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Fidel CASTRO

Fidel Castro - Source : Museo de la Revolución, Havana, Cuba - Public domain
Source : 
Museo de la Revolución, Havana, Cuba
 - Domaine public

Fidel Alejandro Castro Ruz, né le 13 août 1926, est un ancien chef d'État et chef de gouvernement cubain. Il a été un des principaux leaders de la révolution cubaine, il a servi comme premier ministre de l'ile de février 1 958 a décembre 1976, et ensuite comme président du conseil d’État de Cuba depuis sa création jusqu’à sa démission de cette fonction en février 2008. Il sert actuellement comme premier secrétaire du parti communiste de Cuba, une position qu'il a occupé depuis sa création en 1965. Le 24 février 2008, l’assemblée nationale a élu Raúl Castro pour lui succéder comme président de Cuba.

Les organisations de défense des droits de l'Homme dénoncent son gouvernement comme une dictature. De nombreux observateurs comme Amnesty International ont critiqué des dérives autoritaires. L'universitaire et écrivain Jacobo Machover parle même de « pouvoir absolu ».

Cette vision est évidemment contestée par ses partisans. Le personnage jouit également d'une certaine popularité auprès d'hommes politiques de gauche (Hugo Chávez, Evo Morales...) et d'intellectuels (Eduardo Galeano, Adolfo Pérez Esquivel...) en Amérique latine, en Afrique (Nelson Mandela), en Europe (Danielle Mitterrand, Jack Lang...) et même aux États-Unis, où le révérend Jesse Jackson, ancien candidat à l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle américaine, déclara en 1984 que Fidel Castro était « le politicien le plus honnête et le plus courageux qu'[il ait] jamais rencontré ».

Arrivé au pouvoir en février 1959, peu après la révolution cubaine (1958-1959) qui renversa le régime dictatorial du général Fulgencio Batista, il cessa toutes ses fonctions à la tête de l'État le 24 février 2008. Son frère, Raúl Castro, alors vice-président fut élu à la tête de l'État par l'Assemblée Nationale.

Fidel Castro, son frère et le docteur Ernesto Guevara (dit « le Che ») ont donné à la révolution, officiellement nationaliste au départ, une orientation « marxiste-léniniste » au début des années 1960, au moment de son affrontement avec les administrations américaines de l'époque. Le pays se rapprocha alors de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Suite à la révolution, le gouvernement cubain, sous l'impulsion de Castro, de son frère et de Che Guevara, instaura progressivement une république socialiste à parti unique. La constitution cubaine garantit que le parti ne prend pas position sur les élections et qu'il ne désigne pas de candidats, ces derniers sont proposés par les citoyens lors des réunions d'ouvriers et de quartiers.

Fidel Castro a d'abord occupé la charge de Premier ministre de 1959 à 1976 puis, à partir du 2 décembre 1976, celle de président du Conseil d'État (chef de l'État) et de président du Conseil des ministres (chef du gouvernement). Il est également député de Santiago depuis 1976, et Premier secrétaire du Parti communiste de Cuba depuis sa refondation en 1965. Réélu sans adversaire tous les cinq ans, Fidel Castro a été au pouvoir face à onze présidents des États-Unis : Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, Ford, Carter, Reagan, George Bush, Clinton, George W. Bush et Obama.

Fidel Castro, une personnalité controversée

Selon un sondage réalisé en septembre 2006 par la société Gallup dans les villes cubaines de la Havane et de Santiago, 49 % contre 39 % de leur population soutiennent le gouvernement actuel. Contrairement à 80 % des habitants urbains d'Amérique latine, uniquement 26 % d'entre eux sont satisfaits de leur liberté individuelle.

