
.
.George W.
BUSH
George Walker Bush,
né le 6 juillet 1946, fils de George Herbert Walker Bush et de sa
femme, née Barbara Pierce, est le 43e président des
États-Unis, en fonction du 20 janvier 2001 au 20 janvier 2009.
Membre du
Parti républicain, il
est élu deux fois gouverneur de l’État du Texas (entre 1994 et
1998 puis entre 1998 et 2000), date à laquelle il quitte son poste
de gouverneur à la suite de sa victoire fortement disputée à
l'élection présidentielle. Il est élu président pour un second
mandat le 2 novembre 2004.
Ses présidences sont, entre
autres, marquées par les attentats terroristes du 11 septembre
2001, par la politique internationale dite de « guerre contre le
terrorisme », par les guerres en Afghanistan et en Irak, par
l'adoption par le Congrès des États-Unis du Patriot Act et
la création du département de la sécurité intérieure, puis par la
crise des subprimes et le plan Paulson mis en place pour faire
face à la crise financière de 2008 à la fin de son mandat.
Famille, études et carrière
Aîné d'une famille de six enfants,
George W. Bush naît la première année du baby boom à New Haven,
dans l'État du Connecticut.
Il a trois sœurs, dont une décédée
quand elle avait trois ans à la suite d'une opération pour traiter
sa leucémie ayant mal tourné et trois frères, dont John Ellis Bush
(« Jeb ») qui naît sept ans après lui.
La famille Bush emménage en 1959 à
Houston où le père a déménagé sa prospère compagnie pétrolière.
À l'adolescence, George W. Bush
est envoyé au pensionnat pour garçons de la Phillips Academy à
Andover, au Massachusetts, considéré à l'époque comme la « plus
dure école privée d'Amérique » par le Time Magazine.
Il est ensuite admis à Yale, dont
son grand-père était administrateur, pour poursuivre des études
supérieures. Il obtiendra un Bachelor of Arts in History
(licence d'histoire). Il est à l'époque membre d'une confrérie
étudiante secrète devenue célèbre par la suite : les Skull and
Bones, comme son père George H. W. Bush (1948), son grand-père
Prescott Bush (1917) et John Kerry, son futur rival à l'élection
présidentielle de 2004.
Il fait son service militaire en
s'engageant dans la Garde nationale aérienne du Texas en 1968 où
il devient pilote d'un F-102. Son unité est chargé de la défense
aérienne du sud du pays et du golfe du Mexique.
Pendant son incorporation, il
profite de ses congés pour participer à des campagnes électorales
auprès de son père ou d'amis.
Lorsque son service militaire se
termine, après avoir été cependant refusé à la faculté de droit de
l'université du Texas, le jeune Bush est admis à la prestigieuse
Harvard Business School. Il y obtient son MBA en 1975.
Il se marie avec Laura Welch en
1977. Ils auront deux filles jumelles, Barbara Pierce Bush et
Jenna, nées en 1981.
En 1978, il se présente au Texas à
l'élection pour la Chambre des représentants mais avec 47% des
voix, il est battu par le représentant sortant, Kent Hance, son
adversaire du
Parti démocrate.
Il commence alors sa carrière dans
l'industrie du pétrole avec la création de Arbusto Energy (arbusto
signifie bush en espagnol), une entreprise de recherche de
pétrole et de gaz. Cette entreprise doit faire face à la crise en
1979 et, après l'avoir renommée Bush Exploration, George W.
Bush la revend en 1984 à Spectrum 7, un de ses concurrents
texans dont il prend la tête. De 1983 à 1992, il fait partie du
directoire de la société de productions cinématographiques Silver
Screen Partners, détenue par Roland W. Betts, un ami et ancien
confrère d'université.
Après avoir travaillé sur la
campagne victorieuse de son père, en 1988, il rassemble de proches
amis et achète les Texas Rangers, une équipe de base-ball, en
1989. On l'accuse par la suite d'avoir bénéficié de pressions
politiques dans le cadre de cet achat.
Il est domicilié à Crawford, où il
possède un ranch dans lequel il passe ses vacances.
