses études commerciales.
Après avoir réussi de justesse le curriculum de l'École Supérieure
de Commerce, Rudolf suivit une formation commerciale
complémentaire à
Hambourg.
Au cours de toutes ces années, le seul enseignant qui marqua
vraiment Rudolf fut l'un de ses tuteurs privés à Alexandrie,
Abdul-Aziz Effendi, un Égyptien qui lui donnait des leçons d'arabe.
Dans les années 1900, la famille
Hess commença à se rendre plus souvent en Allemagne, car Fritz
avait acheté un terrain dans la région du Fichtelgebirge et fait
bâtir une maison à Reicholdsgrün, un petit village à environ 10 km
au nord-ouest de Wunsiedel. Durant les vacances, Rudolf ne pouvait
pas voyager beaucoup, même durant le trajet entre Alexandrie et
Reicholdsgrün. Pendant qu'il était à l'école en Allemagne lors du
congé de Noël, au lieu de faire tout le voyage jusqu'à Alexandrie,
Rudolf allait passer du temps chez un oncle qui vivait à Mainkur
près de Francfort-sur-le-Main et qui l'emmenait souvent assister à
des opéras à Francfort, ce qui favorisa un intérêt pour la
musique, notamment pour des artistes tels que Ludwig van Beethoven
et Eugen d'Albert.
1914-1920 : Première Guerre mondiale
Au début de la Première Guerre
mondiale en 1914, et pour la première fois de sa vie, Rudolf Hess,
alors âgé de 21 ans, se rebella contre son père, après une
altercation avec celui-ci alors qu'ils étaient à la villa de
Reicholdsgrün. Il refusa de retourner à son stage commercial à
Hambourg. Dans un élan de nationalisme et de patriotisme, Hess se
rendit à Munich et s'enrôla dans le 7e régiment bavarois
d'artillerie de campagne. Le 18 septembre 1914, il fut transféré à
la première compagnie du 1er régiment d'infanterie (König), un des
régiments bavarois les plus prestigieux.
Le 4 novembre 1914, Rudolf fut
envoyé au front, à ce moment stabilisé dans ce qui allait devenir
la guerre des tranchées, alors que seuls 25 % des membres de sa
compagnie étaient des soldats expérimentés. Hess connut son
baptême du feu lors de la bataille qui avait pour but de percer
les lignes ennemies à Ypres. Il passa l'hiver de 1914-1915 en
Somme et en Artois autour d'Arras. Le 21 avril 1915, il fut promu
lance-caporal et reçut la Croix de fer de seconde classe pour
bravoure en défendant sa position contre une attaque ennemie. Un
mois plus tard, il fut promu caporal. Rudolf Hess se portait
toujours volontaire pour les patrouilles de reconnaissance et les
raids et il conservait son sang-froid de manière exemplaire lors
des attaques ennemies. En juin 1916, son unité fut transférée de
la Somme à Verdun en renfort. Rudolf fut confronté à toutes les
horreurs de la guerre durant la bataille de Verdun qui débuta pour
lui le 21 septembre 1916. Il écrivit à un cousin qu'il avait dû
subir des barrages d'artillerie ennemis pendant plusieurs jours et
qu'il avait dû dormir dans une tranchée où gisait la moitié du
corps d'un soldat français. Le 12 juin 1916, il fut gravement
blessé près du Fort de Douaumont par des éclats qui l'atteignirent
au dos et aux jambes.
Pendant sa convalescence à
l'hôpital, il lisait beaucoup, surtout des récits des exploits des
aviateurs tels que Max Immelmann, Oswald Boelcke et Manfred von
Richthofen. L'esprit chevaleresque des combats aériens attira
Rudolf Hess au point de déposer une demande de transfert à la
Luftstreitkräfte, le corps aérien impérial; elle fut refusée.
Alors qu'il était en congé de convalescence à Reicholdsgrün, il
envoya une seconde demande qui fut elle aussi refusée. En fait, il
fut promu vice-sergent le 4 décembre 1916 et reçu l'ordre de se
rendre en Roumanie en tant que commandant de peloton dans la 10e
compagnie de la Réserve bavaroise d'infanterie, Régiment n° 18.
