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.René
COTY
René Jules Gustave Coty,
né le 20 mars 1882 au Havre et mort le 22 novembre 1962 au Havre,
est un homme d'État français, dont la carrière culmina avec son
élection à la présidence de la République française le 23 décembre
1953.
Les débuts
René Coty fut marqué par les convictions politiques et
religieuses de sa famille.
Études de droit, lettres,
philosophie. Spécialisé en droit maritime et commercial. Avocat
inscrit au barreau du Havre, il y plaide également au civil et au
pénal.
Fondateur d'un cercle littéraire en
1905 : le Cercle Vallonges. Laïque et démocrate, il s'inscrit dans
la ligne de Gambetta, Jules Ferry et Waldeck-Rousseau.
Conseiller d'arrondissement
radical-socialiste en 1907 et conseiller municipal du Havre en
1908. Avocat du syndicaliste Jules Durand en 1910 dans une affaire
qui inspira
Salacrou dans Boulevard Durand. Conseiller général de
Seine-Inférieure dès 1913.
Engagé volontaire comme homme de troupe lors de la
Première Guerre mondiale au 129e
Régiment d'infanterie, il participe à la bataille de Verdun avec
l'ensemble de la division Mangin.
Député depuis 1923, il succède à
Jules Siegfried cependant qu'il s'éloigne du parti radical pour se
rapprocher de l'Union républicaine et se joint au groupe des
républicains de gauche. Il est sous-secrétaire d'État à
l'Intérieur du 13 au 23 décembre 1930 dans le cabinet Théodore
Steeg.
Sénateur depuis 1936, il vote les
pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940 puis se tient à l'écart
de la vie publique.
L'après-guerre
Rendu inéligible à la Libération
du fait de son vote des pleins pouvoirs à Pétain, il est
réhabilité le 11 octobre 1945 par un jury d'honneur pour son
attitude. Lors des élections législatives du 21 octobre 1945 puis
de celles de juin 1946 en vue de former une assemblée nationale
constituante il est réélu député en tant que membre du parti des
Républicains indépendants. Lors des élections législatives du 10
novembre 1946 il est réélu député de Seine-Inférieure.
René Coty est ministre de la
Reconstruction et de l'Urbanisme dans le gouvernement Robert
Schuman du 24 novembre 1947 au 26 juillet 1948, dans le
gouvernement André Marie du 26 juillet au 5 septembre 1948 et dans
le gouvernement Robert Schuman du 5 septembre au 11 septembre
1948.
Lors des sénatoriales de novembre
1948 puis lors de celles de 1952, il est réélu sénateur. En
juillet 1949 il devient également Président de l'Union
parlementaire européenne.
Élection à la présidence de la République
Vice-président du Conseil de la
République en 1948, il approchait de ses soixante-douze ans à la
fin de 1953 et on ne pensait guère à lui pour succéder à l'Élysée
à Vincent Auriol. Mais, pour la première fois, alors que jusque-là
le président de la République était rapidement élu, les scrutins
s'éternisèrent lors de l'élection de 1953 : Joseph Laniel,
candidat de la droite, n'arriva jamais à obtenir la majorité
absolue, nécessaire dans ce genre d'élection. Après le dixième
tour, il se retira au profit de Louis Jacquinot, lequel fit encore
moins bien, passant même au-dessous de son rival socialiste,
Marcel-Edmond Naegelen ; il se retira à son tour au profit de René
Coty qui, sans être candidat, avait obtenu soixante-et-onze voix.
Cette fois, le nouveau candidat de la droite passa d'emblée à
douze voix de la majorité absolue ; on décida de procéder
immédiatement au treizième tour et René Coty fut largement élu (23
décembre 1953) pour entrer en fonction le 16 janvier 1954.
Dans les attributions étroites que la
Constitution de 1946 lui donnait, il se conduisit avec finesse et
dignité, devenant vite très populaire dans le cœur des Français.
On fut frappé de l'exclamation de son épouse, Germaine Coty, lorsqu'elle apprit l'élection de son mari :
« Et dire que je viens de rentrer mon charbon pour l'hiver ! ».
Appel au général de Gaulle
En 1958, la tension politique due
à la guerre d'Algérie est à son comble, et le putsch d'Alger fait
craindre un coup d'État militaire. René Coty fait appel « au plus
illustre des Français », le
général de Gaulle. Pour contrer l'opposition de l'Assemblée
nationale dominée par la gauche, il menace de démissionner
sur-le-champ en cas de refus d'investiture du Général. Cette
menace conduit la moitié des députés socialistes et radicaux à
accepter de Gaulle comme président du Conseil. Il confie alors à
Charles de Gaulle la tâche de constituer un gouvernement. À ce
sujet, Pierre Mendès France déclarera plus tard : « C'est parce que
le Parlement s'est couché qu'il n'y a pas eu de coup d'État ! ».
La
Constitution de la Ve République
est promulguée le 4 octobre, et René Coty transmet ses pouvoirs au
général le 8 janvier 1959 en déclarant « le premier des Français
est désormais le premier en France ». Il désapprouvera cependant
le recours au référendum de 1962 pour décider de l'élection
présidentielle au suffrage universel.
Fin de sa vie
Membre de droit du
Conseil constitutionnel, il est élu à l'Académie
des sciences morales et politiques.
René Coty meurt au Havre le
22 novembre 1962, victime d'une crise cardiaque. Le général de
Gaulle prononce son éloge lors des obsèques nationales célébrées
au Havre le 27 novembre 1962. Pour caractériser la personnalité de
René Coty, il cita
Jean de La Bruyère. « La modestie est
au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau :
elle lui donne force et relief ».
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