Gouverneur du Texas (1994-2000)
Bush revend l'équipe des Texas
Rangers en 1994, lors de son élection au poste de gouverneur du
Texas. Pour atteindre ce poste, il bat la très populaire démocrate
et gouverneur sortante, Ann Richards.
Il est alors le deuxième
gouverneur républicain du Texas depuis 1877 et le premier
gouverneur de cet État à remplir deux mandats complets de quatre
ans car en 1998, il est réélu avec 69% des voix.
Sa politique est très remarquée en
Europe pour l'utilisation prononcée de la peine de mort : il
refuse de suspendre l'exécution de 152 condamnés à mort.
Il manœuvre habilement avec les
élus démocrates, majoritaires au Congrès local, si bien qu'une
part d'entre eux se rallieront à lui lors de sa campagne
présidentielle de 2000, alors qu'il s'est déjà posé comme candidat
adverse.
Election
présidentielle de 2000
L'élection présidentielle de 2000
met face à face George W. Bush à Al Gore, vice-président des
États-Unis et candidat du
parti démocrate.
Après s'être imposé avec
difficulté lors des primaires contre John McCain, sénateur de
l'Arizona, George W. Bush axe sa campagne sur les affaires
intérieures du pays, souhaitant abaisser substantiellement le
niveau d’engagement extérieur des États-Unis.
Durant cette campagne, Bush
s'entoure d'experts politiques et choisit Dick Cheney, ancien
secrétaire à la défense, comme candidat à la vice-présidence.
Au soir des élections, les
résultats sont si serrés dans certains États, comme le
Nouveau-Mexique et la Floride, qu’il faut parfois mettre en place
un second décompte. Des défauts et ambiguïtés dans certains
formulaires de vote provoquent des disputes dans des bureaux de
votes, en particulier en Floride où l'écart n'est que d'une
centaine de voix, et où plusieurs milliers de bulletins sont
déclarés invalides.
Au Nouveau-Mexique, après avoir
été déclaré vainqueur avec dix mille voix d'avance, un nouveau
recomptage voit l'avance d'Al Gore fondre à trois cents voix. En
Floride, certains bureaux de votes sont officiellement fermés pour
irrégularités. Le décompte des voix est long car un recomptage
méthodique est ordonné en particulier dans trois comtés litigieux
mais à la fin de celui-ci George Bush est encore gagnant avec près
de 1 500 voix d'avance.
Les avocats d'Al Gore obtiennent
cependant de la cour suprême de Floride (dont six juges sur sept
sont démocrates) un nouveau recomptage manuel dans trois comtés,
ceux de Miami-Dade, Palm Beach et Broward. Ce faisant, la cour de
Floride dépasse ses compétences judiciaires et réécrit le code
électoral ce qui sera immédiatement contesté devant la Cour
suprême des États-Unis par les avocats de George W. Bush.
La Cour suprême des États-Unis
finit par annuler l'ultime recomptage manuel des voix en Floride,
jugé illégal. George W. Bush est ainsi désigné président des États-Unis
d'Amérique par la cour suprême.
À aucun moment, Al Gore n'a réussi
à devancer George Bush lors des recomptages de Floride. En mars
2001, un consortium de plusieurs journaux américains font
effectuer à leurs frais un recomptage des bulletins dans les trois
comtés clés mais aussi dans toute la Floride. Selon les
différentes hypothèses envisagées, leurs conclusions furent que si
la Cour n'avait pas interrompu le recomptage manuel, George Bush
aurait quand même gagné l'élection ou l'aurait perdue de trois
voix, dans une seule hypothèse, face à Al Gore.
La réélection de 2004
Lors de l'élection présidentielle
de 2004, George W. Bush est opposé au sénateur démocrate John
Kerry. Tout d'abord à la traîne dans les sondages, il profite du
manque de dynamisme de son adversaire pour prendre une avance
importante, avec une argumentation fondée sur le manque de
constance politique du sénateur. Ce dernier surprend cependant le
public lors du premier débat télévisé, attaquant frontalement le
président sur la « colossale erreur » de la guerre en Irak : la
campagne est relancée. Lors des deux débats suivants, les
candidats s'affrontent sans que l'un des deux prenne réellement
l'avantage.