Son unité combattait dans les montagnes bordant la Transylvanie
lorsqu'il fut blessé de nouveau le 25 juillet 1917 par des éclats
dans le haut du bras. Cependant, Hess ne considéra pas ces
blessures sérieuses et fut de retour au combat quelques jours plus
tard. Il fut blessé plus gravement à Focşani, durant la dernière
offensive contre les Roumains, lorsqu'il fut atteint d'une balle
au poumon. Il saignait à profusion tout en étant inconscient; il
survécut de justesse à cette blessure après avoir été transporté à
un point d'évacuation sanitaire à Kézdivásárhely. Il demeura
plusieurs mois en convalescence à l'hôpital militaire et à
Reicholdsgrün. Le 8 octobre 1917, il reçut sa promotion au grade
de lieutenant par la poste.
Après un examen médical qui le
déclara inapte au métier de fantassin, il fut finalement transféré
dans l'armée de l'air en tant que pilote. Son entraînement de
pilote était supposé débuter au printemps 1918. Cependant, avant
de se présenter à sa nouvelle affectation, il dut accomplir une
dernière tâche en tant que fantassin : escorter une compagnie
d'infanterie au front ouest. Alors qu'il exécutait cette mission
sous les ordre du premier lieutenant, le baron von Tubeuf, il
remarqua un caporal autrichien qui se tenait à côté de lui et qui
portait la Croix de fer de première classe, et dont la tâche était
de livrer les messages aux différentes unités quand le téléphone
de campagne devenait inopérationnel. Il s'agissait en fait Adolf
Hitler. Peu après, il rejoignit l'école de pilotage du Camp
Lechfeld près d'Augsbourg. C'est à cette école de pilotage que
Rudolf Hess se fit l'un de ses premiers vrais amis, le lieutenant
Max E. Hofweber, qui devint plus tard le directeur de la Heinrich
Lanz AG à Mannheim. Rudolf Hess apprit à piloter durant le
printemps et l'été 1918 et effectua son premier vol en solo à Ried
à bord d'un Fokker D.VII. En essayant d'impressionner ses cousins
qui vivaient par là, Rudolf écrasa accidentellement son avion dans
un pré près de Ried; il s'en sortit indemne. Son entraînement se
termina en octobre 1918 et il fut transféré à l'escadron de chasse
35 sur le front ouest. Son engagement au front ne dura qu'une
seule semaine et se limita à quelques missions de vol sans
incident, lors de la bataille aérienne finale au-dessus de
Valenciennes. La guerre s'acheva avant qu'il n'abatte un seul
avion ennemi. L'armistice signé le 11 novembre 1918 entraîna la
dissolution de l'escadron 35. Hess partit donc en congé à
Reicholdsgrün et fut officiellement démis de ses fonctions
militaires le 13 décembre 1918.
Pendant ce temps, en Égypte, la firme Hess & Co. avait été
expropriée par les Britanniques victorieux.
Fritz Hess effectua un voyage en Égypte afin de négocier et de
reconstruire son entreprise; il n'avait toutefois plus les moyens
d'envoyer son fils à l'université.
De plus, Rudolf Hess n'avait pas les pré-requis nécessaires.
Cependant, dans l'État
libre de Bavière, tous les militaires retraités disposaient
d'une dérogation gouvernementale leur permettant de s'inscrire
dans une université bavaroise avec seulement un diplôme d'études
intermédiaires.
Rudolf s'y rendit en févier 1919
et étudia l'économie politique dans une université de Munich.
Ses études furent vite interrompues par la
Révolution allemande à laquelle il prit part.
Après quoi, il retourna de nouveau aux études pour étudier
l'économie.
C'est à cette époque qu'il rencontra sa future épouse, alors âgée
de 19 ans.
1920-1939 : Ascension dans l'ombre d'Hitler
Il adhère au NSDAP dès sa création
en 1920 en prenant la 16e carte du parti. Il rencontre Adolf
Hitler en 1921 et tombe rapidement sous son influence. Lorsque
Adolf Hitler prend la direction du NSDAP, il devient alors son
secrétaire particulier. Contrairement à une idée répandue, ce
n'est pas lui mais Karl Haushofer qui est l'inventeur du concept
de Lebensraum (espace vital). Il est cependant possible que
ce soit Hess qui ait introduit l'idée auprès d'Hitler comme l'un
des éléments majeurs de la politique nazie. Cette idée sera
développée ultérieurement par d'autres personnes dans la revue
qu'il dirige, Zeitschrift
für Geopolitik (Cahiers pour la géopolitique).