Fidel Castro n'organise pas de culte de la personnalité et n'a été représenté que deux fois sur un timbre. La première fois en 1974, en commémoration de la visite de Leonid Brejnev, puis en 1999, sur un timbre commémorant le 40e anniversaire de la Révolution. Le régime a plutôt encouragé l'admiration envers le héros de l'indépendance, José Martí, ou les martyrs de la révolution tels que Camilo Cienfuegos et surtout Che Guevara.

A l'étranger son image est depuis longtemps contestée du fait du nombre de prisonniers politiques : « Depuis quarante ans, Amnesty International fait campagne contre les atteintes aux droits humains perpétrées par le gouvernement cubain ; l'organisation s'est élevée, en particulier, contre l'emprisonnement de dissidents politiques et de journalistes, victimes des sévères restrictions imposées à la liberté d'expression, d'association et de réunion. »

Une « icône révolutionnaire »

Dans de nombreux pays dits du tiers-monde, Fidel Castro bénéficie d'une grande popularité, notamment en Amérique latine. Lors de son retrait du pouvoir en 2008, de nombreux chefs d'états lui ont rendu hommage. Lula da Silva, président du Brésil, l'a qualifié de « seul mythe vivant de l'histoire de l'humanité ». Hugo Chávez, président du Venezuela, a quant à lui déclaré que « les hommes comme Fidel ne se retirent jamais ». Evo Morales en Bolivie, Daniel Ortega au Nicaragua, les dirigeants de l'ANC en Afrique du Sud, ou encore ceux du MPLA en Angola ont également assuré le président cubain de leur soutien.

D'autres personnalités politiques ou associatives sud-américaines ont manifesté leur admiration pour Fidel Castro. C'est le cas de Rosario Ibarra, sénatrice mexicaine, de João Pedro Stedile, président du Mouvement des sans-terre au Brésil, ou de Hebe de Bonafi, présidente de l'Association des mères de la place de Mai en Argentine. Portia Simpson-Miller, ex-premier ministre de la Jamaïque, a affirmé « c'est une légende, un géant, un champion ».

Ricardo Alarcón de Quesada, président de l'Assemblée Nationale de Cuba, explique ainsi les réélections successives de Fidel Castro : « Sa légitimité historique, ses qualités personnelles, [...] son autorité, son prestige au niveau international expliquent l'unanimité qu'il fait auprès des citoyens »; « il n'a jamais menti au peuple et ne s'est pas enrichi à ses dépens. [...] Pourquoi cesserions-nous d'élire un homme d'une stature aussi exceptionnelle ? » Il lui prête également une "capacité d'autocritique extraordinaire" et une grande intuition.

Oppositions

Des milliers de Cubains ont quitté le pays depuis l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro, pour des raisons politiques et/ou économiques. En août 1994, alors que le régime est installé depuis 35 ans, ce sont encore 32 000 Cubains qui préfèrent quitter l'île sur des radeaux. Selon le journal communiste français l'Humanité, chaque année, 20 000 Cubains demandent un visa pour les États-Unis.

Jacobo Machover estime à plusieurs centaines de milliers le nombre des opposants à Fidel Castro.

Le 23 avril 2003, les membres de l'association Reporters sans frontières (RSF) accompagnés d'un journaliste de 20 Minutes, du cinéaste Romain Goupil, de l'écrivain Zoé Valdés et du philosophe et chroniquer au Monde Pascal Bruckner ont manifesté devant l'ambassade cubaine à Paris contre la condamnation de 78 Cubains accusés de « conspiration ». Ils ont bloqué les entrées avec des chaînes et cadenas, et déclarent avoir alors été frappés par des employés de l'ambassade munis de bâtons et de barres de fer, sortis dans la rue. Il y a quatre blessés. L'association Cuba-Si, favorable au régime, parle de « calomnie ».

Des dissidents cubains ont déposé une requête devant l'Audience nationale, la plus haute instance de la justice espagnole, le vendredi 14 octobre 2005 pour demander l'inculpation de Fidel Castro pour génocide, crimes contre l'humanité, torture et terrorisme.