Le scrutin se présente une fois de
plus comme étant très serré et c'est George W. Bush qui est réélu
lors du vote du 2 novembre 2004 avec un score historique de plus
de 62 millions d'électeurs contre 59 millions à John Kerry lequel
admet sa défaite dès le lendemain du scrutin. Le camp républicain
remporte également une victoire historique dans les élections pour
le renouvellement du Sénat et de la Chambre des représentants.
Le clivage entre les « États
rouges » républicains et les « États bleus » démocrates est aussi
tranché qu'en 2000 entre Bush et Gore.
Les villes intellectuelles du
Nord-Est et du Nord comme Boston, New York et Chicago, les villes
de la côte ouest comme San Francisco, Los Angeles et Seattle, qui
représentent les États ayant les plus fortes concentrations de
population, s'ancrent dans le camp démocrate. En fait, les 32
villes de plus de 500 000 habitants que comptent les États-Unis
ont presque toutes voté démocrate alors que la majorité d’entre
elles se trouvent cependant dans des États républicains (Atlanta,
Miami, Las Vegas, La Nouvelle-Orléans, etc.).
C'est en termes de comtés que
l'avantage bascule nettement et largement vers les républicains.
Les trois quarts des comtés américains ont voté pour Bush et seuls
ceux des États de la Nouvelle-Angleterre et d'Hawaii ont voté
majoritairement pour John Kerry.
Le résultat définitif de
l'élection est le suivant : George W. Bush obtient 62 041 268 voix
(50,7 %) contre
59 028 548 à John Kerry (48,3 %).
Les grands électeurs se répartissent ainsi: 286 pour George W.
Bush, 251 pour John Kerry et 1 pour John Edwards, le colistier de
John Kerry.
En raison de la plus forte
participation électorale, George W. Bush et John Kerry ont l'un et
l'autre établi des records en ce qui concerne le nombre de voix
recueilli. George Bush est passé de 50,4 à 62 millions (gain de
11,6 millions), John Kerry par rapport à Al Gore a gagné 8
millions de voix (de 51 à 59 millions).
La « guerre contre le terrorisme »
et « l'expansion de la démocratie »
À la suite des attentats
terroristes du 11 septembre 2001 à New York et Washington D.C.,
George W. Bush réunit le pays derrière lui (avec 90 % d'opinions
favorables). Il déclare la « guerre au terrorisme » et utilise un
vocabulaire contesté par ses détracteurs (« mort ou vif »,
« croisade » et « États voyous »), mais bien perçu dans une
Amérique traumatisée.
Parallèlement aux préparatifs de
la guerre contre les Talibans en Afghanistan, qui ont refusé
d'extrader Oussama Ben Laden et les membres d'Al-Qaida, Bush
instaure une politique de sécurité incarnée par le Patriot Act,
voté par le Congrès à l'unanimité en novembre 2001, mais jugé
dangereux pour les droits de l'homme par la Fédération
internationale des droits de l'homme.
Le 7 octobre 2001, en réponse aux
attaques du 11 septembre et dans le but de traquer Oussama Ben
Laden et les responsables d'Al-Qaida selon les autorités
américaines, les troupes américaines commencent à pilonner les
grandes villes d'Afghanistan. C'est l'opération Liberté immuable,
à laquelle participent plusieurs pays de l'OTAN.
L’intervention américaine
s’accompagne d’une série d'opérations militaires menées en divers
points du territoire par les différentes composantes du «Front Uni
Islamique et National pour le Salut de l'Afghanistan» plus connue
sous le nom d'Alliance du Nord. Elle débouche en décembre sur la
chute du régime des Talibans et la mise en place du gouvernement
d'Hamid Karzai.
