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.Konrad
ADENAUER
Konrad Adenauer,
né le 5 janvier 1876 à Cologne et mort le 19 avril 1967 à Rhöndorf,
est un homme politique allemand chrétien-démocrate.
Il fut de 1949 à 1963 le premier
chancelier fédéral de la République fédérale d’Allemagne.
Il est aussi considéré comme l'un
des Pères de l'Europe et l'un des promoteurs avec le général de
Gaulle de la réconciliation franco-allemande.
Biographie
Konrad Adenauer est né à Cologne le 5 janvier 1876. Après des
études de droit et d'économie, il choisit une carrière dans
l'administration. Il devient membre du parti du Centre (Zentrum)
en 1906, et en 1908 conseiller municipal de la ville de Cologne
dont il sera le maire de 1917 à 1933.
Il est par ailleurs membre et président du Conseil d'État de
Prusse de 1920 à 1933, jouant un rôle important dans la tentative
d'une certaine autonomie de la Rhénanie vis à vis de la Prusse
mais ne se ralliant pas au séparatisme Rhénan (visant à une
indépendance de la République rhénane) au début des années 1920.
Pour son hostilité affichée au nazisme, Goering le démet de toutes
ses fonctions en 1933.
Il est emprisonné brièvement après la nuit des longs couteaux,
en 1934, puis entre juillet et novembre 1944 après l'attentat
contre Hitler du 20 juillet 1944.
Après la guerre, l'administration militaire américaine lui
confie à nouveau le poste de maire de Cologne, mais les
Britanniques le congédient peu après, ne le considérant pas à la
hauteur. Il est très actif dans le parti CDU nouvellement créé et
en devient vite le chef : en 1946 il est élu président de la CDU
dans la zone britannique, et de 1950 à 1966 pour la RFA
(République fédérale allemande).
Le 1er septembre 1948, le Conseil parlementaire (chargé de la
rédaction d'une constitution) le choisit pour président. Avec une
voix d'avance il est élu chancelier le 15 septembre 1949, poste
qu'il occupera jusqu'en 1963. Par 3 fois, en 1953, 1957 et 1961 il
remporte les élections législatives avec la CDU/CSU, toujours à
une distance notable du SPD. En 1957 il obtient même la majorité
absolue.
Il a marqué la politique de son époque au point que l'on parle
d'une « ère Adenauer » (en rapport aussi à sa longévité au
pouvoir). Ses actions portent essentiellement sur le regain de la
souveraineté allemande et le rétablissement de la confiance des
Alliés envers l'ancien ennemi, passant ainsi par l'intégration de
la RFA dans le bloc de l'Ouest. Ce dernier point entraîne un vif
combat avec l'opposition.
Si cette politique aggrave en effet le fossé séparant les deux
Allemagnes, Adenauer la considérait comme indispensable : seule
une Allemagne forte face à l'URSS pouvait mener à une
réunification. L'Allemagne (RFA) est membre-fondateur de la CECA
en 1951, puis de la CEE en 1957 lors de la signature du Traité de
Rome. Elle entre au Conseil de l'Europe en 1951 et à l'OTAN en
1955.
Dès 1949, Adenauer sent l'Allemagne prête à une coopération
dans le domaine de la défense dans un cadre européen. Cette
coopération démarre lors de la guerre de Corée et des discussions
internationales qu'elle entraîne (CED en 1952, dissoute en 1954).
Il demande en échange la souveraineté de l'Allemagne (accords de
Paris).
Adenauer est l'objet d'un attentat manqué le 27 mars 1952,
organisé par des anciens membres de l'Irgoun s'opposant au
rapprochement entre le nouvel état d'Israël et la République
fédérale d'Allemagne.
Diplomatiquement, Adenauer recrée des liens avec le nouvel État
d'Israël et se réconcilie avec la France. Le traité de l'Élysée,
signé le 22 janvier 1963, annonce une coopération avec la France
dans tous les domaines. Lors de sa visite à Moscou en 1955,
Adenauer obtient la libération des 10 000 prisonniers de guerre
allemands restants et accepte les liens diplomatiques proposés par
l'URSS. En 1958, il participe avec le maire de Berlin-Ouest,
Willy Brandt aux protestations contre « l'ultimatum de
Khrouchtchev ». Pourtant, il ne peut que subir l'édification du
Mur de Berlin en 1961.
Au milieu de son quatrième mandat, Adenauer démissionne le
15 octobre 1963 sous une forte pression de son propre camp. Son
ministre des finances,
Ludwig Erhard (père de l'économie sociale de marché) est
choisi par le parlement pour lui succéder. Konrad Adenauer meurt
le 19 avril 1967 à Rhöndorf.
La volonté et la mise sur pied du réarmement de la RFA
Lorsqu'elle voit le jour en 1949, la
République fédérale d'Allemagne est un État sans armée. La
guerre est à peine terminée et nombre de politiciens et de
militaires sont réticents à remettre un uniforme aux Allemands.
Cette réticence est perceptible en RFA même, et parmi les partis
chrétiens-démocrates et socialistes de la majorité, les plans de
réarmement de Konrad Adenauer ne font pas l'unanimité.
Pour le chancelier, la volonté de son pays de se défendre aux
côtés d'autres nations occidentales contre une attaque venue de
l'Est n'est rien de plus que l'expression du droit d'exister de la
république, qui avait pour voisins directs deux États satellites
du bloc soviétique : la
Tchécoslovaquie et la
République démocratique allemande. Avec ses 50 millions
d'habitants, soit près du triple de la RDA, la RFA figure en outre
à la première place du classement démographique européen. L'idée
du réarmement connaîtra de nombreuses étapes.
Il faudra attendre que le
parlement français jette le plan Pleven aux oubliettes en août
1954, pour qu'Adenauer et ses collaborateurs disposent de la
liberté de manœuvre nécessaire. Le 5 mai 1955, la RFA adhère
officiellement à l'OTAN et en novembre de la même année, la
Bundeswehr est constituée. Au début, elle ne compte que des
volontaires, parmi lesquels de nombreux vétérans de la Wehrmacht,
enrôlés dans la BGS et qu'une promotion et un salaire à l'avenant
ont achevé de convaincre.
Bien que les candidats aient subi un examen approfondi de leur
attitude pendant la guerre et de leur attachement à la démocratie,
Adenauer se voit reproché d'avoir mis des fidèles du régime nazi à
la tête des forces armées ouest-allemandes. Le chancelier répond
aux critiques que l'OTAN n'a pas demandé des généraux de 18 ans.
C'est ainsi que la Bundeswehr deviendra, en termes numériques,
la composante la plus importante des forces armées de l'OTAN en
Europe et que l'Allemagne de l'Ouest déploiera, derrière le rideau
de fer, davantage de soldats que les États-Unis et le Royaume-Uni
réunis.
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