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Tony BLAIR

Tony Blair - Source : World Economic Forum Author : Remy Steinegger - Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic License
Auteur : 
Remy Steinegger - World Economic Forum

Tony Blair, de son vrai nom Anthony Charles Lynton Blair (né le 6 mai 1953 à Édimbourg en Écosse), fut le Premier ministre du Royaume-Uni du 2 mai 1997 au 27 juin 2007. Gordon Brown lui succède. Il a été nommé le jour même de son départ du 10 Downing Street comme représentant du Quartet (Union européenne (UE), Organisation des Nations unies (ONU), États-Unis et Russie) au Proche-Orient. Depuis qu'il a quitté ses fonctions politiques, il fait fortune comme consultant et conférencier. Il a créé début 2009 une société commerciale baptisée « Tony Blair Associates ».

Jeunesse et famille

Tony Blair est né à Édimbourg en Écosse, il est le second fils de Leo Blair et de sa femme Hazel (née Corscadden).

Son père a étudié le droit et est devenu avocat. Bien qu'ayant eu des sympathies communistes dans sa jeunesse, il milita ensuite pour le Parti conservateur. Alors qu'il ambitionnait de devenir député, une attaque cardiaque le terrassa alors que le jeune Tony n'avait pas 11 ans.

De confession anglicane, Tony Blair débuta sa scolarité à Adélaïde en Australie, et la poursuivit à la Chorister School à Durham, puis au Fettes College à Édimbourg. Après le lycée il étudia le droit au St John's College à Oxford. Durant ses années à l'université, il jouait de la guitare et chantait dans un groupe nommé les Ugly Rumours. Après son diplôme, il fut engagé en tant qu'avocat chez Derry Irvine, qui devint plus tard Lord Chancelier. C'est dans ce cabinet qu'il rencontra sa future femme Cherie Booth.

Il vécut quelques années en France, exerçant le métier de barman, puis travaillant aux assurances Gan, ce qui lui donne une certaine aisance avec la langue française.

Tony Blair et Cherie Booth se marièrent le 29 mars 1980. Le couple a quatre enfants : trois fils et une fille. Anglican proche de la sensibilité Anglo-catholique, pratiquant mais pas particulièrement religieux, il se convertit officiellement au catholicisme le 21 décembre 2007 lors d'une céré­monie dirigée par le cardinal Cormac Murphy-O'Connor, primat de l'Église catholique en Angleterre et au pays de Galles, ayant attendu de quitter son poste, tous les Premiers ministres britanniques ayant été anglicans.

Début en politique

L’opposition

Après avoir obtenu son diplôme d'avocat en 1975, il rejoignit le Parti Travailliste (Labour Party). Il échoua aux élections du Parlement en 1982 n'obtenant que 10% des suffrages. Mais il impressionna néanmoins le leader du parti Michael Foot.

En 1983, il réussit à gagner le siège de la circonscription de Sedgefield, près de Durham la ville où il a grandi, dans le nord-est de l'Angleterre. Il faisait alors partie du courant réformateur du parti.

Une fois élu, son ascension fut rapide et en 1988, il fit partie du "cabinet fantôme" en tant que secrétaire à l'énergie puis à l'emploi. Il entama alors une migration vers des positions moins à gauche.

John Smith le leader du parti travailliste décéda subitement en 1994. Blair et Gordon Brown étaient considérés comme des prétendants possibles. Ils auraient conclu un accord pour prendre la tête du Parti travailliste : le premier serait Premier ministre alors que le second deviendrait chancelier de l'Échiquier (ministre de l'Économie). Leur victoire fut favorisée notamment par le nouveau mode de scrutin, que Blair avait contribué à élaborer. Blair fut élu chef du parti travailliste le 21 juillet 1994.

Chef du parti travailliste

Peu après son élection, Blair annonça son intention de changer la charte du parti qui datait de 1918 en enlevant les clauses typiquement socialistes comme la mise en commun des moyens de production et résuma le nouveau visage du parti par l'expression New Labour. Aidé par les difficultés du gouvernement de John Major, il remporta haut la main les élections le 1er mai 1997 et prit ses fonctions le lendemain. À 43 ans, Blair devenait ainsi le plus jeune premier ministre depuis Lord Liverpool en 1812.