Parallèlement à l'intervention en
Afghanistan, il met en place fin 2001 sur la base militaire de
Guantánamo à Cuba le camp de détention du même nom où sont
incarcérés les combattants islamistes capturés. Incarcérés en
dehors de tout cadre juridique, plusieurs rapports et témoignages
font mentions d'actes de tortures lors des interrogatoires. Avec
le temps, cette prison devient un symbole de la lutte des
associations de défense des droits de l'homme contre la politique
sécuritaire de l'administration de George W. Bush. La torture
elle-même (désignée par l'euphémisme « méthodes fortes
d'interrogatoire ») est autorisée par différents mémorandums du
ministère de la Justice (John Yoo, etc.), induisant un débat
national et international sur la légitimité de la torture dans la
lutte anti-terroriste. L'autorisation accordée à sa pratique par
l'administration Bush n'empêche pas celui-ci de déclarer, le
26 juin 2003, date de la Journée internationale de soutien aux
victimes de la torture de l'ONU, que les États-Unis « se
consacrent à l'élimination mondiale de la torture et qu'[ils] sont
à la tête de ce combat en montrant l'exemple ». En dépit de cette
déclaration, les procédures d' extraordinary rendition et
l'autorisation de la torture ont étendu l'usage de celle-ci dans
d'autres États, qui se voyaient légitimés par l'« exemple »
américain.
Thème central de la pensée des
néo-conservateurs, l'« expansion de la
démocratie » devient le
credo et l'objectif officiel de la politique américaine à partir
du discours de George W. Bush devant le Congrès en janvier 2002,
durant lequel il pointe du doigt les pays dit de l'Axe du Mal en
visant nommément l'Irak, l'Iran et la Corée du Nord, à l'encontre
de laquelle les néo-conservateurs renforcent la politique
américaine de sanctions.
En février 2005, George W. Bush
nomme John Negroponte à la tête de la toute nouvelle Direction du
renseignement américain (DNI), nouvelle fonction créée dans le
cadre de la réforme des services de renseignement américains suite
aux recommandations de la Commission du 11 septembre, dont les
conclusions avaient été publiées durant l'été 2004.
En octobre 2005, il donne son aval
à la création d'un nouveau service de renseignements, le National
Clandestine Service (NCS) patronné par la CIA, pour s'occuper des
opérations d'espionnage à l'étranger. Ce service des opérations
clandestines coordonnera les opérations d'espionnage de la CIA, du
FBI et du département de la défense, mais sans avoir le pouvoir
d'ordonner ou de les diriger.
C'est dans un tel contexte qu'en
février 2006, l'entreprise émiratie "Dubai Ports World" annonce la
reprise de l'opérateur portuaire britannique P&O, qui gère des
terminaux portuaires dans six grands ports américains de la côte
Est. Ce transfert de gestion déclencha une crise politique entre
la Maison blanche favorable et les parlementaires américains,
soutenus par l'opinion publique, qui y voient une menace pour la
sécurité du pays.
Hillary Clinton proposa alors
l'adoption d'une loi interdisant à toute société contrôlée par un
État étranger de racheter des activités portuaires aux États-Unis.
D'autres élus démocrates travaillèrent sur un amendement
interdisant toute prise de contrôle d'opérations portuaires par
"une société possédée ou contrôlée par un gouvernement qui avait
reconnu le gouvernement des talibans" en Afghanistan tandis que
les élus
républicains de la Chambre des représentants promettaient
de voter une loi bloquant le projet de rachat, défiant le
président au nom de la sécurité nationale, alors que celui-ci
était prêt à mettre son veto si le Congrès légiférait pour
torpiller la transaction.
Au bout du compte, l'entreprise
émiratie annoncera le transfert de la gestion des six grands ports
à une « entité américaine », au nom de l'amitié entre les
États-Unis et les Émirats arabes unis.
Le 17 octobre 2006, George W. Bush
signa et promulgua une loi sur les commissions militaires
controversée autorisant la torture dans les interrogatoire contre
les suspects de terrorisme (notamment le programme
d'interrogatoires de la CIA), leur détention dans des prisons
secrètes à l'étranger et leur jugement par des tribunaux
militaires. Cette loi fut vivement critiquée par Amnesty
International ou l'American Civil Liberties Union (ACLU). Toujours
dans le domaine de la légalisation de la torture, il met son veto
à une loi interdisant la torture par l'eau.
