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.Vincent
AURIOL
Vincent Auriol,
né le 27 août 1884 à Revel (Haute-Garonne) et mort le 1er janvier 1966
à Muret (Haute-Garonne), est un homme d'État français. Ministre
socialiste à plusieurs reprises, il est élu lors de l'élection
présidentielle de 1947. Il ne se représente pas sept ans plus
tard.
Débuts
Vincent Auriol cachait derrière ses lunettes une infirmité. Il
avait perdu l'usage d'un œil en maniant maladroitement à l'age de
trois ans un pistolet à amorces. Fils de boulanger, licencié en
droit en 1905, puis docteur en droit, il exerce la profession
d'avocat à Toulouse, milite à la SFIO dès sa fondation. Ayant
entendu Jean Jaurès à Toulouse, il devient socialiste et fonde
avec Albert Bedouce (député de Haute-Garonne), le Midi
socialiste. Créé en 1908, ce quotidien a eu une réelle
influence dans la vie politique régionale du début du XXe siècle,
du fait de la personnalité de certains de ses collaborateurs :
Vincent Auriol lui-même, Albert Bedouce, Jean Jaurès, Alexandre
Varenne, Paul Ramadier… Outre l'édition toulousaine, il comprenait
une vingtaine d’éditions locales couvrant les actuelles régions
Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, et plus partiellement le
Limousin, l'Aquitaine et l'Auvergne. Marié à Michelle Aucouturier,
la fille du leader ouvrier de Carmaux, il s'impose comme un des
membres influents du parti dans le Sud Ouest après le décès de
Jean Jaurès.
Député de Muret de 1914
à 1940,
puis maire de cette même ville en 1925, secrétaire du groupe
socialiste à la Chambre des députés à partir de 1928, il devient
progressivement l'expert financier du parti socialiste puis un de
ses principaux leaders. Il fait adopter par la SFIO en 1921, puis
par l'ensemble des partis socialistes européens en 1922, un plan
de redressement prévoyant la création d'un Office central qui se
chargerait de toutes les régions sinistrées et qui serait financé
par des prêts à long terme consentis par le gouvernement. L'Allemagne
paierait, via cet organisme, ses réparations, par des prélèvements
sur les dividendes de ses banques et industries. Mais les
socialistes ne sont alors pas assez puissants pour imposer un tel
projet.
De 1924 à 1926, sous le Cartel des gauches, Vincent Auriol préside la commission des
finances de la Chambre des députés.
On parle de lui pour prendre le poste de Président du Conseil
lors de la victoire électorale de 1936, mais il est un des plus
fidèles soutien de Léon Blum qu'il a soutenu dans tous les
congrès. Ministre des Finances pendant le gouvernement du Front
populaire, hostile aux accords de Munich, favorable à
l'intervention en Espagne, il est l'un des quatre-vingts
parlementaires à refuser de voter les pleins pouvoirs au maréchal
Pétain, le 10 juillet 1940. En contact permanant avec Blum entre
mai et septembre 1940, c'est lui qui le fait cacher chez son ami
Eugène Montel.
Seconde
Guerre mondiale
En septembre 1940, le gouvernement de Vichy le fait arrêter.
Vincent Auriol est d'abord incarcéré à
Pellevoisin (Indre) puis à Vals-les-Bains (Ardèche) et
entretient une correspondance avec Léon Blum, où il se montre tout
à fait optimiste sur la victoire des
démocraties face au
nazisme et au
fascisme. Vichy fait mener une enquête sur lui, mais le
tribunal civil de Muret prononce un non-lieu. Il est libéré pour
raisons de santé et placé en résidence surveillée août 1941. De sa
maison, il conseille les socialistes résistants. En 1942, il passe
à la clandestinité et entre dans la Résistance. Il écrit Hier et demain, qui sera publié en
1944 à Alger, et dans lequel il entame une réflexion sur les
institutions qui, selon lui, devraient remplacer celles de la IIIe
République. En 1943, il parvient à rejoindre Londres en avion.
L'année suivante, il est président de la Commission des finances
de l'Assemblée consultative d'Alger.
Président de la République
En 1945, il est nommé ministre d'État par de Gaulle. Président
du conseil général de la Haute Garonne, député, en 1946,
Vincent Auriol devient président de la première, puis de la
seconde Assemblée constituante.
L'année suivante, il
devient le premier président de la
IVe République, fonction qu'il
occupe jusqu'au 16 janvier 1954, fin de son septennat à l'issue
duquel il ne se représente pas.
Auriol n'entend pas, selon son expression, être un « président
soliveau » : il exerce pleinement sa fonction d'arbitre.
Après la présidence
Il finit par souscrire à l'appel au général de Gaulle en 1958,
mais, rapidement en désaccord avec
Guy Mollet, il quitte la
SFIO en 1958 et profite de son statut d'ancien président et de
leader historique du socialisme français pour collecter des fonds
auprès des partis membres de l'Internationale
socialiste au profit du nouveau
PSA (Parti Socialiste Autonome).
En
1959, il devient membre de droit du Conseil constitutionnel,
mais il cesse de se rendre aux réunions dès 1960,
pour protester contre l'interprétation outrageusement restrictive
des compétences du Conseil et du Parlement qu'a le général
de Gaulle : plusieurs lois, dont la loi Debré sur
l'enseignement scolaire, ont été votées sans que le Conseil
constitutionnel soit consulté. « Cette désinvolture à l'égard de
la souveraineté nationale et de notre charte fondamentale oriente
le régime constitutionnel de 1958 vers un système de pouvoir
personnel et arbitraire en opposition avec les principes et les
règles essentiels de la démocratie. » Vincent Auriol revient le 6
novembre
1962 pour voter sur la constitutionnalité de la loi
référendaire modifiant le mode d'élection du président de la
République. Son ultime acte politique est d'appeler à voter pour
François Mitterrand lors de l'élection présidentielle de
décembre 1965.
Marié à Michelle Aucouturier en
1912, il est le beau-père de l'aviatrice Jacqueline Auriol.
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