Prisonniers politiques

Des opposants politiques sont morts emprisonnés dans les prisons cubaines, parmi lesquels le plus célèbre est le poète catholique Pedro Luis Boitel. Beaucoup d'écrivains furent également persécutés leur vie durant sans pouvoir quitter librement Cuba, comme Reinaldo Arenas (qui parvint à s'enfuir en tant qu'homosexuel mais se suicida aux États-Unis), José Lezama Lima ou Virgilio Piñera.

De nombreux opposants ont connu la prison. L'un des plus célèbre est Armando Valladares qui a raconté son expérience dans « Against All Hope », condamné pour avoir placé des explosifs dans la Havane en 1960.

Après la chute du Mur de Berlin et la dissolution de l'Union soviétique, la guerre froide étant terminée, le gouvernement cubain se concentre sur les problèmes économiques afin d'obtenir des pays occidentaux ,y compris les États-Unis d'Amérique, des aides financières et humanitaires.

Cependant, la répression demeure très élevée selon Amnesty International : « Au cours de l'année 2006, on a constaté une augmentation des actes de harcèlement public et d'intimidation des critiques du régime et dissidents politiques par des groupes quasi officiels lors d'opérations dites "de répudiation" ».

Les actes de répudiation ou manifestations organisées par des partisans du gouvernement qui s'en prennent à des dissidents politiques ou des critiques du régime sont en hausse.

« (...) les manifestations de répudiation de dissidents étaient d’une violence inouïe, verbale en général, mais j’ai vu des gens déshabiller complètement une femme et, là-bas, la police est totalement du côté des manifestants. Je ne veux pas me souvenir de cela. (L'Humanité du 30 octobre 1999) »

De nombreuses arrestation ont lieu au motif de « dangerosité sociale », définie comme une « propension à commettre une infraction » cette mesure de prison préventive qui concerne l'ivrognerie, la toxicomanie ne s'est appliquée qu'aux opposants et peut aller jusqu'à quatre ans d'emprisonnement.

Selon un rapport publié le 10 janvier 2005 par la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN), 294 prisonniers politiques sont encore enfermés à Cuba, contre 317 début 2004. Selon ce rapport, en 2004, au moins 21 personnes ont été emprisonnées pour des motifs politiques. Il rappelle également que le gouvernement cubain continue de refuser l’accès aux prisons au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la Commission des droits de l’homme de l’ONU.

Fortune

En 2003, le magazine américain Forbes estime la fortune de Fidel Castro à « au moins 110 millions de dollars ». En 2004 à 150 millions ; puis, en 2005, à 550 millions de USD. Et enfin en 2006, à 900 millions de dollars américains selon d'ex-fonctionnaires cubains.

Castro a démenti ces affirmations et annonce qu'il ne gagne que 900 pesos (l'équivalent de 40 $US) par mois, il s'était par ailleurs engagé à quitter ses fonctions si la preuve est apportée qu'il possédait une telle fortune. En mai 2006, il déclarait « Je ne suis pas né totalement pauvre. Mon père possédait des milliers d'hectares de terre. A la victoire de la révolution, toutes ces terres ont été remises aux paysans. [...] Toute ma fortune, M. Bush, tient dans la poche de votre chemise ! »

Problèmes familiaux

Sa sœur cadette, Juanita Castro, exilé aux États-Unis depuis 1964, a déclaré en octobre 2009 avoir travaillé pour la CIA de 1961 à son départ de Cuba.

Alina Fernández, une des filles naturelles de Fidel Castro, a fui Cuba en 1993 et ne cesse de s'opposer publiquement à son père et à sa politique. Elle est installée depuis 2001 à Miami.

Au total, au moins six membres de sa famille se sont installés à Little Havana, le quartier cubain de cette ville : sa sœur, deux de ses filles et trois de ses petits-enfants, qui mènent une vie en général loin des médias.

 

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