La guerre
en Irak
En 2002, influencé par les
théories des néo-conservateurs, George W. Bush évoque la nécessité
d’un changement de régime en Irak, indiquant que les États-Unis
ont des raisons de croire que le président irakien Saddam Hussein
possède des liens avec des groupes terroristes et continue de
développer un programme d’armes de destruction massive (ADM).
Le 8 novembre 2002, la résolution
1441 du Conseil de sécurité des Nations unies exige du régime
iraquien une « coopération active, totale et immédiate » avec les
équipes d'inspections dépêchées sur place.
Estimant que les conditions de
coopération ne sont pas remplies, George W. Bush donne le signal
le 20 mars 2003 d’une invasion militaire de l’Irak en vue de
renverser le régime en place. La victoire militaire est acquise
rapidement dès le 10 avril et début mai, le président Bush
proclame unilatéralement la cessation des hostilités.
George W. Bush fait passer le décret 13303
donnant l’immunité totale aux compagnies pétrolières en Irak, tout
procès à leur encontre étant immédiatement considéré comme nul et
non avenu aux États-Unis.
À partir de juin 2003, des attentats terroristes sont commis
contre les forces militaires américaines puis contre les civils
irakiens sans distinction ainsi que des prises d'otages.
Depuis le début de l'invasion en
mars 2003, on estime que plusieurs dizaines de milliers d'Irakiens
ont été tués par l'armée américaine ou par des attentats
terroristes, ainsi que plus de 2 000 soldats américains. Les armes
de destruction massive (un « prétexte bureaucratique » selon Paul
Wolfowitz) qui avaient effectivement servi sous le régime de
Saddam Hussein contre les Kurdes ou les
Chiites, n'ont pas été
trouvées et auraient finalement bien été détruites dans les années
qui avaient suivi la guerre du Golfe de 1991. Quant aux liens du
régime avec les organisations terroristes, ils avaient cessé
depuis longtemps (Abou Nidal, Carlos) ou restaient faibles se
limitant au financement des familles des kamikazes palestiniens et
à la présence sur le sol iraquien de membres d'organisations
terroristes (Moudjahidines iraniens).
Cependant, pour les partisans de l'intervention américaine, la
mise à jour de charniers contenant des centaines de milliers de
victimes du régime de Saddam Hussein,
a justifié le renversement par la force du dictateur irakien.
Enfin, l'intervention américaine a permis au pays de connaître le
31 janvier 2005 ses premières élections démocratiques depuis
cinquante ans puis en octobre 2005,
l'adoption d'une
constitution démocratique approuvée par référendum.
Les sondages d'opinions longtemps
très favorables à George W. Bush concernant sa gestion de la
guerre d'Irak ont commencé à basculer en juin 2005 et sont devenus
négatifs à partir du mois de septembre 2005. Si une majorité
d'Américains considèrent dorénavant que l'engagement en Irak était
une erreur, ils souhaitent un retrait de leurs troupes (mais pas
cependant encore dans n'importe quelle condition). La guerre
d'Irak fut à l'origine d'un mouvement non officiel d'opposants
réclamant la destitution de ses fonctions par le biais de la
procédure de l'impeachment, autrefois utilisée sans aller à son
terme contre Richard Nixon ou sans rencontrer de succès contre
Andrew Johnson et Bill Clinton. Une tentative en ce sens, menée
par le représentant démocrate de l'Ohio, Dennis Kucinich, en juin
2008, avait été déposée à la chambre des représentants dans
l'indifférence générale des membres du Congrès et renvoyée en
commission.
Cette guerre fut à l’origine de graves tensions diplomatiques
au sein de l’ONU,
de l’OTAN
et avec certains pays comme la
France et l’Allemagne.
Les motivations américaines dans cette affaire sont encore
discutées.
Le 24 septembre 2005,
plusieurs dizaines de milliers de manifestants s'étaient
rassemblés à Washington D.C. pour protester contre l'engagement
américain en Irak.