 

Premier ministre

Premier mandat (1997-2001)

Indépendance de la Banque d’Angleterre

Après son élection, le chancelier de l’échiquier Gordon Brown donna à la Banque d'Angleterre son indépendance, avec la maîtrise du taux d’intérêt. Cette décision fut populaire dans les milieux de la finance londonienne que le Labour courtisait depuis les années 1990. De même le gouvernement suivit durant ses deux premières années les plans de dépenses prévu par les conservateurs, rassurant ainsi les personnes qui craignaient que Labour rime avec dépenses et déficits.

Processus de paix en Irlande du Nord

L’un des grands succès de Tony Blair fut la signature, le 10 avril 1998, de l’accord de Belfast connu sous le nom de l’« accord du Vendredi Saint » (« Good Friday Agreement »). Des négociations visant à favoriser la paix en Irlande du Nord, processus commencé par le prédécesseur John Major, mais qui avait échoué avec la fin du cessez-le-feu de l’IRA provisoire au milieu des années 1990. Avec l’accord de Belfast, les principaux partis d’Irlande du Nord, ainsi que les gouvernements irlandais et britannique négocièrent afin de proposer un cadre exclusivement démocratique et pacifique à l’Irlande du Nord, avec de nouvelles institutions politiques dans la province.

Législations

La législation concernant les gays, lesbiennes et travestis changea pendant le mandat de Tony Blair. L’âge de majorité sexuelle fut ainsi abaissé à 16 ans pour les gays et ces derniers ne furent plus interdits d’armée. En 2005, une loi reconnut les couples homosexuels (30 000 Britanniques ont signé ces contrats). L’adoption controversée par les homosexuels fut autorisée, et les discriminations dans le monde du travail pour cause d’homosexualité furent interdites. En 2004, les transsexuels obtinrent le droit de changer de sexe et de modifier leur certificat de naissance en conséquence (Gender Recognition Act).

Guerre du Kosovo

En 1999, Tony Blair organisa et présida la déclaration de la guerre du Kosovo. Alors qu’il était dans l’opposition, Tony Blair avait critiqué le manque de lucidité des conservateurs lors de la guerre de Bosnie, il organisa alors une politique dure de l’OTAN contre Slobodan Milošević. Blair fut critiqué par l’aile gauche pacifiste de son parti, contre le principe même de la guerre.

 

Deuxième mandat (2001-2005)

Lors de l'élection de 2001, le parti travailliste accentue sa majorité. Depuis le 1er août 2003, Tony Blair est devenu le premier ministre travailliste ayant la plus grande longévité à ce poste (il battait le record d'Harold Wilson qui exerça ces fonctions entre 1964 et 1970).

Lors de l’élection de 2001, Tony Blair fit sa campagne sur les services publics, notamment sur la Sécurité Sociale et sur le système d’éducation. Les conservateurs ayant quant à eux concentré leurs critiques sur le refus de l’euro. Le Labour gagna largement les élections faisant de Tony Blair le premier travailliste à gagner deux élections de suite.

Services publics

Après les élections de 2001, Blair augmenta les impôts afin de renforcer les services publics, notamment pour la santé et l’éducation. Le gouvernement introduisit l’autonomisation du financement des hôpitaux publics, cependant une controverse avec Gordon Brown se produisit sur les problèmes de déficits que cela causait, limitant l’autonomie de financement des hôpitaux.

Le processus de paix en Irlande du Nord

Il dut faire face à un certain nombre de problèmes. Ainsi, le Good Friday Agreement a été suspendu, le désarmement de l’IRA provisoire n’ayant pas été couronné de succès. De plus, le parti Démocrate Unioniste a remplacé le plus modéré parti Unioniste d’Ulster. De même, le SDLP a été remplacé par le Sinn Féin.

Politique étrangère

A la suite des attentats du 11 septembre 2001, Blair suivit de près la diplomatie américaine.