Rudolf Hess participe en 1923
au putsch de la Brasserie à
Munich. Après l'échec de la tentative de coup d'État, il est emprisonné avec Hitler dans la prison de Landsberg et l'aide à la rédaction de
Mein Kampf.
Le 20 décembre 1927, Rudolf Hess
épousa Ilse Pröhl, une femme de 27 ans originaire de Hanovre.
À sa sortie de prison, Rudolf Hess
occupe une position privilégiée en tant qu'adjoint d'Hitler lors
des premières années du mouvement nazi, mais son influence se
réduit petit à petit dans les années 1930 lors de l'arrivée au
pouvoir du parti nazi. En 1933, Hitler le considère publiquement
comme son dauphin, puis comme le 3e homme du régime après Göring.
Rudolf Hess engage comme secrétaire personnel Martin Bormann et
représente le Führer dans des manifestations mineures. En 1935, il
participe activement à la rédaction des lois de Nuremberg.
Il se passionne pour l'astrologie
et les horoscopes et se nourrit de plantes médicinales. Le
18 novembre 1937 naît son unique fils, prénommé Wolf Rüdiger Hess
avec Hitler pour parrain.
1939-1945 : Seconde Guerre mondiale
La marginalisation de son rôle
politique s'accroît lors des premières années de la Seconde Guerre
mondiale, qui focalise toute la gloire populaire sur les
lieutenants d'Hitler : Hermann Göring, Joseph Goebbels et
Heinrich Himmler. Il est cependant nommé membre du Conseil de la
défense du Reich dès 1939 et assiste Hitler lors de la signature
de l'armistice français de 1940 à Rethondes.
Le 10 mai 1941, Rudolf Hess
prétend vouloir essayer un Messerschmitt Bf 110 et détourne
l'avion jusqu'au nord du Royaume-Uni. Il saute en parachute à
Ayrshire en Écosse lorsqu'il essuie des tirs de DCA. Il se casse
la cheville à son atterrissage et est immédiatement arrêté par les
autorités britanniques. Il demande alors à rencontrer le duc
d'Hamilton qu'il dit connaître depuis une visite officielle du
prince de Galles en Allemagne avant la guerre. Il pense que le duc
serait un bon médiateur, au service de lord Halifax, opposant et
successeur potentiel de Winston Churchill.
Les services secrets avaient encouragé le
premier ministre britannique à accepter d'ouvrir des
discussions avec des représentants de l'Allemagne nazie pour
laisser penser qu'une paix était envisageable. Pour rendre
crédible cette opération, la stratégie consistait à laisser croire
qu'une fois que Winston Churchill serait mis en opposition à la Chambre des Lords, Lord Halifax – son successeur le plus crédible –
accepterait de négocier un arrêt des hostilités. À cette époque,
l'Empire
britannique supportait seul l'effort de guerre et la politique
de Churchill était mise en doute par une minorité. Une petite
partie de la classe politique souhaitait l'arrêt des hostilités
afin de préserver l'Empire. Les bombardements de Londres lors de l'automne 1940
avait en réalité soudé le peuple britannique contre l'ennemi.
Rudolf Hess est emprisonné quelque temps à la tour de Londres. Hitler prétend alors que Hess est devenu fou, et
qu'il a agi de sa seule initiative. Toutefois, le colonel SS
Otto Skorzeny affirme dans son livre La Guerre inconnue
qu'Hitler était parfaitement au courant du projet de Rudolf Hess
de partir négocier en
Grande-Bretagne. Certains y voient plutôt un esprit romantique
cherchant à obtenir une paix séparée avec les
Britanniques.
Martin Bormann lui succède au poste d'adjoint et Hess passe le
reste de la guerre au
Royaume-Uni.
1946-1987 : Procès de Nuremberg et emprisonnement
Au
lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Rudolf Hess est jugé au
procès de Nuremberg pour complot, crimes contre la paix, crimes de
guerre et crimes contre l'humanité. Au cours du procès, il ne se
reconnaît coupable d'aucun de ces crimes et se dit même fier
d'avoir servi son maître, Adolf Hitler, et le peuple allemand. Il
va jusqu'à invoquer son action en Écosse où il avait tenté, selon
lui, de mettre fin à la guerre entre l'Allemagne et le Royaume-Uni
au péril de sa vie. Des quatre chefs d'accusation, seuls sont
finalement retenus le complot et les crimes contre la paix. Il
écope de la prison à perpétuité, sanction qui sera appliquée sans
remise de peine.