Le 6 octobre 2005, devant le
National Endowment for Democracy (NED), Bush s'en est pris aux
opposants à la guerre aux États-Unis, qui préfèrent, selon lui, la
facilité. « Il y a toujours la tentation au milieu d'une longue
lutte de chercher une vie tranquille, d'échapper à ses devoirs et
aux problèmes du monde et d'espérer que l'ennemi se lasse du
fanatisme et des meurtres. Nous allons conserver notre sang-froid
et remporter cette victoire. » Évoquant au moins dix attentats
déjoués dans le monde depuis le
11 septembre 2001, il dénonce par
ailleurs l'« islamo-fascisme » des terroristes d'Al-Qaida soutenus
par des « éléments dans les médias arabes qui incitent à la haine
et à l'antisémitisme » et « abrités par des régimes autoritaires,
alliés de circonstances, comme la Syrie et l'Iran, qui partagent
l'objectif de faire du mal à l'Amérique et aux régimes
musulmans
modérés et utilise la propagande terroriste pour reprocher leurs
propres échecs à l'Occident, l'Amérique et aux juifs. »
Il faut attendre le 14 décembre
2005 au cours d'une interview sur Fox News pour que George W. Bush reconnaisse avoir commis des
« erreurs tactiques » en Irak notamment des décisions inadaptées
dans l'entraînement des forces irakiennes, d'avoir fait le choix
initial de grands projets de reconstruction au lieu de chantiers
aux « effets immédiats sur la vie des gens ». Il a aussi regretté
de ne pas avoir enclenché plus tôt le transfert de souveraineté
aux Irakiens après la guerre mais a cependant réaffirmé que la
décision d'attaquer Saddam Hussein était juste.
Le 25 mai 2006,
George W. Bush et Tony Blair reconnaissent leurs erreurs en Irak.
Le président américain a notamment déclaré que ses propos avaient
« envoyé de mauvais signaux », que« les
choses ne se sont pas déroulées comme nous l'avions espéré »
et que « la plus grosse erreur, du moins en
ce qui concerne l'implication de notre pays, c'est Abou Ghraïb ».
Le 10 janvier 2007, lors d'une
allocution télévisée, le président annonce que 21 500 militaires
supplémentaires seront envoyés en Irak pour permettre un retour à
la paix plus rapide. Cette décision se heurte à un congrès et une
opinion publique hostile et majoritairement sceptique par cette
démarche.
En décembre 2007, des experts militaires estiment que la
situation militaire et sécuritaire est désormais maîtrisée depuis
l'arrivée de renforts mais restent extrêmement circonspects sur
l'évolution politique de l'Irak.
En fin d'année 2007, devant la baisse des pertes militaires,
l'opinion publique devient plus optimiste.
Le 8 mars 2010,
soit plus d'un an après la fin de sa présidence, le magazine
Newsweek, consacrant sa couverture à George W. Bush, titrait
« Enfin, la victoire : l'émergence d'un Irak démocratique » (Victory
at last: The emergence of a democratic Iraq) à propos
des élections législatives tenues en Irak au début du mois de mars
2010, y voyant le signe de l'émergence de la
démocratie. Le
magazine faisait ainsi écho à l'annonce jugée prématurée par
George W. Bush faites le 1er mai 2003, de la fin des « combats
majeurs » dans le pays. Ainsi, selon le magazine américain,
« le pays possède désormais des partis et
institutions politiques diverses, une presse libre et une armée
"respectée" partout dans le pays [concluant que] l'Irak, pour le
meilleur ou pour le pire, démocratique ou pas, sera une puissance
avec laquelle il faudra compter. Telle est la sombre victoire de
l'Amérique ».
Le conflit israélo-palestinien
George W. Bush a été critiqué pour une action politique
considérée
comme révélatrice d'un soutien exclusif à
Israël. Il a cependant été le premier président américain à
évoquer officiellement la création d'un
État palestinien.
La « feuille de route », pour le règlement du
conflit israélo-palestinien, rédigée par les États-Unis, la
Russie, l'Union européenne et l'ONU, prévoyait la création d'un
État palestinien en 2005. En janvier 2005, les négociations
reprennent alors dans un nouveau contexte entre Palestiniens et
Israéliens, appuyés par les Américains.