Guerre d’Afghanistan

Lors de la guerre d'Afghanistan, il eut une politique diplomatique active se déplaçant dans de nombreux pays. Il reçut des décorations aux États-Unis pour son soutien aux États-Unis.

Guerre d'Irak

Tony Blair apporta un soutien sans faille au président américain George W. Bush lors de la guerre en Guerre d'Irak en 2003. Il devint le porte-parole des États-Unis, s’opposant au président français Jacques Chirac, seul responsable européen à contester la pertinence de l'intervention, soutenu du bout des lèvres par l'Allemagne et plus bruyamment par le ministre des Affaires étrangères belge, Louis Michel, tous deux étant personnellement liés à des dirigeants arabes du Proche-Orient, amis, sympathisants ou alliés de Saddam Hussein. Considéré comme plus persuasif que Bush, Blair donna de nombreux arguments afin de renverser le "bourreau de Bagdad".

En 2003, Blair fit face à une crise avec le suicide du docteur David Kelly, compromis dans des fuites d'informations sur les programmes d'armement de Saddam, et que la presse avait faussement présenté comme un adversaire de l'intervention en Irak. Une tentative d’impeachment fut lancée mais n’aboutit pas. Le 24 septembre 2004, le gouvernement publia un dossier de la CIA censé prouver l’existence d’armes de destructions massive, contenant des affirmations que les recherches ultérieures ne permirent pas de confirmer. Malgré les critiques d'une partie des membres du Labour, Blair affirma que ce dossier était vrai. En octobre 2005, la Grande-Bretagne envoya sur demande des États-Unis davantage de soldats en Irak, et Tony Blair tenta d’user de son influence dans le conflit israélien afin de persuader les États-Unis de reprendre au sérieux le "processus de paix".

 

Troisième mandat (2005-2007)

G8 et présidence de l’Union européenne

Tony Blair assuma les fonctions de président du Conseil des chefs d'États et de gouvernements de l'Union européenne (le Conseil) du 1er juillet au 31 décembre 2005.

Après le refus de la constitution par la France et les Pays-Bas, Jack Straw (ministre des affaires étrangères) et Tony Blair annoncèrent la suspension illimitée de la ratification de la constitution. Blair dit alors : « Je crois à l’Europe en tant que projet politique, Je crois à une Europe forte qui prend en compte les aspects sociaux ».

Attentats de Londres en 2005

Le 7 juillet 2005, Londres fut victime d’attentats terroristes. Quatre bombes explosèrent dans les transports en commun londoniens lors de l’heure de pointe. 56 personnes sont décédées et 700 furent blessées. Ce fut l’attentat le plus meurtrier depuis l’attentat contre le Boeing 747 de la Pan Am en 1988, et le plus meurtrier à Londres depuis la Seconde Guerre mondiale.

Blair fit alors en plein G8 une déclaration demandant aux Britanniques de démontrer leur résistance face aux actes terroristes, affirmant sa détermination à défendre le mode de vie anglais face au terrorisme.

Le 21 juillet 2005, une deuxième série d’explosion eut lieu à Londres, deux semaines après les attentats du 7 juillet 2005. Beaucoup moins meurtrière ou destructrice que la première série d’attaque, elle visait à semer la panique chez les Londoniens.

L’opinion britannique fit bloc derrière Tony Blair. En décembre 2005, Tony Blair fut présenté comme l’homme d’État de la décennie par le transatlantique think tank East-West Institute.

Suite à ces événements, Blair proposa une loi beaucoup plus sévère, donnant à la police des pouvoirs d’interrogatoire importants, allant jusqu’à 90 jours pour les suspects de terrorisme. Cependant, une contestation eut lieu au sein des parlementaires du Labour qui amendèrent le texte. Ce fut la première fois que l’autorité de Tony Blair était remise en cause au sein du Parlement depuis son élection en 1997, fragilisant son leadership.

Fin de "règne"

En mars 2006, alors que les prochaines élections sont attendues en 2009 ou 2010, les spéculations sur son avenir vont bon train, suite à diverses polémiques sur des prêts secrets accordés par des hommes d’affaires au Parti travailliste. Toutefois il ne donne, en dépit de la pression, aucunement l’impression de vouloir hâter la passation des pouvoirs au profit de Gordon Brown, qui piaffe d’impatience. Tony Blair annonça finalement le 10 mai 2007 qu'il quitterait son poste le 27 juin, après désignation d'un nouveau chef du parti travailliste.