Pendant les années qui suivent, il
est le prisonnier « numéro 7 », étant donné qu'il occupe la
cellule portant ce numéro. Après les libérations de Baldur von
Schirach et d'Albert Speer, qui ont purgé leurs peines de 20 ans
en octobre 1966, il reste le dernier et unique prisonnier de la
prison de Spandau de 1966 à 1987. Après le départ de ces deux
derniers prisonniers, la cellule numéro 7, qui ne mesurait que
deux mètres par trois, devint le logement à un seul lit le plus
dispendieux du monde, avec son coût quotidien de 2 800 Marks,
entièrement financé par l'Allemagne de l'Ouest.
Les forces alliées, les
États-Unis, l'URSS, la France et le Royaume-Uni, trouvaient
importants de garder Rudolf Hess dans la prison de Spandau,
notamment en tant que dernier symbole de leur alliance, qui
commençait à s'effriter. À lui seul, Rudolf Hess avait trois
gardes armés, vingt fonctionnaires de pénitencier, dix-sept
civils, quatre médecins, un aumônier et quatre directeurs de
prison. Ses aumôniers (Charles Gabel de 1977 à 1986, Michel
Roehrig de 1986 à 1987) affirment que, contrairement aux idées
reçues, Hess n'avait rien d'un fou, ou d'une personne
psychologiquement fragile. Une pratique initiée en 1947 consistait
à retirer les articles concernant le nazisme ou les personnalités
du troisième Reich des journaux qui était remis aux prisonniers
afin d'éviter qu'ils ne puissent se considérer comme étant des
figures ayant marqué l'histoire. Durant tout le temps de son
emprisonnement, Rudolf Hess ne fut pas autorisé à parler avec la
presse et n'a eu droit qu'à une seule visite par mois, d'une durée
maximale de 30 minutes, le visiteur devant être un membre de sa
famille immédiate. De plus, les quatre directeurs de la prison
devaient être présents lors de ces visites. Rudolf Hess avait le
droit de recevoir des cahiers en prison, mais seulement pour
écrire des lettres ou des notes ; une fois remplis, ces cahiers
étaient détruits par les gardiens afin d'éviter qu'il puisse
écrire ses mémoires, et de ne pas risquer qu'il soit glorifié par
la suite.
1987 : Décès et conséquences
La 17 août 1987, âgé de 93 ans, il
est retrouvé pendu à un fil électrique. Sa mort est classée comme
un suicide, bien que son fils Wolf Rüdiger Hess ait toujours
défendu la thèse d'un assassinat perpétré par les SAS ou la CIA.
L'un des brancardiers de la prison de 1982 à 1987, Abdallah
Melaouhi, défend la thèse de l'assassinat dans son livre Ich sah
seinen Mördern in die Augen. La thèse de l'assassinat est défendue
par la famille de la victime, ainsi que par les néonazis qui
voient à travers cette mort un martyr nazi. Les médecins légistes
anglais confirment néanmoins la thèse du suicide.
L'épitaphe
« Ich habe gewagt » (« J'ai osé ») orne la tombe de Rudolf
Hess. Cette phrase énigmatique alimente une controverse. Les
hypothèses sur ce qu'il aurait osé sont diverses : de se
supprimer, d'avoir agi comme il le fit au cours de la Seconde
Guerre mondiale, d'avoir essayé de faire la paix avec le
Royaume-Uni, etc.
Après la mort de Hess, la prison de Spandau fut détruite
afin d'éviter qu'elle ne devienne un
lieu de rassemblement de
néonazis.
Cependant, des Allemands et d'autres nostalgiques européens se
retrouvèrent à Wunsiedel, ville d'origine de sa famille paternelle où il est
enterré, pour une « marche de la mémoire ». Ces manifestations se
renouvellent chaque année, le jour anniversaire de la mort de
Hess. Elles furent interdites de 1991
à 2000, mais les marches eurent quand même lieu dans diverses
villes des alentours. En 2002, les marches furent de nouveau
autorisées.
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