Le 26 mai 2005, George W Bush
reçoit Mahmoud Abbas à la Maison Blanche et rappelle que le
respect de la feuille de route pour la paix de part et d'autre est
fondamental pour l'aboutissement du processus de paix.
Au cours du
conflit israélo-libanais de 2006, son administration a été
critiquée pour s'être opposée à un cessez-le-feu pendant la 1ère
partie du conflit.
A un an de la fin de son mandat,
George W. Bush, accusé d'avoir négligé la question du conflit
israélo-palestinien au profit de l'Irak, s'implique de nouveau sur
le sujet. Du 26 au 28 novembre 2007, il organise dans le Maryland
la conférence d'Annapolis réunissant une cinquantaine de pays et
d'organisations dans le but d'avancer sur la voie d'un règlement
du conflit israélo-palestinien et de parvenir à un accord de paix
avant la fin 2008. Il obtient du premier ministre israélien Ehud
Olmert et du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas
un engagement écrit pour de nouvelles discussions sur des
questions clés du conflit comme le statut de Jérusalem, le sort de
plus de quatre millions de réfugiés palestiniens, le sort des
colonies juives, le partage des ressources en eau et la
délimitation des frontières. Il est également mis en place un
comité de pilotage alors que deux conférences internationales de
suivi devraient ensuite se dérouler à Paris puis à Moscou. C'est
durant cette conférence que la Syrie en appelle à reprendre les
négociations de paix avec Israël, suspendues depuis 2000.
C'est en janvier 2008 qu'il entame
sa première visite dans plusieurs pays du Moyen-Orient (Israël,
Cisjordanie, Égypte, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis et
Arabie saoudite) en tant que président des États-Unis, afin
d'aboutir avant la fin de son mandat à un accord conduisant à la
création d'un État palestinien coexistant en paix avec Israël,
d'obtenir le soutien des dirigeants arabes aux négociations
israélo-palestiniennes et de discuter de l'Iran.
L'ONU
Dès 2001, l'administration de
George W. Bush se montre peu encline au multilatéralisme et au
fonctionnement de l'ONU (Affaire Pétrole contre nourriture, guerre
d'Irak sans aval du Conseil de sécurité).
En août 2005, il nomme John R. Bolton comme nouvel ambassadeur américain à l'ONU alors
qu'il en est un inlassable détracteur.
Cependant, après les ravages de
l'ouragan Katrina dans le Sud des États-Unis et l'aide humanitaire
apporté par de nombreux pays (dont les plus pauvres), Bush modifie
sa conduite lors de son discours à l'ONU lors du 60e anniversaire
de cette organisation. Le 14 septembre 2005, il tient au sein de
l'assemblée générale un discours atypique par rapport à sa
politique traditionnelle, portant sur les sujets de l'aide au
développement et de la pauvreté. Il annonça ainsi son soutien à la
mise en place d'un partenariat international sur la grippe aviaire
qui obligerait les nations à rendre des comptes à l'Organisation
mondiale de la santé (OMS). Affirmant sa volonté de respecter les
objectifs du millénaire, il plaide pour la suppression des
subventions et des barrières douanières sur les produits
agricoles. Enfin, Il félicite la mise en place du Fonds des
Nations Unies pour la démocratie (FNUD), dont il est le principal
auteur, composé uniquement de pays démocratiques et auquel la
France a promis de s'associer.