Départ et passation de pouvoirs

Le 27 juin 2007, le Premier ministre du Royaume-Uni se rend au palais de Buckingham pour présenter officiellement sa démission à la reine Élisabeth II. Son successeur, Gordon Brown, intronisé chef du Labour le 24 juin, est automatiquement désigné Premier ministre. Tony Blair a choisi de faire ses adieux politiques au Parlement où il a été longuement ovationné, ce qui, selon les analystes, est inédit.

 

Carrière après le poste de Premier ministre

Émissaire du Quartet au Proche-Orient

Tony Blair a été nommé émissaire pour le Proche-Orient du Quartet, cet organisme informel qui regroupe, sur le dossier israélo-palestinien, l'Union européenne, la Russie, les États-Unis et l'ONU. Tony Blair va ainsi devenir un médiateur entre Israéliens et Palestiniens, relançant peut-être la feuille de route, plan de règlement du conflit israélo-palestinien issus du Quartet. Certain y voient ainsi pour Tony Blair une possibilité de relancer le dialogue entre les deux peuples, mais aussi de pouvoir changer son image considérée par beaucoup comme antimusulmane (du fait de la guerre en Irak). Tony Blair a toujours été favorable à l'existence d'un État palestinien.

Conseil

Tony Blair conseille les sociétés JP Morgan et Zurich Financial. Il pourrait également devenir conseiller haut de gamme chez LVMH où il interviendrait 3 à 4 fois par an. Bernard Arnault serait un de ses amis.

 

Critiques

Tony Blair a été critiqué pour son alliance avec le président américain George W. Bush et sa politique au Moyen-Orient, tant pour sa conduite de la guerre en Irak, qu’en 2006 lors du conflit Israélo Libanais ainsi que sa position sur le conflit Israël Palestine. Blair est aussi critiqué pour avoir détourné des informations importantes les rendant erronées. Blair a ainsi été le premier chef de gouvernement du Royaume Uni à avoir été interrogé par des officiers de police durant son mandat. Des critiques ont aussi été émises à l’encontre de Tony Blair qui aurait par ses lois anti-terroristes diminué les libertés civiles, augmentant l’autoritarisme, par le renforcement des pouvoirs de la police, les fichiers ADN…

Relations avec les États-Unis

Tony Blair a toujours été très proche des présidents américains, mais c’est avec George W. Bush que les relations vont être les plus proches, notamment dans les relations internationales. Nelson Mandela décrivant même Blair comme le ministre des affaires étrangères des États-Unis. Blair a souvent été surnommé le « caniche de George Bush ». De son côté George W. Bush affirma après le 11 septembre que « l’Amérique n’avait pas de plus vrais amis que la Grande-Bretagne. »

Néo-Thatcher

Tony Blair fut critiqué par l’aile gauche de son parti pour avoir été « néoconservateur », ou « néo-Thatcher » malgré ses politiques sociales : service minimum ou mesures de réduction de la pauvreté infantile. Ainsi celui-ci fut parfois décrit comme le « fils de Thatcher » du fait de ses politiques de droite en gestion et économie. Ce parallèle est en partie dû à une affirmation de Tony Blair lui-même: son admiration avouée pour Thatcher.

Relations avec les Nations européennes

Tony Blair a joué un rôle majeur dans l’élargissement de l’Union européenne des 15 à 27, favorisant l’ouverture de l’Europe ainsi que la volonté de développer la libre concurrence au sein de l’Union. Enfin, Blair a eu des relations très proches des hommes d’états de droite comme Silvio Berlusconi, Angela Merkel, José Maria Aznar, ou plus récemment, le président français Nicolas Sarkozy.

Relations avec Rupert Murdoch

Ses relations étroites avec Rupert Murdoch, propriétaire de nombreux médias en Grande-Bretagne ont été l’objet de critiques quant à l’indépendance de la presse.

 

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