Fin de mandat
L'élection de Barack Obama en
novembre 2008 fait entrer George W. Bush dans la dernière étape de
sa présidence. La transition avec l'administration Obama s'achève
le 20 janvier 2009, date de passation des pouvoirs au
quarante-quatrième président des États-Unis. Lors des dernières
conférences et discours de fin de mandat, prononcés en janvier
2009, le président George W. Bush a fermement défendu sa
présidence en parlant d'un "bilan bon et fort", rejetant les
critiques sur sa gestion de la "guerre contre le terrorisme",
l'Irak et l'économie. Il reconnaissait toutefois quelques erreurs
dont le déploiement de la bannière "mission accomplie" annonçant
prématurément la fin des combats en Irak, le fait qu'on n'ait pas
découvert d'armes de destruction massive en Irak et le scandale
des abus dont ont été victimes des détenus à la prison d'Abou
Ghraïb. Il estime néanmoins que l'histoire sera son juge "une fois
qu'un certain temps aura passé", comme ce fut le cas pour Harry
Truman, président impopulaire lorsqu'il quitta ses fonctions mais
aujourd'hui admiré pour l'ensemble de sa politique durant la
guerre froide.
Le 13 janvier, les membres démocrates de la Commission Justice de la
Chambre des Représentants publient un rapport à charge de 486
pages titrés sur les leçons et recommandations liées à la
présidence de George W. Bush, recommandant la création d’une
commission d’enquête officielle. Ces recommandations resteront
sans suite faute de soutien des élus du Congrès et du gouvernement
américain.
Dans sa dernière allocution
télévisée, prononcée le 15 janvier 2009, cinq jours avant de
quitter la Maison-Blanche, il a défendu de nouveau son bilan dans
le domaine de la sécurité nationale, invoquant la création du
département de la Sécurité intérieure, la transformation de
l'armée, du FBI, des services de renseignement, et la mise en
place de nouveaux instruments pour "surveiller les mouvements des
terroristes, geler leurs avoirs financiers et déjouer leurs
complots". Il a cité en exemple l'Afghanistan et l'Irak, deux
nouvelles démocraties, a expliqué sa philosophie et rendu hommage
à son successeur.
Après la présidence
La présidence Bush s'acheva le
20 janvier 2009 à 12 h 00 (17 h 00 GMT). Après avoir assisté à la
prestation de serment solennelle sur la Bible de son successeur,
George W. Bush et sa femme Laura furent raccompagnés par Barack
Obama et son épouse Michelle à un hélicoptère attendant devant le
Capitole qui les amena à la base militaire d'Andrews, dans le
Maryland. L'ancien président fit alors ses adieux à des dizaines
de collaborateurs avant de s'envoler pour le Texas, à bord d'Air
Force One, rebaptisé pour l'occasion « Special Air Mission
28000 », accompagné notamment de ses parents mais aussi de son
ancien conseiller, Karl Rove et de plusieurs anciens membres de
son cabinet comme Alberto Gonzales, Margaret Spellings et Donald
Evans. Arrivé à Midland, il fut accueilli, au palais des congrès
Centennial Plaza, par 20 à 30 000 de ses partisans.
Résidant dorénavant dans son ranch
de Crawford ou dans sa nouvelle résidence de la banlieue de
Dallas, il a notamment prévu de s'occuper de sa bibliothèque
présidentielle, la George W. Bush Presidential Library,
dont l'inauguration est prévue en 2013 sur le campus de la
Southern Methodist University, et d'écrire un livre portant sur
ses deux mandats.
Durant l'année 2009,
il prononce plusieurs discours consacrés à sa vie à la présidence,
notamment lors de conférences à
Calgary,
Toronto ou
Montréal.
En janvier 2010, à la demande de
Barack Obama, il accepte avec Bill Clinton de diriger le "Fonds
Clinton-Bush pour Haïti", chargé de rassembler des moyens
financiers qui permettront au plus vite d'aider les victimes du
séisme qui a dévasté Haïti en janvier 2010 et de financer la
reconstruction de l'île.
En mars 2010, George W. Bush
bénéficie d'un regain d'intérêt de la part de la presse américaine
concommitante à la baisse de popularité de Barack Obama. Ce regain
d'intérêt tiendrait notamment du fait que l'administration Obama
n'aurait fait qu'édulcorer certaines politiques ou pratiques de
l'époque de l'administration Bush, bonnes ou mauvaises (la non
fermeture de Guantanamo, la loi “No child left behind”,
l'exacerbation des divisions partisanes, la décision de ne pas
faire finalement juger les suspects de l'attentat du
11 septembre
par un tribunal civil...).
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